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Un jour au marché ...[PV Sarastan - Terminé]

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Trianna Qureshi
Il ne suffit que d'y penser, pour être libre.
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Ven 26 Aoû - 10:06
Encore cette journée. Inlassablement. A peine levée et déjà invectivée, une rapide toilette, une miche de pain avalée à la va-vite. Et tout de suite les chaînes. Cet homme abominable, le maître, ne rigole pas avec les chaînes, ne rigole plus. A trop vouloir tenter ma chance, j'en ai fini par me retrouver totalement emprisonnée. Est-ce vraiment trop demander que de pouvoir vivre une vie normale, sans asservissement, sans humiliation, sans violence ? Une vie simple, mais heureuse ?
Toujours est-il que ce même rituel matinal se répète, sans cesse. Je ne suis plus autorisée à sortir où que se soit sans les chaînes, des chaînes particulièrement douloureuses, qui me lacèrent les chevilles, les poignets et parfois aussi le cou.
Ce matin nous en restons aux chevilles: mes piètres tentatives de courses effrénées dans les rues d'Athalie ne m'ayant apportées que des problèmes et aucune forme de salvation. Et pour bien me souligner que toute forme de rébellion était veine, il m'a affublé d'un garde du corps, pour veiller à ce que tout travail demandé soit fait correctement, pour veiller à ce que je reste dans le rang, pour veiller à ce que je satisfasse ses hommes tour à tour pour leur montrer qu'il était un employeur prévenant. Mais il faut que les apparences persistent. Je dois apparaître comme une esclave, mais une esclave bien traitée ; la pratique n'est pas vu d'un bon œil par tous à Athalie. Et pourtant... Et pourtant tout le monde baisse les yeux, tout le monde se tait. Cela fait déjà un moment que je ne compte plus sur autrui pour me sortir de ma condition. Ma propre vie dépend de mes actes. Mon bonheur dépend de moi.

Nous voilà donc à déambuler dans les rues d'Athalie, aux halles de plein air, à la recherche des victuailles demandées par le maître. Des victuailles que je dois aller acheter, mais que je ne cuisinerai pas, que je ne mangerai pas ; ça, c'était ma vie d'avant. Malgré cette routine plus que désagréable, je m'émerveille toujours devant tous ces étales aux couleurs éparses, devant la vie qui règne aux halles, des cris des marchands, de la foule en train de négocier, des individus peu recommandables à l'oeuvre. J'aime m'arrêter devant les étales de bijoux ou toucher à quelques soieries, non sans recevoir quelques coups douloureux dans les cotes, m'invitant rudement à poursuivre mon chemin pour aller là où je le dois. Et aujourd'hui ne déroge pas à la règle. A quelques mètres de moi, bien en vue sur un étal à ma droite, l'un des bijoux de mon père. J'en suis sûre. Je le reconnais. C'était l'un des premiers qu'il avait offert à maman. Les yeux agrandis par la surprise, sans réfléchir, je me jette dans la foule pour tenter de rallier cet étale, sous les cris rageur du garde du corps m'ordonnant de ne plus bouger.
Aaaah... Aïe ! Malheureusement, se précipiter avec des chaînes aux chevilles ne mène qu'à une chute, inévitable. Et après la chute viennent les coups. Quelques coups de pieds dans les cotes pendant que je suis à terre. Je suis prostrée, essayant de contenir des cris de douleur, haletant quelques mots pour essayer de m'expliquer. Mais... J'ai... Vu... Bijoux... Là... Humiliation, encore. Douleur, toujours. Mais aujourd'hui, quelqu'un a relevé les yeux et s'est avancé. Une voix d'homme, inconnue, s'élève parmi le silence soudain que la scène avait créé.
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Ven 26 Aoû - 12:45
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Les affaires avaient repris de plus belle. Athalie me tendait les bras et cela ne me déplaisait pas. Sa renommée n'était plus à faire tant les richesses semblaient abonder de toute part ; les boutiques fleurissaient à chaque coin de rue. Tandis que la place, grouillante de monde, s'offrait à mes yeux ébahis. Ce n'était pas la première fois que je venais en ces lieux. Mais à chaque fois, j'en restais sans voix.

Les babioles que je destinais à la vente s'entassaient dans une carriole grinçante. Au coucher du soleil, j'espèrais toucher le magot qui m'étais du et ainsi générer mes parts de bénéfice. Les bonnes adresses ne manquaient pas, je savais que ces négociants ne seraient pas trop regardant sur l' "origine". Aussi, je m'empressa de faire mon tour, sans éveiller le moindre soupçon.

Peu de temps après, me voilà arrivé aux abords d'un étal. Celui d'un bijoutier ou, du moins, étais-ce ce que chacun pensait.

- Bien le bonjour mon brave !

- Oh, mais c'est mon bon vieux Sarastan ! Pas encore attrapé ?

- Pas encore mais ça ne saurait tarder si tu continues à piailler de la sorte.

Sa seule réponse fut un large sourire entendu, dévoilant une dentition des plus... mh, bref. Montant parmi mes marchandises, je lui rapporta dans un chiffon quelques riches parures. De somptueux joyaux ornaient de précieux métaux tels que l'or et l'argent. Il tendit la main, comme hypnotisé. Rabattant le tissu, je répondis :

- Bas les pattes ! On a rien sans rien, l'ami.

- Attends-moi là, je vais voir ce que je peux t'aligner.

Aussitôt retranché vers ses comptes, un vacarme sollicita mon attention. Vu d'ici, un homme large au visage tordu par ses jubilations s'en prenait à une esclave, jonchant le sol du marché. Malgré les coups, sa tristesse provenait d'autre chose. En ayant suivi son regard, je m'aperçus bien vite qu'elle convoitait une pièce de toute beauté, exposé par mon cher ami tantôt parti.

J'ignorais tout d'elle et pourtant, je ne pouvais que compatir à sa situation. Une situation éveillant des souvenirs enfouis jusqu'alors.

- Cessez. N'avez-vous aucun scrupule à mettre à mal cette pauvre petite ?

Mon pas impulsif me dévoila, parmi cette foule silencieuse et résignée. Je le regrettai aussitôt, un tel élan de justice me causerait bien des torts... Pour autant, il m'était impossible de faire machine arrière. La montagne de muscles s'avança au devant, le regard mauvais.

- Ne jouez pas au héros, pas 'vec moi.

- Oh, vraiment ? un rire sarcastique secoua mes épaules. Pour être tout à fait honnête, j'ai la sainte horreur des spécimens dans votre genre.

Je m'abaissa, saisissant entre mes doigts le menton de cette jeune femme. Un sentiment de rébellion longtemps réprimé envahissait ses yeux. Une beauté vengeresse, qui m'enleva toute parole le temps d'une seconde.

- Mon maître vous f'ra payer pour pareil affront. Si je ne m'en charge pas avant !

S'apprêtant à me distribuer une mandale, je joignis mes mains tout en faisant signe d'être calme.

- Pas si nous nous entendons sur un accord commun. Voyez-vous, j'ai une proposition à vous faire. Un joaillier doit me verser une coquette somme en échange de quelques bijoux. Vous me laissez cette esclave et je vous laisse empocher l'argent.

Ses yeux autrefois froncés devinrent en un instant aussi ronds et surpris que prévu.

- Vous m'demandez de trahir mon maître pour vot' richesse ?

- Eh bien... oui ? Vous sembliez gêné de garder une femme si revêche. N'est-ce pas l'occasion de vous en débarrasser ? Tout en étant dédommagé rubis sur l'ongle, cela va de soi.

Le serviteur réfléchit, vraisemblablement tiraillé entre ses ambitions et sa loyauté. Malheureusement, le temps était compté et, bien vite, une poignée de gardes se chargèrent de nous le rappeler comme il se devait...
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Trianna Qureshi
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Ven 26 Aoû - 16:32
Transie de douleur, je tentais tant bien que mal de reprendre mon souffle et de faire taire les battements de mon cœur, pour mieux entendre ce qu'il se tramait au-dessus de ma tête.
Il était clair que l'homme qui venait de prendre ma défense ne faisait pas parti du même milieu que mon charmant compagnon garde du corps. Une trop belle élocution, une voix bien trop lisse, et une allure bien trop propre de ce que je pouvais apercevoir de mes yeux brillants de larmes. Il se moqua même de mon garde, sans autre façon, ce qui fit naître un léger sourire au coin de mes lèvres. Pour une fois que je n'étais pas le sujet de la plaisanterie... Je tentais de me relever tant bien que mal, emplie de rage, de tristesse et de honte lorsque je sentis une main me soulever le menton. Mes yeux plongèrent alors dans ceux de mon sauveur. Un regard d'une profondeur sans égale, d'un bleu sauvage, glacial. L'espace d'un instant j'en eu le souffle coupé. Il enleva sa main bien vite, sous les menaces de mon garde, tout en tentant de lui faire entendre raison. J'en profitais alors pour me remettre sur pied, lentement, tout en m'époussetant et me tenant les cotes. Je pris alors quelques seconde pour mieux évaluer cet homme et ne fut pas déçue de ce que mes yeux découvrirent. Un charme certain, sans aucun doute, bien qu'une vilaine cicatrice lui ceigne le visage.

Une bouffé de reconnaissance commençait à naître dans mon être, jusqu'à ce que je l'entende proposer de me racheter. Ma bouche s’entrouvrit sous la stupeur, et je ne pu retenir un hoquet interloqué. Puis je la referma bien vite en une mince ligne colérique. Tous pareil. Lui comme un autre. Comment avais-je pu être aussi bête ? Cela sembla avoir le même impact sur mon garde, mais pour des raisons de loyauté. Comme si autre chose que l'argent l'intéressait vraiment... Bien sûr qu'il sauterait sur la première occasion de me vendre, pour remporter un bon petit pactole et ne plus avoir besoin de trimer pour ce monstre qui lui sert de patron ! Mais voilà une nouvelle fois que l'on parlait de moi comme d'un objet à troquer et se débarrasser.

- J'crois bien que ça pourrait sfaire pour ...

Mais la fin de la phase de mon garde, qui devait probablement statuée sur mon sort, fut étouffée par le fracas métallique des cotes de maille d'une poignée de gardes d'Athalie, faisant leur apparition à l'angle d'une rue. Très vite, le brouhaha des conversations et la cohue reprirent, comme si rien de venait de se passer. C'était là ma chance. Avec un rapide coup d'oeil à mon pseudo sauveur, je me jetai dans la foule, prenant garde à ne faire que de rapides très petits pas, histoire de ne pas me retrouver à terre une nouvelle fois. J'espérais secrètement dans mon malheur que mon garde n'oserait pas se jeter à ma poursuite en hurlant, sous l’œil des gardes de la ville. Déterminée, je fonçai vers l'étal où se trouvait le bijou qui avait attiré mon regard, m'en saisissai rapidement, profitant du fait que le vendeur était encore occupé à compter ses actifs, puis descendis la rue à vive allure. Au détour d'une ruelle, je pris le temps de m'adosser contre un mur, haletante. L'avais-je vraiment fait ? Avais-je vraiment réussi à m'échapper ? Rien n'était moins sûr... Mais il me fallait me débarrasser de mes chaînes au plus vite. Je libérai alors mes mains en accrochant le collier à mon cou, et entrepris d'utiliser une barre de fer pour tenter de me libérer. C'était sans compter mon habileté, qui fit que je m’entailla légèrement la cheville. Aïe, mais c'est pas possible ! Puis une voix goguenarde s'éleva dans mon dos, pour me proposer de l'aide. Cette voix, celle de l'inconnu. Je me retournai alors vivement, dans l'intention d'utiliser cette barre de fer comme une arme. Je ne veux pas vous faire de mal. Alors laissez-moi tranquille !
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Ven 26 Aoû - 17:38
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L'esclave s'était enfuie comme une voleuse. J'avais pourtant l'habitude de traiter avec de pareils caractères. La voyant s'envoler au loin, j'hésitai à la rattraper. Je ne pouvais décemment pas laisser ainsi mes marchandises, près de ce marchand qui pourrait me dérober tout objet de valeur. Pas plus que je ne pouvais susciter l'intérêt des gardes. Une voix finit par me tirer de mes pensées. De manière plutôt abrupte.

- Sarastan, ta petite sotte de protégée s'en est allée avec le collier ! T'as plutôt intérêt à filer et me ramener le bijou ou je ne traite plus avec toi, receleur.

Le dernier mot employé fit tourner bien des têtes. Fort heureusement, les gardes se trouvaient suffisamment à distance pour que ce secret ne parvienne à leurs oreilles.

- Quel imbécile, pensais-je, il va me vendre à coup sûr si je n'accède pas à sa requête.

Sans plus attendre, je décampai en direction de la fuyarde, espérant la retrouver au plus vite.

- Garde ma carriole ! La moindre perte et je t'entraîne dans ma chute jusqu'au Fort.

Cette menace suffit à récolter un hochement de tête, bien assez rapide pour témoigner de sa sincérité. Au bout de quelques minutes, je finis par la rattraper. Elle avait trouvé refuge dans les quartiers sinistres, une ruelle à l'abri des regards, suffisamment sombre pour dissimuler ses chaînes et sa tentative désespérée à s'en défaire.

- Sais-tu que je n'ai pas les qualités requises pour être nourrice ?

Ces paroles railleuses dissimulaient, en réalité, un soupçon d'irritation. Surprise par ma présence, elle se munie d'une arme de fortune pour m'intimider.

- Je ne veux pas vous faire de mal. Alors laissez-moi tranquille !

Quelle naïveté. Ne m'étais-je pas frotté à plus féroce qu'elle ? Néanmoins, je tentai de calmer le jeu. Il ne manquerait plus qu'elle prenne de nouveau ses jambes à son cou !

- Te causer du tort n'est pas non plus dans mes projets. Regarde-toi... Ainsi fagotée, tu ne feras pas deux mètres qu'on te jettera dans le prochain convoi pour les Sierras.

M'approchant prudemment, j'extirpai de ma sacoche une tige de fer filiforme. Légèrement tordue, elle me permit non sans mal de crocheter la serrure de ses chaînes. Un fracas métallique se fit entendre ; elle était libre.

- Tout service mérite salaire, rends-moi le collier.

Tendant la main, ma voix se fit plus impérieuse. Elle n'avait pas le choix.
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Trianna Qureshi
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Sam 27 Aoû - 12:00
Il était peut être beau et charmeur, mais il ne m'inspirait pas tant confiance. Après-tout, il avait bien proposé de me racheter, puis il m'avait poursuivi jusqu'ici... Dans quel but au juste ? Refaire de moi une esclave ? Non merci. Pourtant, quelque chose dans sa voix doucereuse m'intimait qu'il disait vrai. Pourquoi vouloir me faire du mal maintenant alors qu'il m'avait défendu au péril de sa vie un peu plus tôt ? Dubitative, je campais tout de même sur ma position.

- Ne vous a-t-on jamais dit que l'habit ne fait pas le moine ? Je ne serais plus démunie. Jamais.

Mais il approchait doucement, tout en farfouillant sans sa sacoche. Il en sorti lui aussi une petite tige de fer. Instinctivement je reculai. Mais très vite il se baissa et entreprit de crocheter mes chaînes. Je baissais quelque peu ma garde, laissant retomber mon bras tenant mon arme improvisée, le long de mon corps. Et je fut libre. Libéré d'un poids physique et psychologique. Un large sourire envahi mon  visage. Enfin libre, après toute ces années. Mais le plaisir ne fut que de courte durée. Je n'eu même pas le temps de le remercier que la réalité me rattrapa tout aussi vite. Bien entendu qu'il voulait quelque chose en retour... Pourquoi tant de gentillesse sinon ? Une gentillesse qui était tout à coup beaucoup moins palpable. Instinctivement, ma main se porta au collier, dans un signe de protection. Non pas que je lui accorde une grande valeur sentimentale, quoiqu'il ait appartenu à ma mère. Mais il me permettrait surtout de remettre mon nom en avant, un nom autrefois reconnu. Ou je pourrais simplement en retirer quelques Mall's me permettant d'acheter une autre tenue, de dormir dans un bon lit, de me laver avec de l'eau chaude et parfumée et de manger à ma faim. Trop de possibilités s'offraient à moi avec ce collier. Des possibilités qui m'étaient indispensables. Je tentais tant bien que mal de me dérober.

- Et que diriez-vous d'un simple merci et de toute ma reconnaissance ?

Mon ton était neutre bien que j'essayais de conserver une mine sympathique. Je ne donnais pas bien cher de l'effet que cela aurait, mais il fallait bien que j'essaie. Mais ne pouvant me retenir, mes efforts tombèrent à l'eau. Avec plus de virulence cette fois, je repris.

- Et puis, ce collier ne vous appartient pas. Ne croyez pas que je l'ai volé. C'est mon droit de naissance.

Relevant la tête de la manière la plus hautaine que je connaisse, je lui déclinai mon identité.

- Je suis Trianna Qureshi, fille d'Alastor Qureshi, célèbre joaïller d'Athalie. Et ceci - j'accentuais la pression qu'exerçait ma main sur le collier, tout en resserrant également celle qui tenait la barre de fer - appartient à ma famille.
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Dim 28 Aoû - 15:51
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- Je sais ce qu'être bien né signifie. Est-ce pour autant que je me pavane, moi et mes titres superflus ?

J'expirai lentement, comme pour chasser de mon esprit toute pensée nauséabonde. Cette petite se révélait têtue et quand bien même ses motivations étaient légitimes, elles ne concordaient pas tout à fait avec mes plans.

- ... Écoutez. Je vous ai délivré de vos chaînes. Une telle action peut engendrer des conséquences désastreuses et je ne souhaite pas séjourner derrière les barreaux. Ni moi, ni vous d'ailleurs. Vos haillons sont bien loin de tout rang honorable. J'ignore ce qu'est devenue votre famille, mais à vous voir ainsi... ils n'ont pas du lutter comme il se devait pour récupérer leur fille.

La dureté de ces paroles m'obligeait à être délicat. Le ton avait beau être doux, je ne faisais qu'entailler ses ailes nouvellement poussées. Il fallait qu'elle prenne conscience de la réalité et, en l’occurrence, de sa propre situation... tout comme je devais assurer la mienne. Sans attendre de réponse, ni de pique, j'enchaînai aussitôt.

- Rendez-moi ce collier et travaillez pour moi. Vous me dédommagerez de vos dettes tout en voyant du pays. Je m'engage à vous fournir repas et couverture. Ce ne sera pas un périple plaisant mais... au moins, vous pourrez refaire votre vie ailleurs, sans l'ombre d'un maître.
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Trianna Qureshi
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Dim 28 Aoû - 19:59
Et ça n'eu pas l'effet escompté. Comme si un miracle pouvait arriver deux fois en quelques minutes. Quelle naïveté... Cela semblait même l'avoir quelque peu énervé. Rien de bien surprenant en soi.
Et le voilà qu'il se mettait à parler de danger, d'emprisonnement, du manque d'intérêt de famille et que sais-je encore, une belle tirade, je devais saluer l'effort. Une triste vérité aussi, quoiqu'elle ne soit pas bien effrayante et que je l'ai accepté depuis déjà bien longtemps. Que pourrait-il bien m'arriver de pire que ce que j'avais déjà subi ? Le voilà maintenant avec une toute autre proposition. Travailler pour lui ? Payer mes dettes ? Mes dettes ?

- Je n'ai qu'une dette envers vous et non pas plusieurs ! Croyez-moi que je m'en acquitterais en temps voulu.

Malheureusement, plus cette entrevue avançait, moins j'en avais l'envie... Mes valeurs ne sont clairement plus ce qu'elles étaient auparavant. Je restais bien déterminée à conserver ce collier qui me revenait de droit.

- Je ne suis pas disposée à vous rendre ce collier. Pourquoi vous donner tant de mal alors qu'il ne vous appartient pas ?

Ma voix s'était faite relativement tranchante et froide. Je me doutais bien qu'il n'y verrait là qu'un énième refus qu'il me fallait alors tempérer.

- En revanche, je peux envisager de travailler avec vous pour compenser les nombreux dangers que vous avez encourus pour le libérer. Quoique vous ne m'ayez pas vraiment détaillé le genre de travail dont il s'agit... Et qui dit travail, dit salaire. De quoi parlons-nous au juste ? Avoir une couverture et un repas ne suffiront pas à me faire plier. Je suis capable de survivre sans cela, c'est ce que je fais depuis maintenant de nombreuses années au cas où vous l'auriez oublié !


Quelque peu narquoise et les sourcils arqués, j'étais fin prête à en découdre dans cette joute verbale.
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Mar 30 Aoû - 16:22
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Trop de paroles, trop de temps écoulé. Ma patience, pourtant légendaire, arrivait à son terme.

- Vous êtes assommante mademoiselle. Je ne vais pas broder davantage : je commerçais avec l'individu que vous avez volé. Si je veux mon gagne-pain, il faut que je récupère ce qui lui appartient de droit, commençais-je, insistant bien sur les deux derniers mots.

Puis, respirant un bon coup, je repris :

- Vous en êtes donc à deux dettes, sans compter les gardes qui ne tarderont pas à s'avérer hostiles, ce qui fait... trois dettes. La quatrième se fera très certainement sur le compte de ma gentillesse à l'égard d'une tête de mule telle que vous.

Je comptais sur mes doigts, feintant la réflexion. Inutile de préciser que cette plaisanterie n'était qu'un prétexte pour couper "court" à la conversation. D'ailleurs, je ne fis ni une ni deux que Trianna fut sur mes épaules, balancée comme un vulgaire sac de toile. Elle pesait son poids mais l'adrénaline me permit de revenir sur mes pas jusqu'à la place du marché. La tenant fermement au niveau des mollets, seuls ses bras pouvaient, éventuellement, tambouriner sur mon dos. Qu'importe, la douleur n'en serait que plus supportable une fois ma carriole récupérée et ma réputation lavée.
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Trianna Qureshi
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Mer 31 Aoû - 11:34
Moi, assommante ? Ce qu'il ne faut pas entendre... On m'a toujours trouvée très intéressante, autre signe que nous ne sommes clairement pas du même milieu. Un discours probablement un peu trop logique et censé à entendre par de telles oreilles.

- Je vous l'ai déjà dit, ce collier appartient à ma famille, et non pas à un vendeur de bas étage.

Mais il ne me laissa pas le temps d'argumenter et se mit à faire le décompte de dettes imaginaires que je lui devais ou lui devrais prochainement, tout en faignant de vagues mimiques narquoises. Je n'eu pas tant le temps de m'offusquer pour cela que je me retrouvais sur son épaule, la tête en bas, les fesses en l'air, et les mollets maintenus fermement sur son torse.

- Comment osez-vous ...

J'étais folle de rage. Quel manque d'éducation, quelle attitude enfantine et irrespectueuse ! J'entrepris alors de lui réciter la plus grande tirade de sa vie, garnie de charmants noms d'oiseaux, sur l'affreux personnage qu'il était, sur son manque de respect pour ma personne, sur ses actes désolants, tout en lui tambourinant fermement le dos avec mes poings et en essayant de dégager mes mollets.

C'est finalement à bout de souffle, les joues rougies par l'effort et la colère, que mes pieds touchèrent à nouveau le sol, devant l'échoppe du marchand qui avait gracieusement consentit à me rendre cet héritage familial. Il semblait évident que j'étais acculée. Mais je ne manque pas de ressources...

- Très bien. Avec un large sourire à mon sauveur / kidnappeur, je m'adressais alors au marchand. Navrée pour tout ceci. Je suis sûre que vous pouvez constater que ce collier sied parfaitement à mon teint. Il est bien mieux là que sur votre étal poussiéreux. Alors mon cher ami a gentiment proposé de me l'offrir ! Gardez donc ce qu'il souhaitait vous vendre, considérez ça comme paiement pour ce collier !

Ni une ni deux, tout sourire, je traînai vivement l'inconnu vers le centre de la place, bras-dessus, bras-dessous.

- C'est un joli cadeau, je vous remercie. Bien que vu la façon dont vous m'avez traînée jusqu'ici, c'était la moindre des choses.

Une place toujours gardée par une poignée de gardes attentifs.
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Sam 3 Sep - 12:52
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Après réflexion, l'argumentaire n'était peut-être pas la solution adéquate. Et pour cause, cette petite tentait par tous les moyens de protéger son bien, quitte à me ruiner, en tournant misérablement le dos à l'un de mes plus grands associés. Je sentis toute la surprise du marchand, sa rage, aussi... tandis qu'elle me traînait vers le centre de la place. Difficile d'être discret, après ça. Mais il fallait agir, et vite. Observant du coin de l'oeil la ronde des gardes, je profitai d'un instant d'inattention pour me pencher vers Trianna, et déposer sur ses fines lèvres, un baiser langoureux. Sortant délicatement de ma sacoche une pierre précieuse, je finis par enrouler mes bras autour d'elle. Ma prise se trouvait sans défense, le moment tant attendu était arrivé.

D'un geste calculé, vif, je lui portai un violent coup à la tête, dans l'espoir qu'elle perde connaissance. Assommante et assommée, quelle ironie. Le corps léger me tomba dans les bras, sans aucune résistance. Portée comme une dame, elle fut transportée à travers la foule. Une foule me lançant des regards réprobateurs.

- Vous savez, les femmes et les joyaux... la mienne en désirait un semblable pour nos dix ans de mariage, voilà le résultat !

Ce fut suffisant. Arrivé au comptoir, mon ami laissa éclater sa colère.

- Rends-la à son maître Sarastan ! Il la rouera de coups et nous pourrons reprendre les affaires. Je suis prêt à fermer les yeux, pour cette fois !

- Impossible, il la tuerait.

- Comment ?! répondit-il, à la fois abasourdi et dépité. Je te pensais plus malin... tu as failli perdre tes bijoux, tes marchandises, ta liberté ! Et moi une pièce qui vaut bien le triple de tes babioles. Que vas-tu en faire ? L'épouser ? Ha ha.

- Tu sais bien qu'une femme m'attend. Non, elle va simplement répondre de ses actes. Quand elle se réveillera, ce soir... nous serons loin de tout ce qu'elle connait et son seul repère, ce sera moi. Moi et mes travaux pour elle.

- Bon sang !

- Et puis... cela fait longtemps que je souhaite un assistant.

Un sourire narquois vint se dessiner sur mon visage. La vengeance est un plat qui se mange froid. Celui-ci allait être glacé. Les dettes sont les dettes. Elle ne ferait pas exception à la règle.

Je la couchai dans la carriole, dissimulée sous un linge qui me permettrait de quitter la ville sans encombre. Laissant les bijoux comme dédommagement, le marchand me fit un signe de la main alors que je m'éloignais peu à peu vers l'horizon.
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