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Vasteplaine à l'ouest de Dorush

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Severine Vendevert
Tu me laisses un goût amer, Pépin.
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Jeu 12 Jan - 22:09
Le retour d'Athalie avait pris deux semaines. Severine était restée loin de chez elle bien trop longtemps à son goût, elle avait hâte de retrouver son commerce et ses habitudes. Étrangement, la moiteur de Maigolun lui avait manqué... Alors qu'elle achevait son périple, accompagné de Pépin - son nouvel apprenti - elle décida pourtant de faire un détour pour visiter Persée Astréides. Fournisseur depuis des années, client depuis au moins aussi longtemps, et surtout chef de contrée, elle jugeait qu'il était important de lui introduire Pépin dans la mesure où il faisait à présent partie de ses "employés". Ainsi avait-elle fait parvenir une lettre au chef lui indiquant quand elle passerait à Vasteplaine et que si il lui était possible de la recevoir elle et son nouvel apprenti, il pouvait lui faire parvenir ses disponibilités via un messager pendant qu'elle et Pépin séjournaient à l'auberge de la "Vase grise". Elle fut heureuse de pouvoir bénéficier d'un temps avant de recevoir sa réponse car cela lui permis d'aller acheter de nouveaux vêtements à Pépin. Jusqu'alors, pendant leur voyage, elle n'avait pas tellement insisté sur l'hygiène à tenir, mais il était primordial que l'enfant soit sous son meilleur jour, et meilleure odeur pour visiter l'homme qu'était Persée.  

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Lun 16 Jan - 19:41
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Persée avait profité de son retour du Bal de l’Ennui pour faire une halte au domaine. Accueilli par sa mère, il avait du se soumettre à une batterie de questions toutes plus ou moins intéressantes. « De quelle couleur est la soie de Barannor à cette saison ? Comment sont coiffées les Dames de la région ? Le parfum des galettes de blé sent-il toujours aussi bon ? » Ainsi qu’une foule d’inquiétudes sorties de nulle part : « Tu as fait honneur à la famille au moins, n’est-ce pas ? Tu n’as pas fait l’idiot ? Tu n’as pas trop bu, hein ? », à laquelle Persée s’était contenté de répondre en haussant les sourcils, les poings sur les hanches. Sa mère s’était excusée en riant avant de l’embrasser et de le tirer vers la cuisine, parce que, « tu es tout pâle, et je suis sûre que tu as maigri ! ». Le fils aîné s’était laissé faire, trop heureux de lui donner de quoi se vider la tête. Sa petite mère ne parvenait à se défaire de la tristesse qui lui étreignait la poitrine depuis la perte de son époux.

Il ne comptait rester qu’un jour ou deux à la ferme : de quoi signer quelques papiers, échanger deux ou trois mots avec les employés, et entendre le rapport de Morvan, son contremaître. Cependant alors qu’il sirotait une bonne bière dans le parc en compagnie de l’intéressé le lendemain de son arrivée, un messager vint les interrompre. Il lui apportait une lettre de Severine Vendevert, une apothicaire de Dorush qui il achetait des fleurs régulièrement. En retour, la doctoresse lui vendait onguents et potions, de quoi soulager les élancements dans sa cuisse affaiblie. La jeune femme disait passer dans la région, et demandait à le voir avant son départ : apparemment elle souhaitait lui présenter son nouvel apprenti. Ce caractère prudent et prévenant était l’une des qualités qui l’incitaient à avoir choisi cette apothicaire : son travail était toujours irréprochable. Il lui envoya donc une missive de réponse, qui devrait lui parvenir d’ici la tombée de la nuit, exposant qu’il serait parfaitement prêt à les recevoir elle et son jeune élève le lendemain après-midi, sur les coups de quinze heures. Il aurait tout le temps de repousser son départ.

C’est avec une rare ponctualité que Persée guettait l’arrivée des visiteurs. Un soleil agréable illuminait le parc, et plus loin les serres scintillaient sous ses rayons. L’air était parfumé par les fleurs sur des lieues à la ronde, ce qui avait tendance à mettre tout le monde de bonne humeur. Le jeune homme pianotait des doigts sur le rebord de la balustrade du perron, chantonnant parfois sans y prêter attention. Seule la femme de chambre et quelques employés qui le surprenaient s’éloignaient avec un sourire moqueur ou amusé.
Enfin, des silhouettes furent aperçues à l’entrée du domaine : Persée descendit en sifflotant les quelques marches. Il était heureux de retrouver un visage connu : ces deux jours passés à Barannor lui avaient donné mal à la tête. Trop de foule, trop de bruit, trop d’informations. Au moins l’apothicaire était quelqu’un de calme, à la conversation riche et agréable, avec qui il était difficile de se chamailler.

Quand Severine et son jeune acolyte furent parvenus devant la villa, Persée alla à leur rencontre et leur tendit une main accueillante.

– Bien le bonjour, et bienvenue à vous deux ! J’espère que vous avez fait bon voyage, et que la route jusqu’ici n’a pas été trop longue.

Il offrit un sourire au jeune apprenti, qui l’observait de ses yeux vairons avec un air à la fois réjoui et intimidé. Bon sang, ce que ce garçon était petit ! A peine aussi haut que ses genoux.

– C’est un solide gaillard que vous nous amenez là, mademoiselle Vendevert ! J’en déduis que vous ne le martyrisez pas assez pour qu’il ait voulu s’enfuir. » Coulant un regard vers l’intéressé, il ajouta d’un ton volontairement inquiétant : « Patience mon garçon, ça va venir.

Il s’effaça pour leur permettre d’avancer vers la maison. Il avait eu la bonne idée de mettre de côté du jus de fruit frais du matin que sa mère avait gentiment préparé pour l’occasion, de quoi faire oublier aux voyageurs la morsure du soleil.
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Severine Vendevert
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Jeu 19 Jan - 16:31
Le duo avait amplement eu le temps de se préparer à la rencontre. Severine avait soigneusement répété plusieurs fois à Pépin l'attitude qu'elle attendait de lui. De l'expérience qu'elle avait de leur voyage, elle savait que cette leçon ne porterait vraisemblablement pas ses fruits : l'apprenti étant d'une spontanéité et d'une naïveté aberrante , elle prévoyait au moins un ou deux dérapages...

Comme à son habitude, le "chef Atréides", fut accueillant. Alors qu'il complimentait la taille de Pépin, Severine s'autorisa une mine clairement septique, mais le gamin semblait y croire en vu du sourire qu'il affichait. Elle ravala sa consternation pour laisser ce plaisir fugace à l'enfant. Le jour où il apprendrait qu'il en fait petit arriverait bien assez vite. Il fallait juste espérer qu'il puise l'encaisser. S’astreignant aux politesses d'usages, Severine répondit aux interrogations Maître de Maison.

"Le voyage fut tout à fait plaisant. Merci de nous recevoir."  

Pendant se temps, elle voyait bien que Pépin réfléchissait toujours à ce que Persée avait pu lui dire sur la possibilité d'être martyrisé car son sourire avait disparu et il la regardait comme pour attendre d'être qu'elle le rassure à ce propos. Se contentant de s'adresser à Persée elle ajouta :

"Voici donc Pépin. Vous constaterez rapidement que sa crédulité atteint des records et qu'il conviendra d'être clair dans vos propos quand vous vous adresserez à lui."
Signala-t-elle, lui intimant ainsi d'éviter, à l'avenir, tout propos qui pouvait nécessiter plus d'un degrés de lecture. Glissant un regard vers l'enfant, alors qu'ils arrivaient dans le salon où les attendaient les boissons, elle remarqua que Pépin avait à présent les yeux fixés sur la jambe boiteuse de l'homme. Zut ! Elle était tellement habituée à ce détail qu'elle n'avait pas pensé à le prévenir ! Dans son regard hétérochrome elle pouvait distinctement voir défiler les questions que la jambe boiteuse lui évoquait et avec horreur elle l'entendit demander :

"Dites M'sieur... C'est une jambe en bois ? vous l'avez eu où ?"
Interceptant le regard noir de Severine et se méprenant sur sa signification Pépin se reprit sur sa prononciation :

"Monsieur."


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Sam 21 Jan - 18:02
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Le seul enfant que Persée avait eu l’occasion de fréquenter longuement avait été son petit frère, alors qu’ils étaient encore jeunes. Il manquait cruellement d’expérience en la matière, même si les bambins avaient toujours son affection. Comprenant qu’il avait gaffé en s’adressant avec un langage aussi complexe au petit garçon, l’héritier se fustigea intérieurement en se promettant de faire un effort à l’avenir.

Ils rejoignirent le petit salon où il avait pris soin de faire venir les boissons et les biscuits. La plupart des visiteurs avaient droit de s’installer dans une pièce plus grande, et aussi plus représentative du luxe que pouvait s’offrir la famille Atréides, toutefois ces visiteurs étaient en général des marchands ou de futurs partenaires. Il fallait les convaincre qu’ils faisaient le bon choix en leur en mettant plein la vue. Pour les vrais visiteurs, Persée préférait ce salon plus intimiste, où ils pouvaient discuter au calme sans se sentir agressés par le lustre ou les boiseries.

Tandis que les invités prenaient place sur les épais fauteuils de velours, Persée entreprit de les servir en jus. Il fut stoppé net dans son action par l’intervention du petit Pépin. Ce n’était pas la première fois qu’un enfant manifestait de la curiosité vis-à-vis de la canne qu’il gardait constamment avec lui, et il n’y voyait aucune malice. Mais il devait avouer que le coup de la jambe de bois, on ne la lui avait encore jamais faite. C’est amusé qu’il accueillit la question du bambin alors que son instructrice lui faisait les gros yeux.

– Une jambe de bois ? Par tous les dieux, j’espère bien que non ! Je ne suis pas un pirate, jeune homme !

Il s’esclaffa et tapota la tête du gamin en lui tendant son verre.

– Ce bout de bois s’appelle une canne, on s’en sert quand on a du mal à bouger tout seul. J’ai une jambe qui est… mmh, disons qu’elle est malade, et que du coup, elle n’est plus assez forte pour me porter. Sans cette canne, je pourrai tenir debout mais pas marcher, ce qui est quand même embêtant !

Persée offrit son verre à l’apothicaire et s’assit dans son fauteuil favoris. Dans l’action, sa jambe malade porta son poids durant une brève seconde, ce qui lui arracha un grommellement qu’il n’entendit pas. Il n’y faisait plus vraiment attention, depuis le temps : son corps protestait, mais son esprit avait appris à l’ignorer.

– J’ignorais que vous recherchiez un apprenti, mademoiselle Vendevert ! La prochaine fois, n’hésitez pas à m’en faire part : depuis que je suis l’un des Chefs de la Contrée, je reçois des tonnes de courriers de gens qui me demandent des services, et il s’agit parfois de parents désespérés à l’idée de ne pas trouver de place pour leur progéniture.

Il but une gorgée de son jus de fruit, en savourant le goût aux parfums complexes.

– Est-ce pour aller chercher ce brave Pépin que vous avez pris la route ?
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Severine Vendevert
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Sam 21 Jan - 22:29
L'apothicaire couvait toujours son apprenti d'un regard courroucé, mais si leur hôte avait été vexé par la question il n'en montra rien et répondit avec patience et légèreté à l'enfant. La tolérance de l'homme était légendaire et très bien venue dans le cas présent. Severine se jura de passer un sacré savon à Pépin pour cette impolitesse : Si leur hôte n'avait pas fait preuve de tolérance face à la curiosité de l'enfant, elle aurait pu perdre un fournisseur clé à son commerce !
Alors qu'elle acceptait son verre, elle surveilla son apprenti du coin de l'oeil, mais celui-ci semblait réfléchir à ce que lui avait dit Persée et ne posa pas plus de questions. Ne souhaitant pas revenir sur le sujet elle fut soulagée de voir l'homme changer de sujet, bien que son ravissement fut temporaire, car en effet il l'a questionnait sur l'origine de Pépin. Si elle avait prévu d'aborder le sujet, elle n'avait pas envisagé qu'il le fasse de lui même et si rapidement... Pendant une fraction de seconde, elle se sentit se raidir. Elle plongea le nez dans son verre pour mieux masquer son malaise. Pépin, elle le sentait, avait tourné vers elle un regard avide. Vu le nombre de fois où il l'avait interrogé sur le chemin, elle savait qu'il se questionnait beaucoup sur le "pourquoi" elle l'avait pris en apprenti. Jusqu'alors elle avait réussi à lui répondre sans vraiment le faire...

"Pour vous dire toute vérité, mon voyage avait pour but une visite de famille dans le sud. Je ne devais pas en revenir accompagné."  

S'entendit-elle répondre d'une voix qui masquait parfaitement son embarras. Pourtant, par delà le masque, elle sentait le fantôme de sa conscience la juger et le regard insistant de Pépin n'y arrangeait rien... Ce fameux regard hétérochrome qui avait tout fait basculer... Elle posa son verre et se composa un sourire de façade :

"Monsieur Atréides... J'ai conté la beauté de vos serres à Pépin. Vous serez-t-il possible de lui assigner un guide afin qu'il puise les visiter ? Je suis sûre qu'il en meurt d'envie. Nous pourrons ainsi discuter sans qu'il s’ennuie de notre échange... "
Puisque le sujet était lancé, elle se devait d'y faire face. Après tout, elle était venue là en partie pour ça : Parler de Pépin... Mais Pépin ne devait pas assister à cet entretien. Elle se persuadait qu'il n'avait simplement pas à savoir, et pourtant, elle savait que les raisons qui la poussait à ne rien lui dévoiler étaient toutes autres.

"En fait je préférerais rester ici boire mon jus..." Intervint l'apprenti visiblement contrarié de se voir congédier au moment où il pouvait enfin obtenir les réponses qu'il attendait. Son minois froissé par la contrariété il affronta, pendant trente secondes vaillantes, le regard assassin que lui jeta Severine,:

"Ton jus ne disparaîtra pas ! Tu iras voir les serres si je te l'ordonne."
Repliqua-t-elle sur un ton glacial, alors que Pépin se recroquevillait en marmonnant.
Oui, d'accord Madame Severine...


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Jeu 26 Jan - 22:30
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Lui qui s’attendait à une visite de courtoisie, il était surpris ! Persée était étonné de découvrir l’apothicaire si énigmatique. Elle parlait à demi-mots, comme si elle redoutait de formuler certaines vérités et jouait finement en tournant autour du pot. Intrigué, l’héritier Atréides l’écouta sans mot dire.

Tout cela était des plus mystérieux : comment un voyage des plus ordinaires pouvait-il se conclure par un bagage supplémentaire, en la présence de ce petit garçon ? Severine tentait manifestement de conserver une attitude neutre, mais Persée n’était pas dupe. Combien de sourires hypocrites et de regards faussement amicaux avait-il eu le loisir de contempler au cours de sa récente – mais néanmoins bien occupée – carrière politique ? Persée savait reconnaître quand un sourire était sincère. Et de toute évidence, l’air détendu de l’apothicaire n’avait rien de naturel.

C’est d’un ton dégagé qu’elle rappela l’envie du bambin pour se débarrasser de lui. Le garçon protesta mollement mais se ravisa en croisant son regard qui n’augurait rien de bon, et Persée eut un peu de peine pour lui. L’apothicaire ne devait pas être tendre tous les jours…

Il lança un sourire plein de compassion à l’enfant, et accéda à la faveur de sa tutrice. Faire appeler Morvan ne prit qu’un instant, et bientôt le contremaître s’éloignait avec à ses côtés le jeune Pépin. Resté seul avec l’apothicaire, il laissa s’écouler quelques secondes de silence avant de dire, l’air de rien :

– Bien. Maintenant si vous le voulez bien Mademoiselle Vendevert, apprenez-moi ce que vous tenez tellement à ce que ce garçon ne sache pas.

Il eut un sourire aimable, but une gorgée de son jus, et ajouta d’un ton léger :

– Je doute que vous ayez un goût particulier pour le mystère et les rumeurs, j’en conclue par conséquent que votre secret revêt une certaine importance. Où avez-vous ramassé ce pauvre Pépin ?
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Severine Vendevert
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Ven 27 Jan - 22:58
Alors que Pépin s'éloignait avec le dénommé Morvan, Severine ne lui accorda pas un regard et lorsque la porte se referma sur lui, elle attendit que Persée entame la discussion. Comme elle, il affichait un air dégagé et pourtant il devait savoir comme elle que les paroles qu'ils allaient échangé n'avaient rien à voir avec celles de d'habitude. Severine savait qu'elle allait se prêter à un exercice dont elle n'avait pas l'habitude. Aborder un sujet personnel ne lui ressemblait pas et quémander un service encore moins... Pourtant, elle savait qu'elle n'avait pas vraiment le choix. Contemplant le liquide au fond de son verre, elle répondit :

"Justement, tout est là. Je ne l'ai pas ramassé... Je l'ai volé."  

Ses mains faisaient lentement tourner le verre, trahissant une tension que sa voix n'avait pas laissé paraître.

"Son vrai nom est Okris Rad. J'ai assisté, par un pur hasard, à sa vente.   "
Certains contrats ou certains achats l'amenaient dans des endroits peu fréquentables... Mais elle ne s'attarda pas plus là dessus et poursuivi.

"Je lui ai permis de s'enfuir et lui ait proposé de devenir mon apprenti. Il n'avait visiblement plus de famille de confiance et a donc accepté. "

Lentement, elle reposa son verre.

"Mais pour être totalement honnête Mr Atréides... J'ignore qui, en faisant cela, je me suis mise à dos. L'on m'a vu commettre mon forfait et vous avez vu Pépin : il a un physique des plus reconnaissables... Jeune et déjà initié à la lecture il était un esclave de choix. Vu le prix qu'il a été acheté , j'ai peur que son propriétaire ne le recherche. Notre voyage de retour a plus tenu de la fuite... Et j'ignore si nous sommes en sécurité et pour combien de temps nous le sommes. Voilà pourquoi nous avons décidé de changer pour "Pépin", et à l'avenir, la version de notre rencontre est qu'il était orphelin et que je l'ai ramené."  

Si elle avait déjà prévu une autre histoire à raconter pourquoi donc lui racontait-elle la vérité... C'était le deuxième point auquel elle venait, la deuxième chose qu'elle n'était pas habitué à faire : demander un faveur.

"Si je vous raconte cela c'est car vous avez ma confiance. Les paroles que l'on dit de vous n'ont avoir avec celles que l'on m'affuble... Et la vraie raison de ma visite est plus intéressée que la simple courtoisie. " 

La mots avaient du mal à sortir. Demander cette aide s'était s'avouer qu'elle n'était pas apte seule à contrôler la situation et pourtant elle se força à formuler sa demande.

"J'aimerais vous demander, dans le cas où nos ennuis seraient remonté avec nous, si il devait m'arriver malheur... si Pépin pourrait trouver un refuge à vos côtés... "
Sa voix mourut lentement alors qu'elle acheva sa requête.  


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Dim 29 Jan - 19:06
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Une fois l’enfant sorti, l’apothicaire aborda le sujet qui la préoccupait. Persée était doté d’assez de patience pour attendre qu’elle se sente prête pour lui parler, et il avait un sens de l’observation assez travaillé pour deviner que cela la mettait mal à l’aise. Quelle était donc cette chose, qui était suffisamment importante pour que Mademoiselle Vendevert se déplace jusqu’à lui, et assez problématique pour que ses joues rougissent aussi furieusement ? De l’intérêt, Persée passé à l’inquiétude, redoutant que la jeune femme ne soit concernée par quelque problème. De toute évidence, cela avait un rapport avec le garçon...

Enfin, l’apothicaire lui exposa la vérité, qui le laissa pantelant. Volé ? Pépin ? A ses parents, sa famille ? Il ouvrait la bouche pour se récrier mais déjà Severine poursuivait. Oh. Une vente aux esclaves. Voilà qui changeait tout. Pas vrai ? L’héritier Atréides passa rapidement sur le pourquoi du comment son interlocutrice s’était retrouvée dans un marché aux esclaves : elle était assez maligne pour savoir ce qu’elle faisait, et cela n’était pas ses affaires.

Mademoiselle Vendevert continua à raconter son histoire, et plus elle avançait dans l’exposé de ses périples, plus les sourcils de Persée se fronçaient sous la concentration. Tout cela était bien sérieux. Elle lui conta la valeur que représentait Pépin, ou plutôt celle que représentait autrefois Okris, valeur d’une paire de mains et d’une tête bien faite, contre celle d’un enfant à qui on volait un avenir. Manifestement ils étaient tous deux dans un sacré pétrin et allaient au-devant des ennuis en prenant la fuite, ce qui était à son sens la meilleur chose à faire compte tenu des circonstances. Une femme qui ne savait pas manier les armes et un enfant ne pesaient pas bien lourd contre une escouade d’hommes aux lames affûtées. Ce n’était pas surprenant qu’elle cherche un refuge et un visage amical à qui se confier… et demander service.

Même un aveugle aurait remarqué que prononcer ces mots lui demandait un effort considérable. Comprenant vite où l’apothicaire voulait en venir, Persée chercha à l’interrompre :

– Mademoiselle Vendevert...

Mais les mots que la jeune femme avait eu tant de peine à formuler coulaient à flot désormais, et il fut contraint d’attendre qu’elle ait fini, se contentant simplement de soutenir son regard qui ne flanchait pas. A nouveau, il était impressionné par le cran de cette femme : malmenée par les rumeurs (qui brillaient par l’absence de preuve de surcroît), solitaire et toujours droite, elle trouvait aujourd’hui la force de sauver un enfant en mettant sa vie en danger. Il y avait de quoi se sentir tout petit à côté. Bien des hommes fiers et vantards auraient pâli face à ses exploits.

L’émotion ne tarda pas à submerger l’apothicaire toutefois, apparemment partagée entre la peur et la gêne. Quand sa voix s’éteignit, Persée reposa son verre et quitta son fauteuil pour s’installer à ses côtés sur le divan où elle avait pris place.

– Mademoiselle Vendevert. Je pense que nous sommes tous les deux d’accord pour dire que l’esclavage est un fléau, et vous avez bien agi en commettant votre larcin. Cependant il serait imprudent de nous réjouir trop vite, comme vous l’avez expliqué... ceux qui ont les moyens de s’offrir un esclave ont certainement le pouvoir de le récupérer.

Il marqua une pause, réfléchissant avec soin aux mots qui formuleraient sa pensée.

– Je parle au nom de la famille Atréides en disant que je suis prêt à protéger et soutenir ceux qui sont assez braves pour luter contre la noirceur de ce pauvre monde, et ceux qui en sont victimes. Il va de soi que mon aide vous est d’ores et déjà acquise, Mademoiselle Vendevert.

Poursuivant d’un ton moins solennel, Persée continua :

– Quant à veiller sur le garçon s’il devait vous arriver quelque broutille… c’est évident, je ferai ce qu’il faudra. Mais je préférerais tout de même éviter d’en arriver à de telles extrémités. Restons vigilants, mais ne paniquons pas avant que les problèmes vous soient tombés dessus.

Il ajouta avec un sourire sincère :

– Après tout, vous êtes le meilleur apothicaire que je connaisse. Je serais très ennuyé d’avoir à en chercher un autre.

Tous deux n’avaient jamais eu que des rapports purement professionnels, ce qui leur convenait bien. Mais l’idée de la voir en danger lui était désagréable, comme cela l’aurait été face à n’importe qui. Quand Persée comprenait que quelqu’un avait des problèmes, il essayait d’aider, tout simplement.
L’héritier Atréides se leva et fit quelques pas dans la pièce, les mains jointes dans son dos :

– Bien. A présent, réfléchissons une minute. Avez-vous de quoi accueillir cet enfant chez vous ? Avez-vous besoin de quoi que ce soit ? Y a-t-il quelque chose que je puisse faire dans l’immédiat ?
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Severine Vendevert
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Dim 12 Fév - 20:56
Severine inspira profondément. Elle se forçait à garder son attitude impassible, impénétrable... C'était là un exercice qui lui était coutumier mais alors que l'homme prenait la parole, son assurance se disloqua et, chose rare, elle détourna les yeux. "Brave"... Voilà comme il l'avait qualifié... Pouvait-elle le laisser se méprendre à ce point sur son compte ? Elle le savait, qu'il la pense noble d'esprit ne pouvait que lui servir... Mais cela sous-entendait qu'elle abuserait, en toute connaissance de cause, de sa confiance... Elle l'avait tant de fois avec d'autres... Et pourtant aujourd'hui son corps l'a trahissait et son regard s'obstiner à éviter celui de l'homme. Persée Atréides était un homme droit et juste. Severine le savait... Il était de ceux qui vous mettez à l’épreuve face à votre conscience avec sa simple présence. Il était la preuve qu'un homme avait toujours le choix de faire le bien qu'importe les sacrifices et les difficultés. C'était la raison pour laquelle elle avait pensé à lui pour sa requête... Mais à ses côtés, elle sentait sa conscience peser plus lourd que jamais : S'il savait ...Llui accorderait-il toujours son aide ? Pouvait-il comprendre... L'homme de confiance poussait-il sa bienséance jusqu'à être homme de pardon ?

Alors que Severine sentait l'air se comprimer dans ses poumons, elle remarqua qu'il s'était levé. Elle réalisa alors que perdue dans ses pensées, qu'elle n'avait pas écouté la totalité de ses propos. Alors qu'elle revenait à la réalité elle l'entendit prononcer : "Y a-t-il quelque chose que je puisse faire dans l’immédiat ?"
La question appelait une réponse mais la langue de l’apothicaire restait obstinément collée contre son palais. Après avoir déglutit, non sans faire dévier son regard une nouvelle fois elle parvint à articuler.

"Monsieur Atréides... On vous prête un cœur noble, et je l'ai constaté par moi même. Mais avant de m'offrir si volontiers votre aide je dois vous faire part d'autres choses... Je dois être sûre que vous comprenez les enjeux. Car il ne s'agit plus là de faire affaire sur des plantes et des remèdes, mais sur le futur de cet enfant."  

Elle avait peine à comprendre pourquoi elle se risquait ainsi à cette confidence... Mais Persée, par sa simple présence la poussait à la confession. Bien qu'il lui en coûte elle demanda :


"Que savez-vous des rumeurs qui me concernent ?"




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Jeu 23 Fév - 10:07
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La conversation prenait un tournant extrêmement désagréable. Etait-ce dû au malaise évident de l’apothicaire, ou aux douleurs dans sa jambe qui le reprenaient tandis qu’il arpentait la pièce ? Persée n’aurait su le dire. Il était désolé face au trouble de la jeune femme, et le fut encore plus lorsqu’elle reprit la parole. Évidemment, le sort du jeune Pépin reposait désormais sur leurs épaules, et il leur faudrait prendre un certain nombre de décisions à ce sujet. Mais le plus urgent était de les mettre à l’abri d’éventuels agresseurs, le temps que les choses se calment. Leurs poursuivants finiraient bien par abandonner toute poursuite au bout de quelques semaines : l’enfant avait beau être une « marchandise » précieuse, il ne valait pas la peine de battre la campagne pour des mois, sachant que les chances de le retrouver s’amenuiseraient drastiquement avec le temps. Tel était le plan de Persée : faire dos rond, rester discret, et attendre en sécurité.

Pourtant, ce n’est pas à propos de leur tactique que l’apothicaire se prononça. Rappelant la bonne réputation de son hôte – louanges que Persée accueillit en haussant une épaule trop humble – Severine fit remarquer d’éventuelles complications. Remarque qui fut suivie bien vite par une question, étonnante et inattendue. Des rumeurs ? Aussitôt, Persée battit en retraite, refusant de s’adonner à un échange aussi bas :

– Mademoiselle Vendevert, je ne crois pas qu’il soit bon d’évoquer les ragots, peu importe la situation. De plus, je...

Il fut interrompu par le regard ferme que la jeune femme lui lançait. Par tous les Dieux ! Il comprenait mieux pourquoi le jeune Pépin se tenait à carreaux quand elle lui jetait ce regard là.

– Très bien, finit-il par se résigner en soupirant.

L’héritier Atréides prit le temps de réfléchir un instant, choisissant ses mots avec soin. Sachant son interlocutrice avertie sur ce que l’on disait sur elle, il aurait pu y aller franchement, mais il n’était pas dans sa nature de blesser les autres, même par inadvertance. Persée aurait même pris des gants pour énumérer les défauts d’un assassin de la pire espèce…

– J’ai entendu certaines choses, bien sûr. Non pas que j’aie un goût particulier pour les commérages, mais vous savez… je dois laisser traîner une oreille de temps en temps. On vous dit intelligente, une jeune personne tout à fait capable et débrouillarde, qui n’a pas peur de mettre du cœur à l’ouvrage, et dont le travail est apprécié. Cependant… on parle aussi de vous en des termes élogieux. Votre solitude est mise sur le compte de votre supposée malice, quand on ne vous traite pas directement de sorcière ou d’empoisonneuse. Certains racontent que les potions que vous confectionnez sont parfois utilisées à des fins criminelles, et cela de votre propre main.

Quel doux euphémisme que cette description… Les phrases dures et violentes entendues sur la place du marché de Dorush lui revenaient en tête. Elles s’embarrassaient moins d’empathie, et ne faisait pas dans la dentelle.

– Je suis sincèrement navré, Mademoiselle Vendevert. Si j’ai ranimé des souvenirs désagréables, je vous prie de m’excuser. Vous devez savoir que ces rumeurs me laissent indifférent. Votre travail a toujours été exemplaire, de même que la manière dont vous m’êtes apparue lors de nos brefs échanges, et après ce que vous avez fait pour cet enfant, je suis encore moins enclin à apporter foi à ces commérages. Soyez-en assurée.
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Severine Vendevert
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Sam 25 Fév - 18:11
Il est ardu pour un cœur noble d'énoncer de basses paroles, et, à cet exercice Mr Astréides, ce montra particulièrement... Nul. Severine ne se laissa pas prendre à la douceur édulcoré des propos qu'il lui rapportait. Vaguement sensible au fait qu'il tente de la préserver, elle ne se priva pas pour lui lancer un regard appuyé qui en disait long sur le crédit qu'elle accordait à cette version des faits. Parfois, avec sa gentillesse débordante, elle se demandait vraiment comment il avait réussi à se hisser à la place de chef de contrée. Alors qu'il s'excusait pour ses propos, la jeune femme secoua la main comme éloigner les mots amicaux de lui parvenir :

"Ne soyez pas navré d'avoir répondu à ma question. Je connais les choses qui me sont reprochées et je ne les apprend pas de votre bouche. "  

Répliqua-t-elle quelque peu sèchement, puis, Après une inspiration, destinée à lui donner du courage elle poursuivit :

"Vous savez ce que l'on dit chez nous : il n'y a pas de grenouilles sans marais. Il y a des choses que j'ai faites dont je ne suis pas fière, d'autres qui me laissent indifférentes, mais toutes ont leurs lots de conséquences que je porte aujourd'hui... Vous voyez en mon geste de la bravoure et de la bonté, mais sachez la: il n'a été porté que par un simple désir de rédemption..."

Son regard s'abîma un instant alors qu'elle détourait de nouveau les yeux. Un profond soupir souleva sa poitrine et la tristesse apparu sur ses traits avant qu'elle reprenne ses allures frigides.

"Je me suis engagée envers moi-même à veiller sur cet enfant et je ne permettrais pas que quelque chose lui arrive. Cependant, je sais que mes ennemis sont nombreux. Bien plus que mes amis. Et je ne souhaite pas qu'il paye pour mes actes."

Jusqu'alors, la jeune femme avait toujours vécu seule. Ainsi peu lui importait que l'on vienne se venger d'elle, car elle avait toujours abordé sa mort comme une fin en soit. Aujourd'hui, la chose était différente : si le passé de la jeune femme la rattraperait, il rattraperait aussi le gamin. Il ne s'agissait pas seulement de le protéger de ses anciens maîtres, mais aussi de ceux qui voyaient d'un mauvais oeil que celle qu'ils considéraient comme une empoisonneuse vivre dans leur entourage.

"Ainsi, je réitère ma demande : veillerez-vous sur lui si venait à m'arriver quelque chose."


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Ven 10 Mar - 16:58
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A quoi s’était-il attendu ? Ce qu’il connaissait de mademoiselle Vendevert aurait pourtant dû lui faire comprendre qu’elle n’était pas femme à frissonner facilement. Peu affectée par les mots qu’il avait prononcé, l’apothicaire s’était contentée de hocher la tête et de balayer ses précautions d’un revers de main agacé. Lui qui avait espéré la protéger de la dureté de son discours, il était bien étonné de voir qu’elle avait apparemment déjà appris à vivre avec.

Persée l’accepta sans rechigner, ne souhaitant pas lui causer davantage de soucis. Mais les propos qu’elle lui tint juste après le firent sourciller. Plutôt que d’essayer de se défendre, la jeune femme n’essayait même pas de nier les choses dont la foule l’accusait. Que devait-il comprendre ? Que les rumeurs disaient vrai ? Dans quelle mesure ? Pire encore, qu’avait-elle fait exactement ?...

Après une minute de réflexion, Persée finit par mettre des mots sur la conclusion à laquelle il était parvenu au terme d’un long débat intérieur :

– Eh bien, dans tous les cas je ne suis certainement pas là pour faire votre procès, mademoiselle Vendevert. Laissons les rumeurs et le passé de côté pour l’instant. Par ailleurs, si vous clamez avoir sauvé ce garçon par intérêt, même si vous espérez vous racheter en lui offrant une vie meilleure, votre inquiétude à son égard semble sincère.

Il se gratta à nouveau le menton, faisant crisser ses poils. L’attitude de Severine était des plus sérieuse, il se devait de répondre à ses interrogations avec autant de force.

– Dans tous les cas, cela ne change rien à ce que j’ai dit plus tôt. Ne parlons pas de ce qui pourrait éventuellement vous arriver, vous semblez convaincue de courir certains dangers, et je ne vais pas commettre la faute de ne pas vous croire. Vous avez ma parole que si l’avenir l’exige, je m’occuperai du garçon.

Cette promesse réitérée, il retourna près de la table basse où étaient déposés le jus et les verres. Il en servit un à son invitée, et un autre pour lui. Tendant sa boisson à l’apothicaire, Persée ajouta simplement :

– Savoir si vous êtes réellement coupable de quelque crime ne m’intéresse pas. Nous commettons tous des erreurs, plus ou moins grave, avec un plus ou moins grand lot de conséquences. Gardez la vérité pour vous. Je ne veux pas l’entendre.

Avec un sourire furtif, cherchant à atténuer l’aspect trop solennel de cette déclaration, l’héritier Atréides se rassit dans son fauteuil favori.

– La ferme vous est ouverte si vous souhaitez rester discrète quelques temps, bien sûr. Et si jamais vous vous trouviez dans une situation critique et urgente à Dorush, n’hésitez pas à venir directement chez-moi. Il y a toujours Vanda, la personne en charge de l’entretien, de la cuisine et… d’à peu près tout, en fait. Je crains de ne pas être très assidu dans le ménage ou l’organisation de ma demeure, ajouta-t-il avec un rire gêné. Cette dame me sauve littéralement la peau. Elle me gronde quand j’oublie de manger, le saviez-vous ? Bref, reprit-il en se raclant la gorge, honteux,il y aura toujours quelqu’un à la maison pour veiller sur l’enfant en ville si je suis absent au moment fatidique. Ce que je préférerais éviter, cela dit. Éviter d’être absent, et éviter que le moment fatidique arrive aussi, d’ailleurs, ce n’est même pas sûr qu’il y ait un jour un moment fatidique. Des tas de moments, ça oui, mais fatidiques, pourquoi donc ? Tout va peut-être très bien se passer. On va essayer de faire en sorte, en tout cas !

Réalisant qu’il parlait sans réfléchir, Persée détourna les yeux vers la fenêtre et s’obligea à se taire. Peine perdue.

– Il fait superbe, dehors. J’espère que Pépin ne sera pas trop déçu par le spectacle. Les fleurs ont beau être la plus jolie création de la nature, les gens se débrouillent toujours pour les trouver ennuyantes.
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Severine Vendevert
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Dim 19 Mar - 23:01
Murée dans son attitude comme un arbre dans son écorce l’apothicaire relâcha la pression de ses épaules qu'une fois la promesse reformulée avec autant de sincérité. Un poids compressant sa poitrine s'envola alors que l'homme poussa sa tolérance jusqu'à refuser de connaître la vérité qu'elle ne lui avait pas encore dévoilé. C'était un acte d'une grande générosité et Severine, aussi aigri fût-elle, le voyait très bien. Aurait-elle pû, elle, en faire de même ? Elle n'en savait rien. Elle s'encombrait rarement des autres et encore moins quand ils venaient lui demander de l'aide en l'exposant à leurs actes passés. Mais Persée était différent d'elle, c'était pour cela qu'elle était venue le voir.      

"Les mots qui courent sur votre compte sont à la hauteur de vos actes Monsieur Atréides... Ils peignent une générosité dont votre altruisme en donne toute la couleur... "  

S'entendit-elle lui répondre d'un ton étrangement doux aux accents admiratifs. Car oui, elle était admirative de l'homme qui lui faisait face. Comment ne pas l'être ? Persée était une exception ici. Là où certains avaient bâti leur existence sur le mensonge et le profil, il avait pris le contre pied. Seul contre tous, mais ouvrant la voie à d'autres qui ne tarderaient pas à le rejoindre.

"Vos talents d'hôtes sont sûrement aussi exceptionnels qu'on le prétend, mais n'en prenez pas ombrage : j'aimerais ne pas en avoir l'usage. Je renterais avec Pépin. Je suis restée trop loin de mon commerce pendant trop longtemps, ainsi j'aimerais ne pas m'attarder plus que nécessaire. "
Répondit-elle, refusant ainsi son invitation à rester à la ferme.

"Je ne souhaite pas vous importunez plus longtemps... Mais j'aimerais vous offrir le présent que je vous ai rapporté du sud."

Redevenue la commerçante s'adressant à un client, elle fouilla dans sa besace pour en sortir une petite boite.

"Il s'agit là des mêmes plantes que celles que j'utilise pour soigner votre mal de jambe, mais dans un autre ... "conditionnement"

Elle ouvrit la petit boite pour montrer des sortes de "gélules" verdâtres faites de plantes séchées emprisonnées dans une matrice marron.

"On m'a assuré que l'effet était plus rapide sous cette forme. J'aimerais vous l'offrir. Si vous confirmez ces dires, je pourrais vous en préparez d'autre. J'ai appris à en refaire.
     

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Ven 31 Mar - 21:33
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La voix de Severine avait changé tandis qu’elle le complimentait. Accueillant ces louanges d’un haussement d’épaule, Persée lui répondit par un sourire en coin. Elle n’était pas la première à lui faire remarquer sa gentillesse, mais depuis le temps cela ne l’atteignait plus : il jugeait son comportement normal, et s’attristait simplement que plus de gens n’agissent pas de même. Il hocha la tête quand la jeune femme manifesta le désir de retourner chez elle accompagnée de l’enfant. Il ne comprenait que trop bien son souhait de retrouver un véritable foyer. Lui-même ressentait ce besoin quand il s’éloignait trop longtemps de la villa familiale.

Quand l’apothicaire mentionna le présent qu’elle lui avait apporté, Persée tiqua :

– Un cadeau ? Pour moi?

L’héritier Atréides était plus habitué à faire des faveurs qu’à en recevoir. Le cadeau se révéla être une boîte contenant d’étranges petites denrées manifestement comestibles. Intrigué, Persée s’approcha, les mains dans le dos, comme un enfant observant un nouveau jouet sans oser le toucher, de peur de l’abîmer. A travers la fine épaisseur des médicaments il put discerner la poudre des plantes pillées. L’apothicaire lui expliqua brièvement le but de la chose, ce qui le fit s’exclamer :

– Mademoiselle Vendevert ! Vous êtes une crème. Merci beaucoup. Je ne manquerai pas de vous faire part de mon ressenti. Si ces… sucreries sont aussi efficaces que vous le dites, elles me seront bien utiles.

En d’autre occasion il aurait insisté pour échanger le produit contre quelques pièces, mais il devinait que ce cadeau était un moyen pour la jeune femme de compenser le service qu’il avait promis de lui rendre. Pourtant, Persée offrait gratuitement sa loyauté à celui qu’il en jugeait digne, ou quand la situation ne l’autorisait pas à hésiter. Pour l’heure, i les contenta de déposer le boîtier sur une tablette à côté de son fauteuil.
Il cherchait comment poursuivre la conversation quand son contre-maître revint, accompagné du jeune apprenti. Une question le traversa tandis qu’il souriait à l’enfant : connaissait-il toutes les raisons de son départ en trombe, accompagné de cette femme étrange et sévère ? Peut-être Severine avait-elle jugé bon de taire certains aspects de leur fuite. Comment par exemple… que c’était une fuite ?

– Te voilà de retour, brave Pépin ! Comment as-tu trouvé les serres ? J’espère que Morvan ne t’a pas saoulé de paroles. C’est lui le chef des fleurs quand je ne suis pas là tu sais, et il en est très fier.

Il ponctua cette déclaration d’un clin d’œil, tandis que le contremaître grommelait pour la forme, mais amusé malgré tout :

– Ne l’écoute pas, petit. Le plus gaga de nous deux, c’est bien lui.
– Et bien ! Sur ce point au moins, il a raison.
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Severine Vendevert
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Dim 9 Avr - 21:08
La sincère reconnaissance de Persée flatta la jeune femme plus qu'elle ne se l'avouait. Elle se refusait à admettre que par son geste elle avait attendu de lui une acceptation. Elle se persuadait encore que, puis que elle même se resservait le droit de refuser les attentions, elle se devait d'accepter qu'il en soit de même pour les autres. Oui, elle s'illusionnait encore sur cette "hypothétique tolérance" qu'elle pensait posséder. Pourtant, un sourire ravie ne manqua pas de trahir son contentement non-assumé.
Le bruit de porte s'ouvrant arriva pile au bon moment et Severine remercia intérieurement le contre-maître de ne pas être arrivé une minute plus tôt. Le visage de Pépin était radieux, signe qu'il avait déjà oublié sa frustration d'avoir été chassé de la pièce.    

"Z'avez vraiment plein de plantes !"
Commenta-t-il alors que le Maître Persée s’inquiétait de son avis sur les serres.
Pendant ce temps Severine avait déjà commençait à porter son regard sur la sortie.
Je pense que nous allons y aller. Maintenant que Pépin vous a été présenté, nous n'allons pas vous déranger plus longt....,
"Mais ! Vous aviez dis que je pourrais finir mon jus de fruit !*" Coupa Pépin avec une profonde déception dans la voix. Contrariée par cette coupure, Severine retroussa les lèvres dans un rictus agacé.
Et bien bois au lieu de te plaindre ! Retorqua-t-elle avec sévérité. Il n'en fallut pas plus au gamin pour avaler le reste de son verre, plus rapidement qu'une grenouille avale un moucheron. Un fois la chose faite il s'essuya la bouche d'un revers de manche, ce qui arracha un soupir consterné à Severine.  
-Toutes mes excuses pour cette attitude de rustre. Je dois encore parfaire son éducation... Commenta-t-elle. Pus après une révérence, elle invita le gamin à l'imiter et à la rejoindre. Après un utile au revoir et surtout un timide remerciement, elle et son apprenti quittèrent les lieux. Le coeur de la jeune femme était plus léger, mais ses épaules toujours aussi chargé de ses nouvelles responsabilités.

[Fin du rp pour Sev et Pép']


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* : Ton du "Mais tu avais dis qu'on mangerait des Knakis !
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La Mathu'Omniscience
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Lun 3 Juil - 1:06
Ce qu'il s'est passé
Après ses mésaventures à Athalie, Severine va voir Persée Atréïdes, Chef de Contrée de Maigolun, pour lui demander sa protection et prendre soin de Pépin si elle venait à disparaître. Celui-ci accepte.
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