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Les Bernards l’Hermite ont-ils une conscience ? [PV Azran - Terminé]

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Drystan
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Mar 7 Mar - 1:18

Les Bernards l’Hermite ont-ils une conscience ?
PV Azran Surion


Non ! Posez immédiatement ce tabouret ! Docile, le pirate lâcha avec soin son arme improvisée, le tout dans un vacillement témoignant d'un certain stade d'ivresse. Son adversaire, un quelconque forban doté d'une dent en or qui scintillait lorsqu'il retroussait les lèvres, lui adressa un ricanement moqueur.

Bien arrangeant, le toutou ! lâcha-t-il dans la taverne, s'attirant quelques regards, pour la plupart profondément ennuyés. La Tortue avait vu son lot de bagarres et de conflits, il ne serait ni le premier ni le dernier à cracher ses provocations. Drystan, quant à lui, haussa les épaules en un regret piteusement feint.

Même avec quelques bouteilles dans le nez, un homme doit savoir choisir ses batailles. Le pirate coula un regard à la serveuse qui l'avait invectivé, prenant rapidement note de son joli visage et de ses courbes à faire frémir un saumon. Il lui fit un clin d’œil. D'autant plus lorsqu'il s'agit de se risquer à mécontenter une aussi charmante demoiselle. La concernée lui rendit un regard mauvais avant de tourner les talons, pointant ses propres yeux des doigts avant de les diriger vers lui, signifiant dans un geste universel toute la méfiance qu'il lui inspirait. Alors que Drystan battait innocemment des cils, le sol se rapprocha sensiblement de lui. A grande vitesse, même. Sans qu'il n'y comprenne grand chose, il se retrouva la joue collée contre le plancher humide de la taverne, avec le côté gauche du visage en feu et une envie grandissante d'arracher une certaine dent en or. L'autre hurlait de rire comme un dément devant la mine déconfite du pirate, le poing encore serré. On est repartis. S’agrippant approximativement à une table (cette dernière semblait trouver amusant de reculer sous sa main), il se redressa, fauchant une bouteille au passage, la descendant d'un trait sous les yeux désespérés de son possesseur.

Il afficha un grand sourire, un peu déformé par une ecchymose qui ne tarderait pas à colorer son visage. Quelques secondes se déroulèrent. La bouteille termina brisée contre le crâne du mécréant à la dent d'or, le nez de ce dernier éclaté sur la table contre laquelle Drystan l'y précipita. Et la bagarre recommença, sous les encouragements amusés des habitués et les regards blasés des plus vieux, qui décidément, en avaient ras-la-coquille de ces bêtises de jeunes crétins.

***

Et que je ne vous revois pas remettre un pied ici. C'est un établissement honnête, monsieur, pas un défouloir ! Le rire du pirate fut rapidement étouffé par ses propres gémissements de douleur. La porte claqua. Étalé au milieu de l'arrière rue terreuse, il adressa un regard ironique au ciel qui s'éclaircissait petit à petit. Il était en bien piteux état, ne se rappelait pas la moitié de sa nuit et avait l'impression d'avoir le crâne habité par un bernard l'hermite mécontent de sa cohabitation avec lui.

Et pour autant qu'il sache, peut être était-ce le cas. Peut être que chaque personne avait son petit bernard l'hermite dans le crâne, qui lui soufflait des mots et des idées. La vie aurait alors bien plus de sens.

Il décida de rester allongé encore quelques temps. Quelques heures peut-être. Toute sa vie, sans doute. Après tout, ce n'est pas comme s'il avait grand chose à en faire. Il remua sa mâchoire douloureuse avec une grimace, qui se transforma néanmoins en sourire lorsqu'il prit conscience de la dent en or avec laquelle ses doigts jouaient. Même s'il était un moins que rien, même si la vie avait une fâcheuse tendance à vouloir lui briser les rotules à coup de mât, au moins rendait-il coup pour coup avec un entêtement caractéristique. Ça valait bien quelques coups vicieux de la part du destin. Du moins c'est ce qu'il se disait à ce moment là.

Il tient un discours bien différent lorsqu'il arriva au port quelques heures plus tard, observant le soleil à son zénith, blêmissant puis rougissant tour à tour sous son teint nouvellement violacé. Bordel de chienne de vie. Ils étaient partis. Le bateau sur lequel il servait, l'équipage avec lequel il avait prit l'habitude de coexister. Un petit mousse d'une dizaine d'années s'approcha de lui.

M'sieur, le cap'taine de la Renarde m'a dit d'vous dire qu'il voulait pu d'vous. Une histoire de taverne et de dettes par rapport à de la destruction de meubles j'crois.

Drystan riva son regard sur la mer et lança la chose la plus spirituelle qui lui venait alors à l'esprit.

Bordel de chienne de vie.

Plus personne ne voudrait de lui après ça. Quelques secondes passèrent. Le gamin le fixait avec insistance. Le pirate lui rendit son regard, puis fit les gros yeux.

Tu crois quand même pas que j'vais te payer alors que mon navire s'est fait la malle ? Dégage, le mioche.

Le mousse lui renvoya un regard mauvais et s'enfuit au petit trot, laissant Drystan potasser sur son avenir inexistant. Bordel, de bordel de chienne de vie.

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Azran Surion
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Mar 30 Mai - 0:19
En retrait sur le port, assit sur un banc, un imposant borgne observait de son unique œil attentif l’interaction entre un gamin et un moins gamin. La scène en elle-même n’avait rien d’intéressante, mais une mention particulière avait sifflé dans son oreille sale. La mention d’un navire, dont le bougre avait vraisemblablement fait partie. Et s’il avait réellement navigué à bord de la Renarde, le borgne connaissait quelqu’un que ça pourrait intéresser.

Une fois le gamin parti, le colosse se leva et s’avança d’un pas lent jusqu’au personnage esseulé. Celui-ci ne semblait pas sur ses gardes. Pourquoi le serait-il ? Tous ceux présents sur cette île n’étaient-ils pas des gens bien intentionnés et à l’écoute de leur prochain ? Non, me dites-vous ?
Quelles idées vous faites-vous donc, malotru ?
En personne bien intentionnée et à l’écoute de son prochain, Gus se racla la gorge en arrivant au niveau du blanc-bec. Mais il n’attendit pas de réponse, sa gentillesse avait des limites. Au contraire, il préférait de loin que celui-ci garde le silence. À cet effet, un lourd coup sur le crâne devait suffire à l’assommer, permettant au borgne de le hisser sur son épaule afin de le porter jusqu’à l’autre bout du port.

L’avantage sur Khalem, c’était que peu de personnes se posaient des questions lorsqu’un homme transportait un autre homme inconscient sur son épaule. Nombreuses étaient les explications possibles pour une telle situation, et aussi nombreux étaient les gens trop indolents pour s’y intéresser. Son cheminement vers le Chien de Mer se fit donc sans encombres, pour son plus grand plaisir. Les gars du navires le laissèrent passer sans poser de question, allant même chercher leur capitaine à sa demande tandis que le héros temporaire de notre histoire descendait à la cale avec son sac à patates sur l’épaule.

Le temps qu’Azran arrive, l’intrus avait été soigneusement ligoté dans une position qui pourrait rappeler au capitaine ses heures les plus sombres, réveillé à coup d’eau sale, et calmé à coups. Juste à coups.

« On me dit que tu es un récemment ancien renard. Je pense qu’une conversation s’impose entre toi et moi, l’ami. »

Le Capitaine, habillé de la manière la plus sobre possible pour toujours paraître supérieur au reste de son équipage, approcha sa lampe à huile du visage contusionné de son prisonnier, fronça les sourcils et se retourna vers son colosse.

« T’avais besoin de l’amocher à ce point ?
- Il était déjà comme ça, Capitaine. Je l’ai juste assommé. »

La surprise fut visible sur le visage du moustachu, qui finit par sourire en observant son captif à nouveau.

« Eh bien il se pourrait même que cette conversation soit plaisante. »

Il déposa sa lampe à huile aux pieds du jeunot, et alla chercher un tonneau vide qu’il fit rouler jusqu’à lui afin de s’assoir dessus.

« Très bien, mon garçon. Je vais te demander de bien vouloir me dire qui tu es, ce que tu faisais pour Soan, et depuis quand tu le faisais. Tout ceci bien gentiment, et on verra ensuite pour le reste. »

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Mar 30 Mai - 18:19
Les ennuis, c’est comme une épidémie de gale.
Quand y’en a plus, eh bien y’en a encore.

Drystan ne l’avait pas franchement vu venir et c’était d’ailleurs peut être mieux comme ça. Il n’eut même pas le temps d’avoir mal –mais de toute façon, il souffrait déjà suffisamment comme ça. En voyant le sol se rapprocher de façon alarmante, il n’eut le temps que pour une pensée joliment colorée et une étrange impression de déjà-vu.  

Son réveil fut plus brutal que le premier. Aspergé d’eau de mer, ligoté comme un gigot et affublé d’une migraine trois fois plus forte que précédemment, il songea un instant que, décidément, ce jour n’était vraiment pas le sien (avant de tousser avec éloquence ses boyaux pour évacuer les résidus d’eau de mer qui avait pénétrés ses poumons). D’autres dans sa situation se seraient sans doute mis à paniquer, à insulter, à hurler leur innocence. Drystan quand à lui décida que de toute façon, au point où il en était, prendre les choses comme elles venaient était encore la meilleure solution. Le roulement des vagues contre une coque lui signalait sa présence à bord d’un bateau et le chant des mouettes, qu’il était toujours amarré –à l’autre bout de Mathusalem peut-être, mais amarré.

Il dressa mentalement un résumé de son état physique (guère glorieux avouons-le) et testa la souplesse de ses attaches avant de venir à la conclusion qu’il allait devoir dépenser des trésors d’improvisation pour se sortir de ce pétrin. Il interpella l’un des hommes qui semblait le surveiller, ce qui lui valut une nouvelle série de coups qui le forcèrent à se recroqueviller sur lui-même. Il avait sans doute vu pire, mais tout ça restait relativement désagréable. Alors qu’il réfléchissait silencieusement à la –très longue- liste de personnes qui auraient pu vouloir sa mort et aux –plus nombreuses encore- raisons qui auraient pu pousser quelqu’un à le kidnapper sauvagement en pleine rue, la réponse se présenta à lui. Et tout en elle criait "pirate !".

Se redressant tant bien que mal, Drystan leva un regard neutre et légèrement ennuyé vers son interlocuteur, comme s’il semblait daigner l’écouter, grand prince qu’il était. La grimace qui déforma un instant son visage lorsqu'on l’aveugla à l’aide d’une affreuse lampe à huile gâcha quelque peu son effet.  Les yeux plissés et l’attitude courroucée, le pirate aux yeux orage s’allongea finalement sur le dos. Au point où il en était, il pouvait bien prendre ses aises. Il ricana légèrement à la mention de son état, ce qui lui provoqua une nouvelle crise de toux douloureuse.

L'homme au regard acéré, visiblement le maître à bord, prit place non loin.

Très bien, mon garçon. Je vais te demander de bien vouloir me dire qui tu es, ce que tu faisais pour Soan, et depuis quand tu le faisais. Tout ceci bien gentiment, et on verra ensuite pour le reste.

Drystan leva légèrement la tête en direction de son interlocuteur.

En général, on pose cette question avant de kidnapper et séquestrer quelqu'un, commença le pirate. Ceci étant dit, la situation étant ce qu'elle est, j'imagine que je peux faire un effort de courtoisie, ajouta-t-il devant le regard meurtrier du sbire qui l'avait durement maltraité.

Il retroussa les lèvres pour lui adresser un sourire carnassier. Il n'aimait pas les méthodes de cet homme mais n'avait plus de compte à rendre à la Renarde. Ces enfants de requins ne l'avaient-ils pas laissé derrière, après tout ? Drystan n'était cependant pas de ceux à se laisser facilement intimider -et son sens du raisonnable avait supposément été altéré à sa naissance. Il se redressa en grinçant des dents, plongeant son regard bleu sombre dans celui ébène du capitaine.

Mon nom est Drystan et je navigue sur ces eaux depuis que j'ai l'âge de frotter un pont ou de tuer un homme. Donnez moi votre prix, et peut être aurez-vous vos informations.

Il ponctua sa phrase par un demi-sourire un brin provocateur et un petit haussement de sourcils de défi. Il n'était pas en position de force ? Pour ce que ça pouvait bien lui faire...

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Azran Surion
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Mar 30 Mai - 19:49
Le blanc-bec s’était allongé, et seul un geste de réprobation de la part du capitaine du navire à l’égard de son équipage lui avait permis de ne pas se faire méchamment corriger pour cette audace. Le jeunot s’était fait battre, assommer, enlever, ligoter, et son réveil n’avait pas été des plus accueillants. Quels monstres seraient-ils s’il ne le laissaient pas se mettre à son aise ?
Mais sa manière de répondre, en revanche, pouvait elle lui attirer plus d’ennuis.

« En général, on pose cette question avant de kidnapper et séquestrer quelqu'un. »

Azran n’était pas amusé, ses hommes non-plus. S’ils avaient décidé de lui infliger une correction, il ne les aurait pas empêchés. Mais l’intention sembla suffisante pour qu’il continue.

« Ceci étant dit, la situation étant ce qu'elle est, j'imagine que je peux faire un effort de courtoisie. »

Le Capitaine avait une sale impression de déjà-vu. Comme s’il avait déjà vécu cette situation. Un homme, ficelé dans cette cale, entouré par son propriétaire et ses hommes…
Avait-il vraiment été aussi insupportable lorsque lui-même s’était retrouvé dans cette cale ? Pauvre Archi…

« Mon nom est Drystan et je navigue sur ces eaux depuis que j'ai l'âge de frotter un pont ou de tuer un homme. Donnez moi votre prix, et peut être aurez-vous vos informations. »

Rien de ce que le captif ne faisait n’avait de réel effet sur le Requin. Son sourire ne l’avait pas gêné, son audace le rendait indifférent, sa provocation restait sans réponse. Mais ses hommes, eux, ne semblaient pas aussi calmes. L’un d’eux s’était même précipité sur lui pour l’attraper au col et le soulever du sol, le menaçant de ses poings. La seule chose qui l’arrêta fut un ricanement de la part de son capitaine, d’abord très discret, puis toujours un peu plus fort, jusqu’à ce que celui-ci se mette à rire à gorge déployée, de manière presque assez exagérée pour qu’on puisse questionner sa santé mentale.

« Très bien, Drystan. Laisse-moi juste faire quelques préparatifs, et je reviens vers toi avec mon offre. »

Sur ces mots, Azran se leva de son tonneau et quitta la cale. De là où il était, Drystan pouvait, après avoir reçu un violent coup à l’estomac et s’être vulgairement fait lâcher sur le plancher, l’entendre crier ses ordres, puis sentir le navire se déplacer.

Il se passa un moment avant que le Capitaine ne réapparaisse, accompagné d’un autre membre d’équipage qui tenait entre ses mains une longue corde.

« Drystan, mon jeune ami, j’espère que l’attente ne t’a pas trop délié la langue. Maintenant que tout est prêt, je serais extrêmement déçu d’avoir tout fait pour rien. »

Sur un signe de la tête du chef d’équipage, le matelot à ses côtés alla jusqu’au captif et fit un très beau nœud à ses jambes, bien serré. La corde se tendit ensuite, traînant le blanc bec jusqu’à la sortie de la cale, sans considération pour le frottement de son dos contre les planches de bois, ou le heurt de ses côtes contre les marches.

Dehors, tout l’équipage était réuni, un grand sourire aux lèvres, et les clameurs se firent entendre. S’il avait l’œil attentif, Drystan pourrait voir que la corde qui le trainait par les pieds passait par une poulie et se terminait sur une roue que faisaient tourner quelques membres de l’équipage, jusqu’à ce que le pauvre bougre ne se fasse soulever du sol par les pieds, balançant lentement, la tête en bas, les mains liées dans son dos.

« Très bien, voici mon offre. »

Azran attrapa le jeune homme par la ceinture et l'entraina par-dessus bord, le retenant quelques secondes le temps qu’il arrête de trop balancer.

« Si on continue tout droit, on n’arrive théoriquement sur rien. Ce qui veut dire qu’en principe, personne ne viendra nous embêter. Les eaux, en revanche, ont tendance à être habitées par des petites créatures pas particulièrement amicales. Là où tu as plus ou moins de la chance, c’est qu’elles sont connues pour rester dans les fonds, mais qui sait si une ou deux d’entre elles ne voudront pas venir te faire un petit coucou. »

Le sourire d’Azran se fit carnassier, répondant tardivement à celui qu’avait eu Drystan un peu plus tôt.

« Alors le jeu est le suivant. On va te faire descendre, et on va te laisser faire trempette pendant un certain temps. Pour que le jeu soit intéressant il va falloir que tu survives à cette premières trempette, bien entendu. Ensuite on te remontera, et là on pourra négocier, selon les informations que tu as à me donner, si on te renvoie piquer une tête, ou si l’on te détache. »

Les clameurs reprirent, donnant une idée assez claire du choix préconisé par la majorité.

« Ah, et évidemment, est-ce qu’on te détache. Je suis un homme honnête, je préfère te prévenir que tu n’es pas à l’abri que je tranche ta corde pour te laisser couler pieds et poings liés si ta réponse ne me convient pas. »

Il fit signe à ses hommes de commencer à faire tourner la roue, et le jeune homme ne tarda pas à voir les vagues se rapprocher de son visage.

« Dans le doute prends une bonne inspiration. Des fois que le mécanisme bloque et que tu restes plus longtemps que prévu la tête sous l’eau, tu vois ? »

Le sourire carnassier s’était transformé en ricanement amusé, et lorsque l’eau atteignit la tête du blanc-bec, il put peut-être entendre Azran lui souhaiter une « Bonne baignade ! ».

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Drystan
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Mar 30 Mai - 22:32
L'eau était froide. Très froide.

A peine Drystan avait-il eu le temps de blêmir qu'il se retrouva la tête la première plongé dans l'océan. Il eu la bonne foi de songer qu'il avait peut être ouvert sa bouche une fois de trop. Avec la mauvaise personne. Dans le mauvais bateau.

Oh il avait vu pire. Ksarr n'avait pas été un père très affectueux et il n'était pas rare que Drystan se retrouve d'une façon ou d'une autre attaché au mât du Perce-Vent pendant plusieurs heures. Ou à la proue dans l'espoir qu'une vague un peu haute ne l'achève. Il avait vu pire. Ceci étant dit, la situation ne s'est guère améliorée, admit-il en regardant passer avec lassitude un poisson curieux. C'était clair, ce type ne plaisantait pas. Drystan aimait bien son style. Ça changeait de ce qu'il avait l'habitude de voir. Mais bon, il admettait aussi qu'il aurait préféré faire sa connaissance dans de meilleures circonstances.

Pourquoi était-il là, déjà ? Ah oui, Soan et la Renarde. A vrai dire, il n'avait absolument aucun intérêt à les protéger. C'était sans compter son caractère têtu et sa fierté vraiment très déplacée. Ainsi, lorsqu'on le remorqua dégoulinant jusqu'au pont, il ne trouva rien d'autre à faire que de cracher toute l'eau qu'il avait ingurgité sur l'estimé capitaine du navire. Cela lui valu beaucoup d'injures, un nouveau coup dans l'estomac et un séjour aquatique d'une durée au moins trois fois supérieure à la précédente. Drystan s'étonna presque qu'on ne coupe pas tout simplement la corde pour le laisser couler. Son interlocuteur semblait doté de plus de patience que n'en avait eu son père adoptif. Ce fait augmenta sensiblement l'intérêt du pirate pour son homologue.

Lorsqu'on le remonta une ultime fois, sa décision était prise.

Après avoir une nouvelle fois toussé tout le contenu de ses poumons, la tête toujours à l'envers et ses habits pendant tristement, Drystan se racla la gorge et sourit au capitaine.

J'ai un marché à vous proposer. Vous pouvez continuer à jouer à la pêche avec ma pauvre carcasse et, ma foi, vos informations seront perdues à tout jamais dans le ventre d'un requin. C'est un choix comme un autre, j'en conviens. Le sourire du pirate s'élargit. Ou alors, je vous donne toutes les informations que vous voulez de bon cœur. A condition que vous m'acceptiez dans votre équipage.

Le tout le plus sérieusement du monde.
A vrai dire, il n'avait jamais été aussi sérieux de toute sa vie.

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Mer 31 Mai - 13:33
Le jeunot était insupportable. Une véritable tête de mule, insolent au possible. Et étrangement, ça plaisait au capitaine du Chien de Mer, bien que cet enfant d’écrevisse n’ait vidé ses poumons pleins d’eau sur sa tenue. Il n’avait pas réagi, ses hommes s’en étaient chargés pour lui. Et le sourire qu’il avait arboré était à la fois un sourire de satisfaction de voir cette peste recevoir la correction qu’elle méritait, mais aussi celui d’un homme amusé par l’audace du saucisson qu’il trempait à sa guise dans l’eau de mer.

D’ailleurs, il y retourna vite, dans l’eau de mer. Et nombreux étaient ceux qui voulaient l’y laisser, mais le capitaine restait silencieux, observant la corde bouger, et la forme qui y était attachée sous l’eau. Et là où l’équipage entier attendait de lui qu’il n’ordonne de couper la corde, il fit simplement signe de le remonter.

Par précaution, il s’était reculé de plusieurs pas, afin de ne pas être atteint par une nouvelle vague d’eau salée. Et il fut surpris de constater qu’un fois cette vague passée, le blanc-bec lui sourit.

« J'ai un marché à vous proposer. Vous pouvez continuer à jouer à la pêche avec ma pauvre carcasse et, ma foi, vos informations seront perdues à tout jamais dans le ventre d'un requin. C'est un choix comme un autre, j'en conviens. Ou alors, je vous donne toutes les informations que vous voulez de bon cœur. A condition que vous m'acceptiez dans votre équipage. »

Une nouvelle clameur s’éleva de l’équipage, qui ne pouvait pas croire au toupet de l’insolent. Mais Azran lui sourit en retour. Soit il cachait quelque chose, soit il était incroyablement stupide. Et d’après ce qu’il avait observé, les deux choix lui semblaient tout à fait probables. Mais il ne pouvait s’empêcher d’être piqué dans sa curiosité. L’idée d’avoir ce jeune homme dans son équipage lui semblait être à la fois la pire et la meilleure chose qui puisse arriver.

Mais si l’idée était mauvaise, il pouvait toujours l’abattre et le jeter aux poissons.

« Très bien. »

L’équipage entier fut offusqué, les clameurs se firent encore plus forte, jusqu’à ce qu’un geste du Capitaine y mette fin.

« Si c’est vraiment ce que tu veux, moussaillon, bienvenue à bord. Je te présente l’équipage, vois comme ils sont heureux de t’accueillir parmi eux. »

Son sourire se fit carnassier.

« Maintenant, Drystan. Mes informations. »

Le Requin ne semblait pas décidé à décrocher son appât de la canne pour le moment.

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Jeu 1 Juin - 11:16
Vois comme ils sont heureux de t’accueillir parmi eux.

Drystan sourit en coin, ce qui produisait un effet plutôt étrange étant donné qu’il était toujours à l’envers. S’il avait été libre de ses mains, il aurait fait un signe amical à l’équipage, ce qui l’aurait sans doute affublé de quelques bleus en plus. Au point où il en était... La réponse du capitaine ne l’étonnait pas outre mesure. A vrai dire, il s’attendait à nourrir les poissons une fois les informations données. C’est ce que Ksarr aurait fait. Il avait intérêt à se montrer particulièrement persuasif.

Maintenant, Drystan. Mes informations.

Il passa la langue sur sa lèvre supérieure, toujours salée, réfléchissant.

Figurez-vous que Soan est plutôt protecteur envers ses secrets. Drystan se doutait que c’était sans doute à cause de cela qu’il se retrouvait saucissonné. Saviez-vous d’ailleurs que Soan était une femme ?

Le pirate fit une tentative de haussement d’épaules, qui échoua lamentablement. Il se contenta de voir la surprise s’afficher sur les visages de ses interlocuteurs. Ce fait n’était pas connu de tous, et même la plupart des membres de son propre équipage l’ignorait. Mais Drystan étant ce qu’il était…

Il se pourrait même que parfois, la terrible capitaine de la Renarde se laisse aller à la solitude. Les femmes sont terriblement bavardes sur l’oreiller, même les plus secrètes d’entre elles. Si seulement vous aviez mis la main sur l'un de ces rares confidents. Silence dramatique, puis nouveau sourire. Oh, mais attendez. Il semblerait que ce soit le cas. Cela tombe drôlement bien que je fasse à présent parti de votre équipage. J’imagine que je ne suis du coup plus tenu à la loyauté envers mon ancien capitaine, n’est-ce pas ? La question étant purement rhétorique, il continua sa tirade. Figure-vous d’ailleurs que Soan, comme vous le savez sans doute, possède un commerce maritime très fluctuant. Je me demande même si la plupart des marchands ne fermerait pas parfois les yeux. Peut-être bien parce que son père est quelqu’un de haut placé. A tout hasard un certain riche commerçant de Vohilis ayant renié sa fille mais continuant à veiller sur elle dans l’ombre ?

Drystan observa son nouveau capitaine avec un sourire faussement innocent. Si ce dernier était un tant soit peu au courant des dernières nouvelles mondaines du pays des sables, l’identité de Soan (ou de son père) était facile à déduire.

Ce serait vraiment terrible si quelqu’un faisait chanter le pauvre homme en retenant en otage sa fille… Mais d’ailleurs, vous êtes qui ?

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Jeu 1 Juin - 12:54
« Figurez-vous que Soan est plutôt protecteur envers ses secrets. Saviez-vous d’ailleurs que Soan était une femme ? »

La totalité de l’équipage fut surpris de cette révélation, certains même assurant que c’étaient des mensonges, que le blanc-bec ne servait à rien et qu’on devrait le renvoyer à l’eau. Seules deux personnes restèrent impassibles à cette remarque : le Capitaine et son Maître d’équipage. Celui-ci calma d’ailleurs les autres, laissant à Drystan la possibilité de continuer.

« Il se pourrait même que parfois, la terrible capitaine de la Renarde se laisse aller à la solitude. Les femmes sont terriblement bavardes sur l’oreiller, même les plus secrètes d’entre elles. Si seulement vous aviez mis la main sur l'un de ces rares confidents. Oh, mais attendez. Il semblerait que ce soit le cas. Cela tombe drôlement bien que je fasse à présent parti de votre équipage. J’imagine que je ne suis du coup plus tenu à la loyauté envers mon ancien capitaine, n’est-ce pas ? »

Azran ressentait une envie prononcée d’en coller une à ce jeunot, mais il ne le fit pas. Il n’avait encore rien dit d’intéressant, s’étant contenté de vanter sa capacité à finir dans le lit de son capitaine. Ce qui l’espace de quelques secondes le rendit soucieux. Puis son souci se tourna vers le peu de respect qu’il semblait avoir envers les secrets de son ancien capitaine/ancienne amante, et il se demandait s’il avait vraiment bien fait de l’accepter dans son équipage.
Il serait toujours temps de le lâcher à la mer à la fin, de toute façon. Les gars ne s’en plaindraient pas, et qui pourrait venir le chercher ici ?

« Figure-vous d’ailleurs que Soan, comme vous le savez sans doute, possède un commerce maritime très fluctuant. Je me demande même si la plupart des marchands ne fermerait pas parfois les yeux. Peut-être bien parce que son père est quelqu’un de haut placé. A tout hasard un certain riche commerçant de Vohilis ayant renié sa fille mais continuant à veiller sur elle dans l’ombre ? »

Une étrange image planait dans la tête du Capitaine. La manière de parler de son nouveau mousse lui faisait penser au ton que pourrait utiliser un petit personnage dans une boite magique que l’on pourrait regarder de chez soi pendant le repas, par exemple. Il leva les yeux au ciel, constata que le soleil tapait relativement fort, conclut qu’il avait dû prendre un mauvais coup de soleil, et demanda à l’un de ses hommes d’aller lui chercher son chapeau, qu’il enfila vite.

Ce problème réglé, il était temps de se pencher sur les informations qui lui avaient été données.

« Ce serait vraiment terrible si quelqu’un faisait chanter le pauvre homme en retenant en otage sa fille… Mais d’ailleurs, vous êtes qui ?
- Tu as de la suite dans les idées, petit. Mais pas assez. »

Azran tira son sabre du fourreau, et dans un geste qui pourrait faire croire à Drystan que son capitaine allait attenter à sa vie, il coupa la corde juste au-dessus de ses pieds, le laissant retomber sur la tête sur le pont du navire.

« Personnellement, je pensais faire l’inverse. »

Il lança un regard complice à son maître d’équipage tandis que ses hommes défaisaient les liens qui entravaient encore le jeune mousse, puis l’aidaient à se relever.

« Je ne sais pas combien de temps tu as passé à bord de son navire. Je ne sais même pas si elle a un jour parlé de cette histoire. Mais je suis Azran Surion, Capitaine du Chien de Mer. Et la Renarde m’a autrefois tué. »

Il termina sa présentation par une petite courbette exagérée, accompagnée d’un sourire de squale.

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La Mathu'Omniscience
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Jeu 29 Juin - 23:10
Ce qu'il s'est passé...
Drystan, nouvellement sans équipage, fait la rencontre involontaire du Capitaine Azran Surion, qui lui demande des renseignements sur son ancien capitaine, Soan, de La Renarde. Celui-ci accepte de l'aider en échange d'une place à bord du Chien de Mer.
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