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D'un Maître à l'autre. [PV Sarastan - Abandonné]

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Trianna Qureshi
Il ne suffit que d'y penser, pour être libre.
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Sam 17 Sep - 23:58
J'étais confortablement installée sur un divan, devant une ouverture donnant sur un patio de jeux d'eau, les voilages de l'ouverture me caressant doucement les jambes. Je pouvais sentir les rayons du soleil me lécher les bras, sentir cette chaleur environnante qui faisait perler des gouttes de sueurs dans le creux de mon échine. Je pouvais entendre les chants des oiseaux, les bruits de la ville, ceux plus proches de ma servante s'affairant à me servir une citronnade.
Puis peu à peu le bruit se fit moins harmonieux, plus ténu, plus crissant. La chaleur devint insoutenable, presque suffocante. Une flagrante douleur me vrilla alors la nuque. Et le rêve fut terminé.

J'ouvris les yeux, sur une clarté couverte par un tissu crasseux, le dos engourdi d'avoir trop longtemps reposé sur une planche de bois aussi dur qu'un sol de marbre. Je me relevais précautionneusement tout en soulevant le tissu, essayant de me rappeler ce qui venait de se passer et où je pouvais bien me trouver. Le soleil était à son zénith et se faisait sans merci, l'après-midi était déjà bien avancé. Je me trouvais assise sur une charrette, entourée d'une vaste étendue à la fois sableuse et rocailleuse : le désert du Riak. Je tournais vivement la tête vers l'horizon et aperçue au loin les contours d'Athalie.
Apeurée, je jetais un rapide coup d'oeil à celui qui me transportait. Je le reconnu et me remémorais soudain toute l'histoire. Lui. L'homme du marché. Furieuse, je tentais de trouver quelque chose dans tout se fratra que je pourrais lui lancer, lorsqu'il tourna la tête vers moi.  

- Vous ! Comment osez-vous ! Où m'emmenez vous ? Vous m'avez frappé ? Qu'est-ce que vous voulez au juste ? Vous m'avez libéré pour faire de moi votre esclave ? Vous n'êtes qu'un lâche ! Puis je me tâtais vivement la poitrine, rouge de colère, le souffle court. Où est mon collier, qu'est-ce que vous en avez fait ?

Je me levais alors vivement dans la carriole, la faisant dangereusement tanguer.
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Dim 2 Oct - 12:30
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Ah, le désert ! Un havre de paix. Aucun brouhaha ambiant, seule l'immensité d'une nature aride et...

- Vous ! Comment osez-vous ! Où m'emmenez vous ? Vous m'avez frappé ? Qu'est-ce que vous voulez au juste ? Vous m'avez libéré pour faire de moi votre esclave ? Vous n'êtes qu'un lâche ! Où est mon collier, qu'est-ce que vous en avez fait ?

... et le chant mélodieux des oiseaux.

- Trop de questions pour un si petit bout de femme. Vous auriez été dans une belle panade si je ne vous avais porté secours. Asseyez-vous ou vous passerez bientôt par-dessus bord.

Je tournai ma tête, concentré sur la route au-devant du cheval. Le sable se révèle trompeur à qui le pense suffisamment doux et chaud pour accueillir un poids comme le nôtre. Il suffisait qu'un pan ne s'affaisse et nous voilà ensevelis jusqu'à l'étouffement mortel. Cherchant à tâtons la gourde à mes côtés, je la tendis maladroitement à la demoiselle, renversant par ce fait quelques précieuses gorgées sur ses vêtements fins.

- Pardonnez-moi. Quoique, avec cette chaleur, rien ne...

Mes yeux se virent attirés par la transparence des habits. Outre le merveilleux spectacle, je n'allais pas apaiser cette femme de sitôt.

- Et si nous nous arrêtions ? Mh... oui, arrêtons-nous.

Je fis signe à ma bête de s'arrêter un moment.
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Trianna Qureshi
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Lun 10 Oct - 0:24
Porté secours ? Il m'avait porté secours ? Je n'aurais pas été dans une autre panade que celle de rester une esclave, tout comme je l'étais encore, bien que le maître ait changé ! Rouge de rage, essoufflée par ce peu d'exercice sous ce soleil de plomb, je ne sus que répondre et me raccroupis vivement : ne manquait plus que je m'écroule dans le sable pour en avoir partout, et quelle sensation désagréable ! Il semblait rêveur, alors que je ruminais vivement après tout ce qui venait de se passer. Je surpris même un regard de désir, qui ne fit qu'accentuer mon irritation alors que j'acceptais volontiers la gourde qu'il me tendait.

A peine nous étions nous arrêtés que je me relevais de nouveau, m'astreignant tant bien que mal au calme, bien que mon ton reste acerbe.

- Vous n'avez répondu à aucune de mes questions. J'exige de savoir où vous m'emmenez ! Je ne ferais pas un mètre de plus dans cette carriole sans explications.

Quand bien même nous étions au milieu du désert, peu m'importait. Peut-être que ma vie serait plus paisible si elle s'arrêtait maintenant que de continuer à être asservi par des hommes.

- C'est ça que vous appelez me porter secours ? Me frapper, me kidnapper, me voler ?

Je n'avais finalement pas réussi à me contenir, mon ton montant dans les aigus au fur et à mesure que je récitais ses méfaits, appuyer par un doigt accusateur en sa direction - ou plutôt un bras tendu, qui tenait fermement une gourde à moitié vide.
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Mer 30 Nov - 1:09
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Des reproches, un flot intarissable de reproches ! Qu'importe ses atouts alléchants, son passé de grande dame ! Qu'elle me pompait l'air !
Sortant de ma carriole de quoi passer la nuit, je levai les yeux au ciel, priant intérieurement pour que cela cesse rapidement. Puis, n'y tenant plus, je lâchai ce qui nous servirait de tente, m'adressant à elle comme jamais auparavant :

- La ferme. Être redevable ne signifie pas être esclave ! JE ne suis pas votre maître, JE ne désire pas une esclave de cet acabit ! Regardez-vous, bon sang ! Vous ne me serviriez que de putain. Les filles de joie me suffisent amplement et me reviennent moins cher !

Je m'arrêtai net, m'apercevant de ces paroles trop crues. Puis, la fatigue relâcha mes nerfs et un rire vint secouer mes épaules, tendues jusqu'alors. Elle aurait beau vouloir partir, les bêtes auraient tôt fait de s'en délecter. Inutile de le lui rappeler, cette fille le savait pertinemment. Me pousser à bout devait sûrement être une façon pour elle de passer le temps, de grappiller quelques informations tout en s'affirmant.

Ce soir-là, je me fermerais à toute conversation, à toute contestation. Nous n'allumerons pas de feu, afin de ne pas alerter les Ichtr. Nous ne mangerons qu'une miche de pain accompagnée d'un gobelet d'eau tiède. Allongés sur quelques tissus à peine garnis, je laisserai mes yeux contempler le ciel et en admirer la parure d'astres scintillants. Laissant couler une larme pour l'unique étoile brillant dans mon cœur fatigué, je sombrerai dans le sommeil. Et le lendemain, je ferai de nouveau route vers l'Est, en direction des marécages nauséabonds de Maigolun. Telles étaient mes aspirations et ainsi fut-elles exaucées. Du moins, en partie.
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Trianna Qureshi
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Lun 5 Déc - 10:53
Il s'affairait comme si de rien n'était, ne prêtant pas attention à ma petite personne en train de s'époumoner sous ce ciel de plomb. L'indifférence me hérissait au plus haut point. Mais contrairement à ce que que je pensais, j'allais être servie d'une toute autre sauce.
D'un coup d'un seul, sans que je m'y attende, il a prit ses grands airs, à m'invectiver, à me comparer à une putain de bas étage, sans aucune considération. Aucune. Lui qui se targuait de ne pas être un maître en avait pourtant toutes les attitudes.
Dents et poings serrés, des larmes de rage et de douleur menaçant de percer, je le regardais maintenant se tordre de rire après ces belles paroles. C'est d'une voix claire, quelque peu tremblotante et le cœur meurtri que je lui répondis.

- De toute évidence, la putain que je suis dois en effet n'être que redevable pour ces belles paroles. Il aurait été fort avisé dans votre grande mansuétude que vous me laissiez crever sous les coups de cette brute. J'aurais au moins eu une seule bonne raison de vous être redevable, dans une autre vie.

Il n'y avait rien à ajouter. Aucune discussion ne pourrait se créer tant qu'il camperait sur ses positions. Malgré tout ce que j'avais vécu, malgré le monde qui nous entourait, je ne comprenais toujours pas comment le mépris et l'indifférence pouvait être maîtres-mots dans la vie de chacun. Quel était ce monde vers lequel nous évoluions ? Certainement pas celui ou je vivrais la vie rêvée. Peut-être ne vit-on que la vie que l'on mérite, au lieu de pouvoir dessiner son propre chemin.

Ce soir-là en effet, aucune parole ne fut rajoutée. Telle une enfant boudeuse, je lui tournais ostensiblement le dos, étendue sur ma maigre couche de tissus, sentant déjà de nombreux grains de sable s'insinués sous mon pagne.

Ma nuit fut courte et agitée, hantée par ces mêmes rêves qui animent mes nuits depuis tant d'années déjà. Lorsque j'ouvris les yeux, les premières lueurs du jour étaient presque encore imperceptibles. J'entendais la respiration régulière de mon compagnon de route forcé, qui semblait encore endormi. C'était maintenant ou jamais.
Je me relevais alors avec prudence, me dirigeant vers la carriole pour y prendre la gourde. A petits pas silencieux, je pris la direction d'Athalie, dont les contours un peu flous semblaient flottés sur l'horizon. Avec un dernier regard inquiet en arrière pour observer le campement inerte, je détalais à vive allure derrière la première dune. Peut-être que la distance le dissuaderait de partir à ma poursuite ?
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