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Prends garde à toi! Rencontre inopinée entre une demoiselle et un damoiseau [PV Aaron] - Abandonné

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Mar 11 Avr - 19:50
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Les halles respiraient l’activité ce jour-là. Comme chaque jour de n’importe quel mois, de n’importe quel cycle. Vous pouviez compter sur l’opulente Athalie pour grouiller d’activité et ce même si on était en plain Cycle de l’Ennui. Le regard critique, Elva parcourait les différents établis, à la recherche d’une éventuelle affaire à mener. C’était à ce moment précis de l’année où on avait la possibilité de trouver des véritables raretés, l’activité mercantile étant malgré les apparences en période creuse et donnant ainsi l’envie aux marchands de se dépasser dans l’espoir de conclure une vente. C’était l’une des raisons pour laquelle elle avait acceptée de faire le déplacement depuis Barannor, l’autre étant qu’on ne refuse pas l’invitation de Maître Massanar si l’on désire rester dans les bonnes grâces de la guilde des joailliers. Son influence touchait absolument TOUTE la chaîne de production de n’importe quel bijou sur Mathusalem et lui déplaire était une sentence de mort pour tout commerce lié de près ou de loin à la joaillerie. Son mentor lui avait raconté plus d’une histoire de bijouteries tombées en disgrâce, ne trouvant plus ni clients ni matière première à travailler, et elle ne souhaitait nullement cette destinée. Elle avait déjà son lot de problèmes personnels pour en plus ajouter des soucis professionnels à la pile.

De toute manière Maître Massanar était d’agréable compagnie et il n’était nullement difficile pour elle d’accepter sa requête d’assistance pour une sombre affaire de contrefaçon de bijou. Apparemment certains clients avaient accusé le joaillier en faute de leur avoir vendu des œuvres dont la pierre prétendument précieuse et rare n’était qu’un vulgaire caillou teinté et elle avait été appelé pour confirmer cette accusation. Il s’avérait qu’elle avait souvent travaillé cette pierre pour certains grands notables de Dohilac et son expertise était parvenu on ne sait trop comment aux oreilles du grand Maître. Et c’est ainsi qu’elle s’était retrouvé escorté par la garde de Maître Massanar jusqu’à Athalie. Cela était une première pour la jeune femme de se retrouver mêlée aux affaires internes de la guilde d’aussi près mais elle ne pouvait qu’être heureuse de cette évolution dans sa carrière. Elle était officiellement reconnue comme une joaillière habile et cela ne serait que bénéfique pour ses affaires.

Ainsi, elle profitait donc de sa dernière journée dans la ville avant de repartir pour Barannor le lendemain matin. Le procès n’était pas encore terminé, mais sa contribution était terminée et elle n’était plus nécessaire pour la suite. Elle n’avait donc pas perdu une minute et après avoir fait ses adieux à Maître Massanar, elle fila droit vers le quartier commercial de la ville dans l’espoir de trouver des pierres à un prix intéressant pour ses futures créations. Surtout qu’un important mariage se dessinait dans la haute société de Barinnor et elle espérait pouvoir gagner quelques commandes. Sa ballade parmi les échoppes prit fin quand une voix qu’elle connaissait bien l’interpella.

- Mais que voient mes yeux fatigués…C’est la petite Eburo ! Qu’est-ce que tu fais aussi loin de chez toi fillette ?


Elle se tourna, un sourire poli sur son visage si impassible. Elle était sûre de répartir avec quelque chose maintenant. Derrière un établi, une femme tannée par le soleil et drapée de mille et un foulards de différentes couleurs lui fit un sourire légèrement carnassier tout en lui faisant des grands gestes de s’approcher.

- Bonjour à toi, Sabine. Une affaire de guilde m’a éloigné temporairement de mon échoppe. Non, dit-elle avec une pointe de malice dans son regard, tu ne sauras rien. Maître Massanar ne souhaite pas que la ville entière soit au courant ce soir et le reste de Mathusalem demain midi. Je te croyais à Maigolun à cette période de l’année ?

Avec un air déçu de ne pas pouvoir assouvir ses envies de commérage, la vieille Sabine expliqua à la jeune femme qu’elle bougeait sans cesse, peu importait le cycle, et elle démarra sans plus de transition son baratin de marchande ambulante. Elva fit évidemment semblant d’écouter tout en scrutant l’établi devant elle. La plupart des pierres lui étaient connues et comme à son habitude, Sabine affichait des prix exorbitants. Un leurre. Elle connaissait bien cette marchande aussi sournoise que douée et elle avait appris il y a des années à ne jamais regarder les pierres les plus chères. Les véritables raretés étaient dissimulées aux yeux des amateurs. Une petite pierre verte attira son attention. Elle était naturellement polie (Sabine les laissait toujours à l’état brut) et changeait de tonalité selon les rayons de lumière. Se pourrait-il que… ?

- Ah, je vois que ton regard est toujours aussi perçant ma mignonne. Oui, c’est bien ce que tu crois. Pas facile de mettre la main dessus mais comme je te connais si bien, je peux te faire un prix d’ami.
- Un prix d’ami ? Et quel est donc ce prix d’ami ?
- 700 Mall’s. Je sais, je sais, ce n’est pas donné mais crois-moi, tu en tireras bien plus une fois ouvragé en joli bijou, petite fée du fer.
- A d’autres Sabine. Je te le prends à 500 Mall’s tout au plus.
- Tu comptes arnaquer une pauvre vieille dame qui n’a que ça pour subsister ? Je peux descendre à 670 mais pas plus.
- 600 et je t’invite à déjeuner à ton prochain passage à Barannor.

Avec un petit sourire victorieux, Sabine lui tendit la pierre tout en lui souhaitant un bon retour dans sa ville. Elva savait qu’elle venait de se faire légèrement voler mais elle savait aussi qu’il n’y avait que sabine pour trouver ce genre de gemmes donc il valait mieux la laisser faire tout en négociant un peu. Il ne fallait surtout pas passer pour le dernier des pigeons sous peine de perdre respect et argent. Elle salua la marchande et partit continuer sa visite des halles. Peu de temps après son achat, elle entendit une commotion plus loin dans la rue et croyait distinguer des hommes assez remontés. N’ayant aucune envie de s’approcher, elle changea d’allée. Elle avait déjà eu assez d'agitation pour la semaine!
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Aaron Mainleste
La tarte au pomme, c'est trop bon !
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Métier : voleur
Localisation : Vohilis
Début de l'aventure : 06/04/2017
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Mer 12 Avr - 22:56

Une journée ordinaire dans une vie somme toute ordinaire. Je déambulais tranquillement dans les rues bondés, en sifflotant joyeusement. Les rayons du soleil réchauffaient agréablement mon dos tandis que mes mains, aussi lestes qu'à leur habitude dérobaient quelques Mall's aux passants les mieux vêtus. La récolte n'était pas mauvaise, pas de quoi non plus s'extasier, tout juste raisonnable. Je continuais donc à flâner sans but précis en observant les nouvelles têtes. Un de mes jeux favoris, c'est d'imaginer qui ils sont. D'abord il fallait deviner la contrée d'origine puis venait l'endroit de résidence, si on était assez observateur, le métier pouvait être assez simple à deviner. Pour le reste, l'imagination seul travaillait : le nombre d'enfant, les cachotteries, le niveau de vie, toutes ces petites choses qui composent une vie ... C'est une activité que j'ai inventé pour exercer mon œil à repérer le plus minuscule détail et en tirer une réflexion. J'avais également plusieurs autres pratiques, celles-ci étant surtout basées sur la connaissance du terrain, toujours fort utile en cas de fuite. Une d'entre elles consistait simplement à visualiser un point de départ et un point d'arrivé dans la ville. Il fallait alors réaliser tous les parcours possibles pour l'atteindre le plus rapidement possible. Tous les chemins étaient possibles même ceux fort peu officiels comme les toits.

Je sais, ce n'est guère intéressant pour des gens pressés d'amasser des centaines de Mall's mais pour moi, ce sont des techniques de survies très concrètes qu'il me fallait entretenir en permanence. Je m'en cache pas, cela occupait agréablement mes journées quand je me retrouvais sans compagnie comme en ce jour. Ce qu'il y avait également d’extrêmement satisfaisant, c'était d'être toujours au courant des derniers commérages. Bien souvent, je ne savais même pas de qui il était question et il n'était point dans ma philosophie de répéter ce que mes oreilles avaient pu intercepter mais cela me donnait une impression de puissance. Savoir, même pour un court instant, ce qu'une majorité ignore. Parfois, les informations entendues étaient fort utiles dans ma carrière de voleur ou plutôt de fugitif : untel garde aimait descendre dans telle auberge, un marchand quitte ou revient en ville, Monsieur Y avait besoin d'aide pour …

Bref, je pourrais passer des heures à expliquer au commun des mortels comment j'occupe mes journées, comment chacune d'entre elles sont uniques et comment cela me procure un sentiment de liberté inconditionnel mais pour le moment, mon attention était tournée vers quelques denrées qui venaient d'ouvrir mon appétit. S'il y a bien un de mes sens qui ne me trompe jamais, c'est bien mon odorat. Il est aussi affûté que celui du meilleur limier. Il venait de repérer ce qui me servirait de futur déjeuner si je parvenais à le subtiliser. Mais comme la vie était une suite d'opportunités qu'il suffisait de saisir, ce n'était pas le chien de garde – pardon, je voulais dire honnête marchand - veillant jalousement sur ses miches de pains qui allait me faire reculer. Je rabattis donc ma capuche pour dissimuler mes traits. Je m'approchais avec l'assurance tranquille de celui qui n'est pas intéressé et ne fait donc que passer quand une pièce scintillante s'écrasa sur les pavés en tintant.

« Ho … Je crains que ma bourse soit percée … » lançais-je faussement atterré, sans que mes paroles soient destinées à quelqu'un en particulier, du moins en apparence. Le marchand que j'observais du coin de l'oeil en me baissant m'observait d'un air renfrogné, mitigé entre l'envie d'attirer un client et de juste ignorer l'imbécile qui semait ses pièces à tout va. Il ne fallut qu'une seconde d'inattention de sa part pour que ma main, comme douée d'une vie propre, attrape une belle miche et prestement, la range dans ma besace. La seconde d'après, je finissais de ranger ma pièce en me redressant et en lançant un sourire amicale au marchand en ajoutant d'un air détaché :

« Je regrette de n'avoir assez pour vous acheter une miche de pain, elles ont l'air délicieuses. Allez, bonne journée ! »

Jusqu'ici cela se passait fort bien mais voilà, il fallait toujours que les ennuis me rattrapent et ceux-ci avaient pris les traits d'un petit rouquin qui tira la veste du commerçant pour attirer son attention -ce qui était tout à fait inutile étant donné les propos qu'il tient- :

« Hé m'sieur, il vous a pris v'tre pain. »

Saleté de gamin des rues, toujours prêt à vous balancer pour quelques pièces mais il avait bien raison, j'aurai été lui, sûr que je faisais le même coup.

« Délicieux vous dis-ai-je et irrésistible malheureusement ! »
criais-je avant de prendre mes jambes à mon cou après cette dernière pique d'humour. Vous comprenez mieux à présent ce que je vous expliquais sur la nécessité de connaître parfaitement les rues ? Je dévalais la rue sans trop de difficulté, contrairement à mon poursuivant qui haranguait la foule dans l'espoir de me stopper. Dès que je fus assez à distance de leur vue, je ralentis le pas pour me fondre dans la foule. J'enlevais ma cape pour laisser apparaître une chemise d'un blanc quasi immaculée – je l'avais volé hier dans une blanchisserie – histoire de passer un peu plus inaperçu au cas où le marchand prendrait le temps de donner mon signalement. Malgré que j'avançais d'un bon pas, j'entendis les clameurs se rapprocher. Un bon voleur est un voleur qui ne prends pas de risques démesurés, et c'était tout à fait ma politique aussi fallait-il que je me rende aussi ordinaire que n'importe quel homme ordinaire. Mon œil entraîné balaya la rue marchante, repérant ce qui semblait être une jeune femme quittant l'animation des halles. Ni une ni deux, je la suivis de façon détacher dans la rue – il ne fallait pas faire fuir ma sortie de secours – avant de la héler :

«  - Ma douce ! Tu ne peux imaginer comment je suis heureux de te trouver ici ! »

Je ne vous précise pas que je n'avais aucune idée de qui elle était mais je ne lui laissais pas le temps de réagir que je l’entraînais contre le mur d'une bâtisse, mes bras de chaque côté de sa personne lui barrait retraite. J'approchais mon visage du sien, laissant mes longs cheveux nous dissimuler aux yeux de mes poursuivants en donnant l'illusion d'un couple fort afféré. Qu'allez vous imaginer ?! Je n'oserais voler un bien aussi précieux qu'un baiser à une jeune demoiselle. Pour le moment, je retenais mon souffle en priant pour que ma charmante compagne soit assez stupéfaite pour ne pas penser à en appeler à la garde. Je pris le temps de lui lancer un radieux sourire et plein d'assurance innocente en soufflant :

« - Je m'excuse pour ma brusquerie et mon approche que vous pouvez tout à fait qualifier de rustre mais pourriez vous encore vous contentez de ma compagnie quelques secondes, s'il vous plaît ? Je vous en serais reconnaissant. »

Dès que j'entendis les clameurs s'éloignées, je m'empressais de relâcher la gente Dame avant que celle-ci ne le fasse. Tout le monde sait que certaines ont des griffes acérées et je ne tenais pas à mettre celle-ci en colère. Mon côté gentleman certainement. Je pris un air penaud :

« Il semblerait qu'il y ai eu un léger malentendu ce qui m'a entraîné dans cette position fort embarrassante. Bien, je ne vais pas vous retenir plus longtemps ! »


Aussi discret qu'une ombre, ma main avait fait encore des siennes -la vilaine ! On dirait presque qu'elle ne m'appartenait pas à ainsi chaparder- et maintenant que je mettais éloigner de la demoiselle, je m'amusais à tourner du bout des doigts l'objet étrangement rond et anguleux dans ma poche en m'interrogeant sur ce que cela pouvait bien être.

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