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Event - Les Jeux de l'Arène

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La Mathu'Omniscience
L'âme du Monde
Début de l'aventure : 27/05/2016
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Dim 19 Fév - 18:51
A l'attention de Serhkan Al'Raja, dit Serhkan La Lionne,
Invitation aux 20eme Jeux de l'Arène d'Athalie.


Conscients de vos talents, de votre renom et de vos nombreuses années de service, le Conseil de la ville et les Organisateurs des Jeux seraient honorés de votre présence à la 20eme édition des Jeux de l'Arène, pour un combat d'ouverture épique !

Vous seriez également sollicitée pour remettre son trophée au vainqueur des Jeux, au côté de notre Chef de Contrée.

Nous serions ravis d'accueillir dans l'enceinte de la ville la fameuse Lionne et sa fille, avec tous les honneurs qui lui sont dus.

Puissent vos pas vous ramener vers l'Arène,

Le Maître de l'Arène.



Que vous soyez déjà plus ou moins confortablement installés dans les gradins de l'Arène, que vous en passiez tout juste le portail ou que vous flâniez dans les ruelles environnantes, le même discours et le même brouhaha vous parviennent tout de même - plus ou moins clairement - aux oreilles :

Mesdames et Messieurs, bienvenus aux Jeux de l'Arène !

Vous les avez attendus une année durant et les voici enfin revenus !
Êtes-vous prêts à frissonner ? Êtes-vous prêts à vous insurger ? Êtes-vous prêts à parier ?

Une chose est sûre, vous êtes définitivement prêts à en prendre plein la vue ! Et ça commence... MAINTENANT !

Cette année, pour ouvrir la 20eme édition des Jeux, pour le tout premier combat, nous avons l'honneur d'accueillir une ancienne gladiatrice... Féroce. Sauvage. Une vraie lionne. Acclamez... Serhkan la Lionne !

***

Dans les sous-sols de l'Arène, entre les mugissements des animaux, les cris des maîtres d'armes, les regards apeurés des esclaves ou encore l'excitation des combattants aguerris, l'annonce de l'ouverture des Jeux raisonna avec force.

Dans les gradins, les paris allaient déjà bon train, alors qu'une petite fille en larme trônait au milieu de l'Arène, enchaînée dans une cage, sous le regard avide de bêtes en tous genres.

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Serhkan la Lionne
Que sait du désert celui qui ne regarde qu'un grain de sable ?
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Localisation : Athalie
Début de l'aventure : 03/12/2016
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Dim 19 Fév - 21:40

Les secondes tombaient comme des grains dorés au sein d'un gigantesque sablier. Un grondement assourdissant provenait de l'extérieur tandis que le crieur de l'Arène déclamait son texte. Le tribunes vibraient au rythme des piétinements impatients, l'air se réchauffait sous le soleil lourd d'Athalie. La tête entre les mains, Serhkan songea avec ironie qu'elle aurait aussi bien pu se trouver dans le ventre d'une monstrueuse créature tant les hurlements des curieux raisonnaient, se muant en rugissement titanesque. Ce son déconcertant, Serhkan l'avait déjà entendu, de nombreuses fois. Elle ne s'était pas retrouvée plongée dans cette terrible ambiance d'angoisse mêlée d'adrénaline depuis huit ans. Elle pensait qu'elle n'aurait plus jamais à y faire face. D'autres combattants gravitaient autour d'elle, dans la pièce de pierres fraîche où les gladiateurs et guerriers curieux participants aux jeux attendaient patiemment de faire leur entrée. Certains, l'ayant reconnus, murmuraient tout en se donnant des coups de coude, la désignant du doigt. Être une légende de l'Arène n'était pas de tout repos. Serhkan se serrait sans doute montrée plus patiente avec eux dans d'autres circonstances. Mais les circonstances étant ce qu'elles étaient, elle restait prostrée dans une attitude morose, oscillant entre une fureur destructrice et une détresse intense. Ils lui avaient pris Sahi. Sa fille unique était entre leurs mains.

Eh la Lionne, c'est ton tour !

L'ancienne gladiatrice leva un regard glacial sur l'homme qui la scrutait. Armé d'un chat à neuf queues et rondouillard, elle reconnu en lui l'ancien marchand d'esclaves qu'il était. Un homme vulgaire et grossier, qui était utilisé pour entraîner les esclaves récalcitrants au combat dans l'Arène. Il n'avait aucun pouvoir sur Serhkan, qui était une femme libre. Elle ne l'en exécrait pas moins. Elle se redressa finalement, son casque sous le bras gauche et son cimeterre à garde de lion dans la main droite, les yeux fixés sur un point lointain. Lorsqu'elle passa à côté de l'ancien esclavagiste, ce dernier ne pu s'empêcher de lui susurrer quelques mots.

J'espère que tu te battras suffisamment bien pour récupérer ta gamine. J'ai déjà quelques bons investisseurs qui seraient ravis de m─

Un craquement sonore retentit lorsque le talon de Serhkan s'écrasa contre le tibia de l'homme qui bascula en avant, immédiatement réceptionné par un coup de poing dans le nez. Il s'écrasa finalement sur le dos, deux mains déjà ensanglantée sur le visage, gémissant sa douleur. Le regard de l'ancienne gladiatrice brûlait d'une rage sauvage, tandis qu'elle se remettait en route vers le centre de l'Arène. Les hurlements se faisaient de plus en plus sourds, accompagnant son ascension jusqu'aux grandes grilles sculptées qu'elle connaissait par cœur. Elle se concentra sur ses pas. Un pied après l'autre. Elle avait l'impression que sa tête bourdonnait. Seule sa colère, qui grandissait comme une vague monstrueuse, réussissait à la faire avancer. D'un geste répété milles fois, elle s'accoutra de son casque finement ouvragé. Il représentait la face d'un lion rugissant, laissant deux fentes pour les yeux et une ouverture à l'intérieur du museau pour sa propre respiration. Il était complété d'une épaisse fourrure sombre qui rendrait sans doute la chaleur suffocante. Mais Serhkan n'était vraiment pas en position de rechigner. Les jambes écartées, le sabre courbe à la main et le poing gauche serré, elle s'évertua à faire le calme dans son esprit. Le moment était venu. Les grandes grilles s'ouvrirent sur elle, la livrant impitoyablement aux rugissements bestiaux de la foule.

...acclamez... Serhkan la Lionne !

Le cœur de l'ancienne gladiatrice manqua un battement. Le temps sembla s'étirer à l'infini tandis que ses yeux s’agrandissaient devant la scène qu'ils examinaient. Une fillette à la peau sombre se trouvait au milieu de l'Arène, dans une cage, enchaînée comme un vulgaire animal. Des fers s'agrippaient à ses maigres poignets et à ses chevilles, l’immobilisant sur le sol de sa prison. Ses joues étaient striées de larmes.

Sahi.

Cette image resterait à tout jamais graver dans sa mémoire, tandis que la vague de colère se transformait en une tempête de fureur sans commune mesure. Chaque cri attisait sa frénésie. Le public semblait ravi. Elle prit une longue inspiration tremblante avant de pousser un rugissement qui n'avait rien à envier aux fauves qui tournaient autour de la cage.

COMMENT OSEZ VOUS ?! EST-CE LA VOTRE IDÉE DU SPECTACLE, PEUPLE ATHALIEN ? VOUS DEVRIEZ AVOIR HONTE !

Le bourdonnement dans sa tête avait pris tellement d'ampleur que l'ancienne gladiatrice n'entendit pas le silence qui suivit ses paroles. Si quelques spectateurs murmuraient, la plupart préférèrent sans doute croire à un numéro adroitement répété, car les cris reprirent instantanément. Je vais les tuer. Je vais tous les tuer. Les yeux embués de Sahi s'étaient fixés sur elle. Serhkan sentit son propre regard devenir humide. Je vais les jeter en pâture à leurs propres créatures. Ils apprendront ce qui en coûte de toucher au petit de la Lionne. Son masque rugissant se tourna vers le Maître de l’Arène, perché en haut d'un balcon, qui eut au moins le bon sens de se faire tout petit.

Tiens bon ma puce, j'arrive.
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Mar 21 Fév - 21:27
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L'insidieuse lumière de l'astre diurne se frayait un chemin entre les rideaux miteux de la chambre depuis le début de la matinée. Athos en avait conscience, il sentait sa chaleur tremblotante sur son coude nu  depuis quelques instants déjà.
Si cette sensation était agréable, il redoutait celle qui suivrait, à savoir le jet de lumière incendiaire qui s'attaquerait à son visage si il ne se levait pas.

D'après les ombres propulsées au travers de la pièce, la distance approximativement parcourue par la lumière depuis quelques instants, il jugea qu'il était un peu tard dans la matinée et surtout qu'il disposait de mois de dix minutes pour se lever et épargner une douleur cuisante à sa pupille gauche...
Le mercenaire repoussa le drap en émettant un grognement et s'apprêta à planifier sa journée quand un clameur s'éleva de par la fenêtre entrouverte.
- Ha oui... Les Jeux... bougonna t'il.
Il était arrivé à Athalie cette nuit, après une traque menée à bien mais avait bien saisi qu'on était à cette période de l'année.
Les hurlements venant des gradins et le brouhaha de la foule devant l'auberge le hérissa et il repoussa le drap en peu violemment, dévoilant la jeune femme qui avait partagé son lit la veille.
- Ha oui... Mince.  
Après une toilette rapide, le jeune homme enfila son pantalon et déposa la somme convenue sur la chaise qui avait accueilli les vêtements de la jeune prostituée.
Il la regarda en même temps qu'il reboutonnait sa veste. Elle était terriblement jeune, vingt ans, vingt-deux, tout au plus.
Ses cheveux bruns s'étaient étalés autour des oreillers et elle en serait un dans ses bras, cachant sa poitrine et son ventre plat.
Tout en attachant son bandana, le Renard rabattit la couverture sur la jeune fille et glissa quelques pièces en bronze dans sa main frêle.
Il allait quitter la pièce quand les hurlements de l'arène se firent plus intense, l'espace d'une seconde, et perturbèrent le sommeil de la jeune femme. Elle roula sur le côté en grognant tandis qu'Athos se dirigeait vers la fenêtre pour la fermer en jurant intérieurement contre les crétins qui participaient à ce genre de barbaries réglementées.

- Salut Anne, Julie est dans la chambre, si tu la cherches.   grogna le mercenaire en avalant son café brûlant.
- Cesse de faire comme si tu oubliais leur prénom à chaque fois, Athos. Je te connais trop bien.
La maquerelle s'assit à côté de lui et croisa les jambes.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Tu veux me regarder déjeuner ?
Une énième clameur en provenance de l'Arène secoua la pièce et vrilla les oreilles du mercenaire.
- Mais c'est pas bientôt fini, oui ?! Explosa t-il.
Anne rit aux éclats :
- Tu ne changeras vraiment jamais !
- J'en ai plein le dos de ces Jeux ! En plus je trouve cet évènement malsain comme tout ! Est-ce si amusant de payer pour voir de pauvres hères s'entretuer, les uns les autres ?
- Tu parles ainsi car c'est ton métier, à toi. tu tues pour vivre.
- Oui, mais moi je tues les salopards... Pas des esclaves et des animaux innocents.
La maquerelle continua à glousser avant de froncer les sourcils et prendre un air grave.
- Dis-moi, Renard. Quels sont tes tarifs du moment ? J'aurais besoin de quelqu'un pour... corriger un malotru, qui se trouve précisément être l'un des organisateurs des Jeux.
- N'en dis pas plus, Anne. Pour une amie, c'est offert. lâcha le mercenaire en finissant sa tasse.
Ils se sourirent en complices tandis qu'un pas léger foulait les marches de bois menant aux chambres et les deux compères se retournèrent en même temps :
- Bonjour Blanche !
La jeune fille répondit timidement et Anne jeta un regard amusé au Renard, qui rougit :
- Le café fait du bien à ta mémoire, dirait-on.
- J'y vais. J'ai des Jeux à saboter. laissa tomber le renard en jetant sa cape autour de ses épaules.
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Azran Surion
Ça vous dit rien une "Sirène" ?
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Métier : Capitaine Pirate
Localisation : Le Chien de Mer
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Mer 22 Fév - 14:29
Les Jeux de l’Arène étaient une attraction qui, dans ses jeunes années de piraterie, avait intrigué Azran tout autant qu’elle l’avait inspiré. Pour un jeune homme plutôt pacifiste s’engageant dans la voie de la violence maritime, une fenêtre directement ouverte sur les plus sombres instincts bestiaux de l’homme avait grandement facilité son adaptation. Sans la créativité des combattants de l’arène dans leur tâche sanglante, jamais il n’aurait songé à faire de ses batailles un art dédié à la mort.
C’était cette soif de sang malsaine qui l’avait conduit à ses pires carnages. C’étaient ces carnages qui l’avaient conduit à l’échafaud. Et sans son passage à l’échafaud, jamais il n’aurait été question de séquestration, donc il ne se serait jamais mutiné, et jamais il ne serait devenu Capitaine. Les Jeux avaient fait de lui l’homme qu’il était aujourd’hui.

Mais malgré cela, son intérêt pour ces boucheries organisées avait grandement décrut au fil des années, jusqu’à ce qu’il n’y aille qu’en certaines occasions. Et quelle occasion que celle-ci !
La Lionne de retour dans l’Arène. C’était une chose qu’il n’aurait manqué pour rien au monde. Cela faisait bien trop longtemps qu’il ne l’avait pas vue dans son armure légendaire, et il pestait contre lui-même d’être en retard, grimpant les marches trois par trois afin d’avoir une bonne place dans les gradins, encouragé par les clameurs des spectateurs déjà présents, difficilement suivi par quelques uns de ses hommes auxquels il ne prêtait aucune attention.

En haut des marches, la circulation était difficile. Ça bloquait, ça se bousculait, ça râlait. Le pirate n’avait pas le temps. Il se fraya un chemin entre les gens, poussant s’il devait, décalant si le besoin se faisait sentir. Et les contestataires se faisaient remettre à leur place par les gros bras à sa suite. Le moustachu prit quand même quelques instants pour assister une jolie jeune femme qui peinait elle aussi à se frayer un passage dans cette cohue.

« COMMENT OSEZ VOUS ?! EST-CE LA VOTRE IDÉE DU SPECTACLE, PEUPLE ATHALIEN ? VOUS DEVRIEZ AVOIR HONTE ! »


Faible de là où il était, ce rugissement de mots avait tout de même réussi à être compréhensible malgré la distance, et assez impactant pour que l’arène entière se taise. Il aurait reconnu cette voix entre mille, et ce n’étaient pas des propos qu’il l’imaginait tenir en cette occasion.

Abandonnant sans un remord la donzelle sous sa protection, il se précipita afin d’avoir un visuel sur la piste. Serkhan était là, une Lionne s’il en était. La voir ainsi accoutrée lui arracha un sourire malgré lui. Mais un détail attira son regard, une cage occupée qui dissipa ce sourire nouveau aussi vite qu’il s’était formé.

« Sahi ? »

Son incompréhension était totale tandis que son regard balançait entre la Lionne et sa fille de façon régulière. Il était impossible que Serkhan ait accepté ceci. D’autant qu’elle était visiblement tendue. Non, ce n’était pas prévu. À moins que…
Le Requin suivit le regard de la Lionne qui fixait le Maître de l’Arène, et tout fut limpide. C’était bien sombre de la part du Maître d’avoir fait ça, et très audacieux. Dans toute autre circonstance, Azran aurait été admiratif.

Mais maintenant qu’il comprenait la situation, il bouillonnait chaque seconde un peu plus.

D’un pas hâtif, il se mit en marche en direction du centre de l’arène, bousculant sans considération toute personne sur son chemin, qu’elle soit grande, petite, jeune, vieille, homme ou femme ou tout à la fois. Son pas était assez soutenu pour que ses hommes peinent à le suivre. Et à chaque pas, il espérait que c’était encore un de ses mauvais rêves, que personne n’aurait été assez fou pour prendre Sahi. Mais chaque heurt était bien trop réel pour que ce soit un rêve. Son poing se serra.

« Stop. Vous pouvez pas pass- »

L’impact violent du poing d’Azran dans l’abdomen du videur lui coupa le souffle, l’empêchant de terminer sa phrase. Un deuxième coup du tranchant de sa main dans la gorge du malheureux vint assurer à Azran qu’il ne pourrait pas appeler à l’aide, mais sa rage le poussa à le projeter par-dessus le balcon, le laissant s’écraser dans un bruit sourd sur le sable un peu plus bas.
Là-dessus, le pas soutenu de ses hommes devint une course tandis qu’ils tiraient leurs lames afin de défendre leur capitaine des gardes qui venaient vers lui. Mais Azran n’y faisait pas attention. Son regard allait et revenait entre Sahi et la Lionne qu’il finit par rejoindre en sautant du gradin le plus bas sur le sable.

Il voulait demander à Serkhan qu’elle lui dise que tout ça n’était qu’une plaisanterie, une mise en scène, mais il avait appris à connaître la Lionne avec le temps. Elle ne faisait pas semblant.
Il la regarda un instant en silence, puis Sahi, puis Serkhan de nouveau, et tira sa lame. Dans les gradins, ses hommes veillaient à ce que personne ne les dérange.

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Jeu 23 Fév - 10:53
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Athalie baignait dans la douce lumière matinale, déjà chaude. Illuminées par les rayons rosées, les pierres rouges caractéristiques de la région projetaient une aura agréable. Mais Persée n’y voyait qu’un écho du sang qui ne tarderait pas à maculer le sable de l’arène.
Il gravissait une escalier pour parvenir au sommet des gradins, le dos courbé et le regard désapprobateur face à la liesse qui soulevait le public. L’héritier Atréides avait beau se demander comment on pouvait prendre du plaisir au spectacle d’une mise à mort, il ne voyait pas. Ce monde était fou. C’était dans des moments comme celui-ci qu’il voyait combien ses projets utopiques ne verraient jamais le jour… il y avait ici rassemblés des familles, des mères et des enfants, des pères aimants, des jeunes femmes dont le rire cristallin prenait aujourd’hui des résonances macabres.

Dans son dos suivait un homme dont il connaissait à peine le nom, et un autre le précédait de quelques pas. Deux mercenaires dont il avait jugé bon de louer les services pour cette journée, peu attiré par l’idée de finir poignardé dans un coin. Autant le Bal de l’Ennui lui avait paru inoffensif compte tenu son aspect festif et bon enfant, autant les Jeux de l’Arène lui inspiraient moins confiance. Si cela n’avait tenu qu’à lui, Persée n’y aurait pas remis les pieds, mais une affaire importante requérait sa présence.
Il avait ouï-dire que les organisateurs des Jeux considéraient les marais de Maigolun avec une attention nouvelle, et Persée voyait cette convoitise d’un mauvais œil. A choisir, il préférait que ces animations barbares et sanglantes ne débarquent pas dans sa région. Il avait contacté les organisateurs et avait échangé une brève correspondance épistolaire avec eux, jusqu’à ce que le Maître de l’Arène lui propose une rencontre. En discuter de vive voix serait effectivement plus simple, et c’est en tant que Chef de Contrée que Persée s’était docilement rendu à Athalie. Quoi que ces hommes puissent projeter, il souhaitait en avoir le cœur net. Pour mieux le leur refuser ensuite. Par malheur, il était arrivé en avance, et on l’avait envoyé à l’Arène pour y attendre son rendez-vous. Il aurait donné n’importe quoi pour éviter ça, mais il se devait de respecter les coutumes locales pour ne pas paraître impoli.

Parvenu en haut des gradins, Persée laissa son regard parcourir l’arène et ses alentours. Le public en délire frappait dans ses mains et poussait de grands cris tandis que le premier combattant entrait en piste. Une femme, vêtue d’une armure qui semblait incroyablement lourde. Persée la vit s’arrêter et frissonner sous l’acier, et en suivant son regard il découvrit une cage. Une silhouette frêle agrippait les barreaux entre ses doigts… un enfant ?… Une fillette. Une vive colère enfla dans sa poitrine, et il eut soudainement envie de frapper quelque chose. Enfermer une petite fille ? Était-ce là tout ce dont ce peuple était capable ? Ah, quel beau spectacle en effet ! Celui de la bassesse humaine et de ses vices les plus détestables. Seul un homme fou et cruel pouvait organiser de tels événements de son plein gré… et il fallait au moins l’être autant pour se réjouir d’y assister.

– A droite, messieurs. Nous sommes attendus.

Un balcon surplombait une parte des gradins, et un homme richement vêtu y trônait, fier comme un paon tandis qu’il contemplait son œuvre. Persée emboîta le pas de ses gardes du corps provisoires. Il ne pouvait s’empêcher de fixer la gladiatrice, inquiet et fasciné à la fois. Cette femme semblait avoir au moins deux fois plus de courage et de grandeur que ceux qui la huaient sans vergogne et espéraient que son sang macule le sable.

Ils croisèrent plusieurs hommes armés, mais Persée n’eut qu’à mentionner son nom pour qu’on les laisse passer. Quelle piètre sécurité… Il ne leur fallu qu’une poignée de minutes – trop longues à son goût cela dit – pour parvenir au balcon. D’épais rideaux leur barraient l’entrée, ainsi qu’un mastodonte à la main négligemment posée sur le pommeau d’une hache énorme. Peu impressionné, Persée prit la parole tandis que ses gardes du corps se positionnaient à ses côtés.

– Persée Atréides », fit l’intéressé. « Le Maître de l’Arène a du être averti de mon arrivée.

Le géant fronça ses sourcils broussailleux, et l’héritier Atréides traduisit sa grimace par une manifestation d’étonnement. Son nom était connu un peu partout à Mathusalem, et il était réputé pour ne pas s’adonner aux moments de liesse désuets ou barbares. Sa présence aux Jeux avait de quoi faire tiquer. Lui-même ne le vivait pas bien du tout. C’était comme s’il trahissait ses principes. Enfin, si cela lui permettait de remettre à sa place l’homme responsable de tout ça, il pourrait y trouver un certain contentement…

– Allez, mon vieux. Je n’ai pas que ça à faire.

Brusqué, le garde maugréa quelque chose dans sa barbe, comme quoi l’Atréides ne méritait pas sa réputation. Mais il s’exécuta malgré tout et disparut de l’autre côté du rideau. Soupirant, Persée se passa une main sur le visage. Il ne lui restait plus qu’à attendre. Au moment où il se faisait cette réflexion, son regard avisa un inconnu qui franchissait la rambarde et bondissait dans l’arène pour y rejoindre la guerrière.
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Trianna Qureshi
Il ne suffit que d'y penser, pour être libre.
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Localisation : Athalie
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Ven 24 Fév - 20:15
Tout aussi étonnant que cela puisse paraître, ma petite escapade nocturne à travers le désert du Riak afin d'échapper à mon nouveau protecteur antipathique, s'était bien soldée : j'étais rentrée sans encombre vers Athalie, aux premières lueurs du jour, sous les regards surpris de quelques gardes.
Je m'étais échappée parce qu'il le fallait, mais pour aller où désormais ? Mes choix étaient assez restreints. Impossible de retourner à la demeure familiale ainsi apprêtée. Impossible d'errer indéfiniment dans les rues d'Athalie pour prendre le risque d'être reconnu par de gros bras indésirables. Alors après une robe chipée sur un étal, une miche de pain ici et une pomme par-là : cela ne pouvait durer. Je tentais ma chance comme serveuse dans une auberge de quartier, pas très loin de l'Arène, plus ou moins bien placée, plus ou moins bien fréquentable. Mon minois me permis d'y rester, tout en promettant d'offrir à quelques clients de mon choix quelques souvenirs charnels. Au moins cette fois-ci, j'avais le choix.

Mais je constata bien vite que le choix était quelque peu forcé. Un beau matin se pointa un gaillard a qui tout était dû, qu'il fallait bichonner. Cette tâche m'incomba. Il fallait bien gagner son pain après-tout... Après une brève incursion dans l'intimité féminine - qu'il ne devait pas voir bien souvent à en juger par la qualité de son exploration - il entreprit de me faire la causette. J'appris alors qu'il était le Maître de l'Arène, qu'il descendait dans ces quartiers à la recherche de nouveaux combattants volontaires. Volontaire. Tout comme je l'avais été pour me faire battre et violer ? Pour servir un maître ? Le personnage, qui ne m'était déjà que peu sympathique, attisa la colère qui sommeillait en moi. Colère toutefois tempérée par une bourse fort remplie, dont le tintement éveilla mon intérêt - malgré mes instincts - sur la table de chevet. Est-ce que j'en voudrais plus ? Bien sûr. Mais à quel prix ?

***

C'est ainsi que je me retrouvais quelques semaines plus tard à le servir, lui et ses notables d'amis, dans la loge d'honneur qu'il occupait dans l'Arène, à l'occasion des Jeux.
Plus de piécettes donc. Quelques bijoux aussi. Et beaucoup de mains baladeuses. Mais j'étais libre. Libre d'aller et venir, d'accepter ou non un travail.
Celui-ci m'était apparu comme l'occasion de renouer une vie sociale, l'occasion de revivre.

Mais il se pourrait que cette réalité qui me tenait tant à cœur, soit aussi corrompue qu'avait pu l'être ma vie d'asservissement.
La clameur des cris, des rires et des sifflets - qui avait repris de plus belle après l'annonce d'ouverture - était telle que mes oreilles bourdonnaient. Puis soudain, ce ne fut plus que silence.  
Un plateau soutenant quelques verres et un pichet de vin dans les mains, je m'approchais alors de la balustrade pour jeter un œil. Une femme en armure se tenait là, d'apparence nerveuse, à plusieurs dizaines de mètres d'une cage renfermant une fillette, sous le regard attentif de la foule. Mes yeux s'agrandirent sous la surprise et je me détournais bien vite vers le Maître de l'Arène, à la recherche d'une réponse qui ne viendrait pas. Il frétillait d'impatience, les yeux rivés sur la gladiatrice. Un garde arriva sur ces entre-faits. Monsieur, Persée Atréïdes est là pour vous.

Il détourna à peine le regard, accordant un bref coup d'oeil au garde puis me fis signe.

- Trianna ma belle, peux-tu faire entrer Monsieur Atréides et lui servir un verre de vin ? Je ne voudrais pas manquer quelque chose !

Je retrouvais quelque peu contenance et hochais brièvement la tête, déposant mon plateau sur une petite table non loin. En chemin vers le rideau qui cachait les allées et autres escaliers, permettant ainsi de créer un cocon privé, je distinguais un homme arriver aux côtés de la gladiatrice, arme en main, alors que les herses du fond se levaient déjà pour accueillir les premiers animaux. Je ne vis pas ce qu'ils étaient, mais si mes souvenirs étaient bon, les lions étaient les premiers en scène.
Arrivée devant le rideau je l’entrouvris légèrement pour laisser passer le nouveau venu.

- Monsieur Atréïdes ? Suivez-moi s'il vous plait, le Maître vous attend.

Atréïdes. Ce nom ne m'était pas inconnu. Impossible pourtant de me rappeler de quelle façon...
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Mer 1 Mar - 12:27
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A chaque fois qu'il avait dû expliquer les rudiments de l'infiltration à quelqu'un, Athos avait toujours mentionné la chose suivante :
- Le plus difficile c'est de retenir un bâillement inopportun.
Mais avec le temps, il y arrivait de mieux en mieux et cela faisait longtemps qu'on ne l'avait pas découvert en train de se déboiter la mâchoire.
Malgré son équipement, il était parvenu à se faufiler dans les locaux de l'arène sans mal et sans avoir à tabasser quiconque... pour le moment.
Accroupi sous une table, le Renard attendit que les deux servantes quittent la pièce pour s'extirper de son inconfortable cachette et progresser, toujours à couvert.
A chaque personne qui passait, le mercenaire redoublait de furtivité pour disparaitre, allant jusqu'à faire le cochon pendu contre les poutres lors de certaines occasions.

Les bruits de l'arène parvenaient aux oreilles d'Athos par le biais d'une pièce, visiblement proche et ouverte sur le lieu de réjouissances.
La curiosité du jeune homme le poussa à s'aventurer près de cette pièce. Un grand gaillard aux sourcils broussailleux en gardait toutefois l'entrée.
Le Renard évalua la situation : Sourcils disposait d'une énorme hache et n'était vraisemblablement pas là pour rigoler... Mais un garde de cette carrure ne pouvait que protéger quelqu'un d'important. Hors, la cible du mercenaire était quelqu'un d'important...
Il avait l'air très bête mais aussi très concentré sur sa tâche. En l'absence de distraction possible, Athos choisit la méthode la plus simple : Il se lança a l'assaut du colosse.
Il glissa une courte lame dans son gant, juste au cas où et prit son élan pour assener le coup de poing du siècle...

Pris de court, le premier coup de poing s'abattit avec force dans la mâchoire du gardien. C'était un coup d'une puissance prodigieuse qui aurait assommé n'importe quel humain de taille normale.
- Désolé, mon vieux, t'es dans mes pattes...
Et contre toute attente... il se releva, le visage couvert de sang et les dents de travers.
- Je vais te crever ! Beugla la brute en crachant du sang.
Athos tira son poignard pour parer une première attaque :
- T'étais déjà hideux avant, avec tes sourcils à la con, là ! Je ne fais que finir le travail ! Lança le mercenaire en enfonçant son pied dans l'estomac de sa cible. Aucun résultat.
- C'est pas des abdominaux... C'est un véritable pont-lev...aaaaaargh ! s'étrangla Athos alors que le colosse le soulevait par le cou.
Sa seule main formait un étau autour du cou de sa victime, il jeta Athos contre un mur et le laissa s'effondrer, totalement sonné. L'espace d'une seconde, le colosse sentit le désir de ramasser sa hache et de dépecer cet étrange individu... Mais le Maïtre aurait certainement une autre idée.
Puis il l'attrapa par le col de sa veste et le transporta, tel un chat qui aurait fait une bêtise dans la loge d'honneur.

Quelle ne fut pas la surprise du mercenaire de débarquer en pleine loge d'honneur. Son entrée précipitée fit se lever les convives qui assistaient aux Jeux... Le regard du Renard se posa tour à tour sur l'Arène dans laquelle le macabre spectacle semblait sur le point de commencer... il ne comprenait toutefois pas la présence de l'enfant qui était emprisonnée en son centre... Puis il se tourna vers les convives, plus particulièrement vers les deux hommes qui discutaient : l'un était vraisemblablement un dignitaire lambda... Le second était sa cible.
- Tu peux me poser, Sourcils, c'est gentil de m'avoir amené ici ! Maintenant je vais me débrouiller comme un grand garçon !
- Arrête toi, deux secondes, imbécile ! Rugit le colosse.
- Je suis sérieux, Sourcils !
A ces mots, il fit glisser le surin qu'il avait caché dans son gant et décocha un coup direct dans la gorge du géant qui s'effondra en hurlant et en saigant comme un porc.

Dans le dos d'Athos, des bruits de pas résonnaient: le remue-ménage avait forcément attiré la garde...
Fuir ou combattre ?
Par réflexe, le jeune homme tira sa dague et se mis en garde...
Que faire ? Abattre l'autre ordure et filer ? Trop loin...
Tabasser la totalité des gardes ? Il se retourna et en aperçut pas moins de neuf qui se pressaient dans le couloir... Mauvais plan.
Prendre une servante en otage ? Ha non... Ils s'en moquent des servantes, ils la tueraient en même temps que lui.
Mais le type à la canne avait l'air important...

Le Renard se projeta en direction de la table des convives où il saisit l'homme à la canne, pointa son coutelas sous sa gorge et entreprit de se replier vers la sortie...
Deux hommes armés, (d'autres mercenaires, vraisemblablement) s'exclamèrent :
- Ho merde ! Renard ! Qu'est-ce que tu fabriques, encore ?
- Ha ! Salut les garçons ! C'est votre client ? Mes excuses, mais j'ai besoin de quelqu'un pour garantir ma sécurité, promis je vous le rend après !
Bon. Maintenant, place à l'improvisation... Encore.

Athos se servit de sa main gauche pour allumer un petit cylindre bourré de feuilles et le porta à ses lèvres. Les plantes se consumaient lentement alors que les neurones du mercenaire semblaient se délier, comme des muscles un peu fatigués... Fatigués, mais toujours terriblement puissants.
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Mer 1 Mar - 22:50
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Après un temps qui lui parut interminable, une jeune servante lui permit d’entrer. Persée la remercia d’un sourire poli, puis s’engouffra à travers l’ouverture de toile. A l’intérieur de la tente se trouvait un homme qui transpirait la luxure. L’héritier Atréides déduisit qu’il s’agissait du Maître de l’Arène, et son regard se durcit aussitôt. L’individu ne différait pas beaucoup de ce à quoi il s’était attendu : un petit homme ventripotent, couvert de lourds bijoux, un sourire satisfait plaqué sur sa face rougeaude, le regard vif et avide. Les types de cet acabit ne manquaient pas à Maigolun : Persée avait eu l’occasion d’entre rencontrer plus d’un. Celui-ci ne devait pas être différent des autres.

Malgré son ressentiment, Persée fit l’effort d’être aimable :

– Monsieur le Maître de l’Arène, je présume ? Persée Atréides. Vous rencontrer est un plaisir.

Il n’en pensait pas un mot, bien sûr. Persée avait beau faire des progrès en matière de mensonge, ses yeux, eux, refusaient de délivrer un message autre que l’honnêteté.

– Suite à notre correspondance, j’ai jugé bon de venir m’entretenir avec vous de vive voix. Il faut vraiment que nous reparlions de votre plan d’extension, voyez-vous. Vous devez comprendre que j’y suis parfaitement opposé. Ne comptez pas sur mon soutien dans votre projet.

Il marqua une pause, hésitant, avant d’ajouter pour enfoncer le clou :

– A vrai dire, je suis bien décidé à mettre tous les moyens en œuvre pour vous empêcher de le mener à bien.

Pour toute réponse, le Maître de l’Arène se contenta de lui faire signe de se taire. Offusqué, Persée ravala l’indignation qui lui brûlait la langue et fit quelques pas vers le balcon où se tenait son hôte. Fasciné par le spectacle sanglant qui devait se dérouler dans l’arène, il ne prêtait aucune attention au nouvel arrivé. Cela ne fit qu’accroître la colère déjà grande du voyageur : Persée frappa le sol avec sa canne et reprit d’un ton âcre :

– Quel délicieux spectacle que celui d’êtres humains agonisant sur le sable, n’est-ce pas ? Pardonnez-moi mais je ne partage pas votre goût pour le sang. Maintenant s’il-vous plaît j’aimerais que nous parlions sérieusement de...

A nouveau il fut interrompu, mais cette fois-ci par l’irruption d’une tornade dans la loge. Un homme aux sourcils broussailleux pénétra dans la loge, en transportant un autre – à la pilosité faciale plus convenable toutefois. Mais le garde s’effondra rapidement, un flot de sang pourpre jaillissant de sa gorge tranchée. Le spectacle aurait suffi à faire vomir Persée, mais il n’eut pas vraiment le temps d’en arriver là.
Libéré, l’homme captif parut balayer l’endroit du regard, et avant que le Maître ou Persée aient pu l’interpeller, il avait saisi ce dernier et lui plaquait un couteau sous la gorge. Sous le coup de la surprise, l’héritier eut le réflexe de se débattre, mais la lame ne fit que mordre plus douloureusement dans sa chair. Sa canne lui avait échappé et gisait au sol, inutile. Ainsi diminué, ses chances de fuir étaient encore réduites.  Pour chasser la panique autant que la cacher, Persée ne put s’empêcher de lâcher, caustique :

– Quelle bravoure ! S’en prendre à un infirme ! Bravo mon vieux !

Il ajouta en grommelant plus bas :  « C’est votre maman qui doit être fière. »

Comme son corps lui faisait défaut, Persée se rabattit sur son esprit : il comprit quelle était la situation et combien maigres étaient ses chances de s’en tirer. Ce criminel n’avait pas bondit dans la loge sans raison, quelque chose devait l’y avoir conduit. Sans doute son occupant principal : le Maître de l’Arène. Et quoi qu’il ait prévu de lui faire à l’origine, il avait du revoir ses plans au dernier moment. Avisant la petite dizaine de soldats qui arrivait dans la loge, Persée devina qu’ils n’étaient sans doute pas étrangers à ce changement de programme. Sans compter ses deux propres mercenaires, qui avaient porté la main sur la garde de leurs armes en poussant une exclamation de surprise en reconnaissant le responsable de cette prise d’otage imprévue. Ah. Là se trouvait peut-être une porte de sortie…

Du coin de l’œil il voyait ses mercenaires s’agiter nerveusement, manifestement ravis à l’idée d’en découdre avec celui qu’ils avaient nommé « Renard ». Ce nom ne lui était pas inconnu. Où avait-il bien pu l’entendre ? Persée espérait que ses hommes seraient de taille face à son criminel attitré. Au prix où il les avait payés, ils pouvaient...
Bon. Faire diversion. Parler. C’était bien tout ce qu’il pouvait faire pour l’instant.

– Combien est-ce qu’on vous a payé pour tuer le Maître ? Je peux vous payer plus si vous me reposez gentiment par terre, l’ami.

Évidemment le criminel ne se laisserait pas avoir aussi facilement, ne serait-ce qu’à cause des soldats qui n’attendaient qu’un geste de sa part pour lui sauter à la gorge. Cette idée ne réjouissait pas plus Persée d’ailleurs : il était venu ici pour discuter avec le responsable du bain de sang qui se produisait dans l’arène. Pas vraiment pour en causer un second…

Et tout à coup, la lumière fut ! Il ne pouvait y avoir que lui pour être assez décomplexé pour rouler  une cigarette pendant une prise d’otage.

– Eh ! Le Renard ! On m’a parlé de vous. » Son petit frère lui avait chanté les louanges de ce mercenaire aux valeurs douteuses, inarrêtable et rusé comme l’animal qui lui avait prêté son nom. « Vous êtes ce gars qui se sort toujours du pétrin dans lequel il s’est fourré, par on ne sait quel miracle ! J’imagine que je devrais être flatté de pouvoir vous approcher de si près, hein ?

Il eut un petit rire stressé. Il sans doute pas été contre tirer une bouffée de cette cigarette, lui non plus…
Subitement, les mercenaires se mirent en mouvement. Peut-être leur œil expert et entraîné avait-il repéré une ouverture dans le comportement du Renard ? Ou bien peut-être l’idée de lui mettre la fessée les avait-elle assez motivés pour qu’ils bougent enfin. Persée avait cru qu’ils ne se décideraient jamais.
L’un d’eux faucha les jambes du criminel tandis que l’autre attrapait son bras et le tordait en un angle peu naturel. Peu conventionnel, sans doute, mais efficace : de plus, qui était-il pour en juger ? Persée n’avait jamais pris part à une bagarre. L’homme fut bientôt étalé sur le sol, un genoux solidement planté dans son dos, les bras maintenus en arrière pour le garder immobile.

– On la ramène moins, hein Renard ? fanfaronnait l’un des mercenaires, apparemment ravi de ce retournement de situation.

Sonné, Persée sentait de dangereux vertiges l’envahir maintenant que le danger était écarté et qu’on l’avait arraché aux griffes de son tortionnaire. Il accepta sa canne que lui tendait l’un de ses gardes du corps, lâchant pour faire bonne figure :

– Merci, messieurs. Rappelez-moi de bien vous recommander une fois que nous serons rentrés.

Puis, toisant le Maître de l’arène de toute sa hauteur, il ajouta d’un ton narquois :

– Il semblerait que mon escorte soit plus efficace que la votre. Ou bien est-ce l’une de vos manigances pour ôter le caillou que je suis dans votre soulier ? Vous m’attristeriez, monsieur, si tel était le cas.

La servante, repoussée dans un coin de la loge, ne semblait pas avoir été trop malmenée par l’incident. En vérité, le seul élément perturbateur restant était celui qui en était à l’origine, présentement plaqué au sol. Le souvenir de la lame contre sa gorge était encore frais dans l’esprit de Persée, et il peinait à dissimuler son état de choc. Ses doigts étaient si crispés sur le pommeau de sa canne que ses phalanges blanchissaient, et il gardait le dos bien droit pour en diminuer les frissons. Dans sa poitrine, son cœur battait si fort qu’il menaçait d’en sortir. En un cours laps de temps, il avait quitté son foyer et ses affaires pour se rendre à un événement important. Les deux fois, il s’était retrouvé pris au cœur d’un bagarre, bien que celle-ci ait été la plus périlleuse. D’abord le Bal de l’Ennui, puis ça… à croire qu’il portait la poisse.
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Serhkan la Lionne
Que sait du désert celui qui ne regarde qu'un grain de sable ?
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Métier : Protectrice de convois, maîtresse d'armes, ex-gladiatrice
Localisation : Athalie
Début de l'aventure : 03/12/2016
Discussions avec soi-même : 33
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Jeu 2 Mar - 0:06
Les observateurs continuaient de brailler à s'en rompre les cordes vocales. L'ancienne gladiatrice cracha dans le sable, méprisante. Attendez donc que le vrai spectacle commence, chiens. Les herses se levèrent lentement, comme pour attiser un suspense feint : tout le monde connaissait le programme de l’événement. Excepté Serhkan, très visiblement, à sa grande fureur. Le Maître semblait s'être surpassé cette année, que ce soit en Mall's ou en plans tordus. Un bruit sourd la fit sursauter. Un homme ? Un cadavre peut être ? Quoiqu'il en soit, quelqu'un semblait être tombé des gradins. Ou poussé de ces derniers, plus précisément, rapidement suivit par un homme à l'allure familière. Malgré son étonnement, seule la sécurité de sa fille l'intéressait, ce fut donc tout naturellement qu'elle fixa de nouveau son attention sur les fauves qui progressaient dans l'arène. Leur regard était affamé et leurs babines dégoulinaient déjà de bave. Un grondement sourd la secoua lorsqu'elle constata qu'on voyait les côtes de certaines bêtes. Cela devait faire des jours qu'on ne les avait pas nourris. Serhkan fit les cents pas. Elle voulait se ruer vers Sahi et la libérer, mais elle n'avait pas perdu l'esprit au point de se jeter dans la gueule des lions. Pas encore du moins. Froidement, son esprit chercha la meilleure façon de se tirer de ce bourbier, examinant ses ennemis.

Son regard capta celui de l'homme que son attention avait dédaigné un peu plus tôt. Ses yeux brillèrent. Azran. Malgré elle, un sourire carnassier étira son visage, sous son masque. Tout n'était peu être pas perdu, finalement. Elle émit un rire amer qui ne lui ressemblait guère et s'adressa à son interlocuteur d'une voix glaciale.

Ami requin, j'espère que tes mâchoires sont bien aiguisées. Un festin nous attend.

Serhkan ne se doutait guère du grabuge qui avait lieu un peu plus au dessus -et qu'on se le dise franchement, elle n'en avait cure. Tout son être tendait vers le sauvetage de Sahi. Elles e força au calme. Ce n'était pas en se tuant qu'elle lui viendrait en aide. Son cœur battait au rythme d'une résolution froide et meurtrière. A travers son casque, tous les sons semblaient étouffés. Les cinq gros lions qui lui faisaient face avançaient dans l'arène, babines retroussées. Serhkan avait combattu assez souvent pour reconnaître de jeunes créatures : aucune d'elles ne portaient de cicatrices. C'était à la foi un avantage et un risque supplémentaire. Les jeunes lions étaient plus vifs ; mais ils se battaient pour tuer et non pour survivre, comme les bêtes expérimentées qui avaient fini par s'adapter à l'arène. Cela faisait d'eux des créatures imprudentes, sûres de leur force. La gladiatrice fit faire un moulinet à sa lame courbe, puis s'avança à son tour au centre de l'arène. Elle devait arriver à la cage de Sahi avant les fauves. Ses foulées s'allongèrent, ses yeux suivant avec attention les mouvements des bêtes. Elles ne semblaient pas habituées aux Jeux, le bruit les perturbait. Les oreilles plaquées sur sa crinière, un des gros lions reculait vers les herses. Le dompteur cria quelque chose et fit claquer son fouet, qui eut tôt fait de faire changer d'avis le fauve.

S'ils n'avaient pas l'habitude des combats, ils semblaient déjà bien connaître la douleur. Serhkan serra les dents. La négligence du Maître serait son salut, mais toute son âme se rebellait contre la servitude de ces créatures majestueuses -ne portait-elle pas leur nom, après tout ? La Lionne arriva près de la cage de sa fille et lui glissant un coup d’œil, interrompant son observation. Sahi avait arrêté de pleurer et la fixait avec une lueur d'adoration pure dans les yeux, ce qui lui retourna le cœur. Elle n'allait plus jamais dormir, après ça...

Sahi, écoute moi. Quoiqu'il se passe, reste au milieu de la cage et ne t'approche pas des bords.

Elle hocha bravement la tête et se recula. Ses fers cliquetaient autour de ses chevilles ensanglantées. Le regard de Serhkan se fit orageux. Elle inspira profondément. Il ne fallait pas qu'elle perde le contrôle, il ne fallait pas...

MAMAN ATTENTION !

La Lionne se retourna juste a temps pour intercepter un dévastateur coup de patte hérissé de longues griffes, mais perdit son équilibre et roula sur le sol. Le fauve rugit et se jeta sur elle sans autre forme de cérémonie. La sueur ruisselait du dos de Serhkan, alors qu'elle tentait de rester en vie sous l'assaut de la bête. Une grosse patte la fixa sur le sol, plantant ses rasoirs dans ses épaules. Elle étouffa un cri de douleur. Les spectateurs vociféraient, certains l'encourageant, d'autres hurlant comme des monstres à la vue du sang. D'un geste que les années de pratique avaient rendu incroyablement rapide, la Lionne trancha le museau du fauve tandis qu'il tentait de l'égorger de ses crocs. La créature hurla de douleur et se propulsa en arrière, avant de se faire percuter par un de ses pairs. Sous les yeux ronds de Serhkan, les lions s'injurièrent de grondements avant de se lancer l'un contre l'autre dans une danse meurtrière. Ils étaient cinq et il n'y avait que trois proies. Les lions mâles ne chassaient pas en groupe. Alors ils se battaient pour la nourriture. Le Maître des Jeux était vraiment un imbécile.

Le premier lion, aveuglé par le sang, fut rapidement exécuté par son pair. La gladiatrice n'hésita pas. En un instant, bénéficiant de la diversion du combat, elle sauta sur le dos du second lion, dans son angle mort, afin de lui planter sa lame dans la gorge. Le fauve poussa un hurlement de mort qui la secoua jusque dans ses os, essayant vainement de se dégager. En puisant dans sa force, Serhkan releva la lame, tranchant la peau de la bête, ne laissant plus qu'une plaie béante sur tout le côté gauche de son cou. Le lion s'écroula, le sang giclant sur le sable de l'arène, recouvrant au passage la gladiatrice, qui tentait de reprendre son souffle. Ignorant la substance visqueuse qui la teintait de rouge, la Lionne coula un regard vers son compagnon pirate, qui livrait son propre combat. Sahi était toujours saine et sauve, malgré un fauve qui tournait autour de sa cage, l'air affamé. Il n'en fallut pas plus à Serhkan pour pousser son cri de guerre et se jeter sur la créature, oubliant son épaule en charpie. Il y a un temps pour le combat. Il y aura un temps pour la douleur. Mais pour l'instant, elle devait protéger sa fille jusqu'à ce que toutes les menaces soient éliminées, gisantes et belle et bien mortes.
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Azran Surion
Ça vous dit rien une "Sirène" ?
Masculin
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Localisation : Le Chien de Mer
Début de l'aventure : 03/12/2016
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Mer 15 Mar - 2:23
« Ami requin, j'espère que tes mâchoires sont bien aiguisées. Un festin nous attend. »

Il y aurait eu tellement de réponses possibles restant dans le champ lexical de la nourriture, nombre d’entre elles amusantes ou pleines d’esprit. Mais l’esprit du pirate n’y était pas. Le silence fut sa seule réponse. Son visage était grave, sculpté d’une manière très peu familière pour quiconque le connaissait un tant soit peu. Son habituel sourire en coin était absent. La lueur dans son regard manquait à l’appel. Son entrain avait déserté. Les moyens de l’atteindre n’étaient pas nombreux, mais au fil des années, Serkhan et sa fille en étaient devenus un. Et aujourd’hui, les deux avaient été lésés.

Des hommes auraient été une affaire rondement menée. Toute sorte d’animal aquatique aurait été plus ou moins efficacement péché. Mais face à des lions, le Requin n’avait pas l’expérience de sa compagne gladiatrice. Surtout à deux contre cinq, il n’avait pas grand espoir pour ses chances. Au mieux, il en ressortirait avec de nouvelles cicatrices. Au pire, il n’en ressortirait pas. Triste fin pour un pirate de renom tel que lui. Peut-être aurait-il mieux fait de ne pas descendre dans cette arène. Mais Sahi…

Il lui fallut quelques secondes après le début de la course de Serkhan vers le centre de l’arène pour agir. Il se lança à sa suite, les yeux braqués sur les fauves. Deux d’entre eux semblaient avoir décidé qu’il était le morceau de viande le plus intéressant. Il ne savait pas s’il devait trouver ça flatteur, idiot ou raisonnable. Toujours était-il qu’il devrait les gérer à sa manière, aussi peu conventionnelle fut-elle.

S’emparant du pistolet à sa ceinture, il tira sur le lion le plus proche de lui, pas pour tuer mais pour incapaciter. La bête s’effondra lourdement en couinant, et le bruit du coup de feu sembla apeurer le deuxième qui sursauta et recula brusquement, donnant quelques secondes au pirate pour enfoncer sa lame dans la gorge du fauve à terre, ruinant ses belles bottes au passage. Jusqu’ici, tout allait bien. Pour le moment.

Le second était à présent sur ses gardes, les poils hérissés, à la fois craintif et prêt à attaquer. Le Requin se tenait en garde, prêt à se faire bondir dessus à chaque instant. Une seconde passa, puis une deuxième, puis une troisième, et le lion l’observait toujours avec cette même envie de tuer dans le regard, mais toujours en le gardant en respect. Quelques secondes supplémentaires passèrent, et devant la relative inaction de son adversaire, le pirate tenta de recharger son pistolet afin de se faciliter le combat. Difficile de savoir si c’était la reprise d’action d’Azran ou le temps passé à se regarder, mais c’est ce moment que la bête choisit pour attaquer. Dans son plongeon sur le côté afin d’éviter l’assaut, le pirate fit tomber son pistolet dans le sable. Il eut à peine le temps de pester que l’animal était déjà sur lui, animal qu’il tenta de repousser d’un coup de sabre qui n’entailla que peu la patte qui était destinée pour son visage, faisant rugir de rage le fauve qui sauta une nouvelle fois sur celui qui n’était pas un gladiateur, lui lacérant le bras gauche avant de tenter de lui croquer la gorge. Son museau subit le même sort que sa patte, jetant encore un peu d’huile sur le feu qu’était sa rage, l’amenant à renverser le pirate qui n’eut d’autre choix que de prendre sa lame à deux mains, s’entaillant profondément la main gauche qui tenait le bout de la lame afin de tenir la gueule béante aussi loin que possible de son visage.
Du coin de l’œil, il aperçut Serkhan qui volait à son secours, baignée d’une lumière divine qui la faisait paraître telle un ange de la justice, si les anges et le divin existaient tels qu’on les connait et s’ils pouvaient être noirs de peau, couverts de sang et affublés d’ornements félins. Mais comme un rapide retour à la réalité, sa sauveuse changea de direction, l’abandonnant à son triste sort tandis que la gueule baveuse se rapprochait encore et toujours de son visage.
Et puis un coup de feu retentit provenant des gradins, rapidement remplacé par le hurlement de douleur de la bête qui roula sur le côté, donnant au Requin l’occasion de se redresser, monter sur le fauve, et lui enfoncer à plusieurs reprises sa lame dans la gorge, recouvrant de sang les vêtements qui n’avaient pas encore été souillés.

Il célébra sa victoire pendant quelques secondes, s’accordant un relatif repos sur le matelas très peu confortable qu’offrait le corps encore chaud du lion, avant de relever la tête, constatant l’effort d’une lionne protégeant sa progéniture contre un prédateur avec toutes ses forces. Inspiré, il roula jusqu’au sable, alla clopin-clopant récupérer son pistolet, le chargea avec hâte et s’approcha en visant la bête, prenant soin de ne pas tirer tant qu’il n’était pas certain de ne pas toucher Serkhan ou sa fille.
Et quand il fut sûr de lui, il ferma un œil, retint sa respiration, et appuya sur la gâchette.

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La Mathu'Omniscience
L'âme du Monde
Début de l'aventure : 27/05/2016
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Dim 19 Mar - 21:04
Et nous y étions une nouvelle fois. Les fameux Jeux de l'Arène, ceux qu'ils attendaient tous avec tant d'impatience. Comme si nous n'avions pas déjà assez de notre lot de bassesses en ces Contrées... Quand je vous dis que je rame pour les ramener à la surface mes Mathusaliens, vous me comprenez mieux maintenant ? Et croyez-moi que cette fois-ci, ils sont redescendus bien bas : enchaîner une enfant, en cage, au milieu d'une arène remplie de fauves, sous les yeux d'une foule en délire. Dans quel esprit tordu cette idée avait-elle bien pu naître ? Je pensais quand même avoir réussi à faire quelque chose...
Mais le plus tordu encore, c'est que tout le monde semblait s'en délecter ! Enfin tous sauf la pauvre mère de cette enfant, utilisée à dessein pour le divertissement du plus grand nombre. Colère et détresse étaient tout ce qui émanait d'elle. Et parmi toute cette foule clamant à force cris un spectacle qui valait le déplacement, un seul individu un seul, osa se lever à ses côtés pour combattre. Et quel individu... Tout n'est peut être pas perdu finalement !

Et du spectacle il y eu sous les hués d'une foule excitée. Du spectacle ? Des actions spectaculaires probablement, quant à parler de spectacle quand on essaie de sauver sa peau, je n'irais pas jusque là. Malgré quelques vilaines blessures faisant rougir sable et vêtements, ils ne s'en sortirent pas si mal - et non sans aide. C'était bien la première fois qu'on voyait deux combattants dans l'arène au lieu d'un, surtout avec des armes aussi peu conventionnelles ! Mais on ne peut par leur ôter que ça fonctionna plutôt bien.

Mais comme tout bon spectacle, les rebondissements ne tardèrent pas à affluer. C'est à peine s'ils eurent le temps de libérer cette pauvre enfant que les herses se levèrent de-ci de-là pour livrer leurs combattants, alors que l'une d'entre elle s'ouvrait vers une possible liberté : des esclaves, dont la vie ne dépendait que de l'issue de ce combat. Ils étaient cinq, cinq gaillards bien battît qui n'avaient qu'une envie : vivre.
Que les flux m'entendent, ils auraient bien besoin d'un coup de main !

Du spectacle, il en eu aussi un bout qui se passa dans la loge d'honneur.
Au moins le Maître ne se délecterait-il pas tant de son oeuvre sordide ! Après-tout, sa vie ne venait-elle pas tout juste d'être mise en péril par un individu non désirable ? Dommage qu'il n'ait pas pu en finir... Quoiqu'un autre, peut-être pire, aurait pu prendre sa place, et ce n'est point là le but recherché !
M'enfin fort heureusement qu'il y avait tout de même quelques individus pour remettre un peu d'ordre, avec un Chef de Contrée à la droiture d'esprit - enfin - et aux gardes compétents et loyaux - ENFIN. Restait maintenant à savoir que faire de l'agresseur... Serait-il mangé aux règles de l'Arène, ou utilisé à des fins plus utiles ? Entre nous, peu importe... Qu'il finisse dans les sous-sols de l'arène en pâture aux lions ou à nettoyer les latrines du Maître dans les prochaines semaines, on aurait tôt fait d'oublier son nom. En revanche, il serait fort à parier qu'on se rappellerait du nom de celui qui mettrait fin à ces Jeux stupides et oserait se dresser contre le Maître.

Encore faut-il que ça arrive un jour ! Pour l'instant présent, il était bien distrait de l'action au centre de la piste, trop éberlué par des accusations à son niveau, perdant tout contrôle sur ses précieux Jeux. C'est qu'il est pas franchement bien entouré le bonhomme pour se permettre quoique se soit !
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Ven 7 Avr - 13:12
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- Je pense que tu peux me lâcher, maintenant ! Je trouverais la sortie, t'en fais pas !
Sourcils ne prenait même plus la peine de répondre aux invectives et aux boutades du mercenaire, à présent menotté, qu'il tenait à bout de bras.
Deux autres soldats accompagnaient le cortège, juste au cas où le Renard tenterait une nouvelle acrobatie.
Bien loin de la loge d'honneur et des rugissements combattants de l'Arène, les quatre hommes descendirent un escalier en colimaçon, faiblement éclairé par quelques meurtrières, puis par une flopée de torches tremblotantes.

- Jetez-le ici, ça suffira... pour le moment. Ce-disant, le garde lui arrache son sac et Peine de Mort
- Ho ! Ho ! Nonononononon... la tête de Athos heurta les barreaux avec une grande force, sonné, il se laissa pousser dans la cellule alors qu'il observait Sourcils s'emparer de son matériel.
Dans son malheur, il s'estimait chanceux, on lui avait laissé le contenu de ses poches intérieures, à savoir de quoi fumer, une corde extrêmement solide et... le prototype...

Alors qu'il se relevait, le jeune homme sentit bien qu'il n'était pas seul, deux ombres rampèrent jusqu'à lui en quelques secondes. A la mince lueur de la lucarne, Athos observa deux types bien amochés... par le temps, les coups et très certainement les diverses drogues qu'ils employaient pour survivre dans ce lieu. Ils semblaient fatigués et sur le point de perdre l'équilibre à tout instant mais tout de même menaçants...
- J'aime bien tes bottes, mon vieux... Ricana le premier.
- Et moi j'aime bien tes gants.
Adossé aux barreaux, il entendit Sourcils et ses deux acolytes ricaner.
- Hm... Moi j'aime pas trop vos gueules, j'avoue.
Les gardiens rirent un peu plus fort et le type de gauche posa sa main droite à l'arrière de sa hanche.

Athos alluma son petit cigare de lin.
Il était temps de réfléchir à la marche à suivre.
Le type allait sortir une sorte de surin artisanal, l'autre devait aussi posséder un genre d'arme mais il ne la portait vraisemblablement pas sur lui.
Les soldats ne n'interviendraient bien sur pas. Il allait falloir anticiper...

Le Renard se laissa tomber au sol et le bras du type au surin traversa les barreaux de la cellule. D'un bond, il se releva et frappa le coude du prisonnier, le tordant dans une position peu naturelle.
Le hurlement fit tressaillir les gardes alors que le second taulard tira une sorte de batte cloutée de sous sa paillasse.
Il était temps de sortir le prototype : le Renard fit jaillir un petit cylindre chromé de sa poche. L'objet était particulièrement lourd et pas plus grand que la poignée d'une porte, d'un coup de poignet un peu sec, Athos fit alors coulisser un mécanisme interne de l'arme et elle tripla sa longueur.
La batte à clous s'abattit en direction du mercenaire qui esquiva le premier coup et fracassa l'arme rudimentaire à l'aide sa petite matraque pendant la seconde frappe.
- Ha ! Pour un bricolage du dimanche matin, c'est pas si mal !
Il frappa la cuisse de son adversaire pour le faire tomber au sol lui assena un coup à la mâchoire qui le fit s'affaler sur le sol poussiéreux de la cellule.
- Vous êtes trop lents. Bien trop lents.

Les gardes ne riaient plus.
- Bon, tu as fini de faire le cabotin ?
Le mercenaire leur adressa un regard noir : il avait assez joué et désirait retourner à ses affaires à lui. Il lui suffisait de casser la figure au Maitre de l'Arène et tout serait terminé.
- Dis donc... Il a envie de se battre, non ?
- Ouais. On a qu'à demander si il reste une place dans l'arène.

Athos ravala sa salive alors qu"il glissait le surin de fortune dans la manche de sa veste.
Il pouvait se battre contre deux personnes à la fois mais l'arène... Il lui fallait un plan.
Il se laissa glisser contre le mur de la cellule alors que la fumée, elle, s'évadait par la lucarne.
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Aaron Mainleste
La tarte au pomme, c'est trop bon !
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Localisation : Vohilis
Début de l'aventure : 06/04/2017
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Mar 9 Mai - 19:59
« - Non, il en est hors de question !
Tu n'as aucun droit sur moi, Aaron. J'irai que tu le veuilles ou non. 
Tu vas aller voir des gens se faire massacrer Lily ! C'est … c'est … »

Je cherchais le bon mot : immorale ? Dégueulasse ? Affligeant ? Aucun n'était assez fort pour décrire le dégoût que j'éprouvais en ce moment même. Et la colère aussi. J'avais toutes les peines du monde à me contrôler, j'en étais même tenté à fracasser un meuble afin d’expulser tout cet amalgame de sentiments. Le plus triste dans tout ça, c'est que je connaissais assez mon amie pour savoir que ce spectacle ne la réjouissait pas plus que moi mais qu'elle ne déclinerait pas son rendez vous galant.. Cela me mettait dans une rage encore plus incontrôlable. Quel homme digne de ce nom invite une femme à un massacre ?! Quel genre de rendez-vous était-ce ? On lui avait pourtant toujours appris que les femmes étaient des créatures sensibles, dont il fallait préserver l'innocence à tout prix, qu'elles étaient pétrîtes de romantismes. Ce Joan n'avait pas du avoir les mêmes leçons que lui. Pour autant, Lily n'en démordrait pas. Ce bel homme avait quelque chose que je n'ai pas : de l'argent, beaucoup d'argent. Malheureusement mon amie ne raisonnait plus convenablement quand il était questions de Mall's et était facilement prête à franchir la limite entre bien et mal. C'était d'ailleurs pour cette raison que je la surveillais de près.Mais ma patience avait des limites tout comme ma tolérance.

La tension dans l'air était intense cependant aucun de nous ne semblait près à lâcher prise, les yeux dans les yeux. Dans le regard de Lily, je voyais son remord mais également sa détermination à ne pas céder. Il y avait longtemps que nous ne nous étions pas disputés, parce que je baissais rapidement les armes, je tenais trop à elle pour me disputer à propos de broutilles. Aujourd'hui, elle allait trop loin, et elle en était consciente. Je finis par me détourner, poings serrés avant de sortir de la pièce d'un pas rageur sans rien ajouter. Tout avait été dit de toutes les manières :

« Aaron, attends ... » lança-t-elle pleine de remords mais je ne m'arrêtais pas. J'avais bien envie d'aller fracasser la gueule à cet abruti, autant pour me défouler que pour l'inciter à renoncer à son idée et pourquoi pas, renoncer tout court à mon amie. Rien qu'à cette pensée, ma main me démangeait, fourmillante et un rictus mauvais barra un instant mon visage. Mais, si je me risquais à ce genre de règlement de compte, je perdrais Lily à jamais. Ça, je ne le permettrais pas. Il ne me restait plus qu'à faire ce que je faisais de si bien : la protéger de ce monde cruel et barbare.

Il me fallut longuement marcher pour que la tension que je sentais en moi s'apaise. Mon humeur était plus que maussade ce qui était fort rare. Il n'y avait qu'elle pour me mettre dans des états pareils. On a pas idée d'être ainsi pour une femme. La course du soleil m'indiqua que le « spectacle » n'allait pas tarder à débuter. Je m'empressais de retrouver Lily et son prince charmant que je filais discrètement. Quoi que mon regard insistant sur le couple les mettait mal à l'aise sans qu'ils puissent déterminer qu'est ce qui provoquait ce mal être. Tant mieux.

Entrer dans l'arène fut un jeu d'enfant, il y avait tellement de monde, tellement d'agitation -trop si vous voulez mon avis- que personne ne fit attention à ma discrète présence si ce n'est une gentille vieille dame qui me raconta la vie passionnante de son chat car je ressemblais à son fils. Je l'écoutais sans vraiment écouter, hochant la tête par moment en souriant. Mon regard néanmoins ne quitta pas mon couple favori – c'est une blague évidemment – et je m'installais juste devant la jeune femme. Ma grande taille me permettait de lui cacher en partie la vue ce qui était tout le but de la manœuvre. D'ailleurs, celle ci ne tarda pas à me reconnaître comme me le signala le léger coup de pied que je pris dans la hanche. Je ne pu retenir un sourire amusé mais ne dit rien. Mais celui-ci se figea avant de complètement disparaître lorsque mon regard balaya l'arène. Mon cœur en loupa un battement et le hochet de stupeur de Lily m'appris que la situation l'interpellait autant que moi. Je ne rêvais donc pas, c'était bien une enfant, une gamine innocente qu'on avait probablement arraché à ses parents, ou alors qu'on avait ramassé dans la rue pour servir d'appât dans l'arène. Mon sang ne fit qu'un tour et se remit à bouillir. Croyez moi, tout à l'heure, ce n'était rien comparé au carnage que j'avais envie de faire à présent. On a tous une bête sauvage en nous, assoiffée de sang, et bien la mienne venait de se réveiller. Je n'étais à priori pas le seul dans ce cas car un homme venait de se jeter dans la fosse aux lions, grand bien lui fasse, pour ma part, je tenais encore assez à la vie pour ne pas me jeter directement dans leur gueule - traduisez, je ne sais pas me battre surtout au corps à corps – par contre, j'ai d'autres qualités. Je me levais donc sous le regard inquiet de Lily qui me retient par le poignet. Cela me fit chaud au cœur malgré que je n'en montrais rien :

« - Je ne sais pas ce que tu as derrière la tête, mais n'y va pas …
- Je ne peux pas être témoin de ça sans réagir. »

Et déjà je m'élançais dans les gradins, mains enfoncées les poches pour me donner un air nonchalant. Dans tous les cas, seuls les gardes me prêtaient un regard distrait, toute le reste de l'attention étant concentrée sur les jeux dans mon dos. J'espère sincèrement que j'aurai le temps de leur prêter main forte avant que la gamine subisse les conséquences de la cruauté humaine. En attendant, je n'avais pas de plan précis, juste une idée globale qui me trottait dans la tête. Pas de ma faute, je suis du genre à foncer et à improviser au fur et à mesure.

Je repérais facilement mon objectif,le chef de cette macabre assemblée, ainsi que le chemin le plus sur et facile pour y accéder, celui des esclaves. En me faufilant dans les recoins d'ombre, je puis rejoindre le groupe de domestique qui me regardait avec un mélange de crainte, de curiosité et d'interrogation muette. Ils n'étaient probablement pas habilités à poser des questions et je n'allais pas m'en offusquer loin de là. Je leur lançais donc un sourire avenant et confiant, comme si ma présence était la chose la plus naturelle et normale qu'il soit. Je repérais une femme – tout à fait à mon goût en passant- tenant un plateau d'argent avec quelques mets gourmands et probablement ce que je devinais être du vin de fort bonne qualité.

« Je vous emprunte ceci une seconde ma chère, je vous le rends dans la minute, inutile d'en appeler à la garde ! »

lui lançais-je, un sourire mutin aux lèvres en lui prenant le-dit plateau des mains et, avant qu'elle ne puisse m'en empêcher, je m'empressais de tirer le rideau menant au Maître de l'Arène. La chance était de mon côté, personne ne fit attention à mon entrée – et il faut dire qu'il n'y avait pas de raison étant donné que je me comportais en tout bon esclave : discret, efficace, soumis – car celle-ci était accaparée par deux personnes, l'une se trouvant dans une situation plus que compliquée. Je ne pu me retenir de lui lancer un clin d'oeil encourageant alors que je profitais de l'inattention général pour servir le Maîtreeee tout en subtilisant discrètement les clés que j'avais repéré, accroché à sa ceinture. Ni une ni deux, celles-ci disparurent dans mon manteau ample alors que je m'effaçais après une révérence. Je ne pris pas le temps d'attendre de savoir si l'esclave à qui j'avais emprunté le plateau, ou tout autre spectateur d'ailleurs, m'avait dénoncé, je lui rendis juste son dû :

« Il est fort dommage que vos mains s’abîment à porter des si lourds plateaux pour un si horrible personnage. Merci ! »

Et je repartis comme j'étais venu, peut être de façon plus pressé j'admets. Je craignais qu'il ne soit trop tard mais un regard vers l'arène m'appris que les deux combattants se débrouillaient fort bien. Quand je réussis enfin à descendre au plus bas possible des gradins, je lançais les clés dans le sable, le plus proche possible de la cage avant d’interpeller la femme avec mon culot habituel mais un air bien plus sérieux :

« - Passe moi la gamine que je la sorte de cet endroit maudit, tu ne peux pas surveiller tes arrières et les siennes et on ne sait ce que l'autre nous réserve encore comme surprise … Je la mets en sécurité et je reviens vous chercher. »

Je devais avoir l'air suspect, douteux mais on avait pas le temps de se compter fleurette aussi détachais-je le collier en cuir où se trouvait un pendentif en topaze et lui tendis-je :

« - C'est mon bien le plus précieux si tu as besoin d'un gage de sécurité … »


Dans mon regard devait se lire une réelle inquiétude que mon apparante confiance en moi peignait à cacher. Cette enfant me rappelait tellement les épreuves par lequel mon groupe avait du passer. Il m'était juste insupportable de laisser la petite ainsi. Cela aurait pu être moi, ou n'importe qui de la bande. Qui serait venu nous chercher ?

« - Je t'en pris ... »

Je me penchais vers l'arène et tendit les bras le plus loin que je pu, priant pour qu'elle me fasse confiance, pour que la garde ne débarque pas, pour que les autres gladiateurs nous laissent le temps d'agir.
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Serhkan la Lionne
Que sait du désert celui qui ne regarde qu'un grain de sable ?
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Métier : Protectrice de convois, maîtresse d'armes, ex-gladiatrice
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Début de l'aventure : 03/12/2016
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Mer 31 Mai - 10:05
Haletant à pleins poumons, Serhkan se tenait à genoux devant la cage de Sahi, assassinant du regard quiconque oserait s'approcher, sa fidèle épée courbe lui servant d'appui. L'épaule en charpie et les bras recouvert de sang coagulé, la Lionne offrait un bien terrible spectacle. La présence du capitaine pirate muni de sa terrible arme à poudre acheva de décourager les esclaves qui s'étaient retrouvés jetés bon gré mal gré dans l'arène. Reprenant son souffle, la guerrière lança un regard de biais à Azran, s'assurant de son état tout en réfléchissant à la suite. C'était le moment ou jamais de partir. Qu'on dise que la célèbre Lionne fuyait le combat ? Elle n'en avait cure, les dés étaient truqués. Mais avant la douce liberté, il fallait qu'ils s'occupent de la cage et de quiconque se mettrait à travers leur route.

Alors que Serhkan mûrissait une idée concernant le second, le premier problème trouva sa résolution dans un enchaînement d’événements en sa faveur. Les clefs lui furent lancées par un homme –un inconnu aux cheveux sombres et à l'air soucieux.

Passe-moi la gamine que je la sorte de cet endroit maudit, tu ne peux pas surveiller tes arrières et les siennes et on ne sait ce que l'autre nous réserve encore comme surprise… Je la mets en sécurité et je reviens vous chercher.

Les lèvres de la Lionne se retroussèrent à l’idée même de laisser Sahi derrière elle. Lorsque l’homme tendit un pendentif visiblement coûteux, Serhkan secoua la tête. Elle voyait la sincérité sur son visage.

Garde ton collier mon garçon, lui lança-t-elle d’une voix qui paraissait caverneuse à cause de son casque. Sahi est plus en sécurité avec Azran et moi que n’importe où ailleurs. Elle lança un coup d’œil aux cinq esclaves qui observaient la scène, puis retira son casque, libérant sa chevelure ébène et son regard vert sombre. Merci, glissa-t-elle finalement à l’homme avec un sourire las.

Aussitôt dit, elle tourna les talons en direction du capitaine pirate et lui confia les clefs. Elle échangea avec lui un regard qui en disait plus que milles mots réunis.

Si ça tourne mal… Le regard de Serhkan s’accrocha à celui de sa fille. Prends soin d’elle.

Il était sans doute la seule personne au monde –ironiquement- à qui elle pouvait faire confiance pour mener à bien cette promesse. Après un léger sourire qui se voulait rassurant à l’égard de sa fille et un regard inquiet pour le pirate, la Lionne s’éloigna en direction des esclaves et fit tournoyer son sabre courbe pour finalement le rengainer.

Elle les jaugea rapidement. Ils lui rendirent son regard.
Ils voulaient vivre. Elle avait un marché à leur proposer.

Serhkan n’était pas une oratrice, ni même une générale. Elle ne maniait pas l’art des mots aussi bien que celui des armes. Elle était cependant prête à essayer.

Esclaves ! Cette journée a déjà vue suffisamment de sang. Je comprends votre désir de violence, mais ne vous trompez pas d’ennemi. La Lionne désigna d’un geste l’organisateur des Jeux, qu’elle crut voir blêmir malgré la chaleur. Cet homme est votre ennemi. Il vous a acheté, vous a forcé à vous battre et à verser le sang des vôtres. Faites-vous justice ! Libérez-vous, libérez vos frères et vos sœurs de leurs chaines, saisissez la liberté alors qu’elle est à votre portée. Vous n’aurez pas d’autres occasions. SAISISSEZ-LA !

Un grondement strident en direction de l’intérieur des murs de l’arène lui répondit. Les esclaves avaient fait leur choix. Elle lut la gratitude dans les regards de ceux qui lui faisaient face et se fit l’impression d’une escroc. Le chaos était lancé, rien ne pourrait plus l’arrêter. La répression allait être sévère, mais Serhkan, Sahi et Azran seraient alors déjà bien loin d’ici.

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Serhkan rugit en peru.
Sahi miaule en cadetblue.
Double compte de Drystan.
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Azran Surion
Ça vous dit rien une "Sirène" ?
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Localisation : Le Chien de Mer
Début de l'aventure : 03/12/2016
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Mer 31 Mai - 12:21
Les lions étaient de sacrées belles plaies à gérer, finalement. Le pirate craignait de ne plus pouvoir apprécier les Jeux maintenant qu’il savait de quoi il en retournait. Et rien que pour ça, sa journée avait été gâchée. Quel doux plaisir que celui de l’ignorance.

Le Requin n’avait pas tardé à reprendre littéralement du poil de la bête, comme si sa dernière mise à mort l’avait revigoré. Déjà son pistolet était rechargé, et il le pointait à l’attention des esclaves qui devaient être leurs adversaires, un sourcil levé, les défiant d’approcher de ses protégées. Leur air découragé l’affubla d’un sourire au coin de ses lèvres.

Le pas lent afin de rester le plus précis possible, il rejoignit les filles, ne prêtant que peu d’attention aux évènements, toujours concentré sur les esclaves. Et derrière son masque de confidence, il réfléchissait aux possibilités qui s’offriraient à lui s’ils attaquaient. Bien qu’impressionnés, ils restaient nombreux, et Serkhan et lui-même n’étaient plus au mieux de leur forme. Les chances qu’ils s’en sortent tous étaient minces. Alors qui devrait se sacrifier ? Sahi ? Hors de question. Serkhan ? S’il pouvait l’éviter… Lui ?
Ça lui ferait mal.

La mention de son nom le tira de ses réflexions. Serhkan parlait avec un blanc-bec qui venait de lui envoyer des clés, et s’il ne se trompait pas, elle venait de lui dire que la petite était plus en sécurité avec eux qu’avec lui. Le pirate fronça les sourcils et lança un regard noir au jeune homme qui avait tenté de la convaincre de lui confier la petite. Personne ne touche à Sahi.
Ses yeux n’eurent pas un long trajet à faire pour se poser sur la Lionne qui s’approchait de lui, lui tendant lesdites clés. Il rangea son sabre au fourreau et s’en empara en la dévisageant.

« Si ça tourne mal… Prends soin d’elle. »

Il vit son sourire à l’égard de Sahi, et le regard qui lui était adressé, et rien de tout ceci ne lui plaisait. Alors qu’elle tournait les talons, il lui prit la main, l’observa un instant en silence, et vint appuyer son front contre le sien. Il lui caressa ensuite la joue, et se dirigea vers la cage de Sahi.

« Allez, ma princesse des sables. On va te sortir de là. »

Son sourire se voulait rassurant, presque paternel. Un sourire qu’il n’avait plus arboré pendant de longues années avant de faire la connaissance de Sahi.

La cage s’ouvrit vite, puis il s’attaqua aux chaînes qui tombèrent peu après. Il prit alors la main de la petite, la tirant hors de la cage avant de la soulever pour la prendre dans ses bras. Il jeta un regard à ses hommes dans les gradins, parés à tirer sur les esclaves si nécessaire. Mais il ne sembla pas en être le cas.

Sahi observait avec admiration sa mère, et le pirate en fit de même. Il n’aurait pas utilisé les mots qu’elle avait employé, mais elle avait délivré son message de manière plus convainquante qu’il n’en aurait été capable.
Alors, au lieu de commencer à fuir, il resta là. À la regarder. Attendant qu’elle les rejoigne, héroïne de l’arène qu’elle était. Et lorsqu’elle se retournerait, elle les verrait, sa fille et lui, souriants.

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Aaron Mainleste
La tarte au pomme, c'est trop bon !
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Localisation : Vohilis
Début de l'aventure : 06/04/2017
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Mer 31 Mai - 22:03
Mon poing se referma dans le vide, agrippant l'air en se crispant. Je ne m'étais pas fait de faux espoir sur la réponse de la combattante, après tout, c'était une réaction logique de garder sous son aile l'enfant qu'on cherche à nous arracher. Enfin, c'est ce que j'imaginais, ma propre expérience a ce sujet avait été tout autre. J'éprouvais à la pensée de cette enfant protéger bec et ongle – ou devrais je dire griffes et crocs- par sa mère, un étrange sentiment. Dans le fond, je n'étais pas d'accord, mon expérience personnelle m'avait appris que la sécurité du groupe était supérieur à celle de individu. Et puis deux morts, ça risquait pas de protéger correctement le dernier vivant. De mon point de vu donc, c'était risquée de tuer deux personnes pour en sauver une, et surtout que les trois y restent définitivement … Mais pour en revenir à nos moutons, ou devrais-je dire aux prisonniers de ce jeu, je me redressais en rattachant mon pendentif, bien trop heureux de ne pas avoir à m'en séparer :

« - Comme tu le souhaites, je passe directement à la phase deux en ce cas, vous sortir de là. Enfin, s'il y a encore quelqu'un à sortir ... »

Et déjà elle était partie. Je ne m'éternisais pas plus non plus, j'attirais déjà trop l'attention. Il me restait une mission à accomplir avant de définitivement tirer ma révérence. Je ne captais pas l'entièreté de son discours, mais j'en compris le sens. Quelle folie ! L'espace d'un instant sur la démarche à suivre, j'hésitais, Lily était toujours dans les tribunes à présent face à une bande d'esclave prêt à se rendre justice, ma place était là bas, très certainement, mais la deuxième option -à condition d'y arriver- permettrait probablement d'épargner plus de vies encore. La distraction qu'offrait les rebelles ne ferait que me faciliter la tâche. J'inspirais profondément. Lily m'avait clairement fait comprendre qu'elle n'était plus l'enfant cachée derrière mon dos, je lui avais inculqué beaucoup de choses depuis notre première rencontre, la première étant à survivre. Il fallait que je lui fasse confiance et qu'elle prenne elle-même son destin en main.

Une fois ma décision prise, rien ne me fit plus reculer. Je m'élançais dans les couloirs de l'arène, descendant toujours plus bas, plus profondément. Jusqu'à arriver à l'étage des geôles où je m'empressais de me faire ombre parmi les ombres, ne tenant à finir enfermer avant d'avoir réalisé mon acte héroïque du jour. J'écoutais attentivement les éclats de voix, 3 voix pour 3 gardes probablement, plus les gémissements d'un nombre indéfinis d'esclaves. Parfait, la garde avait été diminuée, probablement pour venir en renfort au-près du Maître de l'Arène. L'un des trois restait devait avoir les clés, enfin je l'espérais. Je ramassais un cadavre de bouteille et un bouclier qui traînaient là, jetant le premier en face de moi, histoire d'attirer par ici les hommes. Ça se disputait déjà pour savoir qui irait, ce qui amoindri considérablement ma patience et ma bonne humeur qui était d'ailleurs vachement grignotée. Aussi, dès que l'un des gardiens se pointa près de moi, il se mangea un coup de bouclier en plein face qui l’assomma nette. Je me penchais sur lui et le fouillais rapidement. Pas de chance.

« Hey ! Qu'est ce que tu fous ?! »

J'étais repéré, définitivement grillé, me restait plus qu'à jouer des poings. J'en grimaçais d'avance. Mon beau corps allait encore morflé. Les bagarres de gamin de rues, c'était pas le même niveau que celui d'un garde entraîné, ou d'un mercenaire ou que sais-je encore.

« Tout doux les gars, je cherche pas les ennuis, juste les latrines ! » Leur lance-je tout sourire.

Ils se regardèrent, ne sachant pas trop comment il devrait le prendre, j'en profitais pour lancer un bon uppercut dans le menton du plus proche et j’enchaînais par un balayage du second. Je repérais le tintement caractéristique des clés. Ce bref moment d'inattention me valu d'ailleurs un juste retour des choses. Je m'écartais sonné, le côté gauche de mon visage me lançant atrocement mais cela ne me découragea pas pour autant et je me relançais dans la mêlée. Je finis par plus recevoir de coups qu'en donner mais j'atteignis mon objectif (d'accord, je m'étais plus ou moins laissée frapper pour pouvoir chopper les clés, mais ça sonnait moins classe). Je reculais, faisant mine d'être assommé contre les parois d'une geôle et laissait les clés tombées en murmurant au prisonnier :

« Tu es libre, libère tes copains et barrez vous ou battez vous. »


Oui, pas d'envolé lyrique pour moi, je suis pas un poète et j'avais pas trop le temps là. Le type s'était déjà relevé, m'avait saisi par le col et envoyé valser contre le mur. Il y eut un crac de mauvais augure, probablement une côte. J'avais vu pire mais bordel, qu'est ce que ça faisait mal. Heureusement, il n'eut pas le temps de finir sa besogne que ce fut le vrai bordel. Les esclaves se jetaient peu à peu dans la mêlée. Faut dire, deux gardes contre leur bande entraîné à survivre, le choix était vite vu, ils s'en donnaient à cœur joie.

« Un petit dernier service, après je vous laisse à vos nouvelles occupations. Il me faut ouvrir les grilles de l'Arène, ils restent encore des prisonniers de ce stupide jeu. »

Ils étaient pas nombreux à me suivre, la plupart était trop pressée de regoûté, ou goûté leur nouvelle liberté. Je ne me leurrais pas, ils seraient nombreux à réintégrer leur prison, à être exécuté, ou à mourir de faim dans la rue. Peu m'importait, ils auraient au moins eu le choix, une fois dans leur vie de faire ce qui voulait de celle-ci. Une fois devant les grilles, ce fut assez simple en fait. C'était déjà assez la pagaille, et les esclaves avaient déjà vu cela des dizaines de fois donc celles-ci s'élevèrent lentement vers le ciel, dernière barrière à franchir avant la liberté. Le soleil m'éblouit un instant alors que j'avançais d'un pas dans le sable brûlant alors que je me tenais ma côte dans l'espoir dans apaisée la douleur. Et encore, demain j'allais encore plus jongler.

« Excusez moi pour l'attente, après vous … » annonçais-je fièrement aux survivants, plus soulagé que je ne voulais bien l'admettre d'en voir encore debout.
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Trianna Qureshi
Il ne suffit que d'y penser, pour être libre.
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Début de l'aventure : 02/08/2016
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Jeu 1 Juin - 0:13
Il fut à peine entré qu'il donna bien vite le ton le Monsieur Atréïdes. Il était clair qu'il ne s'agissait pas là d'une visite de courtoisie. Pour une fois qu'on tenait tête au fameux Maître de l'Arène : voilà qui valait le détour ! Le sourire en coin et l'oreille aux aguets, je m'affairais à préparer le vin que le Maître avait demandé, tout en jetant un rapide coup d'oeil au centre de l'Arène. Les combattants n'étaient pas en excellente posture, blessés et aux prises avec des lions qui ne demandaient qu'à croquer un petit morceau. Je frissonnais rien qu'en pensant à ce qui pourrait leur arriver et détournais le regard, honteuse d'être vu aux côtés des organisateurs de ces atrocités.

Alors que je m'apprêtais à saisir plateau, verres et pichet de vin, un raffut du diable et des éclats de voix se firent entendre derrière le rideau : ni une ni deux, un garde déboula dans les secondes qui suivirent, traînant un homme par le col. Toutefois ce dernier ne fut pas captif bien longtemps... Une vraie tornade ! Du sang, une bousculade, un regard hagard et de l'action : voilà qui pourrait convenir pour décrire ce qui venait de se passer.
Tout avait commencé en préparant tranquillement mon plateau et se terminait par une Trianna les fesses par terre la jupe remontée, et un Monsieur Atréïdes avec un couteau sous la gorge.
Perplexe, mon visage c'était figé sous la surprise, les yeux grands ouverts, je fixais bêtement la scène qui se déroulait là dans cette loge. La tension était palpable, bien que Monsieur Atréïdes usait de traits d'esprit pour distraire son assaillant, alors que les gardes s'agitaient. Le Maître de l'Arène s'était lui, recroquevillé dans un coin, en bonne peureuse qu'il était. Quelques minutes de palabres suffirent à ce que plusieurs gardes ne se décident à agir, sortant l'indésirable de la loge par la force -
qui sait ce qu'il adviendrait de lui - alors qu'un son sourd et étranger retentissait dans l'Arène, sous les cris des spectateurs. Rien de bon pour les combattants... A moins que ?

Les esprits s'éclaircirent d'un seul trait dans la loge, alors que chacun reprenait contenance.

- Et bien, voilà qui était... surprenant ! Un grand sourire flanqué sur le visage, le Maître de l'Arène avait retrouvé toute sa candeur, sous les accusations de Monsieur Atréïdes.

Je me relevais, le visage crispé par cette attitude qui me rendait folle, m'époussetais et ramassais mon plateau laissé à l'abandon. Fort heureusement que je n'avais encore rien disposé dessus, c'aurait été un beau chantier !
Curieuse, je jetais un nouveau regard vers l'Arène, tentant de percer le mystère de ce bruit sourd entendu quelques minutes auparavant : l'un des combattant tenait un objet dans ses mains, peut-être en était-ce la raison ? Je n'en avais aucune idée ! Toujours était-il que la situation n'était pas si mauvaise : ils étaient venus à bout des lions et se tenaient toujours sur leurs pieds. Restait maintenant à faire face à ces esclaves qui se dirigeaient déjà vers eux... Mon fort intérieur leur souhaitait sincèrement bonne chance, mais je doutais de l'issu de cette rencontre...

Mon plateau fin prêt, je me dirigeais vers les hommes à la discussion houleuse, lorsqu'un homme entra et se saisit du plateau avec politesse. Surprise, je n'eu pas le temps de réagir qu'il se dirigeait déjà vers le Maître, plateau en main, manières au service et... au vol de clefs !

- Mais... Et... Le son de ma voix se perdit dans un murmure.

Et le voilà qui me rendait déjà mon plateau, des paroles mielleuses à la bouche, en s'éclipsant telle une bourrasque de vent.

Voilà qui était assez pour la journée.

Je déposais discrètement le-dis plateau, profitant des éclats de voix qui perduraient dans la loge et de l’inattention des uns et des autres. En chemin pour descendre dans les gradins, j'aperçu de nouveau le voleur de clés - et de plateau - penché vers le centre de l'Arène, en discussion avec la gladiatrice. Aux pieds de cette dernières gisait un certain trousseau de clés. Voilà qui allait grandement compliquer ma journée si je traînais mes fesses dans le coin plus longtemps.
Je descendis alors vivement les marches en direction de la sortie. Un dernier coup d'oeil en arrière me permis de voir un homme aux côtés de l'enfant, libérée de sa cage, alors que la gladiatrice haranguait une foule d'esclaves.

Ce n'est que plusieurs heures plus tard, alors que je gagnais les portes de la ville pour fuir cet environnement sauvage que la rumeur monta : les esclaves s'étaient révoltés. Les Jeux étaient terminés. Un vent de liberté soufflait sur Athalie.
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La Mathu'Omniscience
L'âme du Monde
Début de l'aventure : 27/05/2016
Discussions avec soi-même : 185
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Mar 6 Juin - 11:50
Autant dire que je m'attendais quand même pas à ce que ça finisse comme ça ce bazar ! Mes petits Mathusaliens se sont rebellés, qui l'eut cru ? C'est une bonne chose, ceci dit, je sais pas bien ce qu'ils vont tous devenir...

Entre celui qui se retrouve dans les souterrains pour avoir attenté à la vie du Maître, le Chef de Contrée qui impose son dictât, le sauveur-joli cœur des sables qui libère tout le monde, des combattants qui ne veulent plus combattre et se font parole du peuple et d'une servante qui ne veut plus servir, où va-ton ?

En tout cas, ils n'ont pas demandé leur reste pour quitter bien vite l'arène et peut-être même la ville et la Contrée, laissant derrière eux un peuple révolté aux désirs de vengeance, d'égalité et de liberté. Qui sait où ça nous mènera tout ça...
Restons tout de même réalistes, je doute qu'ils aient éradiqué l'esclavage d'un coup d'un seul, ils sont têtus ces sudistes quand même !
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