:: Forêt d'Olm :: Au beau milieu de la forêt Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

[Périple] Incendie (pv. Athos)

avatar
Serhkan la Lionne
Que sait du désert celui qui ne regarde qu'un grain de sable ?
Féminin
Métier : Protectrice de convois, maîtresse d'armes, ex-gladiatrice
Localisation : Athalie
Début de l'aventure : 03/12/2016
Discussions avec soi-même : 31
Voir le profil de l'utilisateur
Jeu 19 Jan - 20:28
Serhkan,

Je prie pour ton retour rapide. Non pas que je m'inquiète pour toi -je souhaite bon courage à celui qui tenterait de t'assassiner- et ne vas pas t'imaginer que je me languis de ta présence -après tout, je t'ai déjà bien assez supporté comme ça ; mais la créature que tu appelles ta fille va un jour finir par me faire tuer. Il est indéniable que ce démon miniature tient tout de son père et bien moins de notre douce lignée -quoique je dois prendre en compte que tu en fais partie également... Bref, je t'en supplie, rentre vite et ai l'obligeance de me débarrasser de ce monstre.

Elle te passe d'ailleurs le bonjour.

Bien à toi,
Hathi.


Serhkan rit doucement en repliant la missive. Cela faisait à peine quelques semaines qu'elle était partie pour Dohilac, accompagnant l'une de ses caravanes marchandes habituelle. Transportant des étoffes à l'aller pour les échanger contre diverses denrées de l'Ouest, les marchands qui composaient le convoi espéraient tirer profit des curiosités ramenées en territoire Vohilis, au retour. Le voyage étant à un peu plus de sa moitié : cela faisait trois jours que les voyageurs avait quitté la grande ville de Barannor, les charrettes regorgeant d'objets curieux et de bidules typiques de leur provenance. Si la plupart du temps, les marchands préféraient passer par les voies maritimes pour éviter d'avoir à traverser toutes les contrées, la saison actuelle semblait favorable à la piraterie. Le chef de commerce, un petit homme à la moustache agile et au visage rougissant, avait jugé plus sûr d'effectuer le voyage sur la terre ferme -quitte à engager les services de quelques gardes et mercenaires pour assurer leur protection. Serhkan s'était donc laissée entraîner dans cette entreprise, préférant confier sa fillette à sa sœur Hathi, à Athalie.

Le cheminement de la demi-douzaine de caravanes qui composaient le convoi avait été tranquille, sans perturbation majeure ni rencontres indésirables. Pour l'instant, le travail de l'ancienne gladiatrice s'était avéré relativement paisible, bien qu'elle se tienne sur ses gardes. La forêt d'Olm recelait son lot de bandits et de coupe-jarrets, l'abri des arbres composant un excellent outil pour tendre des embuscades. Ils étaient en tout et pour tout quatre gardes et mercenaires, et si Serhkan entretenait une relation cordiale avec ses collègues, elle n'en connaissait aucun autrement que de vue. Pour l'heure, le convoi s'établissait à la lisière de la grande forêt et reprendrait sa route le lendemain. Les marchands allèrent dormir et leurs protecteurs s'entendirent sur les tours de garde. Adossée contre un tronc, légèrement éloignée du campement de fortune, la guerrière veillait, immobile comme une sculpture d'ébène. Elle avait somnolé une grande partie de la journée, dans le demi-sommeil des guerriers : yeux mi-clos, la main directrice sur la garde de sa lame courbe. La Lionne ne pouvait s'empêcher d'éprouver une certaine nervosité depuis le début du voyage. Tout s'était pourtant bien passer. Et c'était peut être ça qui l’inquiétait.

La décision du chef de commerce consistant à relever de leurs fonctions deux mercenaires une fois arrivés à Dohilac n'avait guère arrangé son pressentiment. Si Serhkan appréciait le gros bonhomme, elle ne pouvait s'empêchait de penser que son goût pour la richesse le perdrait un jour. Elle s'était pourtant contenter d'émettre un avertissement que le marchand n'avait pas pris en compte : l'aller c'était bien passé, il ne souhaitait pas payer le surplus de main d'oeuvre. La Lionne avait laissé filé avec un haussement d'épaules : se montrer trop véhémente envers la main qui la nourrissait n'était guère sage. A la différence du marchand cependant, elle savait qu'elle avait de meilleures chances de survie si jamais une attaque survenait. Pour autant, des marchands morts signifiaient une perte notable de réputation -et de paye. Si elle pouvait l'éviter... Un bruissement la ramena à la réalité et lui fit instantanément porter la main à sa ceinture. Elle se détendit imperceptiblement lorsqu'elle reconnu la démarche de son interlocuteur.

« Essayer de surprendre un guerrier lorsqu'il est de garde n'est pas franchement la meilleure idée qui te sois passer par l'esprit, Owulf » murmura-t-elle avec une sévérité que démentait son demi-sourire. « Pardonnez moi, dame Lionne, je cherchais surtout à ne pas réveiller les autres » souffla le jeune nordique, avec une lueur espiègle dans le regard. « Dois-je en déduire que je vous ai effrayé ? » Tenter de la prendre par surprise semblait être devenu un défi personnel pour le jeune chasseur, au grand amusement de Serhkan. Elle roula des yeux, faussement menaçante. « Si cela avait été le cas, tu n'aurais plus de langue pour t'en vanter, jeune homme. »

Owulf étouffa un rire discret. La Lionne avait beaucoup d'affection pour ce petit chasseur venu de la contrée de Kravmalörg. Il avait rejoins la caravane à Dohilac, mettant en avant ses qualités de traqueur et d'éclaireur -et sa totale gratuité, argument qui avait fini par faire céder le chef de commerce bedonnant. Petit de taille mais vif d'esprit et agile de ses mains, ses origines étaient trahies par sa peau très pâle, ses cheveux d'un blond mordoré et ses yeux pétillants de curiosité colorés d'un gris loup. On aurait pu imaginer de compagnon plus différent de Serhkan, femme à la peau toujours marquée par le désert, malgré ses innombrables voyages. Sur le chemin, tous deux avaient sympathisé. Tandis que la Lionne le régalait de milles et unes légendes en provenance des dunes de son pays, Owulf lui décrivait sa contrée natale. Serhkan n'avait jamais osé s'aventurer si loin dans le nord : elle craignait le froid bien plus que l'acier. Alors le jeune chasseur racontait avec force de détails et les yeux brillants son épreuve au sein des Sierras, sa cérémonie du Jalonor, ses trois sœurs qui l'attendaient au pays et la neige, la neige qu'il adorait. Il semblait aimer sa contrée du plus profond de son cœur, ce qui plongeait toujours la Lionne dans la nostalgie. Elle n'était pourtant partie que depuis quelques semaines.

Lorsqu'elle lui avait demandé pourquoi il avait quitté le pays, elle avait cru voir son regard se voiler de tristesse bien vite éclipsée par un sourire de renard. Owulf avait affirmé vouloir découvrir le monde avant d'être vieillard et incapable de se mouvoir. Serhkan avait plissé les yeux : elle ne lui donnait pas plus d'une vingtaine d'années. Le chasseur avait adroitement reporté son attention sur un autre de ses récits, et la question fut mise de côté. Chacun avait droit à ses propres secrets et la Lionne respectait son silence. Owulf s'était assis à côté d'elle, observant les étoiles qui déjà parcouraient le ciel. Le crépuscule était maintenant loin derrière eux. Un clignotement attira l’œil de la guerrière.

« On raconte que l'Arbre des Dieux lave de tous les pêchés. Tu penses que c'est possible ? » La voix du jeune chasseur semblait presque spectrale dans la nuit sombre et fit sursauter son interlocutrice. La Lionne ne pu déterminer son intonation et l'observa avec surprise, étonnée par son air grave. « Eh bien... ─ Un hurlement retenti. Il s'agissait du deuxième guerrier qui montait la garde. D'un geste, Serhkan se redressa. Déjà de la lumière émergeait du campement. Très vite, la Lionne se rendit compte que cette dernière était bien trop intense.

« AU FEU ! AU FEU ! »

Alors qu'elle se ruait vers le campement, arme à la main, un horrible pressentiment l'assaillit. Elle lança un coup d’œil derrière elle. Owulf avait disparu.  


Serhkanperu
Owulf (image) ─ steelblue



Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
Ven 20 Jan - 14:08
Invité
Il avait beau être un bon marcheur et un homme plutôt endurant, Athos avait aussi contracté une certaine notion de la flemme.
Bien qu'il ai peu marché aujourd'hui, à peine traversé une portion de la forêt d'Olm, il décida qu'il était temps de faire une pause.
De toutes façons, la nuit tombait, précipitant le jour par dessus l'horizon et rafraichissant significativement l'air du soir.
Assis contre un tronc plutôt large, le chasseur de primes tira quelques victuailles de son sac et hésita un instant... Fallait-il accompagner son pain de viande séchée ou de fromage ? Son estomac émit un grognement qu'il interpréta comme "LES DEUX ! BOUGRE D'IDIOT !"

Pendant qu'il mastiquait énergiquement son repas, le Renard fureta dans son sac en quête de son ordre de mission.
Il lui fallait intercepter VIVANT (dernier mot était écrit en lettres capitales et encadré) un marchand peu scrupuleux du nom d'Owen qui aurait escroqué les autorités douanières et détourné quelques objets de valeurs. Un portait dépeignant un homme rougeaud et moustachu d'une quarantaine d'années accompagnait l'ordre, ainsi qu'une petite note ajoutée en dernière minute : "Attention : Selon les derniers témoins, Owen serait accompagné d'un petit groupe de mercenaires, leur survie n'est pas primordiale".

La piste d'Owen avait été très simple à remonter et le Renard estimait n'être qu'à peu de distance derrière la caravane... Il ne craignait pas d'avoir à affronter le groupe de mercenaires, après tout, il était l'un des plus connus et probablement des plus redoutés...
Athos s'autorisa une sieste d'une poignée de minutes et décida qu'il reprendrait la route après.

Alors qu'il fermait les yeux et s'emmitouflait avec délices dans sa veste, il essaya de s'imaginer entre quelques draps de satin ou de soie, dans une chambre chauffée... Il visualisait presque la cheminée dont une formidable flambée dansait sur les murs de la chambre, répandant une odeur de bois brûlé...
Il ouvrit brusquement les yeux.
L'odeur était bel et bien réelle...

D'un seul bond, Athos se releva, enfila sa veste en grognant et chargea son sac sur son dos... Si il était face à un feu de forêt, ils fallait fuir... Il escalada l'arbre contre lequel il était assoupi, un instant plus tôt.
Ce qu'il aperçut au loin le fit ricaner : Non seulement il ne s'agissait pas d'un feu de forêt, mais en plus il distinguait à la lueur des flammes quelques silhouettes et des chariots.

tout en restant à mi-hauteur, Athos progressa d'arbre en arbre jusqu'à l'origine de ce grabuge. Alors qu'il s'approchait, des hurlements et des bruits de lutte se firent entendre
- Ho... non ! Non, ne tuez pas mon Owen, j'en ai besoin, les gars !   lâcha Athos, tout haut.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Serhkan la Lionne
Que sait du désert celui qui ne regarde qu'un grain de sable ?
Féminin
Métier : Protectrice de convois, maîtresse d'armes, ex-gladiatrice
Localisation : Athalie
Début de l'aventure : 03/12/2016
Discussions avec soi-même : 31
Voir le profil de l'utilisateur
Mar 24 Jan - 10:28
Malgré un soleil couché depuis plusieurs heures désormais, on semblait y voir comme en plein jour. Les flammes s'élevaient en crépitant, transmettant une chaleur cauchemardesque, dévorant comme un gros animal le campement. La panique était partout, les bêtes meuglaient, les chevaux piaffaient et les caravaniers s'égosillaient en essayant de sauver leurs possessions. C'était sans compter sur la volonté de leurs agresseurs -Serhkan ne se faisait aucune illusion : le feu étant bel est bien d'origine criminelle. Les silhouettes armées qui s'affairaient autour des marchandises laissées sans surveillance confirmèrent ce fait. Lançant un rapide regard circulaire pour déterminée l'étendu des forces ennemis, l’œil de la guerrière butta sur le cadavre de l'un de ses collègues. Alors qu'un voile de tristesse recouvrit son visage, elle déduit trois choses.

Les agresseurs étaient en surnombre conséquent. Ils étaient au courant non seulement de l'itinéraire et de leurs propres forces : il s'agissait d'une embuscade préméditée, nul doute là dessus. Ils avaient été trahis. Les pensées de l'athalienne effleurèrent le nom d'Owulf avant de repousser cette hypothèse. Elle y songerait plus tard, lorsque cela lui serait permis. Son Croc à la main, elle se tailla un chemin jusqu'au chef de convoi, sa lame voltigeant avec l'adresse des nombreuses années passées à la manier. Le petit homme, les yeux agrandis par la peur, n'osait esquisser le moindre mouvement. Ses yeux accrochèrent ceux de Serhkan.

« Ils sont trop nombreux, abandonnez les marchandises et repliez vous en direction d'Îsoret. » La Lionne observait avec inquiétude les marchands qui commençaient à se rassembler sous la supervision d'un des mercenaires qui les accompagnait. Devant son interlocuteur inerte, l'irritation la gagna. « Tout de suite ! », le brusqua-t-elle. Le caravanier s'ébroua avant de lancer une série d'ordre d'une voix forte. S'il avait négligé leurs sécurités, au moins avait-il apprit à faire confiance aux directives de sa protectrice. Réunissant autant de marchandises qu'ils le pouvaient, les voyageurs prirent la fuite. Un des bandits se mit à vociférer, tandis qu'une demi douzaine d'hommes armés se lançaient sur leurs traces. Serhkan, vérifiant que personne n'avait été oublié, attrapa l'épaule d'un de ses collègues. « Occupe toi d'eux, je couvre votre retraite. Ne vous arrêtez surtout pas avant d'avoir atteint le village. Il ne vous suivront pas jusque là. » L'homme hocha la tête et tourna les talons promptement.

Passant son arme d'une main à l'autre, la Lionne darda son regard émeraude sur les poursuivants. Au moins le gros du groupe était occupé à rassembler le gros des marchandises restées sur place ; la guerrière doutait qu'ils se donnent beaucoup de mal pour intercepter les marchands. Positionnant son épée en garde basse, elle faucha le premier mécréant qui vint à sa portée, surprenant ses compères. S'ils obéissaient vraisemblablement à un chef, la discipline avait tôt fait de s'ébrécher en pleine action. Ainsi, les quatre hommes restants préférèrent s'intéresser à la femme qui venait de blesser leur ami. Pas d'honneur chez les voleurs, ils eurent tôt fait de détecter son expérience et se lancèrent tous les trois sur elle. La Lionne les repoussa tant bien que mal, le visage inexpressif. Elle parvint à briser la défense de l'un des hommes, mais récolta une longue plaie le long de son avant bras. Sifflant de douleur, elle recula d'un bond et prit mesure de la situation. Son bras tremblait, et si elle pouvait passer son arme dans la main gauche, elle n'en fit pourtant rien. Elle estimait avoir gagné assez d'avance pour la petite troupe.

Sans prévenir, elle décocha un coup dévastateur qui mit l'un des hommes au tapis, tandis que les deux autres accusaient le choc. Lorsqu'elle tourna les talons, ils mirent un certain temps avant de penser à la poursuivre. Elle ne prenait pas la direction des caravaniers -ils n'avaient nul besoin qu'on suive leur trace et qu'on les mène droit à eux-, préférant s’engouffrer dans la forêt. Son bras la lançait douloureusement et son dos était couvert de sueur. Elle fini par s'adosser contre un arbre, les sens en alerte. Il semblait qu'elle avait semée ses poursuivants. De longues minutes passèrent avant que Serhkan s'avachisse imperceptiblement. Jetant un œil à sa blessure, elle grimaça. Le muscle n'était certes pas touché, mais l'entaille était profonde et parcourait une bonne partie de son avant bras. Elle s'empara de la gourde qui pendait à sa ceinture pour nettoyer la plaie  sommairement, avant de se composer un bandage de fortune.

Le teint blême, elle se laissa glisser le long du tronc, l'arme à la main gauche et le regard alerte malgré tout. Elle n'avait aucune idée d'où elle était, ni quelle direction emprunter. Étouffant un long soupir, la Lionne ramassa son bras blessé contre sa poitrine, tâchant de reprendre quelques forces.


Serhkanperu


Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
Jeu 26 Jan - 16:33
Invité
Athos réajusta sa position sur la branche
- Quel merdier... soupira le Renard, pour lui-même.
La sécurité du convoi n'était clairement pas de taille face à ce groupe de bandits. Par ailleurs, ces derniers étaient bien trop organisés pour être de simple brigands de grand-chemin...

A la lueur du brasier qui se propageait doucement, Athos aperçut sa cible fuir avec les survivants de la caravane. Puis cette femme à la peau sombre qui avait fait danser sa lame quelques instants, fauchant ceux qui s'étaient lancés à la poursuite du convoi.
Au moins, Owen et les autres marchands étaient en sécurité...

Le Renard évalua les possibilités :
Il pouvait partir à la poursuite des occupants de la caravane, coller une raclée à Owen et le ramener à la Milice. Fin de la mission, début de la suivante...
Mais après ce qu'il venait de voir, il ne pouvait évidemment pas resté les bras croisés. De nombreux innocents étaient en danger, et puis à quoi sauver une personne s'il faut en laisser dix autres périr ?
Il avait, certes commencé à délibérer, mais son choix était déjà fait.
La première étape consistait à sauver la guerrière à la peau brune, non seulement parce que les personnes de sa trempe ne courraient pas les routes, mais aussi parce qu'elle saurait forcément quelque chose sur Owen.
Et puis, bien qu'il fasse partie des meilleurs, il était loin d'être infaillible et aurait peut-être besoin d'aide...

Elle avait fui quelques mètres plus loin, au bas d'un arbre contre lequel elle s'effondra. Elle semblait blessée, assez gravement.
Trois bandits progressaient dans sa direction, bien décidés à en finir avec elle.
L'un d'eux vociféra contre "cette chienne" et jura de lui faire subir nombre d'obscénités lorsqu'il la trouverait.
Les deux autres, très grands, ricanaient en relevant les traces de la guerrière :
- Elle est plus très loin, les gars !
Les trois larrons augmentèrent leur cadence, poussant les buissons et les branches qui s'interposaient entre leur proie et leur soif de sang.

Le Renard chargea les deux chambres de son arme, chaussa ses gants et se déplaça jusqu'à l'arbre auprès duquel la jeune femme haletait. Il accrocha son sac à une branche et tira une longue corde de lin pour en attacher une extrémité à sa ceinture. Il fit un large nœud coulant à l'autre extrémité. Maintenant que sion piège était en place, il tira un petit sachet en cuir. Il récupéra le mélange d'herbes et de tabac qu'il contenait et le roula dans une petite feuille de papier à fumer. Il était prêt.

- Elle est là ! Beugla le premier guerrier en apercevant la combattante. Soudain, il émit un hurlement, puis des sons indescriptibles, comme si on étouffait... Puis un bruissement sec, celui d'un cou qui se rompt.
Ses deux comparses émergèrent dans la clairière juste à temps pour le voir s'envoler dans les feuillages et l'homme vêtu de noir qui s'abattit devant eux.
- Bon sang ! Mais qui c'est celui-là ? S'exclama le premier.
Athos se redressa et laissa une bouffée de fumée s'échapper de son étrange cigare. La braise qui pendait au bord de ses lèvres dégageait une odeur acre et suffisamment de lumière pour éclairer son visage crispé par une sorte de colère glaciale.
- Ho ! C'est cet ordure de Renard ! Rugit le second en brandissant son cimeterre. Il est à moi !
Un mince ricanement se dessina à la lueur de la braise et Athos tira son poignard.
Il esquiva un premier coup de cimeterre, para le second et enfonça son poing ganté dans le visage de son adversaire :
- Je pense que c'est plutôt vous deux qui êtes à moi.
Les deux hommes se jetèrent en direction du mercenaire. La braise tomba des lèvres d'Athos, il était temps d'en finir.

Le Renard trancha un morceau de corde, le cadavre de l'homme à la nuque brisée tomba, emportant le mercenaire dans les feuillages, dont il retomba aussitôt, en plantant son arme dans la nuque du premier bandit qui s'écroula en silence. Il décocha ensuite une série de coups de poings destinés à désarmer son adversaire, mais aussi à lui briser le nez. Le brigand se laissa tomber après qu'un puissant coup de pied le projette contre un tronc. Il tenta de se relever mais un coup de pied dans la mâchoire le projeta un peu plus loin, inconscient.
- Bande d'amateurs.
Il essuya sa dague sur l'un des corps, ralluma le petit cylindre de lin qu'il avait laissé glisser sur le sol et se tourna vers la femme brune :
- Tu penses survivre ?
Il lança son poignard en l'air, tranchant l'une des cordelettes qui maintenait son sac dans l'arbre. Il réceptionna la lame dans sa main gauche et ladite sacoche dans la droite.
- Très bien... Où est-ce que tu as mal ?
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
De retour à Mathusalem :: Forêt d'Olm :: Au beau milieu de la forêt-
Sauter vers: