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La faim guette au tournant [Libre]

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Trianna Qureshi
Il ne suffit que d'y penser, pour être libre.
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Début de l'aventure : 02/08/2016
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Mer 12 Avr - 15:45
Les Jeux de l'Arène avaient sonné le glas de mon avenir dans le Sud. Tout du moins pour l'instant.
Qui peut encore dire que les rustres ne se trouvent qu'à Kravmalörg ? Quand je vois la façon dont tout à chacun est traité dans le Sud pour peu qu'il ait un peu moins d'argent que le voisin, je me dis que ma charmante Athalie est tombée bien bas. Sous le joug de ces maudits Pirates aussi - enfin surtout sous leur argent.
A quoi bon rester dans cet endroit où j'ai été abandonnée, maltraitée, trahie, humiliée, brisée ? Montrer de la force d'esprit, c'est bien, mais continuer à la posséder au fur et à mesure des événements ne me parait pas aussi évident. Chienne de vie ? Peu importe, il ne tient qu'à moi d'en avoir une meilleure dès aujourd'hui, de recommencer dans un ailleurs qui m'est inconnu et où je suis inconnue.

Bercée par de douces illusions et de doux rêves, j'ai alors choisie de m’exiler, de prendre la route pour une nouvelle aventure. Rien ne me garantissait qu'elle serait meilleure que celle que je venais d'achever, mais je voyais mal comment en arriver à pire, soyons honnêtes.
Une route jusqu'alors sans embûches, dans une carriole de fermier se rendant à Îsoret pour approvisionner la seule auberge du cru - selon ses dires. Il avait choisi de longer la cote, pour éviter toutes sortes de problèmes avec les Ichtrs, mais aussi pour la beauté du paysage, pour s'évader un instant du quotidien. Le paysage changeait peu à peu, la verdure apparaissait, timidement, puis bien plus largement lorsque la lisière de la forêt se distingua à l'horizon.

Îsoret était extrêmement différent d'Athalie. Village bien plus que ville. Exit le sable, bonjour les arbres ! Tout y semblait assez sommaire, quelques bâtisses de pierres brutes, la plupart en bois, affligées de quelques taules, ou simplement de larges tentes en tissus. Le calme y régnait, bien que quelques badauds y traînaient des pieds de-ci de-là, animés par quelques discussions.

- Hé oh Pipeau, tout doux mon gros ! La carriole s'arrêta doucement. Voilà ptite Dame, vous voilà arriver à Îsoret. L'auberge c'est juste là !  Il secoua la tête et tendit le doigt dans une direction. 'Tention à vous quand même, sont pas tous bien élevés dans la Contrée !

Je le remerciais chaleureusement avant de m'éloigner fureter au détour des bâtisses, des étals et des campements de fortune. Je ne traînai pas bien longtemps avant de revenir vers ce qui m'avait été désigné comment étant l'auberge, mon estomac dictant sa loi. Ces quelques temps au service du Maître de l'Arène avaient garnis mes poches de nombreux Mall's - bien plus que ce que j'avais pu avoir ces dernières années.

Malheureusement, les paroles du fermier prirent rapidement de leur sens. A croire que ma mauvaise fortune me suivrait partout... Un homme à l'allure débraillée, sentant la Pinouse à plusieurs pas de là, s'approchait vivement en titubant, sans cacher ses intentions - et ses attributs.

- Hé ma mignonne, t'es perdue ? Viens par-là que j't'indique le bon ch'min !

Aussitôt devant moi, il me saisit par les poignets tout en continuant d'avancer vers son recoin, sans doute préféré.

- Non mais lâchez-moi ! Pour qui vous vous prenez !

Interloquée, je me secouais et me débattais vivement, jouant des bras et des pieds, sans grand succès. A croire que l'alcool développait des capacités inconnues chez certains.

- Laissez-moi partir ! Que quelqu'un m'aide !

Il n'y avait pas foule, mais ça valait quand même le coup d'essayer, entre deux coups de pieds.
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Ashorr
Dans une autre vie, j'étais un arbre.
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Début de l'aventure : 07/07/2017
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Dim 9 Juil - 21:56
Ça me faisait tout dôle d’être de retour à Îsoret… Des décennies que je n’y étais pas retourné. Tout me paraissait tout petit, tellement plus petit que dans mes souvenirs d’enfance. Plus petit, et étrangement différents. Semblable et différent à la fois. Semblable parce que ma mémoire calabringue prenait un plaisir nostalgique à reconnaître les lieux de mon enfance qui l’avaient marquée,  et différent parce qu’en dépit du fait de les reconnaitre, j’en avais aujourd’hui une lecture bien différente, voyant de la crasse ici, de la pauvreté là ; de la négligence là-bas, ou de l’ingéniosité ailleurs là où enfant, je voyais tout du même œil, celui de l’enfance, où tout parait « normal » alors, n’ayant pas encore de norme. Et l’auberge où je me trouvais alors ne faisait pas exception. Cette salle qui m‘avait paru immense était seulement grande aujourd‘hui. Je restais dans mon coin d’ombre, silencieux, après mon repas, tirant de temps en temps une bouffée à mon herbe à pipe. Je ne fumais pas vraiment. Je crapotais. Un vieux dans un coin qui s’enfume silencieusement se fait oublier, s’entourant au passage d’une aura de mystère…  C’est important de cultiver le mystère. Ça trompe les imbéciles. Ça éloigne les importuns.

D’ailleurs, un importun, il en vint un… Il ne m’avait pas remarqué à mon arrivée, parlant avec l’aubergiste entre deux gorgées de piquette. Puis quand il m’avait enfin vu, il avait hésité, fait quelque pas vers moi en cherchant ses mots pour m’aborder, mais… un seul regard appuyé et ferme de ma part dans le sien, souligné d’une figure redoutablement… neutre, avait suffi à le dissuader d’aller au bout de son idée. Y renonçant sur le champ, il était alors retourné vers le bar importuner le barman. La neutralité laisse l’autre en face de lui-même. Peu de déglingués supportent de se contempler dans le miroir de votre regard sans jugement, car alors, par peur du vide, c’est le leur qu’ils mettent sa place, et ils se condamnent toujours eux-mêmes…  Celui-là n’avait pas fait exception à la règle. Peu fier de cet échec, il s’était empressé de m’oublier.

En revanche, ce ne fut pas le cas de la jeune femme qui entra un peu plus tard… Une esclave surement, une pauvre au moins, vu ses frusques informes et son allure peu soignée. Comme il fallait s’y attendre, l’autre rustre que mon regard avait effrayé vit aussitôt en elle une proie facile à ses envies d’abus, et se précipita vers elle pour « se servir », comme s’il ne s’agissait que d’une chose. Je restai dans mon coin encore un instant, voir comment l’importunée se dépêtrerait seule de l’énergumène… Visiblement, elle ne trouva ni les mots justes, ni la bonne attitude pour faire valoir son autorité sur lui, et perdit vite pied, appelant au secours. L’ivrogne, embarrassé par ses « au secours » ne manqua pas de jeter un coup d’œil furtif et un peu inquiet dans ma direction, craignant que j’intervienne. Mais… je lui répondis d’un regard blasé, de ceux qui se fichent éperdument du destin d’autrui, pourvu qu’on leur fiche la paix. Et tirait une bouffée sur ma pipe, indifférent… Il mordit à l’appât, tombant dans mon piège, trop heureux d’y voir un deal entre nous : « tu me fous la paix, je te fous la paix » qui finit d’endormir sa vigilance. Si bien qu’il fut doublement surpris et effrayé, quand, quelques instants plus tard, j’apparus soudain dans son dos, m’étant glissé telle une ombre, sans bruit avec la rapidité d’un félin, et que, tout contre lui, je lui murmurai à l’oreille, en le tirant contre moi par le dos de sa tunique crasseuse, tout en appuyant la pointe de ma dague dans les côtes à en percer ses vêtements,

-T’as jusqu’à cinq pour lâcher la fille et disparaître en vitesse, après quoi, tu pourras respirer par le côté… un… deux…

D’un ton d’une tranquillité et d’une froideur sans égal. Il n’attendit pas trois pour tout lâcher et filer sans demander son reste. J’escamotai discrètement ma dague, et me tournai alors vers la jeune souillon… j’eus un petit sourire amusé, et soupirai, secouant la tête,

- Tssss… Le vin pas cher en excès, ça vous file de ces courantes ! C’est fatal ! Hu hu hu…

haussant les sourcils en prenant l’aubergiste à témoins d’un regard espiègle.

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Aaron Mainleste
La tarte au pomme, c'est trop bon !
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Début de l'aventure : 06/04/2017
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Mer 19 Juil - 20:56
Il était grand temps pour moi de me mettre au vert, j'entendais par là me faire oublier quelques temps, attendre que les choses se tassent. Fallait dire qu'avec le remue-ménage provoqué lors des jeux de l'arène, je me faisais bien trop rapidement reconnaître, et cela avant même que je puisse réaliser un menu larcin ! C'était le pire du pire pour un voleur : être repéré avant même d'avoir commis son crime. Autant dire que sans l'aide généreuse de ma tendre Lily, je crèverais probablement la dalle dans un coin. Mais loin de moi l'envie de plus m'imposer à elle, et surtout, il devenait difficile de supporter son regard chargé de reproche. « Si tu travaillais, tu n'en seras pas réduit à mendier. », voilà ce que me disait ses yeux. Le regard qu'elle me jeta quand je lui annonçais mon départ pour quelques temps ne fut guère plus chaleureux – et encore moins quand je lui proposais de m'accompagner-. Je n'insistais pas.

Au petit matin, j'avais réussi à intégrer un groupe de marchand se rendant à Isorêt. Je mettais présenter sous mon meilleur jour – mes muscles bien en vu- et proposais mes services en tout genre, c'était pas des mauvais bougres, une paire de bras supplémentaire qui demandait juste un repas et la sécurité du groupe, ça leur allait bien aussi acceptèrent-ils.

Il y avait longtemps que je n'avais pas remis les pieds sur les sentiers battus, je ne saurais dire si cela m'emplissait de joie ou au contraire de tristesse. Je pense que nostalgie serait le bon mot. Mais de toute façon, mon humeur était rarement au beau fixe quand ma chère Lily n'était pas à mes côtés. Rien que de m'imaginer privée de sa présence plusieurs jours durant, et surtout, la savoir seule avec d'autres hommes à lui tourner autant, ça avait le don de me zapper toute ma gaîté et mon optimisme naturel. En tout cas, malgré les quelques rivalités et tensions normales entre marchands, l'ambiance au sein du groupe était agréable, à tel point que je ne vis pas le temps passé entre Vohilis et mon nouveau terrain de chasse qu'était Isorêt.

Mon travail au sein de la petite troupe fut récompensé au delà de mes espérances (et quand on n'espère rien, c'est encore plus précieux à vos yeux), par quelques mall's, de quoi m'offrir un repas et une nuit au chaud. Je les remerciais chaleureusement avant de leur faire signe de la main alors qu'ils continuaient leur chemin plus au Nord.

Profitant des derniers rayons de soleil de la journée, je furetais pour repérer les lieux. Le petit village où j'étais ne croulait pas sous les richesses, le travail devait être dur et le salaire misérable. Mais au moins la forêt alentour devait regorger de mets en tout genre ce qui suffirait amplement à me sustenter convenablement sans pour autant voler le pain à plus nécessiteux que moi. Pour ce soir néanmoins, je ne crachais pas sur un peu de repos dans un lit douillet et un ventre bien rempli, aussi me dirigeais-je vers l'auberge. Celle-ci était similaire aux autres bâtisses : miséreuses. Enfin, des auberges, j'en avais déjà vu un certain nombre dans ma vie, et fort peu de très luxueuses aussi celle-ci ne me rebutait pas. Les clients, bien que maussades et déjà un peu avinés, n'étaient pas des gens des pires extractions à première vue et mon entrée fut vite oubliée si tant est ce qu'elle ai été remarquée. L'aubergiste semblait être un honnête homme, un peu bourru mais qui une fois mes mall's en poche, fut bien plus enclin à me raconter des anecdotes sur sa ville et ses environs.

Quelques peu assoupis ainsi bercé par la chaleur de l'âtre que je sentais contre mon flanc et par les paroles du tenancier (ainsi que peut être la soupe encore chaude dans mon estomac) , il me fallut un certain temps pour immerger suite à une altercation dans mon dos. Je me mêlais rarement de ce genre de situation, mais la voix de la femme m'avait interpellée. Je ne supportais pas qu'on touche à une femme, c'était un peu comme osé toucher à Lily dans ma tête. Je tournais donc discrètement la tête. Quelqu'un c'était déjà interposé. Tant mieux. J'allais reprendre ma conversation avec le patron mais quelque chose me retient, une étrange sensation de déjà vu. Je détaillais ouvertement la femme à présent, comme un malotru probablement, mais ma mémoire me faisait faux bond, et je comptais bien grâce à cet examen comprendre d'où venait ce sentiment. C'est quand mon regard rencontra ses mains que cela me revient dans un flash

Flash on
 « Il est fort dommage que vos mains s’abîment à porter des si lourds plateaux pour un si horrible personnage. Merci ! » 
Une jolie esclave, un plateau en argent aux mets délicieux, un maître d'arène fort peu recommandable et des clefs volés.
flash off

Je me tournais alors totalement vers elle, un grand sourire accroché aux lèvres, ravi de voir un visage familier probablement ici pour la même raison que moi, et lui adressait un signe de tête :

« Alors comme ça, tu as décidé de prendre ta vie en main ? Je suis heureux de te voir ici. J'espère que tu n'as pas eu trop d'ennuis par ma faute ! Je peux t'offrir quelque chose pour te remercier pour cette fois-là? Et cela vaut aussi pour vous, Monsieur, si vous l'accompagnez. »

Certains diraient que j'avais un sacré culot, et ils n'auraient pas totalement tord, mais la vie était trop courte pour ne pas en saisir chaque seconde et créer des occasions. Que risquais-je sinon un refus catégorique ? De plus, j'étais sur que ses deux personnes avaient un lot d'aventures savoureuses à me compter. J'étais impatient de pouvoir partager une soirée leur récit.
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Trianna Qureshi
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Dim 23 Juil - 23:05
Finalement parfois, jouer les jeunes femmes effarouchée ça peut avoir du bon. La preuve avec un bon samaritain qui débarque à la rescousse avec des méthodes bien plus pertinentes que les miennes. Forcément qu'une dague et un regard dur c'est plus impressionnant que quelques coups de pieds sans aucune force et des petits cris rageur. Note à moi-même : apprendre à me défendre par moi-même. Rapidement.

L'importun me lâcha bien rapidement et déguerpi sans demander son reste, semblant par ailleurs amusé le bon samaritain en question. Mon regard se voilà un instant et je fronçais quelque peu les sourcils, ne voyant rien de risible à cet instant présent. Je regardais d'un peu plus près le gaillard qui m'était venu en aide : pour sûr qu'il en imposait plus que ma frêle petite personne, l'expérience ne semblait pas lui manquer. J'époussetais légèrement ma guenille, histoire de tout "remettre en place" et de reprendre contenance. Je m'éclairci légèrement la gorge.

- Et bien merci pour votre... aide. Ce fut bien aimable.

Probablement quelque peu crispée comme réponse, mais je n'avais pas mieux pour l'instant présent. Rien ne justifiait non plus de s'extasier bêtement pour une bravade du genre, même si je m'étais égosillée comme un porcelet dont on tirait la queue.

Je n'eu pas le temps de m'étendre plus avant qu'un joli minois assis juste derrière m'accostait comme une vieille amie perdu de vu de longue date, un sourire enjôleur au visage, nous proposant un verre à moi et mon "compagnon". Je haussais les sourcils de surprise, un brin de lassitude pointant le bout de son nez. Pas moyen d'être tranquille décidément.
Le visage en question m'était quelque peu familier, mais aucun souvenir de quelque sorte que se soit ne se manifestait. Amant ? Marchand ? Esclave ? Difficile à dire.
Je me détournais légèrement, en alerte : qu'est-ce qui allait encore me tomber dessus au juste ?

- Je suis ravie d'entendre que j'ai pu vous être utile de quelque façon que ce soit si j'en crois vos dires, mais je ne remets pas votre... ton visage. Je pivote très légèrement vers le bon samaritain sur mon côté droit tout en lui jetant une oreillarde. Quant à ce Monsieur, nous ne nous connaissons pas. Nos chemins se croisent tout juste.

Et j'aimerais bien que mon chemin soit bien plus dégagé, à l'avenir. Même si c'était surement à moi de payer ce fameux verre à celui qui venait de me sauver les fesses.
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Ashorr
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Lun 24 Juil - 20:34
Elle me remercie, mécaniquement, d’une réponse toute faites. Gênée sans doute de s’endetter. Quand n a rien, la moindre dette est un poids superflu. Je n’ai rien à répondre…

- Ah euh… mais j’ai rien fais moi. Il a filer de lui-même, non ?

Dis-je, avec un clin d’œil et un sourire entendu, pour lui proposer qu’on en reste là dans l’endettement : on annule !  

Mais voilà qu’un autre homme arrive qui semble connaitre la jeune femme, ou feint de la connaitre. Décidément, il ne fait pas bon être jeune, pauvre, et femme dans ce monde. Ça attire le monde comme une bouse les mouches bleues. Je soupire, et passe une main dans mes cheveux, m’interrogeant s’il va falloir que j’intervienne pour celui-là aussi. Mais… Il a déjà moins mauvaise mine. Il apparait presque même sympathique. Est-ce une nouvelle entourloupe ? Plus habile celle-là ? Il suffit d’en examiner les enjeux… que réclame le jeune homme qui vient à nous ?  Je me recule d’un pas et observe, silencieux les regards, la gestuelle, et soupèse chaque mot. Celui qui dissimule choisit les mots qui éloignent l’auditeur du sujet à cacher. Ce faisant, il trahit  inévitablement ce qu’il cherche à cacher à qui sait écouter entre les lignes. Mais… non, le blond  parle d’une dette. Dans l’autre sens cette fois nus offrant un verre ? Hurm…  Mais la jeune femme semble, ou feint de ne pas le reconnaitre. Manifestement, si elle le connait elle n’a pas envie que ça se sache… Qu’il le dévoile. Je n’ai plus le choix pour la tirer d’affaire définitivement…  

Je pose une main sur l’épaule de la femme, et répond au jeune homme, d’un ton aimable, faussement étonné,  

- Je crois que vous confondez avec quelqu’un d’autre jeune homme. Elle ne vous a jamais vu. Et vous n'avez jamais pu la voir. Et pour cause : Cette jeune femme est ma nièce, et elle n’a jamais quitté Barannor.  

Dis-je, d’un ton sûr et paisible, m’interposant entre les deux.  Evidemment elle vient de prétendre ne pas me connaitre. Ça ne me facilite pas la tâche. Je soupire et me tourne vers elle, prenant délicatement sa main, m’abaissant à auteur de son visage et la fixe dans les yeux, ajoutant d’une voix douce, comme si je lui parlais de la sorte 20 fois par jour,

- Elisa, vient te rassoir, Monsieur s’est trompé. N’ai pas peur. Tu m’entends Elisa ? Tu ne risque rien. Je suis là.  

Je reste un instant à chercher à capter son regard, et attendre sa réaction comme le ferait un vrai accompagnant d’une personne handicapée avec elle depuis des années. Saisira-t-elle sa chance ? La balle est dans son camp. Je me redresse et me tournant vers le jeune homme je soupire,

- Elle est un peu « ailleurs », mais elle n’est pas méchante. Cependant on ne peut pas la laisser seule la pauvre. Vous parliez de nous offrir un verre ?      
       
Dis-je d’un ton plus joyeux, intéressé.    

Cette fois, elle choisirait. Soit elle restait dans le rôle que je venais de lui offrir, qui la plaçait sous ma protection hors de tout soupçon et de toutes accusations… Soit elle dénigrait, je passais pour un fou cinq minutes, mais elle se retrouvait seule avec ses ennuis, d’où elle venait, son passé, et ce qu’elle tentait de cacher. Les deux options m’iraient. Je n'avais rien à gagner et rien à perdre. Je luis offrait juste une porte de sortie.  

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Aaron Mainleste
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Début de l'aventure : 06/04/2017
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Mar 25 Juil - 19:57
Ha ? Alors cette charmante demoiselle ne se souvenait point de moi ? J'aurai pu m'en offusquer mais tel n'était pas ma devise. Un bon voleur est un voleur dont on se souvient pas du visage, et je dois avouer que cela m'arrangeait quelques peu de  savoir qu'elle n'irait pas me dénoncer pour ma bravoure lors des jeux. La situation avait quelque chose d'un peu comique cela dit, me remercier pour avoir semé la pagaille – bien que je n'étais pas le seul fautif -, ça avait quelque chose de fort amusant. Mon sourire amusé ne fit dont que s'agrandir, même si le ton employé par notre charmante compagnie était un peu agacé, signe que nous l'indisposions. Tous ou moi seul, ça je ne saurais exactement le dire, malgré que je pensais que son sauveur n'était pas non plus hors de cause.

La suite faillit me faire exploser de rire, j'avais beaucoup de mal à cacher mon hilarité comme le montrait le tremblement qui parcourait mes épaules et mes lèvres crispées pour ne pas laisser échapper celle-ci. Il me croyait né de la dernière pluie ? Un petit bleu ? Je n'avais certes pas observé la scène depuis longtemps mais il n'y avait aucune sorte de familiarité entre les deux, j'aurai même pu affirmer que c'était leur première rencontre même si je l'avais invité plus pour la forme que pour le fond (et pour les délicieuses histoires que son âge promettait). Franchement, même elle, elle ne semblait pas à l'aise, comme coincé entre deux feux. Loin de moi l'idée de l'indisposer d'ailleurs, si ma présence gênait, je m'en irais comme un grand prince, drapé de ma dignité. Je me calmais et observais tout amusé ce tableau saugrenu. Plus j'observais la jeune femme, et plus j'étais sur que c'était elle que j'avais croisé à Vohilis, fort loin de la demeure de son « oncle » de Barannor, et franchement, elle avait tout d'une servante donc son oncle devait vraiment ne pas l'aimer pour ne pas la sortir plus tôt de la servitude.

Voilà que la mascarade alla même plus loin, jusqu'à prétendre le handicap. Accoudé au comptoir, j'attendais sagement l'entracte de la pièce. C'était un peu vexant de voir que j'étais considéré comme le pire des rustres et qu'on cherchait à m'éviter avec de tels bassesses au lieu de simplement me demander de me mêler de mes affaires. J'étais tiraillée entre l'envie de taquiner son bon samaritain ou faire profil bas, à la fois pour ne pas m'attirer des ennuis et puis pour profiter tranquillement de ma soirée. Même si l'envie de rentrer dans son jeu était vraiment tentante, il n'était pas question d'importuner la demoiselle, aussi m'inclinais-je poliment devant elle :

« - Pas besoin de mentir aussi éhontément, même si je n'en ai peut être pas l'air, j'ai un minimum d'éducation et je ne tenais pas à vous importuner. Je comprends tout à fait que vous ne vous souveniez point de moi, tout c'est passé très vite. Je m'excuse si mes intentions vous ont semblé mauvaises, et si j'ai pu vous heurter de quelques façons que ce soit. Je souhaitais simplement partagée ma soirée et entendre des récits inconnus. Si ma compagnie vous intéresse ainsi que ce fameux verre, je serais installée ici. Et si votre charmant sauveur vous invente encore une vie et que vous ne savez pas comment lui échapper, appelez moi. On me nomme Aaron. »

Une fois mon honneur d'homme sauvé et une petite pique adressée à ce cher monsieur qui pouvait au même titre que moi avoir de mauvaises intentions , je me tournais vers l'aubergiste à qui je souris avant de lui redemander une assiette de son délicieux ragoût. Même si cela ne transparaissait pas, j'écoutais attentivement ce qui se passait dans mon dos, en cas de danger ou simplement de revirement de situation.
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