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L'appel du Bal de l'Ennui !

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La Mathu'Omniscience
L'âme du Monde
Début de l'aventure : 27/05/2016
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Sam 24 Déc - 9:20
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La Mathu'Omniscience
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Début de l'aventure : 27/05/2016
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Sam 24 Déc - 9:20
A chaque Cycle de l'Ennui, comme le veut la tradition, la plaine aux portes de Barannor est recouverte de mille et une couleurs, toutes plus chatoyantes les une que les autres : celles des tentes, des guirlandes, des lampions, des étals de vendeurs en tous genres ou encore celles des badauds venus festoyer dans une jolie tenue d’apparat - tout est relatif bien sûr en terme de goût, entre toi et moi, ça ressemble parfois pas à grand chose, mais soit.

Bien sûr qu'il faut briller au Bal de l'Ennui ! C'est le repère préféré des parents pour dénicher à leur cher enfant le parti idéal, le repère préféré des dits-enfants pour vivre ses premiers émois, le repère préféré des marchands qui vendent ce qu'ils veulent à des prix exorbitants à des gus tous plus soûls les uns que les autres, le repère préféré des voleurs pour détrousser tout ceux qui tanguent un peu, le repère préféré des ivrognes pour une bibine à un prix bradé ou encore le repère préféré des artistes qui vous tirent un portrait en vous voyant double, de ceux qui vous content des aventures à n'en plus finir, de ceux qui exhibent leurs inventions farfelues ou encore simplement de ceux qui viennent danser jour et nuit.
C'est en tout cas une belle distraction pour moi. J'en viendrais même à penser que toutes ces effluves d'alcools dans l'air en viennent à affecter mon esprit !

Et chaque Bal se referme sur une foule apathique, jusqu'au lendemain. Un lendemain où chacun fait son état des lieux. Où les surprises du Bal passé viennent perturber le quotidien !
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Dim 25 Déc - 17:36
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Un vent frais s’était levé au cours de l’heure dernière, charriant des nuages épars et cotonneux qui parsemaient le ciel azuré. Les branchages des bois alentours frissonnaient sous la brise, mélodie paisible qui convenait bien au paysage tranquille. Parmi les collines verdoyantes cheminait un sentier qui se perdait au cœur de la vallée, promesse d’aventures encore à vivre.

Le tableau était assez réaliste pour que son observateur puisse presque sentir les bourrasques sur sa nuque. Mais une musique venant de l’extérieur l’arracha à la contemplation de cette peinture. Se détournant, Persée fronça les sourcils, contrarié de devoir retourner à son morne quotidien. Pourtant, bon nombre ne l’auraient pas qualifié ainsi : après tout il était le propriétaire principale d’une affaire qui avait le vent en poupe, et pouvait se permettre certaines choses dont la majorité des Mathusaliens devaient se priver. Tous n’avaient pas de toit au-dessus de leur tête, ni de délicieux ragoût dans leur écuelle... vous avez dit écuelle ? Persée dînait plutôt dans de l’argenterie familiale, quand ce n’était pas dans de la porcelaine. Une vie de prince, donc, mais une vie ennuyante ? Le jeune homme aurait certes préféré vivre de folles aventures, mais il n’avait pas à se plaindre. Son rang lui évitait bien des problèmes, et les activités auxquelles il pouvait participer n’avaient rien de déplaisantes, à commencer le Bal de l’Ennui. Bal qui, selon Persée, portait bien son nom. Les fêtes ne l’avaient jamais intéressé : il ne partageait pas l’euphorie générale. L’héritier n’avait rien contre les plaisirs faciles, mais il se disait tout simplement qu’il pourrait occuper son temps de manière plus utile.

Cependant le Bal de l’Ennui n’était pas une complète perte de temps, Persée devait l’admettre. L’événement réunissait beaucoup de monde, y compris de riches propriétaires, des artisans, ou tout simplement des consommateurs. Ce genre de fête était le moment idéal pour rencontrer de nouveaux collègues ou acheteurs, et conclure des contrats juteux. Son père s’y rendait chaque année, et cela ne lui avait jamais desservi : maintenant qu’il était à la tête de l’affaire familiale, Persée se faisait un devoir de l’imiter. Même s’il y allait en traînant les pieds.

Le seul avantage dans tout ça était que cela lui permettait de voir du pays : les occasions qui le poussaient à traverser l’île d’Est en Ouest étaient assez rares pour être retenues. Les plaines de Barannor lui offraient ses mille et un visages, sauvages, tentateurs, inaccessibles. Le voyage avait duré deux semaines, et Persée aurait pu l’adorer en d’autres circonstances. Parcourir d’aussi longues distances étant dangereux, il avait accepté à contre-coeur de faire le trajet avec un groupe de marchands itinérants. Ceux-ci l’avaient accompagné jusqu’à l’orée de la grande foire, où Persée avait enfin pu continuer en solitaire. La compagnie de ses pairs ne le dérangeait pas, mais ce court voyage constituait une trêve dans son quotidien : comme des vacances. Il aurait bien aimé en profiter pleinement. Mais bon... sa mère avait assez insisté pour qu’il se plie selon son bon vouloir. C’était donc de fâcheuse humeur que Persée était arrivé à la fête. Plusieurs centaines de tentes bariolées étaient dressées au creux des collines, gigantesque patchwork aux couleurs riches et aux imprimés variés. L’air des allées était rendu odorant par le fumet des mets vendus à la sauvette : galettes de sarrasin, marrons grillés, ou encore saucisses juteuses. En tendant l’oreille, on pouvait entendre les estomacs gargouiller. Des fûts de cervoise étaient disposés à chaque coin, et la bière prenait des reflets ambrés dans les chopines des gais buveurs. On parlait fort, chantait à tue-tête, sautillait plus ou moins gracieusement sous les notes des troubadours. Chacun avait la larme à l’œil d’avoir trop bu ou trop ri, et les enfants présents couraient et bousculaient sur leur passage sans que l’on pense à les réprimander. La fête était en place depuis l’aube, et battait déjà son plein. Pourtant, la matinée n’était guère avancée.

Les oreilles bourdonnantes, Persée avait ignoré tout ce chahut pour rejoindre une tente précise. Avant son départ, un artiste avait manifesté son souhait de le rencontrer pour parler affaires. Apparemment, il souhaitait composer de nouvelles œuvres à base de pétales réduites en poudre, quelque chose comme ça, et l’homme d’affaire avait accepté à tout hasard. L’individu lui avait fait une drôle de sensation par lettre : désorganisé, la tête ailleurs, et la plume grossière. Il espérait que le personnage contredirait cette première impression plutôt négative.
Persée avait craint d’éprouver des difficultés à dénicher la tente, et il ne s’était pas trompé. Il tourna en rond une bonne vingtaine de minutes, partagé entre le désespoir et l’agacement, avant qu’un badaud ne lui indique son chemin non sans se moquer de lui. La journée commençait fort mal, mais l’héritier n’était pas homme à se décourager aussi facilement. Il avait laissé son cheval à l’entrée de la tente en espérant l’y trouver en repartant, et était entré. Il y trouva un rassemblement d’artistes venus exposer leurs créations, œuvres plus ou moins réussies et farfelues. L’art n’ayant jamais été sa tasse de thé, il avait échangé quelques banalités avec eux par politesse, avant de se réfugier dans la contemplation du fameux tableau.

Mais le temps passant, il s’en était détourné. L’attente de son contact se prolongeait : la hauteur du soleil lui apprit qu’il était arrivé depuis suffisamment longtemps pour se poser des questions. Avisant une jeune femme occupée à sculpter un morceau de bois, il l’interpella pour s’enquérir de l’homme qu’il attendait.

« Folnik ? Ah mon bon monsieur, faut pas vous attendre à le croiser aujourd’hui ! Ni demain d’ailleurs. Viendra pas. Il a dit que l’inspi’ était v’nue d’un coup. Comme ça ! Viouh !» Elle mima un geste incompréhensible avec la main. « Enfin c’est pas comme si vous aviez rendez-vous, pas vrai ?
– En fait, si, répondit Persée d’un ton amer, mais peu surpris.
– Ah, ce Folnik ! Sacré personnage !»

Pour ne pas risquer d’être impoli, Persée la remercia et quitta la tente en maugréant. Il récupéra son cheval par la bride et marcha en direction de la place centrale qu’il avait traversée un peu plus tôt par hasard, ignorant les élancements dans sa cuisse. Sa canne de voyage lui offrait un soutien efficace, mais insuffisant. De plus, l’herbe déjà piétinée ne l’aidait pas à rendre sa marche aisée.
Le voyageur se guida aux rires et à la musique qui s’intensifiaient tandis qu’il se rapprochait du cœur de la foire. Il abandonna à nouveau sa monture pour être plus libre de ses mouvements déjà réduits à peu de chose, et se laissa tomber sur un banc en soupirant. Persée ferma les yeux, se massa les tempes, mais les rouvrit brusquement en sentant quelque chose dans sa main : un homme au nez déjà rouge venait de lui tendre une chope pleine de bière. L’héritier regarda l’inconnu disparaître dans la foule sans comprendre. Il baissa les yeux sur sa bière, haussa une épaule, et en but une gorgée. Le breuvage était amer, mais frais, et il se sentit de bien meilleure humeur après en avoir vidé la moitié.

C’est ragaillardi que Persée attaqua sa première journée de travail. Mission du jour : s’introduire dans de nouveaux cercles, lier connaissances avec des gens aux carnets d’adresses bien garnis afin de démarcher de nouveaux clients et faire parler des fleurs Atréides. Avisant un groupe de jeunes femmes aux coiffures recherchées et aux robes richement parées, il vit en elles la marque de la richesse. Il se passa une main dans les cheveux pour les discipliner, afficha un sourire avenant, et s’avança dans leur direction.
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Mar 27 Déc - 10:49
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La première partie de son voyage fut la plus facile : la traversée du désert de Riak. En effet, Haren connaissait très bien cette contrée chaude et sec où presque rien ne pousse. En plus, quand on est un Ichtr, on facilement demander de l’aide aux petites tribus nomades. Mais pour l’ancien apprenti, le plus dur restait à venir : traverser Îsoret. Cette région de Mathusalem est composée en majorité de forêt, chose dont Haren n’avait pas l’habitude. Une fois sorti de cet enfer forestier, le reste du trajet était simple puisque Barannor se trouvait en plein milieu d’un immense pleine. Au final, il arriva à sa destination après un peu moins de deux semaines de marche. Le Bal de l’Ennui n’était plus qu’à quelques kilomètres de sa position. En plus, il arriva en avance puisque le Bal ne commençait que le lendemain et il utilisera cette avance pour repérer les lieux. Car oui, il comptait mettre à profit ses talents. Cependant, ce n’était pas ça la raison principale de sa venue. Il était venu pour quelqu’un, pour une jeune demoiselle. Sauf qu’il n’était pas sûr qu’elle allait venir, ce n’était qu’une supposition.

La plaine autour de Barannor était méconnaissable et pour quelqu’un qui n’était jamais venu, c’était encore plus impressionnant. On aurait dit que la plaine se transformait pour accueillir des milliers de personnes et se colorait de mille et une couleurs. C’était magnifique, et en plus ce n’était pas terminé. Un seul problème se posait, comment allait-il retrouver Éméri dans cette fête immense. Mais bon, il fallait garder espoir. Haren se rapprocha encore, à visage découvert et explora les lieux mais il dû se dépêcher car le Soleil n’allait pas tarder à se coucher. Et même s’il resta quelques heures, il n’eut pas le temps de tout explorer. Aussi, il préféra louer une chambre pour la nuit.

Le lendemain matin, ce fut un choc pour le jeune voleur quand il découvrit le Bal. Celui-ci était grouillant de foule et tous types de personnes étaient présent : les jeunes, les vieux, des marchands, des artistes… et même des voleurs (beaucoup moins doués qu’Haren puisqu’il les repéra aisément). Il se déplaçait aléatoirement dans la foire mais évitait d’aller dans les zones plus riches (il n’irait là que le soir venu). Il repéra tout de même quelques étales qui semblaient intéressantes. Il réussit tout de même à voler plusieurs bourses, plus ou moins remplies, à des passants distraits. Il réussit également à dérober des bijoux et autres ouvrages de cette valeur, certains valant plusieurs centaines de Mall’s, presque mille. Mais pour l’instant, il n’en avait rien à faire de ces prises, tout ce qu’il voulait, c’était trouver Éméri. L’ambiance du lieu réussi presqu’à lui faire oublier ce pourquoi il était là. En effet, le lieu était très convivial et incitait presque les gens à faire confiance à n’importe qui. Mais Haren n’était pas dupe, il savait beaucoup étaient des charlatans et des arnaqueurs qui nous détrousserait à la moindre occasion. De plus, leur tâche était simplifiée puisque beaucoup étaient déjà complètement saoul, alors que d’autres préféraient se gaver de nourriture. Celle-ci était fort cher quand on cherchait quelque chose qui avait un minimum de goût et du coup les pas de Haren l’amenèrent dans une zone un peu plus riche. Il trouva alors un petit stand qui vendait de la viande d’animaux qu’il ne connaissait pas. Aussi, il se laissa tenter par le fumet délicieux qui s’en dégageait. Il prit tout son temps pour déguster le plat, cela faisait depuis longtemps qu’il n’avait plus aussi bien mangé. Il arrosa le tout d’une chope de bière. Cependant, il n’était pas le seul à en boire et trois individus s’approchèrent de lui. Vu leur démarche, ils en avaient bu plus qu’une malgré l’heure matinal. Celui du milieu était deux plus imposant que ses deux acolytes réunis mais ils ne semblaient pas très dangereux. Ceux-ci tentèrent d’aborder le jeune homme :

Hey… tu me… p-payes un …verre à moi et m-mes am-amis ! Sinon j-je te-t’explose.

Et pourquoi je ferais ça,
demanda Haren d’un ton cinglant.

Parce-parce que t-tu dois… l-le respect à mon p-pote, répondit un des deux maigrichon qui étaient avec lui.

Ouai, il-il a rai-raison, rajouta l’autre.

Sauf que je ne dois aucun respect à un porc. Et encore moins à un porc comme lui. Donc dégager de mon chemin, ajouta-t-il avec sang-froid.

Ce fut sûrement la goutte qui fit déborder le vase car les trois individus, complètements bourrés, se jetèrent sur lui. Malheureusement pour eux, Haren réagit au quart de tour et esquiva les deux plus petits dans un mouvement fluide pour foncer sur le plus imposant. Ce dernier tenta de lui asséner un coup poing énorme mais Haren s’abaissa au dernier moment et fit une balayette. Alors que le balourd tombait, il se retourna, se releva et avant que les deux gugusses ne réagissent, il leur donna un coup de poing dans le ventre. Puis, il les assomma et ceux-ci s’écroulèrent. Comme leur chef s’était relevé, Haren se retourna à nouveau pour faire face ou troisième et dernier type. Ce dernier tenta à nouveau un uppercut mais cette fois-ci le jeune assassin l’esquiva avec un pas sur le côté, puis avec un autre il se retrouva derrière son adversaire. Il lui donna alors un coup de pied à l’arrière des genoux, puis l’étrangla jusqu’à ce qu’il s’évanouisse. Il n’avait pas envie de tuer ce jour-là et du coup, il partit en vitesse des lieux du combat, espérant que peu de gens l’avaient vu.

Cet incident fut vite oublié dans l’esprit d’Haren. Aussi, il décida de se rendre immédiatement dans des « zones » un peu plus riches. Il ne lui fallut pas longtemps pour trouver. Là-bas, il y avait tout autant de monde mais ceux-ci paraissaient plus…. calmes. Il repéra tout de même assez rapidement ses victimes : un groupe de jeunes femmes aux robes et aux bijoux luxueux. Un seul de ces bijoux devait valoir plus de mille Mall’s. Leur coiffure en elle-même était aussi une œuvre d’art, quoi qu’assez particulière. En plus, il y avait moins de monde autour d’elle comme si c’était un signe du destin, Haren devait les voler. Il s’approcha alors, l’air de rien et une fois près d’elles, il semblant de se trébucher et tomba au milieu des dames. Celles-ci se jetèrent presque sur lui pour l’aider à se relever. L’une d’elle demanda :

Comment allez-vous ? Vous êtes-vous fait mal en tombant ?

Haren attrapa alors sa main droite, la plus richement décorée, et lui fit un baisemain. Bien sûr, il en profita pour prendre quelques bijoux.

Tout va pour le mieux, ne vous inquiétez pas, ajouta le jeune homme.

Vous êtes sûr ? demanda une autre en lui prenant la main.

Tout à fait, ma chère.

Il en profita encore pour lui prendre encore quelques bijoux mais encore une fois, aucunes d’entre-elles ne le remarqua car elles étaient toutes concentrées sur lui et plus particulièrement sur ses yeux, ses si beaux yeux ambrés. Il se tourna alors vers une troisième et la regarda quelques instants, droit dans les yeux. Il déclara alors :

Je dois prendre congé de votre agréable compagnie, mes dames. J’en suis désolé.

Attendez !
cria la dernière femme qu’il avait regardé, prenez ceci pour aller vous requinquer, ajouta-t-elle en lui tendant une petite bourse.

Non, je ne peux pas accepter ce cadeau, c’est beaucoup trop !

Si si j’insiste, prenez la bourse et dépensez-la comme il vous semble.


Ok, je la prends, dit-il avant d’ajouter plus bas, merci beaucoup et à bientôt, enfin je l’espère…

La jeune femme retourna auprès de ses amies et commencèrent à piaffer à propos du jeune homme qui leur était tombé dessus. Dans leur état, il leur faudrait un moment avant qu’elles ne se rendent compte qu’elles avaient été volées. Haren s’écarta rapidement du groupe mais dans sa précipitation, il bouscula un homme aux cheveux noir de geais et à la barbe bien fournie. Celui-ci tomba alors par terre et en l’aidant à se relever, le voleur remarqua que l’homme avait une canne.

Euh… Désolé, bafouilla-t-il pour s’excuser avant de partir.
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Ven 30 Déc - 0:43
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Akrib regardait d'un œil morne le paysage défiler. Le marchand qu'il accompagnait avait une charrette, et si cela lui permettait d'éviter les affres de la marche à pied, il devait tout de même subir la conversation de son client. Il s'était imaginé un voyage long et périlleux, mais si la première affirmation était vraie, le seul péril qu'il avait rencontré s'avérait être l'ennui. L'homme arborait une moustache, un ventre replet et un air malicieux. Ce n'était de toute évidence pas un mauvais bougre, et Akrib lui était reconnaissant de l'avoir choisi comme garde, mais il était prolixe. Terriblement prolixe. Après avoir épuisé durant les trois premiers jours les conversations sur sa famille, ses affaires, son cheval, sa charrette, sa maison, ses tissus et son bel oiseau de compagnie, il avait assommé le jeune mercenaire d'anecdotes sur les quatre contrées.

Si la culture du garçon avait augmentée de jour en jour, sa santé mentale s'était-elle peu à peu effritée. Alors, pour s'évader, il regardait le paysage, verdoyant, sensiblement le même depuis deux jours. Il se perdait dans cette contemplation, laissant parler le client qui n'était pas mécontent de ne pas être interrompu. C'est qu'il aimait bien s'entendre parler, le vendeur de tissus moustachu.

"Tu vois petit, c'est pas que les affaires ne sont pas bonnes à Athalie, c'est simplement que dans l'Ouest, je peux vendre bien plus cher. Tu imagines ? Ici, les gens pensent que parce que ça vient de loin, c'est de la qualité supérieure. Ils se disent "le gars n'aurait pas fait tout ce chemin pour vendre des torchons" et moi j'approuve, je suis là à leur raconter comment c'est du véritable tissu tressé à la main par des aïeules Ichtr, et comment j'ai dû vendre femme et enfants pour récupérer cette étoffe qu'elles tissent depuis trois générations.
- Hmm...
- Et c'est une vraie aubaine, parce que normalement, je ne peux me déplacer qu'avec les grands convois pendant le Cycle des Itinérants. Pour profiter de la protection qu'offre le nombre. Mais là, ce Bal, c'est l'occasion de repartir une deuxième fois dans l'année. Et comme les bandits se font plus rares –eh, ils ne sont pas idiots, ils ne vont pas guetter les routes à longueur de Cycle alors qu'aucun marchand ne passe- je peux me contenter de prendre un p'tit gars dans ton genre pour assurer ma protection. Tu l'prends pas mal hein ? De toute façon tu m'as dit que t'était là pour apprendre et que t'allais accepter moitié moins que l'autre gusse. Moi ça me va, j'ai pas vraiment envie de lâcher le quart de mes bénéfices à un mercenaire qui ira tout dépenser en boisson. Enfin, toi, ça va, t'es encore bien jeune. Moi je dis ça, je déteste pas les mercenaires, c'est vrai qu'ils sont utiles, et si..."


Akrib leva la tête. Au loin, la ville de Barannor s'élevait. Les yeux du jeune homme se plissèrent. Il tâchait de distinguer quelque chose dans l'océan bigarré qui ondoyait aux portes de la cité. Des tentes apparemment, en grand nombre. Son client n'avait pas exagéré quand il avait mentionné "le plus grand rassemblement festif du Cycle de l'Ennui". Son regard retrouva une lueur amusée tandis qu'il pensait déjà à toutes les possibilités qui allaient s'offrir à lui ici.

Quelques heures plus tard, il errait entre les tentes et les étals, la main sur sa la garde de son épée pour se donner l'air belliqueux et inquiétant. Au vu des gloussements qu'il suscitait parmi les groupes de jeunes femmes qu'il croisait, cela ne fonctionnait guère. Il avait aidé Babdal –c'était là le nom du marchand- à dresser son étal. Ensuite, ce dernier lui avait donné quartier libre, à condition qu'il rapplique en cas de souci avec un badaud ou un voleur, prêt à défendre la marchandise. Akrib déambulait donc, dévorant du regard toutes les curiosités visuelles que pouvait offrir un bal géant dans une contrée inconnue. Après une heure de repérage, il revint sur ses pas et retrouva le brave Babdal, en train d'alpaguer les passants. Son discours était beaucoup moins décousu, et il allait droit au but, annonçant des prix exorbitants pour ses étoffes "d'une finesse exceptionnelle". Le garçon s'adossa à un poteau planté là, et se mit à surveiller la foule, pour repérer d'éventuels voleurs ou des clients un peu trop imbibés. Les types louches ne manquaient pas, mais chaque fois que l'un d'eux s'approchait de trop près de l'étal, Akrib quittait son poste et venait rôder autour du suspect, la main toujours resserrée sur sa garde.

Le voleur filait, Akrib regagnait sa place et pour chaque tentative avortée, Babdal lui jetait un regard entendu qui devait signifier qu'au lieu d'empocher une misère, il gagnerait peut être une misère et demie à la fin du contrat. Mais le jeune brun ne se préoccupait pour l'instant pas de sa paie. Il pensait simplement à tout ce qu'il pourrait faire dans ce vaste terrain de jeu, une fois qu'il serait libéré de ses obligations par son client.
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Azran Surion
Ça vous dit rien une "Sirène" ?
Masculin
Métier : Capitaine Pirate
Localisation : Le Chien de Mer
Début de l'aventure : 03/12/2016
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Lun 2 Jan - 1:47
« Terre en vue ! »

Sortant de sa cabine, accueillant avec un sourire la brise qui fit voler ses cheveux détachés, Azran observa la côte familière qui venait tout juste d’apparaître à l’horizon.
Comme chaque année depuis qu'il avait pris le commandement du Chien de Mer, quand venait le Cycle de l’Ennui, le navire s’embarquait dans un long périple jusqu’à Dohilac afin que son Capitaine puisse participer au Bal de Barannor. Il n’était pas sûr des raisons qui l’avaient initialement motivé à le faire. Le mal du pays, peut-être ? Ou la nostalgie, celle liée à sa défunte mère qui, d’aussi loin qu’il s’en souvienne, avait toujours participé aux préparatifs de la fête. Peut-être que chaque année, il espérait la revoir danser au milieu de la foule, faisant signe au petit garçon timide qu’il avait autrefois été de la rejoindre. Peut-être n’étaient-ce que les souvenirs de son rire résonnant malgré les brouhahas alentours qui le faisait y retourner, chaque année, au début du Cycle de l’Ennui.
Mais peut-être pas. Ou pas que. Après tout, il y avait du monde à Barannor lors du Bal. Et du beau monde. Surtout de belles mondettes.
Le Bal de l’Ennui était un évènement totalement à part de tout ce qu’Azran connaissait. Quand il franchissait les portes de Barannor, il n’était plus du "clan légendaire Surion et fils, pirates de la terre de dépravations, assassins, charognards, et avant tout, sacs à merde". Proprement habillé, son épée passant pour un accessoire plutôt qu’une arme, il n’y était pas un pirate. Au milieu de tous ces gens "normaux", il n’était qu’une figure parmi tant d’autres, le cavalier d’une inconnue, l’inconnu d’une cavalière. Cavalières qui, après quelques boissons et quelques pas de danses finissaient toutes par avoir un irrésistible besoin de compagnie.

Une fois le Chien de Mer amarré à proximité des côtes, et après que le Capitaine ait laissé à son second le commandement du navire en son absence, une chaloupe conduisit Azran jusqu’à la plage, d’où celui-ci rejoignit à pied la bourgade la plus proche : Valène.
Là-bas, la vieille couturière Yaja l’accueillit à bras ouverts comme chaque année, partageant avec lui un thé en lui montrant les tenues qu’elle avait mises de côté à son attention. Son choix se porta sur un long manteau bleu qu’il porterait au-dessus de sa chemise, un chapeau à plumes assorti, un pantalon ample légèrement plus sombre et de longue bottes noires à boucles dorées. Il troqua son fourreau contre un autre, plus beau, qui faisait passer son sabre pour une arme d’apparat, et cacha une dague dans sa botte.
Fraichement habillé, il se rendit auprès de Borrick, le palefrenier, qui s’était lui aussi préparé à la venue du pirate, et lui avait gardé un bel étalon à la robe blanche.
L’affection des gens de Valène était à vous réchauffer le cœur, mais évidemment aucun d’entre eux ne savait ce qu’était Azran réellement. De lui, ils ne connaissaient que le prénom, et l’habitude qu’il avait de se présenter toujours à la même époque de l’année pour participer au bal, avant de disparaître en prenant le chemin de la mer après avoir laissé une bourse garnie. C’était mieux comme ça.

Les ayant remerciés de leur accueil, Azran les avait quittés sur son étalon blanc en direction de Barannor. Au fur et à mesure qu’il approchait de sa destination, il se sentait changer, perdre sa posture de pirate. Sa nonchalance devenait digne, son air moqueur devenait sérieux, et lorsqu’il mit pied à terre, sa démarche était devenue plus noble que ce que l’on aurait pu imaginer venant de lui. Son chapeau masquant au mieux les cicatrices sur son visage, il se mêla à la foule, humant l’air familier d’autrefois.

Mais avant de participer à proprement parler au bal, il lui fallait retourner voir la maison qui l’avait vu grandir, et surtout le port qui avait bercé son imaginaire d’enfant.
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Invité
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Sam 7 Jan - 0:31
Invité
Voilà plusieurs semaines que le bal de l'Ennui faisait parler de lui à la boutique. Tout devait être parfait pour l'événement, ce qui impliquait la confection de nombreuses pièces de tissu, toutes d'une qualité digne de la renom de l'échoppe, capable de faire chavirer le cœur d'un des étrangers que la fête attirerait. Foulards, vêtements, capes ou couvre-chef, ce furent des dizaines de pièces de tissus aux reflets dorés, pourpres ou azurés qui virent le jour sur les métiers à tisser du magasin au cours des dernières semaines. Quand arriva enfin le jour tant attendu, la famille poussa un soupire de soulagement à l'idée que cette course contre la montre prendrait bientôt fin. Les premiers visiteurs, soucieux de s'habiller "à la mode de Dohilac" affluèrent et nombre des marchandises mises en vitrine avaient déjà trouvé preneur avant même que les premières notes de musiques n'emplissent l'atmosphère urbaine.

La ville faisait l'objet de toutes les convoitises durant ces deux jours de fêtes, et tous les nouveaux venus continuaient d'arriver par voie terrestre ou maritime pour participer au bal qui ne tarderait pas à commencer. La matinée fut réservé à la préparation de l'étale, non loin du port, où bon nombre de fêtards se réuniraient bientôt pour célébrer l'événement comme il se devait. De plus, les visiteurs fraîchement arrivés par la mer ne manqueraient pas de jeter un œil aux tissus proposés lorsqu'ils tenteraient de se repérer dans la grande cité de Barannor. Et derrière l'étale, ce seraient bien Aubépine et son frère qui inciteraient tous ces potentiels clients à s'arrêter pour "admirer la plus belle tunique de la ville", ou encore "une robe que les autres régions nous jalousent", sans oublier le foulard "indispensable pour participer dignement à la fête". La tactique de la fratrie Boisnoir avait beau l'air enfantine, elle avait le mérite de fonctionner : alors qu'Elicias se chargeait de dissuader les éventuels voleurs, sa sœur Aubépine attirait les clients en leur offrant son plus beau sourire et la promesse qu'ils ne le regretteraient pas s'ils décidaient d'échanger l'une de ses soieries contre quelques pièces de leur bourse. Si la plupart se contentaient d'ignorer sa requête - les plus polis s'éloignant avec un sourire poli - certains passants prenaient le temps de s'arrêter, et repartaient souvent avec une des marchandises proposées par la jeune femme, et une bourse bien plus légère.

Plusieurs heures s'étaient écoulées et le monde continuait invariablement à affluer, la musique se faisait plus présente et les rires des premiers soûlards égaillaient le flot inintelligible des conversations. Lors d'une accalmie qui permis à tous les marchands de souffler l'espace de quelques minutes, Elicias s'approcha de son aînée.

- On va faire un tour ?
- Avec plaisir ! Je n'en peux plus d'être derrière cet étal.

Ils passèrent le flambeau à leurs parents avant de se noyer dans une nouvelle vague de visiteurs. Comme un signe du destin, leurs pas les menèrent jusqu'à l'une des nombreuses auberges qui avait installé divers tonneaux de breuvages variés dans la rue, à l'occasion des festivités. Ce fut une évidence pour la fratrie de se désaltérer après plusieurs heures de négociations et boniments. Une bière ne leur ferait certainement pas de mal, au contraire, elle leur permettrait d'acquérir le courage d'entamer plusieurs nouvelles heures semblables à celles du matin. La conversation débuta tranquillement par quelques commentaires sur les clients passés, mais des sujets bien moins sérieux ne tardèrent pas à reprendre le dessus : dernières nouvelles d'Athalie, la manière dont Willow, une de leurs connaissances communes, s'était embarquée sur le mauvais navire en direction du nord, ou encore les rumeurs stupéfiantes sur le compte d'un de leur voisin. Il riaient, ils buvaient, tout allait pour le mieux ! Peut-être aurait-il fallu retourner aider leurs parents ? Non, ils connaissaient le métier bien mieux qu'eux, ils sauraient parfaitement se débrouiller quelques heures sans la jeune femme et son frère.

Combien de temps avaient-ils seulement passés à cette table ? Ni l'un, ni l'autre n'aurait su le dire. Mais vint un moment où leur conversation pris une tournure bien moins plaisante. Aubépine n'aurait pu affirmer avec certitude la manière dont la querelle avait commencé, sans doute un regard de travers ou une remarque prise trop au sérieux, mais son frère ne tarda guère à hausser le ton contre un des clients de la table d'à côté. Le débat existentielle sur l'origine des meilleurs vins semblait passionner les deux batailleurs qui s'apprêtaient à passer, d'un instant à l'autre, de la joute oratoire à la lutte physique. Ce fut Elicias qui franchit le pas en premier, se saisissant de sa choppe vide pour la balancer à la figure de son concurrent. Aubépine n'eut pas le réflexe d'arrêter son geste et ne put qu'observer le lancer dont la personne visée esquiva le projectile... qui vint percuter le dos d'un homme assis plus loin. L'héritière Boisnoir lança un regard désapprobateur à son frère avant de lui lancer à mi-voix, d'un ton sans appel :

- Évite de déclencher une bagarre générale, on n'est pas venus pour ça. Alors arrête tes gamineries !
- C'est ça, écoute-la et rentre chez toi ! lança son adversaire.

Aubépine continuait de toiser son frère, à bout de patience et prête à se désolidariser de lui à la première réaction agressive. Mais le jeune homme ne bougea pas, se contenta de ruminer sa colère et de lancer des regards noirs à l'autre client. La jeune femme, quant à elle, observait l'homme au long manteau bleue qui avait reçu le coup, attendait sa réaction pour se décider à agir. Elle finit par se lever de son siège et se dirigea vers l'inconnu, son visage affichant un sourire gêné à son encontre :

- Je suis désolée, ce n'était pas vous que je visais...

Inutile qu'une autre personne veuille la peau de son frère, il n'aurait que plus de mal à contenir sa colère et l'incident tant redouté finirait par se produire. Et de doute manière, ce mensonge ne pourrait qu'arranger les choses : l'homme leur tournait le dos au moment du lancer, quelle différence cela faisait-il que ce soit Aubépine ou son cadet qui ait lancé ?
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Sam 7 Jan - 12:14
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Dès qu’elles eurent pris connaissance de l’identité de Persée, les demoiselles se montrèrent très chaleureuses. Leur conversation était excellente, et des plus délicieuses. Les jeunes femmes savaient manier les mots, divertissant leur interlocuteur de la plus agréable des manières. Elles égayaient leurs propos d’un sourire charmeur, leur regard mutin délicatement ourlé de leurs cils. Persée se laissait prendre au jeu lui aussi, amusé et séduit à la fois par leur comportement. Elles n’étaient pas les premières à vouloir s’attirer ses bonnes grâces, mais Persée était trop poli pour les en dissuader. D’ordinaire, il s’en serait bien passé, mais la bière qu’il avait bue ne le motivait pas à être désagréable. Ces deux jeunes âmes déployaient tant d’efforts pour se faire bien voir de lui, qu’il serait un monstre de ne pas leur donner toute l’attention qu’elles méritaient !

Elles étaient toutes deux de bonne naissance, sœurs, filles d’un propriétaire aisé, mais Persée ne tarda pas à comprendre que tout leur argent de poche était sans doute passé dans l’achat de leurs si jolies tenues. Pas si fortunées, donc, mais leur bonne éducation laissait deviner que leurs parents avaient de la culture et aimaient le travail bien fait. L’air de rien, Persée avait entrepris de s’enquérir de l’état de leurs affaires, entre deux badinages inintéressants. Elles lui apprirent être filles de couturier, manifestement l’un des plus réputé de la région.

« Papa a toujours aimé les fleurs, s’était exclamée la plus jeune. Il a toujours dit qu’elles étaient la plus belle création de la nature, et qu’aucune œuvre faite de la main de l’homme ne pourrait la surpasser !
– Votre père a une âme de poète, avait répondu Persée avec un sourire aimable.
– Il serait si ravi de vous rencontrer ! Avait dit l’autre.
– Oh, oui ! Et peut-être pourriez-vous faire équipe sur un projet ? Imagines-tu, Ana : une robe brodée de fleurs véritables, à peine arrachées à la terre !
– Je le peux à peine, petite sœur ! Dites, monsieur Atréides, cela serait-il possible ? »

La conversation avait tout à coup pris une dimension bien plus intéressante. Les sourires charmeurs des demoiselles brillait désormais d’un appétit bien différent, ce qui permettait à Persée de souffler un peu. Il ne savait pas si leur idée folle était possible dans les faits, mais parler affaires lui permettrait au moins d’élargir son carnet d’adresse. Il aimait rencontrer de nouveaux artisans, et élaborer des projets un peu fous à partir d’une idée commune.

Il en était là lorsqu’il fut brutalement bousculé. Surpris, il évita la chute de justesse, se cramponnant à sa canne pour ne pas tomber. Il dut néanmoins poser un genoux à terre pour ne pas davantage perdre l’équilibre, ce qui ne fit que réveiller les élancements dans sa cuisse. Avec un grognement de douleur, Persée courba le dos et attendit une seconde que la douleur s’éloigne avant de se relever avec le peu de dignité qui lui restait. Les deux jeunes femmes poussaient des cris d’orfraie et lui proposèrent leur aide, qu’il refusa poliment. Inutile de perdre encore plus la face.
L’héritier ravala son amour-propre meurtri, et s’obligea à afficher un sourire poli à celui qui l’avait bousculé. L’individu avait au moins pris la peine de s’arrêter pour s’excuser, ce qui l’incitait à ne pas être désobligeant. Après tout, ce genre d’incident arrivait tous les jours.

– Tout va bien, l’ami. Ce n’est...

Mais l’inconnu avait déjà pris la poudre d’escampette.

– … rien.

La journée commençait vraiment mal finalement. Mal à l’aise face à son infortune, les deux jeunes femmes prirent congé, le laissant seul, la jambe de pantalon crottée et l’ego malmené. Il reprit donc son chemin, essayant de ne rien montrer de sa mauvaise humeur, déçu et désolé à la fois que les choses aient si mal tourné. Cet étranger maladroit lui avait peut-être fait rater un contrat intéressant. Enfin ! Ce n’étaient pas les occasions qui manquaient ici. Il aurait tout le temps de trouver autre chose.
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Azran Surion
Ça vous dit rien une "Sirène" ?
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Sam 7 Jan - 15:37
Seul, assis sur le port, à regarder les navires venir et les gens aller, Azran retombait en enfance. Si le monde le voyait comme une coquille vide, le monde n’avait pas complètement tort. Son corps était présent, oui, mais immobile, inanimé. Seuls ses yeux suivaient distraitement les allées et venues diverses. Son esprit, quant à lui, allait partout où son regard l’emmenait.
Il imaginait la conversation des marins sur ce navire, ou de ses passagers, certainement pressés pour certains d’arriver, ou peut-être pressés de repartir pour d’autres. Il suivait les regards des jeunes femmes, tantôt sur les décorations, tantôt sur les étals, tantôt sur les hommes. Quelques uns sur d’autres femmes ? Sa coquille vide esquissa un sourire.
Et puis, étonnamment, cette question ridicule lui revenait malgré lui à chaque fois qu’il voyait un bateau. Peut-être que mon père est dessus. Ce qui, convenons-en, était ridicule. Il savait très bien qui était son père, et ce qu’il était devenu. Il en était presque venu à le fuir. Mais son inconscient persistait, chaque année lorsqu’il prenait place sur ce port, à lui poser la même question qu’il s’était posé étant jeune. Peut-être que mon père est sur celui-ci.

Sa rêverie fut troublée par un élément extérieur, et il mit bien le temps que son esprit revienne à son enveloppe pour réaliser lequel. Une incommodité dans le dos, comme s’il s’était pris un petit coup. Ou un projectile.
Il lui fallu encore quelques secondes avant de pouvoir réagir, la première de ses réactions ayant été de se retourner afin d’identifier ce qui l’avait touché. Cette pierre ? Non, trop petite. Celle-là ? La taille convenait, mais ça aurait été beaucoup plus douloureux. Cette… choppe ? Ses sourcils se froncèrent alors qu’il cherchait du regard d’où elle pouvait provenir. Peut-être que cette jeune femme s’approchant pourrait le renseigner.

« Je suis désolée, ce n'était pas vous que je visais... »

Oh.
Ses sourcils se relevèrent, gage de sa surprise, et lui en fit de même, dépoussiérant son manteau sommairement, se servant surtout de ce court instant pour réfléchir au comportement à adopter. Des projectiles, il en avait reçu. Certains l’avaient traversé. La plupart étaient volontaires, et pour tous il pouvait en déterminer dans la seconde la raison. Mais se faire jeter une choppe dessus par une jolie inconnue était, étonnamment, une première pour lui.

« Vous m’en voyez ravi. Je me suis demandé l’espace d’un instant si c’en était une que j’avais méritée. Heureux de constater que ce n’est pas le cas. »

Un petit sourire rassurant se forma sur ses lèvres tandis qu’il dévisageait la jeune femme. Plutôt mignonne, bien habillée, propre sur elle, pas le genre de femme qui venait spontanément à sa rencontre. La quittant du regard pour voir d’où elle venait, il remarqua un peu plus loin qu’ils étaient observés par un jeune homme. De nombreuses questions se formèrent dans sa tête, mais il n’en formula aucune, se concentrant de nouveau sur la jeune femme.

« Alors. Vu que je doute que le lancer de choppe soit enfin à la mode à Barannor, j’imagine que vous me devez quelques explications tout de même, ne croyez-vous pas ? »

Son sourire s’élargit quelque peu, mettant en doute la véracité de l’air outré qu’il se donnait en croisant les bras.
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Sanghor Dunhîl
On se les caille ici !
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Jeu 12 Jan - 15:05
Je trouvais qu'il y avait pas mal de monde dans les rues de Barannor, une sacrée effervescence à vrai dire. Et c'est en regagnant l'auberge la veille au soir qu'on m'avait renseigné sur la chose : le Bal de l'Ennui allait commencer ! Autant vous dire que je n'avais pas la moindre idée de ce dont il s'agissait, et le patron dû le voir, puisqu'il se sentit obligé de m'expliquer. Rien de bien compliqué en soit, juste une grosse foire et une grosse fête où chacun pouvait trouver quoi faire. Comprendre : à boire, à manger, de la musique, de la danse et pour sûr... des problèmes en perspectives. Il y a toujours des problèmes quand les gens se rassemblent pour boire. Croyez-moi, je viens du Nord. Là-bas, c'est notre seul divertissement.

Alors je me suis dit qu'il fallait au moins que je prenne la peine d'aller y jeter un œil avant de rentrer. Il n'y avait pas d'urgence à rentrer à la maison, outre celle de revoir ma chère et tendre et mon petit bien sûr. Mon travail ici étant terminé, je pouvais bien me détendre quelques heures avant de reprendre la route. Alors en sortant de l'auberge ce matin, je m'étais laissé guider dans les ruelles de Barannor par le flot des badauds, les rires, les cris, la musique : toute la ville était métamorphosée, alors que la fête se trouvait au delà de ses murs.

Qu'elle ne fut pas ma surprise en sortant sur la plaine, à la vue de ces centaines de tentes et autres étals ! Toute la ville et bien plus encore devaient se trouver là ! Comment se faisait-il que je n'eu pas entendu parler de ça auparavant ? Si j'avais su, je serais venu quelques jours plus tard, ça aurait été là une bonne affaire pour vendre mes outils et mes peaux. Bien qu'il me restait tout de même quelques petites choses dont je pourrais peut être tirer quelques Mall's...

Je déambulais sans but parmi tout ce foin et tout ce bruit, lorsque j'aperçu au loin un visage connu. Ah ! La petite demoiselle qui m'a vendu cette fameuse étole. Comme quoi, la fête n'était peut être pas si grande que cela ! J'esquissais un léger sourire, la voyant marchander avec ferveur, puis poursuivis mon chemin.

Je grignotais un petit quelque chose qui sentait pas mauvais quand mon estomac commençait à crier famine, puis allais m'installer à une table non sans animation : on jouait aux cartes. Et on jouait des Mall's et autres babioles à troquer bien sûr.
Une choppe en entraînant une autre, je me laissais prendre au jeu, tour à tour à plumer ou me faire déposséder d'un bien quelconque, l'après-midi avançant à bon rythme.
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Jeu 12 Jan - 17:55
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Ce n’est qu’une fois éloigné de plusieurs mètres que le jeune homme ralenti l’allure. De toute façon, il y avait tellement de monde que c’était presque impossible que l’homme l’ait suivi. En fait, même s’il n’y avait eu personne dans la rue, l’homme n’aurait pas pu le suivre. Haren continua à parcourir nonchalamment le Bal mais toujours à l’affut au cas ou il verrait sa bien-aimée. Mais bien sûr, il ne la croisa pas. Même après plusieurs heures de recherche, il ne la trouva pas et malgré tout, il ne perdait pas espoir de la revoir un jour. En attendant, le jeune homme continuait de voler de petits objets par-ci par-là qu’il pourrait revendre à bon prix une fois rentré. Et comme il l’avait prévu, Haren eut vite les poches remplies de babioles en tous genres et en arrivant à Barannor, il y avait déjà pensé. En effet, il avait repéré un vieux puit abandonné à l’orée des bois. Du coup, le jeune voleur décida d’y faire un petit saut pour aller y cacher sa récolte. À l’intérieur, plusieurs pierres dépassaient et on pouvait facilement les escalader. Enfin tout est relatif, pour lui c’était facile mais ce n’était peut-être pas le cas de tout le monde. Heureusement pour lui, le puit n’était pas très profond et le fond était sec. Il n’y avait plus une trace d’eau. C’était parfait pour ce qu'il voulait faire et il ne lui fallut pas plus de quelques minutes pour cacher son butin. Haren prit tout autant de temps pour remonter.

Moins d’une heure après son départ, il était déjà de retour au Bal, les poches vides prêt à les remplir à nouveau. Il se déplaçait dans la foule avec un aisance presque surnaturelle, évitait les collisions avec d’autres personnes et vidait des poches sur son passage. On pouvait trouver de tout au Bal de l’Ennui, de la simple étoffe aux plus beaux bijoux, en passant par la nourriture. Mais le mieux pour Haren, c’est qu’il y avait aussi tous types de personnes, du plus riche au plus pauvre. Cependant, ils avaient tous un point commun : aucuns n’étaient attentif. C’en était d’autant plus facile de les voler.

Sans qu’il ne s’en rende compte, ses pas le menèrent à une étale où l’on pouvait voir des tonneaux qui étaient entreposés. C’était certainement une taverne et comme le jeune homme commençait à avoir soif, celui-ci décida de s’assoir et de boire une bière. De toute façon, il ne comptait pas y rester longtemps. Encore une fois, les esprits s’échaudèrent. Sauf que cette fois-ci, il n’était pas concerné mais un jeune couple. Ou étaient-ils frère et sœur. Enfin bref, l’homme fut le premier à s’énerver car il haussa le ton et en plus il lança une chope. Malheureusement, il manqua sa cible et frappa un autre homme au dos. La jeune femme s’énerva sur le lanceur avant de foncer vers la victime pour s’excuser. Étant donné qu’il était de dos, il n’avait pas vu qui avait lancé l’objet et la tactique semblait fonctionner car il avait l’air de croire la fille. Celui-ci lui afficha même un grand sourire. Haren décida alors de se rapprocher pour mieux écouter, cela devenait intéressant. Et puis, il n’avait rien d’autre à faire.
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Jeu 12 Jan - 23:58
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À mesure que la journée avançait, le garçon s'était fait de plus en plus impatient. Babdal avait fini par écouler la moitié de son stock et, satisfait, il avait servi les derniers clients avant d'annoncer d'un air théâtral que "ces dames pourraient revenir le lendemain pour dénicher d'autre œuvres d'art textiles venues de par-delà le désert". Ensuite, avec l'aide d'Akrib, il avait soigneusement replié et rempaqueté les étoffes restantes. Finalement, le gros marchand s'était tourné vers son jeune compagnon et l'avait gratifié d'un clin d'œil et d'une bourse relativement bien garnie.
"Va donc t'amuser un peu ! Profite de la fête, ça te fera le plus grand bien. Mais surtout sois là, demain, pour surveiller l'étal. Je veux te voir en forme et prêt à donner un coup de main !"

Le jeune mercenaire avait à peine écouté la seconde partie des recommandations, déjà, il filait comme le vent entre les tentes qui se couvraient de lampions. Les torches s'embrasaient. L'odeur de nourriture qui flottait se faisait plus insistante que jamais. Pas de doute, la nuit tombait sur Barannor et son Bal. Akrib se faufila entre les groupes de buveurs hilares et les artistes en tout genre. Les lieux qu'il avait repérés plus tôt dans la journée changeaient de disposition, au fur et à mesure que l'on déplaçait les tables, que les tonneaux roulaient et que les rassemblements se formaient et se défaisaient. Il erra quelques temps sans véritable but, le poids de la bourse à sa ceinture lui rappelant à chaque pas que l'argent était fait pour être dépensé. Il opta pour le plus sûr des moyens de dilapider rapidement son pécule, le jeu. Prenant place à une table croulant déjà sous les choppes et les paires de bras épais comme des troncs, il s'intercala entre un géant blond aux yeux verts et un gorille plus trapu mais tout aussi large d'épaule.

Rapidement, il s'intégra à la partie, restant le plus silencieux possible. L'ambiance festive qui régnait autour de la table lui permit de se sentir rapidement à l'aise, mais il n'était pas dans sa nature de discuter spontanément avec des inconnus. Il parlait peu mais répondait parfois à une boutade lancée à son encontre. Le temps fila, il perdit un peu, puis beaucoup. Finalement, un coup de chance phénoménal lui donna l'occasion de se renflouer. Tandis qu'il rassemblait les pièces triangulaires devant lui, le joueur assis en face de lui se leva, comme pour déclencher un esclandre, mais son attitude en apparence belliqueuse était désavouée par le large sourire qu'il affichait.
"Le jeunot triche, il est à jeun ! C'est scandaleux ! Que quelqu'un donne une pinte à ce veinard !"

Un timide sourire se dessina sur les lèvres d'Akrib et il accepta le breuvage qu'on lui tendait. Il n'appréciait guère le goût, mais il se força à boire pour ne pas passer pour un dégonflé. L'alcool lui brûla le palais et la gorge, réchauffa tout son être de l'intérieur. L'inconnu avait bien requis une pinte, mais ce n'était visiblement pas de la pinouse. Il vint finalement à bout de ce premier verre et se reconcentra sur la partie. Les cartes s'abattaient et les rires résonnaient. Finalement, après une bonne heure de jeu, le regard rêveur du jeune homme se posa sur son voisin de droite. C'était le colosse aux cheveux blonds. Quelque chose chez lui l'intriguait. Moins effacé qu'il ne l'était avant de vider la pinte, il n'hésita que peu de temps avant de lui adresser la parole :

"Vous... vous n'êtes pas d'ici, pas vrai ?"

Il devait lutter pour ne pas afficher un sourire idiot. L'allégresse générale l'avait emportée sur son tempérament un peu trop vite à son goût. Cependant, il se rappela qu'il s'agissait avant tout d'une fête et qu'il fallait profiter de ces nouvelles expériences. Et puis, de toute façon, une fois la conversation engagée, il aurait été stupide de retomber dans le mutisme. Sentant qu'il devait justifier la raison d'une telle curiosité, il reprit, élevant un peu la voix pour couvrir les cris à l'autre bout de la table :
"Si je vous demande ça, c'est parce que vous me rappelez quelqu'un... Et je n'ai jamais su d'où venait cette personne. Alors j'aimerais bien savoir de quelle contrée vous arrivez pour... vous savez... me faire une idée de ce qu'il y a là-bas."

L'histoire était bancale, mais le jeune mercenaire comptait sur l'atmosphère qui régnait pour arrondir les angles et faire passer cette discussion ô combien importante à ses yeux pour un badinage sans intérêt. Parce qu'aborder un géant drapé dans des fourrures avec un "votre peau me rappelle celle de ma mère", c'était encore un peu trop osé par rapport à la quantité d'alcool ingurgitée par Akrib.
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Ven 13 Jan - 0:30
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Bien que son visage n'afficha rien de son inquiétude, Aubépine restait à l'affut du moindre signe d'agressivité. Il suffisait d'un rien pour que la situation dégénère à nouveau : que l'inconnu se rende compte de la supercherie et il aurait très bien pu s'en prendre à son frère, et les cicatrices qui rayaient son visage ne faisaient que confirmer l'hypothèse que son interlocuteur n'en était pas à sa première querelle; il aurait également pu l'insulter, qu'il ait mal dormi et passe ses nerfs sur la jeune femme malgré la justification qu'elle venait de lui soumettre. Pourtant, aucune de ces hypothèse ne se produisit, et l'homme prit ses excuses avec plus de légèreté qu'elle ne l'aurait espéré. La tisserande se détendit en entendant la plaisanterie, rit légèrement en continuant d'afficher son air gêné, pour la forme.

Aubépine suivit le regard de son interlocuteur lorsque celui-ci jeta un œil par dessus son épaule. Inutile de se retourner entièrement pour comprendre qu'il fixait son frère, un as dans le domaine de la discrétion... Il devait certainement les fixer, attendant n'importe quel signe de la part de sa sœur pour décider de la réaction à adopter. Mais la seule chose utile qu'il aurait pu faire - et même cela, il venait de la rater - serait de replonger son nez dans la seule choppe restante sur la table et faire profil bas en attendant que son aînée adorée résolve les problèmes qu'il venait de causer.
Elle lut sans peine l'incompréhension dans les yeux de l'homme au manteau bleu, en aurait presque ri si ce dernier n'avait pas reporté son attention sur elle, exigeant gentiment des explications. La seule qui lui vint spontanément à l'esprit fut que son frère était un sombre crétin et que s'il apprenait à se maîtriser, tout irait beaucoup mieux, elle n'aurait aucun besoin de se justifier à sa place. Cependant, elle laissa sous silence cette réponse et se contenta d'un geste évasif de la main :

- Une conversation de comptoir un peu trop mouvementée, les insultes et les choppes ont fini par voler, un incident somme toute normal vu l'état festif de la ville !

Elle ponctua sa phrase d'un sourire malicieux avant de se saisir du projectile improvisé qui gisait à ses pieds. Pas le genre d'arme à laisser des marques sur l'adversaire. Un arsenal des plus surprenant, même venant d'Elicias ! Aubépine se redressa en observant l'objet puis l'agita quelque peu à l'intention de son interlocuteur :

- Je suppose que cette erreur de trajectoire est un signe m'incitant à vous payer un verre ? Je vous doit bien ça !

Elle invita l'homme à la suivre jusqu'au comptoir sur lequel elle posa la choppe cabossée. Le gérant regarda cette jeune femme qui lui rapportait, comme si de rien n'était, le verre qu'il avait vu volé quelques minutes plus tôt. Elle se contenta de le rassurer en affirmant qu'il n'y avait là que des éraflures, ce à quoi il répondit par un haussement d'épaules avant de lui servir sa commande. Entre temps, Aubépine avait lancé un regard noir à son frère qui la fixait, elle et son compagnon, sans même essayer de se cacher. Il du comprendre le message puisqu'il quitta rapidement la table à laquelle il était assis pour se fondre à nouveau de le flot de passants qui continuait d'obstruer les rues.

Aubépine et l'homme, dont elle ignorait toujours le nom, s'assirent non loin de la table désertée par son frère quelques instants plus tôt, et la conversation débuta. Les effets de l'alcool ne tardèrent pas à se faire ressentir, en particulier lorsqu'elle eut finit cette nouvelle pinte. Les heures passèrent, la tisserande rigola beaucoup, en oublia totalement qu'on devait l'attendre à l'étal de sa famille, non loin de bar où elle avait passé l'après-midi. "Qu'ils aillent tous au diable ! Elicias me doit bien ça après son exploit de tout à l'heure !"

La nuit était tombée sur la ville en fête lorsqu'elle se leva de son siège, ramenée sur terre par un sens du devoir qu'elle ne soupçonnait pas jusqu'alors.

- Ce fut très agréable, merci pour ces quelques heures passées en votre compagnie ! Mais je vais devoir retourner à mes affaires...
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La Mathu'Omniscience
L'âme du Monde
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Lun 16 Jan - 12:21
Et voilà qu'une belle journée s'achève, une journée de dur labeur pour marchands et artisans, une journée bien plus plaisante pour tout ivrogne ou mécréant de bas étage !
Moi je l'aime bien cette journée, bien qu'elle n'ait pas été aussi divertissante qu'elle l'aurait pu, c'est qu'on reste sage cette année la première journée... Mais après tant de beuverie, la nuit est prometteuse : les langues devraient se délier, les gestes fourmiller et les esprits s'échauffer !

J'ai gardé quelques gus en vue au fil des heures, plutôt curieuse de voir quel sera le souvenir mémorable qu'ils garderont du bal.
Et ça a commencé sur les chapeaux de roue ce matin avec un jeunot qui a détroussé des demoiselles, les soulageant gracieusement du poids de quelques bijoux et usant de son charme pour se faire offrir quelques Mall's. Malin celui-là. D'autant qu'elles étaient loin d'être en détresse les demoiselles en question, mais plutôt du genre à jouer les pintades en recherche de mâles, si vous voyez ce que je veux dire. Et celles d'à côté y ont trouvé leur compte quand le jeunot a bousculé un infirme au charme non négligeable, tout droit dans leurs jupes ! Ça tombait plutôt bien, puisqu'on parlait de robe à fleur si j'ai bien suivi. Mais je crois qu'il souffrait et c'était finalement un peu trop gênant comme situation, alors tout le monde s'est bien vite dispersé.

J'ai été captivé par la gouaille d'une jeune marchande d'étoffe, qui au moment d'une pause bien méritée, s'est retrouvée mêlée à une histoire de lancé de choppe à cause de son frère. Et la-dite choppe a atterri dans le dos d'un gus un peu bizarre si vous voulez mon avis ! Un air noble, une stature bien droite, mais des cicatrices partout sur le visage et une épée plutôt singulière. Ah, sans oublié le chapeau. Joli chapeau d'ailleurs.

Et enfin je me suis laissée divertir par quelques joueurs de cartes enivrés, qui ont parfois perdu bien plus que leur dignité, sans pour autant se départir de leur gaieté.

Et tout ce petit monde là s'est retrouvé en un seul endroit, sous cette fameuse tente d'auberge improvisée, autour de quelques tonneaux et autre tables en bois, sans pour autant avoir conscience d'être au côté de tel ou tel autre.

C'est sur ces entre-faits que les charmantes demoiselles dépossédées de leurs biens le matin-même, assises-là avec leur chère papa, reconnurent dans la foule le charmant jeune homme qu'elles pensent être responsable du méfait, et le crient à gorge déployée et force doigt tendu.

- PERE ! PERE ! C'EST LUI LA ! REGARDEZ ! C'EST LUI QUI NOUS A VOLE NOS BIJOUX !

Alors que les regards se tournent de toute part pour évaluer la situation, à la table du jeu de cartes, un bougre en profite pour chaparder quelques piécettes et échanger deux-trois cartes, sous le regard abasourdi d'un ptit jeune découvrant les bienfaits d'un alcool nouveau. Mais il n'est pas le seul à avoir vu le tour se jouer.

- HE ! IL TRICHE ! TOI LA ! Remets ça tout de suite où tu l'as trouvé !

Haussement de ton, allure menaçante et main sur la garde : quelque chose me dit que ça va pas tarder à barder ! On est bien loin de la gaieté du tour d'avant !

De l'autre côté de la tente, un gus bien imbibé bouscule la petite marchande d'étoffe, qui s’empêtre dans la canne de l'infirme assis derrière elle, pour pouvoir venir brailler au visage de l'homme au chapeau, encadré d'un autre loustique dans le même état.

- Tu chercherais pas les ennuis toi mon gars ? C'est quoi donc que c'que t'as à la ceinture là ? Et c't'accoutrement là, tu t'es pris pour quoi au juste ?

Et une rixe gratuite, une !

Enfin, ptêtre qu'ils choisiront plutôt de danser avec la troupe qui vient de débarquer, de gré ou de force, entraîné du bras par le badaud qui passe, dans une danse endiablée de pieds et de mains qui sautent et qui tournent !

Vous pouvez continuer vos petites vies en prenant ceci en considération.
Je vous rappelle que le but est de créer de l’interaction, ne restez pas dans votre coin !
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Mer 18 Jan - 16:24
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Le Soleil venait de se coucher et la jeune femme était toujours là en train de discuter avec la victime de la chope volante. Cependant quand elle remarqua la nuit tombait, elle s’excusa auprès de l’homme au chapeau comme quoi elle devait y aller. C’était aussi le moment pour Haren de partir. Mais c’est à ce moment-là que tout dérapa. Littéralement. Tout d’abord, quelqu’un de très certainement ivre bouscula la vendeuse d’étoffe qui tomba sur un homme. Un homme en bleu avec une canne à la main. C’était la personne qu’Haren avait bousculé après avoir volé les quatre jeunes demoiselles. Ne voulant pas l’homme le remarque, le jeune voleur décida de partir dans l’autre sens. Mais encore une fois, il manqua de chance car cette fois-ci, il entendit quelqu’un crier :

Père ! Père ! C'est lui là ! Regardez ! C'est qui nous a volé nos bijoux !
cria une des riches héritières.

C’étaient les jeunes femmes qu’il avait volées plus tôt dans la journée mais cette fois-ci elles étaient accompagnées de leur père. Ce dernier n’hésita pas une seconde et dégaina un couteau avant de foncer sur la personne que ses filles lui avaient désignée. Il vociférait, jurait et cria à Haren de lui rendre ce qu'il avait voler mais celui-ci l’attendait de pied ferme. Sauf que quelque chose les empêcha de se battre, en tout cas dans l’immédiat. Une troupe venait de débarquer et jouait de la musique sur laquelle beaucoup de gens voulaient danser. Ce qui provoqua un immense mouvement de foule vers un endroit un peu plus dégagé pour que les musiciens aient plus de place pour jouer. Et comme il n’y avait pas assez de place près de la troupe, les gens dansaient un peu partout. Ceux-ci tentèrent d’attirer le jeune assassin et le père en colère mais ceux-ci avaient des comptes à régler. Ce dernier essaya d’asséner un coup à Haren mais il l’esquiva assez facilement. L’homme n’était pas un combattant expérimenté. Aussi, il en profita pour faire une clé de bras au père et le plaqua contre la première chose qu’il trouva. C’est-à-dire une table autour de laquelle des géants blonds pour la plupart ainsi qu’un garçon plus jeune et plus petit jouaient et pariaient de l’argent. Aucuns d’entre eux ne semblaient sobres mais qu’ils le soient ou pas, cela ne changeait rien au fait qu’Haren avait fait tombé presque tout l’argent par terre et mélangé les cartes.

He ! T’as bousillé notre partie de cartes ! Tu vas le regretter ! cria un des colosses.

Mais le jeune voleur s’en fichait, il devait d’abord mettre une raclée à l’homme qu’il tenait. Avec sa main droite il essayait de le tenir tant bien que mal et avec la main gauche, il voulut lui donner un coup de poing. Mais il ressentit quelque chose dans sa main droite qu’il n’avait plus ressentit depuis longtemps. Au début, ce n’était qu’un simple picotement, rien de douloureux. Mais cela s’est vite transformé en une douleur de plus en plus forte à la main droite jusqu’à en être insoutenable. Il avait mal là où le serpent l’avait mordu. Il avait tellement mal qu’il lâcha le père qui s’extirpa de là au plus vite pour éviter les foudres des colosses. L’assassin tomba sur la table et se tordit de douleur pendant plusieurs instants et il n’eut pas le temps de réagir qu’il sentit une poigne de fer l’empoigner par le col et le soulever du sol. Pendant que le géant le tenait, un des autres joueurs se leva et lui asséna plusieurs coups de poing dans le ventre. Haren ne pouvait rien faire d’autre que de subir la douleur en espérant que cela passe vite.
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Jeu 19 Jan - 12:47
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La première journée du bal s’était achevée sans encombre : retrouvant son sérieux, Persée s’était remis en quête de cibles à harponner, de badauds à alpaguer. Se fiant aux vestons de soie et aux airs hautains des gens qu’il croisait, il n’avait pas hésité à les aborder avec son sourire habituel.

Au final, pas moins de deux ou trois promesses de contrat furent conclues, et le jeune homme était ravi d’avoir enfin commencé à rentabiliser son voyage. Le soir venu, il s’était laissé guider jusque sous la tente où se trouvait un semblant d’auberge. On y retrouvait la bière, la musique, les danseurs qui tanguaient déjà sur leurs jambes, les œillades frivoles et les rires sincères. Persée aimait cette ambiance, où chacun oubliait ses problèmes pour se concentrer uniquement sur le moment présent. On discutait à qui mieux-mieux, échangeant de bonnes anecdotes, et lorsque l’on retrouvait un visage familier on prenait des nouvelles de la famille. Comment poussaient les enfants ? Comment va ton cher mari ? Toujours aussi nigaud ? Et cela riait, cela chantait, et Persée se laissait bercer par la musique des lieux.

Les choses perdirent toutefois leur caractère paisible lorsque deux demoiselles – que dis-je, rien de moins que des furies ! – entrèrent sous la tente. Un homme bien bâti leur emboîtait le pas, et bientôt elles pointèrent leur doigt sur un inconnu, l’accusant de les avoir volées le matin même. Persée le reconnut : c’était le jeune homme qui l’avait bousculé ce matin avant de s’éclipser aussitôt. La situation ne tarda pas à dégénérer lorsque le père fonça vers le voleur, lame au clair. S’ensuivit un grand mouvement de foule, causé par la troupe de musiciens, et il fut difficile de suivre le déroulement de l’affrontement. Soucieux, Persée se tordit le cou pour essayer de distinguer des bribes du combat, en vain. Il était bousculé de toute part, une jeune femme le percuta même de plein fouet avant d’insulter un inconnu.
Ce n’est que lorsque injures et jurons fusèrent sur sa droite qu’il sut où se diriger : un groupe de joueurs pestait et tempêtait après que le voleur ait renversé leurs mises et leurs cartes. Peu concerné, le voleur continuait à lutter contre son agresseur, cherchant à garder l’avantage. Mais tout à coup il se tordit de douleur, comme foudroyé par quelque chose d’invisible. Le père des furies se dégagea quand sa poigne se relâcha, et bientôt le criminel fut soulevé du sol et roué de coups.

Funeste spectacle. La rixe était passée suffisamment inaperçue pour que la majorité des badauds présents l’ignorent et continuent à danser. Et parmi l’effervescence et la joie, un homme était lentement mis à mort. Persée ignorait jusqu’où cet homme était prêt à aller pour se faire justice : fort heureusement il avait égaré son couteau durant l’affrontement. Il n’osait imaginer ce qu’il aurait fait au voleur sinon…
Les coups pleuvaient, inlassablement, et le voleur ne gémissait plus. Mort ? Évanoui ? Trop faible pour supplier, trop fier pour implorer ? Ne pouvant supporter cette violence, Persée joua des coudes et des épaules et se fraya maladroitement un chemin jusqu’aux adversaires. Là, il ne put que poser une main sur l’épaule du père en colère, cherchant à l’apaiser :

– Allons, mon brave ! La colère te fait perdre la raison. En réclamant la justice, tu te fais vengeur et cède à la violence. Demain, tu regretteras ton geste, et tu...

Il n’eut pas le temps de finir sa phrase que l’homme se retournait vers lui et le repoussait. Ce fut un miracle s’il ne tomba pas. Passablement agacé, Persée retourna à l’attaque et s’interposa carrément entre eux deux. Là, il toisa le géant d’un air froid et dit simplement :

– Je ne sais pas toi, mais je doute que les miliciens qui patrouillent dans les allées apprécient ta réaction. Tu risques de perdre bien plus que ton honneur si tu ne t’arrête pas.
– Mais c’est un voleur !
– Et toi tu es sur le point de devenir un meurtrier. Tu crois vraiment que tes filles ont envie de te voir comme ça à partir de maintenant ? Moi pas. Regarde-les.

Les deux jeunes femmes étaient restées à l’écart. Toute colère envolée, elles fixaient leur père avec un mélange d’inquiétude et d’appréhension. L’homme parut un peu ébranlé de voir les choses ainsi, et relâcha le voleur en maugréant. Persée saisit sa bourse et en tira quelques pièces, qu’il tendit à l’homme. Celui-ci les compta, en réclama une ou deux autres, cracha aux pieds du voleur, puis quitta les lieux après avoir foudroyé Persée du regard.

Le jeune homme s’autorisa un soupir de soulagement et s’agenouilla auprès du voleur bien amoché.

– Eh, dites, ça va ? Oh. Vous saignez un peu, heu… là, ajouta-t-il en désignant l’arcade sourcilière du jeune homme. Il n’avait jamais été très à l’aise face au sang. La musique continuait de jouer autour d’eux. Mais les voix des joueurs de cartes étaient extrêmement proches. Certains insultaient Persée et lui demandaient de s’écarter pour pouvoir accéder à leur tour au voleur. Nul doute qu’il passerait – encore – un sale quart d’heure. « Maintenant mon grand, tu t’es fourré dans un sacré pétrin. Au moins toi tu ne risques rien. Ils n’oseraient pas frapper un infirme. Pas vrai ?... » Persée espérait secrètement que quelqu’un arriverait à débloquer la situation. Lui-même ne voyait pas trop comment.
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Dim 22 Jan - 0:33
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La soirée se déroulait plutôt bien. Akrib avait les doigts gourds et les cartes entre ses mains semblaient douées d'une volonté propre, avec une fâcheuse tendance à se mélanger, mais au moins il s'amusait. Autour de la table, certains pariaient des sommes de plus en plus indécentes, et si le rire était toujours de mise, les regards eux se faisaient un peu plus belliqueux. Rien qui ne puisse dégénérer en rixe cependant. Ah, tiens, si. En même temps, le garçon n'avait pas pris en compte la présence d'autant de voleurs en ce lieu. Le premier qu'il avait repéré avait simplement profité d'un instant d'inattention générale. Au moment où ce dernier allait répondre de ses actes, la table fut secouée par l'arrivé pour le moins fracassante d'un autre voleur et de son détracteur. Akrib s'écarta et tâcha d'analyser froidement tout ce qu'il se passait dans son environnement immédiat.

Le tricheur s'était jeté au sol et rassemblait aussi rapidement que possible les pièces éparpillées. Il se moquait éperdument des cartes, mais c'était compréhensible, il ne comptait probablement pas s'attarder trop longtemps à la table après ça. Toute la vindicte se déchainait sur le second voleur qui subissait actuellement un tabassage en règle. Et autour, les gens dansaient comme si de rien n'était. On bouscula le jeune homme par derrière, et il se retrouva à quatre pattes, aux côtés du tricheur qui poursuivait sa collecte minutieuse.

"L'enfoiré" songea le jeune mercenaire, avant de se mettre lui aussi à ramasser les pièces. Après tout, il y avait là répandu sur le sol beaucoup de ses propres deniers, et le hasard l'avait littéralement poussé à faire ça. Lorsqu'Akrib se redressa avec en poche à peu près autant que ce qu'il avait perdu au jeu, il rejeta un regard circulaire. La situation semblait s'être arrangée pour le voleur. Enfin... arrangée... C'était subjectif. Il était prostré là, couvert par un homme vêtu de bleu, tandis que les autres joueurs essayaient visiblement d'écarter le gêneur pour s'amuser eux aussi avec le sac de frappe improvisé. Il n'arrivait pas à entendre ce que disait l'infirme, dans le brouhaha ambiant. La réflexion d'Akrib était peut-être enrayée, mais il fit l'effort de se mettre à la place du jeune homme qui venait de prendre la raclée de sa vie. La scène à laquelle il assistait lui rappelait trop son enfance dans les rues, et le sort réservé à ceux qui ne courraient pas assez vite pour échapper aux gardes. Il fallait faire quelque chose pour lui donner une chance de reprendre ses esprits et de filer.

Akrib laissa passer de précieuse secondes pendant lesquelles les joueurs floués firent montre d'une exaspération croissante à l'encontre du voleur malchanceux et de son protecteur. Il darda son regard vers l'autre profiteur qui se relevait à son tour, avec lui bien plus de Mall's en poche qu'au début de la partie. L'idée germa et le jeune vohilien mit son plan à exécution. Il se rua vers le tricheur et le bouscula au niveau des épaules. Emporté par son élan -et trahi par l'alcool et ses effets sur la mesure des distances- il bascula lui aussi, se retrouvant de nouveau au sol. Les pièces volèrent en tous sens, certaines retombant en pluie clinquante sur la table à moitié renversée. Akrib ne s'arrêta pas là et se redressa prestement, pointant un doigt accusateur vers l'homme encore au sol.

"Celui-ci se fait la malle avec les enjeux !"
Prenant conscience que passer à tabac le premier voleur ne leur rapporterait qu'un certain sentiment de justice, les colosses se tournèrent vers Akrib et l'homme qui se redressait. Frapper ce dernier, en revanche, leur rapporterait les Mall's qu'ils venaient de perdre. Et les hommes ayant tendance à valoriser davantage l'or que la justice, la colère du groupe se trouva rapidement redirigée vers le tricheur qui déjà reprenait sa course. Le merveilleux plan d'Akrib s'arrêtait là. Il avait allumé un contre-feu, et même si le joueur malhonnête était devenu la nouvelle cible, il avait de bien meilleures chances d'échapper à ses poursuivants que l'autre. Mais cette brillante planification ne prenait pas en compte un élément capital. On l'avait vu.

Un autre doigt fut dardé, mais cette fois dans sa direction. Un homme à la peau mate et aux cheveux hirsutes désignait Akrib.
"C'est son complice, lui aussi nous a volé, attrapez-le !"

Quelques secondes plus tard, le jeune mercenaire louvoyait entre les tables, les danseurs et les empilements de tonneaux, poursuivi par cinq solides gaillards. Dans les ruelles d'Athalie, il les aurait probablement semés en un rien de temps, mais dans cet environnement qu'il ne connaissait pas, et avec son content de girgote dans le sang, c'était un autre défi.

À chaque foulée, il se maudissait d'avoir voulu intervenir. Mais à chaque foulée, les amulettes qui retombaient sur son torse lui rappelaient qu'il avait sûrement fait une bonne action. Et puis, en passant, il s'était quand même bien amusé.
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Mer 25 Jan - 15:43
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Contrairement à ce que Haren avait espéré, le tabac ne passa pas vite. Mais vraiment pas vite du tout. D’abord ce fut le père qui se vengea, il lâcha son couteau et attrapa Haren avant de le tabasser. Tout en tapant, l’homme le traitait de tous les noms d’oiseau et lui hurlait de lui rendre ce qu’il avait volé. Sauf qu’il avait un problème, le jeune voleur ne les avait plus. Enfin, pas avec lui. Haren sentit plusieurs côtes se casser et il saignait du nez ainsi qu’à d’autre endroits de son visage. Il avait même mal à des parties de son anatomie qu’il ne connaissait pas. Heureusement pour lui, quelqu’un lui vint en aide. Il ne reconnut pas tout de suite qui était son sauveur car son œil droit était gonflé mais quand l’homme s’abaissa pour lui parler, Haren sut tout de suite qui c’était : L’homme en bleu qu’il avait renversé plutôt dans la journée. Ce dernier lui demanda comment il allait :

Eh, dites, ça va ? Oh. Vous saignez un peu, heu… là.

Le blessé voulu remercier celui qui l’avait secouru mais aucun son ne sorti de sa gorge à part un bruit rauque. Pendant quelques instants, Haren crut que c’était terminé, qu’il n’était plus en danger mais il se trompait. Lourdement. C’était au tour des joueurs de cartes de s’en prendre à lui et même si l’infirme tentait de les en empêcher, il n’y arrivait pas. Du coup, chacun à leur tour ils frappèrent le jeune homme qui était étendu par terre, incapable de riposter. Encore une fois, il sentit des côtes se brisées et il avait du sang, son sang, qui lui coulait dans les yeux et la bouche. Cela lui sembla durer une éternité. Jusqu’à ce que quelqu’un crie quelque chose qui a distrait les colosses. Cependant Haren n’entendit pas ce que la personne avait crié car il était à moitié assommé et il avait trop de bruit aux alentours. En tout cas, ils abandonnèrent leur victime pour en poursuivre une autre. Le jeune voleur voulu à nouveau essayer de remercier l’homme qui l’avait aidé

M… Mer… ci, souffla-t-il de manière à ce que seul l’homme puisse l’entendre.

Haren ne se sentait pas très bien, il était faible et fatigué mais il était encore conscient. Et il entendait les bruits d’une poursuite. Il voulut alors redresser pour voir ce qu’il se passait mais il comprit son erreur beaucoup trop tard. À cause de ses côtes cassées, le simple fait de se plier en deux lui causait une vive douleur et il se recoucha aussi tôt avec un cri de douleur. Il préféra alors demander à l’homme bleu pour savoir ce qu’il se passait.

Euh… Excu… Excusez-moi mais vous pourriez… me d… dire ce qu’il s… se passe, s’il-vous-plait.


De ce qu’il dit, Haren compris que les géants étaient à la poursuite d’un des joueurs qui aurait tenté de partir avec l’argent. Mais que pour l’instant, ils n’avaient toujours pas réussi à le rattraper. Il y avait au moins une bonne nouvelle. Enfin si on pouvait dire ça. Ne sachant plus quoi faire et à cause de la douleur, le jeune homme lâcha prise et s’évanoui.
Ensuite, tout se passa comme dans un rêve. Haren entendit d’abord des gens crier puis parler près de lui mais il ne parvenait à tout comprendre :

Milice ! Qu’est-ce….

Embarquez-moi ces…. Bourrés qu’on…. Fort.
Avant d’ajouter en montrant Haren du doigt, Et lui qu’est….

Il sentit ensuite qu’on le soulevait sans savoir pourquoi et où on l’emmenait, il espérait juste que c’était pour l’aider.
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Azran Surion
Ça vous dit rien une "Sirène" ?
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Ven 27 Jan - 18:10
La soirée s’était bien passée, différente de celles auxquelles il s’était habitué lorsqu’il venait là, mais sympathique dans son genre. La jeune femme avait une conversation presque aussi intéressante que son physique, et le tout aidé par les quelques pintes qu’ils échangèrent, Azran ne se forçait presque pas pour participer gaiement à leur échange. Ceci étant dit, de leur soirée il retiendrait sûrement une seule chose en particulier : son nom. Aubépine. Très poétique. Très joli. Bon choix.

Et puis la nuit était tombée, et avec ceci la fin de leur moment.

« Ce fut très agréable, merci pour ces quelques heures passées en votre compagnie ! Mais je vais devoir retourner à mes affaires...
- Déjà ? Dommage… »

Il n’y avait pas que du vrai dans ces mots, mais il y en avait. Si Azran avait eu un peu plus de temps, il aurait apprécié d’en passer plus en la compagnie de la jeune femme. Mais chaque heure comptait, chaque minute passée le rapprochait du moment où il devrait retourner à son navire, laisser tomber le masque, reprendre sa vraie vie. Et si pour rien au monde il n’avait décidé de la quitter jusque-là, il appréciait énormément ces quelques instants hors du temps où il pouvait faire semblant d’être ce qu’il n’était pas, ce qu’il aurait pu être.
Et c’était agréable.

Mais chasse le naturel, il revient au galop. Évidemment que quelqu’un serait ivre. Évidemment que c’est vers lui qu’il irait. Évidemment que c’est à lui qu’il chercherait des noises.

« Tu chercherais pas les ennuis toi mon gars ? C'est quoi donc que c'que t'as à la ceinture là ? Et c't'accoutrement là, tu t'es pris pour quoi au juste ? »

Le rustre qui avait empoigné la garde du sabre d’Azran et avait commencé à le tirer hors du fourreau fut arrêté par la poigne de fer du pirate qui se referma sur son poignet avec force, le forçant à ranger complètement la lame. Sa main libre vint saisir le malotru au col, et l’approcha de lui afin de chuchoter à son oreille.

« Tu oses bousculer ma compagne, toucher à mon sabre, critiquer ma magnifique tenue et me parler comme à un bouseux, et c’est moi qui cherche les ennuis ? En temps normal j’aurais déjà tranché ta main moite, arraché ta langue dégueulasse et écrasé ton visage puant. Mais tu as de la chance, aujourd’hui je suis un homme différent. Ceci étant dit, j’ai hâte de te recroiser, mon gars. »

La surprise et l’incompréhension se lisaient sur le visage de l’ivrogne lorsqu’Azran se recula pour lui faire face, tenant toujours son poignet qu’il commença à serrer assez fort pour que le pauvre gars passe du malaise à la douleur et tombe à genoux devant lui. D’un regard, le pirate s’assura que la tisserande ne remarque pas ce qu’il était en train de faire, et une fois confiant que personne ne faisait réellement attention à son altercation avec un ivrogne, il passa derrière lui, son poignet toujours en main, et lui déboita l’épaule, couvrant ses cris de sa main gantée. Il s’approcha ensuite de nouveau de son oreille.

« Cadeau. Pour que tu te souviennes de moi si tu en es encore capable. »

Il alla ensuite rejoindre sa compagne, s’assurant que tout allait bien.

« Quitter l’endroit semble effectivement une bonne chose à faire, mais attendons peut-être que la foule se calme un peu avant. »

Çà et là des cris se levaient, mais une scène en particulier attira son attention. Un jeune homme désigné du doigt par des hommes de toute évidence en colère, et possiblement alcoolisés qui commençaient à se ruer vers lui. Normalement, Azran ne s’occupait pas de ce genre de conflits. Mais une envie inexplicable de lui venir en aide se fit ressentir alors qu’il décampait.

« Attendez-moi ici, je ne devrais pas être long. Si vous pouviez garder mon chapeau, je vous serais reconnaissant. »

Laissant son chapeau à plume en compagnie d’Aubépine, Azran prit un chemin différent de la course, espérant que sa mémoire des rues et ruelles de la ville ne lui fasse pas défaut, et qu’aucun changement important n’ait été fait.

Au bout de plusieurs minutes de course à se guider à la fois grâce au bruit de la poursuite et à la carte mentale de la ville dans sa tête, il parvint à les rejoindre, puis à les devancer, et attendit dans une ruelle le passage des coureurs. Dès que le jeune fuyard arriva à sa hauteur, Azran attrapa son bras d’une main et plaqua son autre sur sa bouche, l’attirant vers lui en se plaquant au mur, lui signalant doucement de rester silencieux tandis que ses poursuivants passaient un par un devant la ruelle sans même la remarquer.

Après quelques secondes passées à tenter de contrôler sa respiration, et une fois qu’il fut certain que les gaillards avaient bien passé leur chemin, il retira sa main de devant la bouche du garçon, et le lâcha.

« Je sais pas ce que tu leur as fait, petit, mais ils t’en voulaient pour sûr. »

Le pirate était toujours haletant, jurant intérieurement contre l’avancée de son âge.
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Lun 30 Jan - 23:53
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S'amuser n'était pas tout, il fallait reconnaitre que finir la soirée en vie remontait dans l'échelle des priorités du jeune homme. S'il se maudissait quelques instants auparavant, les poursuivants s'en chargeaient désormais pour lui, et tout y passait. Sa mère, ses ancêtres, sa terre d'origine, le jour qui l'avait vu naitre et toutes les choses qui se rattachaient de près ou de loin à sa personne. Ils en étaient à incendier son "maudit géniteur consanguin et dégénéré" lorsqu'Akrib se sentit attiré par un bras. Les poumons en feu, l'œil farouche, il s'apprêtait à vendre chèrement sa peau lorsqu'il comprit qu'il n'avait pas été rattrapé, mais bien sauvé. Dans la pénombre de la ruelle, il n'entendait plus que les battements de son cœur. Une main gantée couvrait sa bouche et il lutta pour l'écarter et s'accorder une bouffée d'oxygène bienvenue.

Entre deux inspirations, il releva les yeux vers l'homme providentiel. Ce dernier lui parlait, et il dut faire un effort pour entendre.
"...petit, mais ils t’en voulaient pour sûr."

Il détailla la silhouette tout en se reculant d'un pas, pour se laisser le temps de répondre. L'homme dégageait une impression de force et un charisme indéniable. Tout de bleu vêtu, ses lourdes bottes à boucles dorées lui donnaient l'air d'appartenir à la petite noblesse. Sa barbe et sa moustache, savamment entretenues pour paraitre négligées encadraient un visage couvert de cicatrices. Ce faciès contrastait beaucoup avec l'accoutrement. Ce n'était visiblement pas le genre de nobliau à rester chez lui pour siroter quelque boisson à base d'eau chaude. Ce qui expliquait en partie sa présence dans ces ruelles. Mais pas son geste. Pourquoi l'avoir aidé ? Akrib en était là de sa réflexion lorsqu'il répondit d'un ton neutre :
"Ceux-là étaient prêts à en vouloir à n'importe qui."

Il souffla encore un peu puis se redressa tout à fait. Sa main gauche vint se poser sur la garde de son épée, tandis que la droite tripotait machinalement les amulettes qui pendaient à son cou. Il renonça à chercher une motivation pour le sauvetage auquel il avait eu droit. Parfois, accepter un coup de pouce du destin sans trop se poser de question, c'était bien aussi. Et puis l'adrénaline retombant, les brumes de l'alcool revinrent ralentir la réflexion du jeune homme.

"Je... Merci. Vous m'avez évité une longue course. Et peut-être bien pire."

Ne fallait-il pas ajouter quelque chose ? Se répandre en remerciements ? Montrer un peu plus de gratitude ? Finalement, le jeune mercenaire se décida à se présenter sobrement. Enfin, aussi sobrement que possible :
"Je m'appelle Akrib... Je vous suis redevable pour ce soir... Alors, si vous avez besoin de quoi que ce soit, un jour..."

Il ne savait pas bien comment un gamin tel que lui pourrait être utile à un homme comme celui-là, mais cela ne coutait rien de proposer. Au loin, on entendait encore l'écho de la fête. Était-ce plutôt le son mélodieux des luths et les rires des danseurs, ou le bruit des choppes qui volent et d'une bagarre généralisée ? Le jeune brun n'aurait su le dire, mais il ne comptait pas s'éterniser par ici. Il avait assez vu de choses nouvelles pour ce soir. Il lui faudrait encore dégotter un endroit où dormir, de préférence quelque part où il ne risquait pas de tomber sur d'autres joueurs. Demain, il partirait à la recherche de Babdal et de son étal. Mais pour le moment, il fallait prendre congé de son bienfaiteur. Avec un dernier regard empli de reconnaissance, le garçon s'éclipsa, partant dans la direction opposée de celle qu'avait choisi ses poursuivants.

Ses doigts jonglant toujours nerveusement avec ses gri-gris, il remercia en pensée sa mère pour la bonne fortune de ce soir. Il l'avait vraiment échappé belle.
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Sanghor Dunhîl
On se les caille ici !
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Mar 31 Jan - 18:11
L'après-midi laissait place à la soirée lorsque je compris que je passais plus de temps à me faire plumer, qu'à plus plumer qui que se soit. Et surtout par un jeunot assis à côté de moi ! Ah, la veine de la jeunesse ! La gaieté et l'ivresse aussi, c'est qu'il avait l'air un peu déphasé le petiot. Mais pas méchant pour un sous, le voilà même qui commençait à faire la discussion lorsqu'un groupe de troublions débarquèrent, ne me laissant pas l'occasion de lui répondre.
Un voleur, qu'elle criait la demoiselle ! Un tricheur, qu'il beuglait le gus en face de moi ! Des chants et de la danse qu'apportaient la troupe pas loin !
Je ne savais plus où donner de l’œil, mais ça ne dura pas bien longtemps. Au lieu de se faire la malle en douceur, le voleur préféra rentrer en conflit avec le père de la demoiselle, et en venir aux mains... sur notre table de jeu. L'intérêt pour le tricheur, vint sur le voleur pour avoir tout fichu en l'air. Je m'étais vivement dégagé de la table, cote à cote avec le jeunot, en oubliant mes peaux de bêtes sur le banc. Les problèmes qui ne me concernent pas, très peu pour moi. Surtout que c'était pas pour le peu de Mall's qu'il me restait sur cette table que j'allais batailler... Mais certains aiment bien rentrer dans les problèmes ! Comme si ça lui suffisait pas d'être infirme, voilà qu'un maigrichon débarquait à la rescousse du voleur. Il semblerait bien que c'était ce que le petit jeune avait prévu aussi, puisqu'il attira toute l'attention sur lui en se faisant accuser de voleur à son tour, après avoir bousculé le tricheur. Et voilà que la course-poursuite était lancée !

Je secouais la tête, tout en soupirant avec dépit. Voilà ce qui arrivait quand on se mêlait pas de ses petites affaires à soit. J'entrepris alors je ramasser mes peaux, qui s'étaient retrouvées chavirées dans l'histoire, tout en m'adressant à l'infirme.

- Hé l'ami ! Tu ferais mieux de pas t'attarder autour de ... Je tendis ma peau en directement du voleur à terre, en piteux état. ... problèmes comme ceux-là.

Mais les problèmes affluèrent d'autant plus. La Milice débarqua. La foule tenta de s'éparpiller rapidement, à coup de coudes et de petits pas pressés, ce qui fut bien plus difficile pour un homme de ma stature. Je n'eu pas le temps de faire bien du chemin et me fit embarquer au même titre que n'importe quel ivrogne tapageur.

- Tu vois bien que je ne suis pas ivre voyons ? J'étais sur le départ en plus, la route m'attend, je dois retourner en Kravmalörg !

Parler au vent aurait eu le même effet qu'avec ce milicien. C'était ma foi très agréable !

- Rah mais laisse-moi prendre mes peaux au moins, j'ai pas travaillé tous ces mois pour laisser ça comme ça sur le sol !

Du coin de l’œil, je vis l'infirme aux mêmes prises avec un autre milicien, tandis que le voleur était traîné tant bien que mal vers une charrette, pour être emmené je ne sais où.

- Hé l'infirme ! Tu vois, qu'est-ce que je t'ai dit ? Des problèmes, toujours des problèmes !

Je levais la main et pestait en tournant les talons. Je n'étais pas bien inquiet de mon sort, mais pas bien réjouis non plus. Et la nuit fut telle que je l'avais imaginée. Une séries de questions sans queue ni tête, des accusations toutes plus absurdes les unes que les autres, des insultes, des quolibets, du chantage, bref, les joies d'être arrêté par la Milice. Lassés, ils me relâchèrent au petit matin, gardant mes peaux en gage de ma bonne volonté, sans même avoir demandé.
Et je pris le chemin de la maison sans me faire prier.
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Mer 1 Fév - 0:19
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Aubépine resta là, à attendre un signe, un mot, n'importe quelle indication lui permettant de rester encore un peu, oublier sa famille et son commerce pour la soirée. Voilà des années qu'elle participait au bal de l'ennui en tant qu'exposante, aidant ses parents à tout va, passant parfois des heures et des heures derrière l'étale pour renseigner les clients, sans espoir de prendre part aux festivités. Alors ce soir, elle avait envie de s'amuser, en compagnie de son actuel interlocuteur ou d'un autre, elle s'en moquait. Enfin, il fallait avouer que cet homme l'intriguait énormément. Il était resté assez mystérieux sur son passé, et cela n'avait fait qu'attiser la curiosité de la tisserande.

Le fil de ses pensées fut interrompu par une série d'événements fâcheux, comme si les cieux avaient frappé de tous les maux de la terre cette petite place, comme foudroyée par le sort. La jeune femme n'échappa pas à ce torrent de malchance, qui s'abattit sur elle sous la forme d'une brusque bousculade de la part d'un des nombreux ivrognes présents sur les lieux. Perte d'équilibre, réflexes diminués par l'alcool, la chute s'avérait inévitable. Sans vraiment essayer de comprendre ce qu'il venait de se produire, la marchande se releva rapidement et lança un regard noir à l'homme responsable de ce geste. Elle prit tout de même la peine de s'excuser auprès de l'homme dont elle venait de percuter la canne, mais reporta bien vite son attention sur l'ivrogne. Et en plus, il s'en prenait à son partenaire ! Aubépine avança tant bien que mal vers eux, afin de... de quoi au juste ? Elle n'avait absolument aucune chance face à un mastodonte pareil, et elle saurait plus facilement raisonner une mule aveugle et sourde plutôt que ce trublion. Cependant, pour le raisonner, il aurait d'abord fallu se faire entendre. Le chaos s'était emparé de l'endroit : on y criait, frappait, buvait et dansait, toutes ces actions réalisées au dépend des autres. Non loin de là, on semblait tabasser un malheureux alors que d'autres bagarreurs se précipitaient dans les rues à la poursuite d'une autre proie. Comment la situation avait-elle pu dégénérer à ce point en si peu de temps ?

On la saisit par le bras et la jeune femme faillit donner un coup de coude au responsable, ce qui aurait été une grave erreur puisqu'il s'agissait d'Azran, qui en avait visiblement fini avec ses adversaires. La tisserande acquiesça à la remarque de son interlocuteur, mais pris le temps de jeter un œil à cet être hurlant de douleur qui l'avait bousculée quelque minutes plut tôt. Quoi qu'il lui soit arrivé, il n'avait que ce qu'il méritait. Aubépine en aurait volontiers touché un mot à son compagnon si elle n'avait pas du se concentrer pour sortir de cet capharnaüm. Du moins, c'est ce qu'elle comptait faire avant que l'homme vêtu de bleu ne l'abandonne pour sauver un autre fuyard des griffes d'une bande de joueurs enragés. La jeune femme le regarda s'éloigner, tenant fermement le chapeau qu'il lui avait confié. Qu'était-elle sensé faire ? Attendre son retour ? Certainement pas dans une telle cohue. Elle prit tout de même la peine d'observer l'état actuel des choses : la tension était légèrement retombée, chacun se calmait lentement et reprenait ses esprits. Elle put même apercevoir le client qu'elle avait rencontré quelques jours plus tôt et à qui elle avait vendu une étole en soie couleur ocre. La tisserande tenta de se faufiler jusqu'à lui dans un but qu'elle n'aurait su définir. Savoir ce qu'il s'était réellement passé peut-être ? À moins qu'une conversation posée puisse lui permettre de passer le temps en attendant le retour d'Azran ? Quoi qu'il en soit, elle n'eut guère le temps d'engager la conversation ou même rejoindre le colosse : la milice avait finalement décidé d'intervenir et commençait à interpeller toute personne se trouvant sur son passage, ne cherchant pas à trier les ivrognes des fêtards restés sobres. Aubépine s'éloigna sans demander son reste, inutile d'être entraîné dans une affaire qui ne la concernait nullement.

Elle regagna l'étale de sa famille quelques minutes plus tard, scrutant de temps à autres la foule à la recherche de son compagnon, sans succès. Son frère fut le premier à la voir arriver et il ne tarda guère à la rejoindre, demandant de plus amples informations sur "ce bordel dans la tente, là-bas". Aubépine lui expliqua brièvement la situation, davantage pour qu'il la laisse en paix que pour l'informer réellement. Le reste de la soirée fut consacré au rangement de la marchandise jusqu'au lendemain matin : la nuit serait courte, alors autant profiter des quelques heures de sommeil qui lui restaient.
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La Mathu'Omniscience
L'âme du Monde
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Ven 3 Fév - 9:54
Je vous avais bien dit que le Bal de l'Ennui était animé ! Ah... Ça, ça ressemble un peu plus à un Bal comme je les aime. Oui, je sais, je passe mon temps à râler parce que mes gus sont pas bien élevés et qu'il faut remonter la pente, mais là quand même : un Bal de l'Ennui où tout le monde est sage, ça porterait trop bien son nom !

M'enfin, il s'est pris une sacrée dérouillée le ptit gars quand même ! Voilà ce qui se passe quand tu te fais prendre la main dans le sac à Mathusalem : pas vu, pas pris, vu... pas joli. Mais je ne perds pas espoir d'y trouver des gens bien, la preuve, un bon samaritain est venu à sa rescousse - tout à fait entre nous, je sais pas bien si je serais pas rester dans mon coin à l'écart, moi ! C'est d'ailleurs l'attitude qu'un colosse blond pensait la plus adéquate, pas fou celui-là. Mais pas sûr que ça ait payé non plus, puisque tout le monde s'est fait embarqué par la Milice, ivre ou pas, coupable ou pas.

Pendant ce temps là t'en a un autre qui jouait des mains - enfin d'une main - avec un ivrogne importun, puis en rejoignit un autre pour jouer à cache-cache dans les rues de Barannor, avec des ivrognes de joueurs énervés, afin de sauver leur peau - enfin la peau du plus jeune plutôt.

La charmante demoiselle blonde, elle, en eu marre de se faire bousculer de la sorte et repartit bien vite vers l'étale familial, un chapeau à plumes toujours dans les mains.

Et la nuit continua, à force musique, danses et bruits étouffés de toutes sortes. Demain serait un autre jour, un jour de fête pour certain, un dur retour à la réalité pour d'autre, ou bien simplement le jour suivant - quelle logique, hein ?
C'en était fini de mon Bal pour cette année, mes gus s'étant bien vite éparpillés. Peut-être les reverrais-je l'année prochaine, qui sait ?

•••

Au petit matin, en route pour retrouver Badal et son étal, Akrib aperçu un colosse blond à l'allure familière, se diriger bon train vers la sortie Nord de la ville.

Haren se réveillait douloureusement dans un lieu inconnu, sombre et humide, perclus de courbatures, sous le regard neutre de l'infirme qui décidément, n'en finissait plus de croiser son chemin.

Et un certain Pirate n'arrivait plus à mettre la main sur son fameux chapeau à plumes !
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