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Songe d'Athalie [PV Severine]

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Azran Surion
Ça vous dit rien une "Sirène" ?
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Ven 9 Déc - 22:58
Athalie était possiblement le lieu préféré d’Azran sur Mathusalem, et pour cause. L’endroit semblait être fait pour lui, à moins que ce soit lui qui s’y était adapté. Il y avait les Jeux auxquels il assistait toujours s’il le pouvait, les halles où il faisait bon se balader rien que pour y voir les étalages se faire dérober avec une discrétion impeccable, et son port. Ah, le port d’Athalie ! La porte de Mathusalem vers la Liberté ! Son seul regret dans cette ville était l’impossibilité d’y amarrer son navire pour des raisons évidentes. Mais, bien qu’essentiels à la prospérité de la ville, ces trois atouts principaux n’en étaient pas les seuls.
Les lieux de bienfaits, comme Azran les appelait, ne manquaient pas à Athalie. Son port, son arène et ses halles attirant foule, il fallait bien de quoi satisfaire tout ce beau monde. Aussi, les tavernes et autres bordels continuaient encore aujourd’hui à pousser dès que l’occasion se présentait, et même parfois malgré le manque d’occasion.

Revenant tout juste de mer, le pirate se serait volontiers permis de dépenser quelques pièces dans un des nombreux bordels de la ville, mais c’était une de ses auberges qui l’intéressait aujourd’hui, dont l’écriteau très simpliste se contentait d’en renseigner le nom :

« Le Songe. Je crois qu’on y est. »

Suivi de quelques hommes de confiance, Azran entra dans l’établissement et en balaya l’intérieur du regard. L’endroit n’était pas particulièrement bien éclairé, peut-être pour éviter aux clients de se poser des questions sur la couleur de leur boisson, ou tout simplement par manque de budget. Ce détail mis à part, l’intérieur n’était pas ignoble. Les piliers de bois et poutres apparentes lui donnaient même un certain charme.

Derrière le comptoir se tenait une grosse dame aux attributs exagérés, passant un coup de torchon grossier à une série de choppes qu’elle alignait par la suite devant elle. D’un pas assuré, Azran vint à elle.

« Je te sers quelque chose, la Moustache ?
- Une girgote, les Mamelons. Et je cherche quelqu’un. »

Sans réelle surprise, la grosse dame vida la choppe qu’elle tenait sur le visage du pirate, et la remplit d’un liquide plus aromatisé qu’elle tira d’une des barriques présentées derrière elle. La faisant glisser jusqu’à un Azran se séchant à l'aide de sa manche, elle fit signe à un homme assit dans un coin de la salle qui vint rapidement les rejoindre.

« Tu seras gentil de laisser Marguerite tranquille, Azran.
- Elle manque cruellement d’humour, Gus, voilà tout, répondit le concerné en sirotant sa girgote, non sans l’avoir reniflée par sécurité auparavant. Il voulait me voir ?
- Suis-moi. »

Après un clin d’œil sans réponse à la grosse dame, Azran emboita le pas à son ancien camarade, sa choppe à la main. Le borgne l’emmena à l’étage, jusqu’à une porte tout au fond du couloir qu’il ouvrit après avoir toqué à un rythme très spécifique. Laissant la voie au pirate, il se mit tout de même en travers du chemin de ses compagnons qui protestèrent.

« Ça ira, les gars. Vous pouvez attendre là. »

Toujours sirotant sa girgote, le Capitaine referma la porte derrière lui. Dans la pièce aux épais rideaux fermés, seuls quelques minces rayons de lumière laissaient distinguer la silhouette d’un homme assis sur une chaise adossée au mur d’en face. Après quelques secondes d’un pesant silence, Azran tendit sa choppe vers la silhouette, affichant un sourire narquois presque imperceptible dans la pénombre.

« T’en veux ? C’est absolument ignoble. »

Suite à l’absence de réponse de son interlocuteur, il reprit une gorgée de son breuvage, et s’adossa à la porte.

« Pourquoi ici et pas à Khalem ? Ça fait quoi… trois ans qu’on se n’est pas vus ? La dernière fois tu as essayé de m’éventrer, si je me souviens bien. Après tout ce temps, je m’attendais à mieux qu’une auberge miteuse dans un coin perdu d’Athalie pour nos retrouvailles. »

Toujours dans le silence, l’homme se leva et tira les rideaux pour laisser entrer la lumière. Les yeux d’Azran s’étant habitués à l’obscurité, il lui fallu quelques secondes avant de pouvoir dévisager son interlocuteur. Ses cheveux étaient à présent entièrement grisés, et la vieillesse s’était pleinement installée sur son visage. Seule sa moustache semblait rester fière malgré les années.

« Eh ben, de pire en pire. À croire que c'était le Chien de Mer qui te permettait de fuir ton âge, Papa. »
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Severine Vendevert
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Sam 10 Déc - 15:09
Bien avant l’arrivée du pirate à la moustache artistique, une femme avait pris place à l’une des tables du Songe. Drapée de noir, elle s’était glissée jusqu’à un recoin avec la discrétion d’une ombre. Elle n’y était pas installée seule et un enfant d’une huitaine d’année aux yeux bicolores était assis en face. Silencieux, il observait la salle avec un œil curieux comme si c’était la première fois qu’il pénétrait dans un tel lieu. Une serveuse leur apporta deux assiettes de ragoût, mais avant que l’enfant ait eu le temps de piquer sa fourchette dans une pomme de terre, la femme en noir lui ôta son assiette et lui ordonna :

"Récite moi ce que je t’ai appris hier sur l’ail. "
L’enfant sembla réfléchir un instant avant de s’exécuter avec timidité. Alors qu’il débitait sa leçon ses yeux vairons ne cessaient de naviguer entre la table et le regard indéchiffrable de la bonne femme. Lorsqu’il eut fini sa tirade, un flottement s’en suivi et avant qu’elle ne commente avec sécheresse :

"Tu as oublié la propriété vermifuge."
Pourtant, elle lui fit quand même glisser son assiette sur laquelle il se jeta sans demander son reste.
C’est à cet instant que le pirate à la moustache entra dans l’auberge. D’où ils se trouvait, le duo pouvait tout entendre de l’échange avec la serveuse. Et lorsque celle-ci répliqua au sobriquet par un arrosage bien contrôlé dans le visage du pirate, le petit garçon aux yeux vairons se mit à pouffer, trouvant la scène drôle. Ce qui ne semblait pas être le cas de sa gardienne qui répliqua :

"Cesses de rire cervelle d’asticot ! Cet homme torture, tue et pille les gens. Tu veux mourir les viscères à l’air ? Et bien arrête de te moquer de lui et termine ton assiette."  
L’enfant avait perdu son rire aussi rapidement qu'il avait gagné en pâleur. Il piocha ce qui ressemblait à une carotte tout en prononçant ses excuses de sa petite voix fluette :

"D’accord madame Severine. Pardon madame Severine. Je ne le referais plus."

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Azran Surion
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Sam 10 Déc - 23:56
Un silence pesant s’installa sur la pièce dès lors que le vieux pirate refusa de répondre à la provocation de son fils. Il se contenta de l’observer siroter son ignoble breuvage.

« Tu n’avais pas cette cicatrice-là, la dernière fois qu’on s’est vu furent les premiers mots prononcés par Archimandias qui traçait une ligne imaginaire de sa joue à son nez.
- Non, c’est toi qui me l’as faite.
- Ah bon ?
- Oui. »

Le silence reprit ses droits, tandis que l’ex-Capitaine penchait la tête sur le côté.

« Elle te va bien,
- N’est-ce pas ? »

Chose incroyable, père et fils partagèrent un sourire complice pour la première fois depuis des années. Voire la première fois tout court.

« Bon si t’en venais au fait.
- Quel fait ?
- Qu’est-ce que tu me veux ?
- Ah, ce fait.
- Voilà.
- Je veux que tu me rendes mon navire.
- Non.
- Sûr ?
- Oui.
- Je m’en doutais… »

Se dirigeant vers le lit, Archimandias saisit le fourreau de son sabre et le dégaina.

« J’aurais aimé ne pas en arriver là. »

Azran leva les yeux au ciel pour seule réponse.


« Et donc vous êtes borgne ?
- Effectivement.
- Ah.
- Mais d’un seul œil.
- Ah !
- Sinon je serais aveugle.
- De fait. Ça serait handicapant.
- Pour sûr. »

C’est à peu près à ce moment de l’importante conversation que tenaient les braves hommes stationnés à la porte qu’ils entendirent de l’agitation s’élever de la pièce derrière eux. Après avoir simultanément regardé la porte, ils s’observèrent entre huit yeux et soupirèrent à l’unisson.

« Est-ce qu’on doit intervenir ?
- On devrait. »

Un silence gêné suivit.

« On s’écarte de la porte ? »

Tous acclamèrent cette idée, et allèrent se stationner à l’autre bout du couloir. Le temps leur donna vite raison, puisqu’à peine quelques secondes après le début d’un cri prolongé venant de l’intérieur, la porte s’ouvrit violemment sous le choc du dos d’Archimandias, porté par un Azran l’ayant tête baissée utilisé comme bélier. Mais le verrou de la porte étant moins solide que ce que l’aurait cru le Capitaine pirate, il fut emporté par son élan, jusqu’à ce que sa botte déjà humide du reste de girgote sur lequel il avait marché dans le chahut le fasse glisser sur le parquet ciré du couloir, le faisant perdre l’équilibre et les propulsant tous deux dans l’escalier.

La chute leur parut bien plus longue qu’elle le fut réellement, et lorsqu’ils furent de retour sur le plancher des vaches, une douleur intense se faisait sentir dans presque toutes les extrémités du barbu râlant. À côté de lui, son père se releva douloureusement et s’approcha de lui en rampant.

« Sérieusement ? Comment ça se fait que t’es pas mort, toi ? »

Toujours râlant, le barbu se redressa et, lorsque le moustachu fut à portée, le mis au tapis d’un ultime coup de poing qui lui arracha tout de même un petit cri de déconfort, si ce n’était pas de la douleur.

« Je vous préviens. S’il y a du dégât, aucun d’entre vous ne sort d’ici avant que les frais soient payés. »

Misérablement assis par terre, Azran tâta doucement son visage pour constater l’ampleur des dégâts. Il savait très bien que ça allait finir comme ça. Pourquoi avait-il accepté de venir ?
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Severine Vendevert
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Dim 18 Déc - 18:06
Les bavardages allaient de bon train, ils remplissaient l'espace, imposant à la salle principale un fond sonore dans lequel on s'entendait à peine. Severine Vendevert, elle, restait silencieuse. Elle regardait l'enfant finir son assiette, visiblement pensive. Un fracas assourdissant eut raison de sa réflexion et elle ne fut pas la seule à tourner la tête vers l'escalier où deux hommes venaient de dégringoler. Toute la salle était tournée vers le scène, chacun avait oublié de quoi il parlait une seconde plus tôt, tous regardaient l'homme le plus vieux effectuer un denier effort pour coller son poing dans la figure du deuxième que l'apothicaire reconnu comme le pirate qu'elle avait identifié un peu plus tôt. Des commentaires commencèrent à se murmurer, tantôt appréciatifs, tantôt critiques. Seul le gérant eut assez de tripes pour clamer haut et fort que les dommages matériaux devraient être payés. Pour sa part, Severine trouvait le moment bien choisi pour quitter la taverne. Elle se leva et ordonna :  

"Pépin, prend tes affaires, nous partons. "
Mais l'absence de mouvements en face d'elle la fit se figer. Ses yeux se posèrent sur la chaise en face d'elle : elle était vide. Nom d'une feuille d'automne ! Où était-il passé ?! Rapidement, elle jeta un coup d'oeil circulaire à la pièce et remarqua que l'enfant s'était aventuré vers de l'escalier pour voir de plus près ce qui s'y passait. Elle jura sur Thorel et s'avança à grandes enjambés vers lui pour le rattraper.  

"PEPIN !"
Aboya-t-elle quand elle le vit se diriger vers celui qu'elle connaissait sous la casquette de pirate. Mais le gamin ne s'arrêta pas. Debout à côté du blessé, il lui tapotait doucement l’épaule pour attirer son attention.  

"M'sieur ? "
Demanda-t-il d'une voix fluette.

"Tu veux un baume pour soigner les coups ? C'est 150 Mall's. "
En l'entendant prononcer ces mots Severine se demanda si le petit était courageux ou complètement débile. Elle opta pour la deuxième option quand il se tourna cette fois vers le vieux pirate pour lui proposer :

"Ma maîtresse pourra sûrement faire que'que chos' pour ton nez M'sieur. Mais ça s'ra plus chère j'crois bien.  "
Dans une dernière enjambée Severine arriva à la hauteur du bavard et lui asséna une puissante claque sur l'arrière du crâne. Pépin, surpris couina en portant ses mains à l'endroit de l'impact. Visiblement il ne l'avait pas vu venir celle-là et il ne la comprenait encore moins si elle s'en référait à son regard interrogateur.

"Mais Madame Severine ! Je nous ai trouvé deux clients. Vous avez dit que on avait besoin de .. AÏE ! "
Deuxième taloche pour l'inciter au silence alors qu'elle lui accordait un regard assassin.

"Silence" Ordonna-t-elle en se faisant obéir sur le champs.

"Et on dit Monsieur, pas M'sieur."Ajouta-t-elle.

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Azran Surion
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Dim 18 Déc - 22:03
Le crâne douloureux, la tête qui tournait, les oreilles qui bourdonnaient, Azran n’était pas au meilleur de sa forme. Il ressentit un besoin inopiné de tousser, toux qui, bien plus douloureuse que prévu, lui arracha un grognement et le fit se tenir la cage thoracique. Est-ce que cet os-là était à sa place ?

Un tapotement sur son épaule le fit sursauter, et il se mit sur ses gardes avant de voir le petit garçon qui s’était approché de lui. Sa voix fluette fut sûrement la seule chose qui lui évita d’être mêlé à la bagarre qui venait de se terminer. En toute honnêteté, et à la déception du Pirate, dans son moment de faiblesse il avait cru entendre une voix de femme.

« Tu veux un baume pour soigner les coups ? C'est 150 Mall's. »

… Pardon ?

« Ma maîtresse pourra sûrement faire que'que chos' pour ton nez M'sieur. Mais ça s'ra plus chère j'crois bien. »

Est-ce qu’il avait reçu un coup de trop sur la tête, ou est-ce qu’un mioche venait d’approcher deux des pires Capitaines vivants de Khalem en leur proposant de leur faire payer ses services ? Même pas, ceux de sa maîtresse.
Maîtresse qui les avait déjà rejoint et commençait déjà à le réprimander sévèrement alors que le petit s’expliquait à coups de… Une seconde, est-ce que ce gamin était en train de répondre à sa maîtresse en parlant de clientèle ? Quel âge est-ce qu’il pouvait bien avoir ? Même pas dix ans ? Et en voyant deux hommes dégringoler d’un escalier et en se prenant lui-même des coups de la part de sa maîtresse, il ne pensait qu’au profit ?



Une fois que toutes ces informations se furent regroupées et formèrent une situation claire dans le cerveau d’Azran, il se mit à rire. Mais pas le petit rire gratifiant qu’on adresse à un enfant lorsqu’on trouve qu’il a fait quelque chose d’amusant. Ça ressemblait plus au fou rire d’un homme qui avait manifestement pris un coup de trop sur la tête. Se laissant basculer en arrière et se tenant ses côtes déjà douloureuses qui n’allaient pas en s’arrangeant à chacun de ses gloussements, il faisait un étrange bruit, que l’on ne pouvait que difficilement retranscrire par un genre de "ha ha ha ow ow ow".

Et ce fut sur cette vision des deux Capitaines tous deux au sol, l’un qui n’était peut-être même plus conscient et l’autre pris dans un douloureux fou-rire, que les trois hommes qui avaient chacun failli à leur tâche de protection respectives apparurent descendant les escaliers, chacun aussi dubitatif sur la situation que les autres.

« Capitaine ? Ça va ? »

Azran ne leur répondit pas. Il prit quelques secondes pour se calmer, soupira un grand coup, toujours paré d’un énorme sourire, et se redressa pour regarder le petit, ignorant pour le moment ses hommes autant qu’il ignorait la femme qui accompagnait le gamin.

« Je t’aime bien, petit. Si t’étais pas aussi jeune, j’aurais eu du travail pour toi. »

Il avait tendu son poing fermé vers le garçon pour que celui-ci tape dedans, mais la vue de sa manche tranchée imbibée de sang lui ôta son sourire et lui fit froncer les sourcils, ponctuant d’un simple « Oh. ». Soulevant le tissu pour constater avec une grimace l’état déplorable de son avant-bras, il entama une vérification bâclée de son état. Le vieux rat ne l’avait pas raté avec sa lame, ni avec la plupart des objets qu’il avait utilisé contre lui, et sa tenue complète était bonne à jeter.

« Un baume ne suffira peut-être pas, mais j’ai l’impression qu’on va pouvoir faire affaire. »
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Severine Vendevert
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Mer 21 Déc - 11:22
Alors que le pirate se fendait d’un rire qui mettait sérieusement en doute sa santé mentale, Severine pesait le pour et le contre de cette affaire. Elle avait besoin d’argent, autant qu’elle avait besoin de quitter rapidement cet endroit. Elle était descendue ici pour voir de la famille et acheter des plantes ou éléments médicinales qu’on ne trouvait qu’ici. Le problème avait été que l’une ses petites cousine était tombée malade… Severine avait été chargée de la soigner, ce qu’elle avait fait, lui dispensant soins et remèdes. Malheureusement elle avait compris trop tard que sa mère de dépenserait pas un Mall’s pour ça : Apparemment ça ne se faisait pas de faire payer la famille. Entre ses achats et l‘absence de gains, le voyage lui avait coûté plus chère que prévu. Bien plus chère ! Ces pirates tombés de l’escalier étaient presque une aubaine.  Mais voilà tout le problème : c‘étaient des pirates.
Elle y réfléchissait donc à deux fois quand le moustachu cessa de rire et s’adressa à Pépin. Il ne lui fallut guère plus de deux phrases pour attiser la colère froide de Severine. Dans un geste possessif, elle posa la main sur l’épaule de Pépin et affirma sans un sourire :

"Mon apprenti a déjà du travail. "

Le dit apprenti, qui apparemment n’avait pas sa langue dans sa poche, ajouta :
"C’est vrai ça Monsieur,  Madame Severine, elle va m’apprendre à soigner les gens ! "

Cette perspective semblait l’enchanter, ce qui arracha un rictus de fierté à sa Maîtresse : son premier sourire de la journée. Sourire qui s’effaça quand Pépin ajouta avec toute l’innocence du monde:

"J’aime mieux ça qu'torturer, tuer et piller les gens. "
Pourquoi ce gosse ne pouvait-il pas seulement la fermer ?! Troisième taloche pour la route : il faudrait vraiment lui apprendre à ne pas répéter ce qu’elle lui disait à n’importe qui et surtout n’importe quand.

"Aïe ! "
Pour passer rapidement à autre chose, l’apothicaire enchaîna :  

"Faisons affaire alors. Je ne prends que les Mall’s. A vu d’œil il y aurait au minimum suture et baume cicatrisant. Ce qui reste dans mes services. Traitons-nous à deux… Ou à trois ? "
Elle glissa un œil vers l’autre amoché.

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Azran Surion
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Mer 21 Déc - 19:00
La possessivité de la dame n’échappa pas au pirate, qui se releva, semblant avoir oublié la douleur, et se planta devant elle, la regardant de haut.

« C’est vrai ça Monsieur,  Madame Severine, elle va m’apprendre à soigner les gens ! »

Severine, donc. Cette information supplémentaire donna un peu plus d’intérêt à Azran pour la guérisseuse, détaillant son visage, jusqu’à écarter des yeux surpris. Il l’avait déjà vue auparavant. Il en était certain. Mais où ?

« J’aime mieux ça qu'torturer, tuer et piller les gens. »

Cette remarque, accompagnée par la réprimande sévère de la dame, tira le pirate de ses rêveries.

« Tout doux, gamin. Tu es trop jeune pour prononcer la plupart de ces mots. »

Son ton n’était pas sévère, ni même moqueur. Pour les personnes qui regardaient encore la scène, la plupart s’en étant désintéressés dès le coup de poing final, cela semblait être la première lueur de sérieux de la part du pirate.
Azran était conscient de ses actes et de l’horreur qu’ils pouvaient inspirer, et il ne s’en cachait pas. Mais l’innocence d’un enfant ne devrait jamais être troublée par ces choses-là. Et si le gamin en avait eu vent, Azran blâmait soit la personne qui l’y avait exposé, soit celle qui lui en avait parlé.
C’est donc un regard sévère qu’il posa sur la femme en face de lui lorsqu’elle reprit.

« Faisons affaire alors. Je ne prends que les Mall’s. A vu d’œil il y aurait au minimum suture et baume cicatrisant. Ce qui reste dans mes services. Traitons-nous à deux… Ou à trois ? »

Quelques pas suffirent au pirate pour vérifier l’état de son père. Toujours immobile, les yeux fermés, le rythme régulier avec lequel sa cage thoracique se levait et se baissait lui assurait qu’il n’était pas mort. Soit il dormait, soit il était inconscient. Dans les deux cas, lui aussi aurait besoin de soins.

« Les gars, montez dans la chambre, trouvez sa planque, et ramenez-moi ce qu’elle contient.
- Azran… Tu sais que je peux pas les laisser faire…
- Gus, tu sais que tu peux pas les en empêcher. »

Sous le regard insistant qui accompagna ces mots, le borgne n’eut d’autre choix que de soupirer et d’aller s’asseoir au bar, laissant les pirates remonter l’escalier tandis que leur capitaine se penchait sur le vieillard inconscient afin de s’assurer qu’il n’avait rien sur lui. Son attention se porta sur une chevalière en or qu’il portait au doigt, qu’il lui retira afin de l’observer de plus près.

« C’est nouveau, ça.
- C’est un cadeau qu’il a reçu en échange d’informations sur toi. »

Fronçant les sourcils, Azran se retourna vers le borgne.

« Un gars est venu nous voir y a un an à peu près. Il disait que sa promise était partie à cause de toi, et cherchait à te donner une leçon. Archi lui a demandé sa chevalière en échange.
- Brun, cheveux courts, propre sur lui ?
- Aye.
- Alors c’est ça qu’il me reprochait…
- ‘Semblerait qu’il t’a retrouvé alors. Et après ? »

Terminant sa recherche sans autres trouvailles, Azran ne répondit que par un sourire. Puis, sifflant, il envoya la chevalière que la grosse dame peina à rattraper.

« Pour les dégâts. Et avec le sourire la prochaine fois. »

Tandis que la tenancière souriait bêtement, les hommes d’Azran réapparurent dans les escaliers, transportant un sac à la main qu’ils tendirent à leur capitaine. Celui-ci en consulta le contenu, puis en sortit une bourse qu’il tendit à la guérisseuse.

« J’ose croire que vous êtes quelqu’un d’honnête, madame. Prenez la somme qui vous semble juste. Mon ami et moi-même avons bien besoin de soins. »
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Severine Vendevert
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Mer 21 Déc - 22:04
Jusque là tout se passait bien. Severine en était presque surprise. Le blessé semblait coopérer : Un véritable exemple de bonne foi. Son attitude envers Pépin était loin du mépris qu'elle aurait imaginé pour un homme comme lui. Il n'avait encore rien montré du visage de tortionnaire que l'apothicaire avait dépeint. De se fait Pépin semblait considérer que cela le classait dans la case "gentil Monsieur", un état de fait qui n'arrangeait pas sa Maîtresse consternée, qui ne pouvait que déplorer que ce petit soit si crédule. Il assista au pillage des ressources de l'autre pirate sans sembler vraiment comprendre ce que cela signifiait. Severine, pour sa part se garda bien de faire un commentaire : ce n'était pas ses affaires. Et surtout, cet argent allait servir à la payer. Elle attrapa la bourse au vol et arqua un sourcil devant la réplique du pirate : c'était lui qui parlait d'honnêteté ? C'était vraiment la ciboulette qui se moquait du vert du trèfle, ce qu'elle ne manqua pas de relever :  

"Je gagerai que mon honnêteté a moins à prouver que la vôtre."
Une façon de lui signifier qu'elle ne lui faisait pas confiance. Il pouvait bien la payer et l’assassiner après les soins. Elle imaginait sans mal que cela puise se produire... La première fois qu'elle avait vu ce pirate il avait une corde autour du cou et elle n'avait jamais douté que cela ait été mérité. Avec prudence, elle piocha dans la bourse "la somme qui lui semblait juste" et releva les yeux vers le blessé.

"La table là bas : je vous prierais d'y prendre place pour que je procède. Je m'occuperai de l'autre ensuite. Si vos hommes pouvaient garder un oeil sur lui, cela serait appréciable."
Elle ignorait si "l'autre" allait consentir aux soins, vu qu'il ne les avait pas demandé. Par prudence, elle préférait commencer par le consentant. Déjà elle fouillait dans sa besace pour en tirer le nécessaire.  

"Remontez votre manche, je vais commencer par votre bras. Pépin, viens là et regarde ce que je fais."
Elle posa sur la table ses outils. Et tendu un petit bout de bois à l'homme.

"Je vous conseil de mordre la dedans pendant la suture."Puis elle attrapa un flacon et se versa un peu de son contenu sur ses mains avant de les frotter. Une forte odeur d'alcool s’éleva dans les airs.  

"Viens là que je t'en mette aussi. Tu vas m’assister. L'alcool sert à désinfecter. Il faut toujours s'en mettre sur les mains avant de désinfecter une plaie, sinon ça sert à rien. Tu comprends ? Il en va de même pour tout les outils que tu vas mettre en contact avec la plaie."
Expliqua-t-elle en versant un peu d'alcool sur les mains de l'enfant. Puis, elle commença vraiment les soins. Désinfectant la blessure, elle la sutura en ordonnant à Pépin de bien regarder ce qu'elle faisait et de temps en temps elle lui demander d'éponger le sang. Professionnelle, à défaut d'être maternelle, elle lui expliquait ses gestes et leur intérêt. Elle agissait sans regarder son patient, tout à son art et à  l'apprentissage qu'elle dispensait. Une fois cette suture de terminée, elle daigna reporter son attention sur l'homme.
"Il faut me montrer vos autres coupures."

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Jeu 22 Déc - 18:04
« Je gagerai que mon honnêteté a moins à prouver que la vôtre. »

Azran laissa échapper un ricanement.

« Je n’en doute pas, justement. Vous et moi savons que je suis malhonnête, et que je le resterai quoi qu’il arrive. Ceci étant dit, j’ai pris pour habitude de me méfier des gens honnêtes. On ne peut jamais prévoir à quel moment ils feront quelque chose d’incroyablement… »

Son regard glissa jusqu’au garçon, auquel il offrit un sourire amusé.

« … stupide. »

Le Capitaine adressa un simple regard à ses hommes, auquel ils répondirent d’un hochement de tête, et l’un d’eux alla s’installer à une table près de la porte.

« La table là bas : je vous prierais d’y prendre place que je procède. Je m’occuperai de l’autre ensuite. Si vos hommes pouvaient garder un œil sur lui, cela serait appréciable.
- Gus ?
- Aye. »

Tirant son tabouret, une choppe à la main, le borgne vint s’asseoir à côté du vieillard inconscient. Azran, lui, alla s’installer à la table désignée par la guérisseuse, suivi de ses hommes qui prirent place sur les table voisines, en chassant au besoin les occupants. De toute évidence, et malgré la peine qu'il avait à se souvenir des circonstances de leur rencontre, cette Severine connaissait Azran et ne le portait pas dans son cœur. Si les gorilles ne se montraient en rien menaçants pour le moment, Azran comptait sur leur présence pour que la gente dame ne tente rien qu’elle pourrait regretter.

« Remontez votre manche, je vais commencer par votre bras. Pépin, viens là et regarde ce que je fais. »

Le pirate s’exécuta, révélant la chair meurtrie, puis posa un regard interrogateur sur la femme qui lui tendait un bout de bois.

« Je vous conseille de mordre là-dedans pendant la suture. »

D’interrogateur, son regard devint blasé, puis le pirate ricana. Il trouvait cela ridicule.

« C’est vous qui savez. »

Après un soupir, Azran ouvrit la bouche et plaça le bâtonnet entre ses dents, sans serrer pour le moment. Il se sentait comme un chien, et le pouffement de Gus le lui confirma.

« Un mot de ‘cha à ‘fafa et ‘chu ‘cheras ‘flu ‘cheulem’ent bor’ne. »

Le pouffement se transforma en éclat de rire tel que le borgne manqua de tomber du tabouret. Les hommes d’Azran eux aussi tentaient visiblement de se retenir de rire, et si la guérisseuse n’avait pas encore entamé son œuvre, le pirate leur aurait collé à tous une correction dont ils se seraient souvenus. Lorsque vint le moment de la suture, et que sa soigneuse laissa de côté l’alcool qu’elle avait utilisé pour faire la chose proprement, Azran saisit le flacon et le renifla. Il ôta ensuite le bâtonnet de sa bouche pour le goûter, grimaça, fit signe à la grosse dame de lui apporter à boire, et remit le bâtonnet en place. Le temps qu’elle lui ramène sa boisson, la guérisseuse avait terminé.

« Il faut me montrer vos autres coupures. »

Le patient prit quelques instant pour inspecter l’état de sa blessure. Pas trop mal réussie pour quelque chose fait plutôt vite dans une taverne avec l’aide d’un gosse. Il hocha alors la tête, se défit de son gilet avec précaution pour éviter de forcer sur ses côtes douloureuses, et fit de même en ôtant sa chemise afin de dévoiler l’entaille nette au milieu de son torse.

« Si vous pouviez faire attention de ce côté-là, je crois que j’ai quelques côtes cassées. »

Sur ces mots, Azran vida sa choppe d’une traite, et remis le bout de bois dans sa bouche, cette fois-ci en serrant la mâchoire. Il n’en avait pas eu besoin pour son bras, mais le torse était un peu plus sensible, et la perspective de se faire opérer là avec des côtes cassées, surtout quand un enfant allait y participer, ne lui plaisait guère.
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Severine Vendevert
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Jeu 29 Déc - 21:39
Le patient se montrait totalement coopératif ce qui était un soulagement pour Severine : elle détestait les jérémiades. Il fallait dire que le pirate semblait en avoir d'autres : sa peau était zébrée d'anciennes cicatrices qui témoignaient d'un passé belliqueux. A postériori la chose n'était pas si surprenante : c'était un pirate. Un pirate entouré de son équipage. Severine n'était pas prête de l'oublier : si elle tombait sur une blessure sérieuse qui menaçait la vie du capitaine, elle ne doutait pas que les moussaillons lui ferait payer sa mort au moindre faux pas. Alors qu'il dévoila son torse, elle se força à ne pas déglutir en découvrant l’hématome qui témoignait du coup reçu aux côtes. Elle n'aimait pas les blessures à cet endroit. Les côtés étaient trop proches des poumons et du cœur et cet hématome pouvait signifiait bien pire qu'une simple fêlure... Elle pinça les lèvres et jeta furtivement un regard à Pépin.  

"Ça ira Pépin je vais m'occuper du reste. Tu as bien travaillé. Vas te mettre plus loin tu es tout blanc."
Le compliment et l'esquisse de sourire qu'elle lui fit sembla presque choquer le gamin, mais il obtempéra. Maintenant qu'elle l'avait un peu éloigné, Severine n'avait plus qu'à espérer qu'au cas où le capitaine commence à tousser du sang le gamin ait assez de jugeote pour prendre ses jambes à son cou... Le plus angoissant était qu'elle n'était vraiment pas sûre qu'il ait cette présence d'esprit. Reprenant son masque impassible elle commença sa besogne. Cela n'avait rien d'évident, la peau sur le torse était tendu par la musculature de l'homme et rejoindre les deux bords de la plaie n'était pas chose aisée.

"Ce ne sera pas votre plus belle cicatrice..."
Commenta-t-elle, critique envers elle même en procédant.

"Celle-là, il en a fallut de peu pour qu'elle vous tue."
Ajouta-t-elle en finissant.

"Je pense qu'il a vraiment voulu vous tuer... Vous êtes sûr de vouloir que je le soigne ?"
Demanda-t-elle en posant le dernier point de suture.

"Après tout... La mort ne coûte pas plus chère que la vie..."
Ajouta-t-elle avec subtilité.

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Azran Surion
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Ven 30 Déc - 1:04
Au même titre que celle sur son bras, l’entaille qu’il avait au torse n’était pas exceptionnellement terrible. Mais le pirate parvint à distinguer un genre de… déconfort ? sur le visage de sa guérisseuse lorsqu’elle la découvrit. Peut-être qu’il faisait bien de se préparer à ce que ça soit douloureux, finalement.
Ses dents s’enfoncèrent légèrement dans le bout de bois.

« Ça ira Pépin je vais m'occuper du reste. Tu as bien travaillé. Vas te mettre plus loin tu es tout blanc. »

Azran ne put retenir un petit soupir de soulagement qui le fit machinalement fermer les yeux l’espace d’un instant. Il appréciait l’enfant sûrement plus que la moyenne des gens en seraient capables après si peu de temps, mais quand il était question de sa vie, que les mains qui s’occupent de lui soient uniquement des mains expertes le rassurait, et que ce soient les mains d'une femme était encore mieux, bien que la gente demoiselle gagnerait en beauté si elle souriait un peu plus. Mais le moment n’était pas à ces réflexions, car déjà elle s’était mise à le rafistoler, terme qui bien que très péjoratif convenait parfaitement à la situation aux yeux du pirate.

« Ce ne sera pas votre plus belle cicatrice... »

S’il n’avait pas eu de bâtonnet dans la bouche, le pirate aurait été en train de lâcher juron sur juron en espérant que l’opération se termine vite. Ceci étant dit, s’il n’avait pas été dans cette inconfortable situation de douleur, il aurait pu répondre à ces mots par quelques paroles aguicheuses, telles que "vous trouvez que j’en ai de belles", "lesquelles sont vos préférées" et autres bêtises.

« Celle-là, il en a fallut de peu pour qu'elle vous tue.
- Merchi du conchtat.
- Je pense qu'il a vraiment voulu vous tuer... Vous êtes sûr de vouloir que je le soigne ? Après tout... La mort ne coûte pas plus chère que la vie... »

Laissant le bout de bois glisser d’entre ses dents, Azran laissa échapper un soupir de soulagement lorsqu’elle eu fini. Puis son regard se porta vers le vieil homme toujours allongé au sol inconscient, qu’il observa pendant quelques instants, perdu dans ses pensées.

Est-ce qu’il voulait vraiment qu’elle le soigne ? Après tout, en plus d’être une plaie pour son fils, le vieil homme n’avait plus rien pour lui. Il n’était plus qu’un ivrogne vivant dans le passé, bon à rien à part se lamenter sur son sort et tenter de blesser ou tuer son fils pour reprendre un navire où plus personne ne le suivrait.
Même si, soit dit en passant, il était très bon pour tenter de blesser ou tuer son fils. Pour se lamenter aussi, d’ailleurs.

« Si je m’écoutais, il serait mort depuis bien longtemps. Mais je lui dois trop pour me le permettre. »

Un sourire las s’était formé sur ses lèvres lorsqu’il reporta son attention sur la guérisseuse.

« Et puis, il est la seule famille qui me reste. »

Inspectant finalement ses sutures, il constata avec satisfaction qu’elles n’étaient pas aussi terribles qu’il aurait pu croire.

« Et maintenant ? Que me proposez-vous pour les parties moins graves ? »
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Severine Vendevert
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Dim 1 Jan - 19:30
Severine rangea le matériel qu'elle venait d'utiliser pour la suture tout en écoutant la réponse du pirate... Celle-ci ne manqua pas de la surprendre et elle ne se priva pour le montrer d'un haussement de sourcil septique.    

"Je suppose, que même pour un pirate, il existe en ces terres un endroit où l'on doit trouver votre sens de la famille "honorable"."Commenta-t-elle non sans un ton marqué par la critique. Apparemment, le choix qu'elle aurait fait à sa place n'était pas le même que celui qu'il venait de formuler...  

"Mais bon... C'est votre vie et votre futur mort, alors, je suppose que vous y avez réfléchit convenablement. " C'était bien vrai : qu'elle la partage ou non cette décision ne la regardait pas et elle ne comptait pas s'en mêler d'avantage...  Les histoire de famille était toujours d'une complexité aberrante et bien souvent alimenté par la stupidité ou l'entêtement des camps concernés, inutiles d'y ajouter la participation d'une tiers personne...

"Pour les hématomes et les égratignures, j'ai un baume qui devrait aider à les résorber rapidement. Mais je vous préviens que vos côtes sont peut-être plus que fêlées et je vous conseil le calme pendant plusieurs jours si vous ne souhaitez pas voir les choses s’aggraver. "
Elle avait sorti le pot contenant le baume et commencé son application sur différentes zones.

"Je vais ensuite pouvoir m'occuper du cas de votre "seule famille""L'informa-t-elle non sans une certaine ironie dans la voix. Apparemment la tâche ne l'enchantait pas d'avance...


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Lun 2 Jan - 17:48
Le pirate avait laissé sa guérisseuse parler sans l’interrompre. Il semblait qu’elle s’était enfin laissée délier la langue, y allant bon train à le juger lui, son honneur et ses choix. Mais il n’en fit pas cas. Il souriait simplement en la regardant, portant une grande attention à chacune de ses expressions faciales pour tenter de se souvenir d’elle.
Puis, lorsqu’elle en eut fini avec lui, Azran se leva et fit signe à ses hommes qui allèrent chercher Archimandias et l’allongèrent sur la table. Ils reprirent ensuite leurs places respectives, tandis qu’Azran resta aux côtés de la guérisseuse, continuant de l’observer tandis qu’elle s’occupait des blessures de son père.  

« Où nous sommes-nous rencontrés ? »

La question, posée après un certain temps de silence de la part du pirate, avait été formulée très simplement, sur un ton des plus neutres.

« Je suis certain de vous avoir déjà vue quelque part, et il est évident que vous me connaissez de près ou de loin, mais je peine à m’en souvenir. Que vous ai-je fait qui justifie que vous soyez si froide et critique à mon égard ? »

Il pencha la tête sur le côté pour la regarder d’un air presque mélancolique.

« Moi qui viens seulement d'apprendre votre nom, d'où vient ce dédain que vous semblez avoir pour moi ? »

C’était très direct comme approche, et il espérait qu’elle ne se braquerait pas. Mais l’attitude qu’elle avait envers lui, couplée à son sentiment de déjà-vu, devait bien être justifiée par quelque chose.
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Severine Vendevert
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Lun 2 Jan - 18:50
Une fois son application terminée, Severine commença son travail sur le deuxième patient. Par mesure de précaution elle lui fit renifler un liquide qui devait continuer à le maintenir dans l'inconscient, enfin, en théorie... Elle espérait que la théorie soit suffisante ce coup là, elle n'avait pas du tout envie de composer avec cet individu réveillé. Elle commença sa tâche, mais une question venant du pirate lui fit suspendre ses gestes. Lentement, elle tourna les yeux vers lui :

"Pourquoi ? Vous espériez autre chose que du dédain ? Vraiment ? Les gens comme vous ont vraiment beaucoup de culot..."Répondit-elle sur un ton de défi.  

"Écoutez vous êtes un patient : je vous soigne, cela ne m'oblige pas à vous apprécier. "Reprit-elle en reprenant ses gestes sur le père endormit. A vrai dire, elle était assez surprise qu'il ait remis son visage à elle. Elle n'avait été qu'une personne dans une foule... Et, elle était sûre : ce jour de pendaison c'était la seule fois où ils s'étaient vu.

"En outre votre numéro sur l'amour familiale ne prend pas avec moi... Votre épée est trempé du sang de combien d’innocents ? Et je devrais m’émouvoir de vous voir épargner cet homme ? Homme qui, puisque vous semblez autant lui devoir, vous a sûrement appris le "métier," et qui n'a donc rien d'un innocent."Elle se perdait peut-être en hypothèses erronées mais au point où elle en était elle pouvait bien dire ce qu'elle avait sur le coeur. Elle savait qu'il était un pirate. Elle ignorait si des personnes l’établissement étaient au courant, mais pour sa part elle n'avait jamais douté que l'accusation d'actes de piraterie était erronée. Sans oublier qu'elle l'avait bel et bien vu voler les biens du vieux quelque minutes plus tôt.

"Vous l'avez dit : vous n'êtes pas quelqu'un de bien et les actes que vous avez perpétré finiront par vous mener à la potence. Vous pouvez pas miraculeusement y échapper à chaque fois."Compléta-t-elle.

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Azran Surion
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Lun 2 Jan - 21:30
La réponse de la jeune femme commença doucement malgré son ton, ce qui laissait le pirate sur sa faim. Il était déçu qu’elle mette l’appréciation sur la table, elle n’y était pas du tout. Et surtout, elle ne répondait pas à la question. Le pirate secoua doucement la tête en fermant les yeux.
Et puis, elle reprit, plus vive, plus audacieuse. Et chaque mot, étrangement, plissait un peu plus les lèvres du pirate en un sourire. Elle s’ouvrait enfin. Concentrée sur son travail, elle ne le regardait pas, ce qui lui permettait d’être complètement honnête. Azran se sentait assailli par un flot de haine rafraichissant. Et avec le dernier clou dans le cercueil que la guérisseuse lui bâtissait, il la revit enfin. Ce visage étrangement froid et sans expression au milieu de la foule assoiffée de sang.

« Alors c’est là que je vous ai vu ! »

Toujours muni d’un grand sourire, il frappa du poing sur la table et fit quelques pas sans but dans la taverne, se passant la main dans les cheveux, inspirant un grand coup.

« La potence, évidemment ! Ça commençait à me rendre fou de ne pas vous remettre. »

Il fit craquer son cou, et posa son regard sur Pépin, vers qui il s’approcha avant de s’accroupir.

« J’aime bien ta tutrice, petit. Tu aurais pu tomber sur pire. »

Il se releva ensuite, grimaçant légèrement sous la douleur de l’effort, et s’étira.

« Par contre n’écoute pas tout ce qu’elle dit non-plus, il y a des sujets sur lesquels elle va un peu trop vite en besogne. »

Il revint ensuite vers la guérisseuse en se dandinant, les mains derrière le dos.

« Severine, Severine, Severine… Par où commencer… ? »

Il tira une chaise avoisinante, l’amena aux côtés de la guérisseuse et s’installa dessus, dossier face à lui afin d’y appuyer ses bras croisés.

« Commençons doucement, vous n’avez pas entièrement tort. Je ne suis pas quelqu’un de bien,  j’ai effectivement tué un bon nombre de gens, qu’ils l’aient mérité ou non, et je ne mourrai pas de vieillesse. »

Jouant avec sa moustache, il posa son regard sur le vieillard.

« Mais pouvez-vous imaginer qu’un homme comme moi le puisse ? Mourir de vieillesse ? C’est assez extravagant, d’y penser, vous ne croyez pas ? »

Il se leva et s’approcha de son père inconscient.

« Regardez-le. Ces jours son comptés. Bientôt, il ne sera plus qu’un souvenir. Et il devrait peut-être s’en satisfaire, honnêtement. L’un des plus grands pirates de son temps, et le bougre va avoir la chance et l’audace de mourir un jour dans son sommeil, certainement dans sa morve et ses excréments. Quelle belle mort ! Je sais que j’adorerais m’en sortir comme lui, avoir le luxe de m’en aller tranquillement après cette vie que j’ai mené. »

Du bout d’un doigt, il suivit une ride sur le front de son père, pensif l’espace d’un instant.

« Mais ce n’est pas comme ça qu’il veut partir, lui. Il est trop fier pour ça. Il préfère mourir sur son navire, ou en tentant de le récupérer. Le problème étant que c’est moi qui commande son navire à présent, et que je ne compte ni le laisser revenir, ni le tuer. Vous voyez où je veux en venir ? »

Il laissa le vieillard pour revenir vers la femme, s’appuyant sur le dossier de la chaise en croisant les bras.

« Il n’y a pas d’amour familial, très chère, parce que la seule personne que j’aie un jour aimé est morte il y a bien longtemps, et cet homme a fait de moi tout ce qu’elle redoutait que je devienne. Mais je ne lui en veux pas, pensez-vous ! Ma vie est sûrement bien plus intéressante qu’elle aurait pu l’être si mon père n’avait pas été un maudit pirate. »

Il trifouilla dans la bourse récupérée plus tôt et en sortit une pièce dorée qu’il fit danser entre ses doigts.

« Mais, là où vous avez fondamentalement tort, madame, c’est que vous semblez être de ces gens qui croient que le monde est noir et blanc, mais ce n’est pas le cas. Il n’y a pas de personnes toutes blanches ni toutes noires, c’est ridicule. Tout n’est que nuances de gris. »

Il posa la pièce sur la table sur la tranche, et la fit tourner.

« Nous sommes tous nés avec la possibilité de faire le bien comme le mal. Et, effectivement, j’ai fait le mal. Et figurez-vous qu’il m’est même arrivé d’y prendre un malin plaisir. Mais je ne comprends pas pourquoi les gens ont tendance à vouloir se cantonner à une seul face de la pièce. »

Son doigt vint écraser la pièce sur ses derniers mots, et il s’approcha de l’oreille de la guérisseuse.

« Je mérite la potence et bien plus, madame, soyez rassurée. Mais je vous prierai de ne pas me juger uniquement sur les mauvais actes que vous me prêtez. »
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Severine Vendevert
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Jeu 5 Jan - 21:36
Avait-elle fait un erreur en lui rappelant l'épisode de la potence ? Seul l'avenir lui dirait, en tout les cas le pirate semblait soulagé d'avoir remis la mémoire sur le souvenir. Il devenait bavard au grand dam de Severine qui n'avait pas envisagé de faire naître un tel flot de parole... Elle n'aimait pas le ton qu'il prenait avec Pépin. Elle n'aimait pas le simple fait qu'il lui parle, le prenne à parti. Le regard que le môme lui jeta fut pire que tout, il semblait l'interroger sur la véracité de ce que le pirate venait de dire. Etait-il donc si facile d'influencer la réflexion d'un enfant ? Elle aurait voulut lui dire de le pas écouter les paroles du pirate mais une telle défiance de sa part pouvait confirmer les craintes du petit... Elle n'aurait pas supporter qu'entre elle et Azran Pépin accorde plus de crédit au pirate qu'à elle.
Ainsi se concentra-t-elle sur son ouvrage pour éloigner son esprit de cette problématique... Alors que le pirate achevait son discours Severine tourna les yeux vers lui et après un instant fit glisser son regard sur la pièce. Elle s'en empara et la fit pivoter en la tenant entre ses doigts fins.

"Ainsi donc vous auriez deux faces ? Comme cette pièce ? Mais est-ce que cela ferait de vous quelqu'un avec de la valeur ? Permettez moi d'en douter... "Répliqua-t-elle en laissant tomber la pièce devant l'homme tout en s'en désintéressant. Apparemment, il n'était pas question d'amour familiale... De ce qu'il avait dit, et de ce que Severine en avait compris ce qui liait le pirate à son père était plus proche d'une espèce de respect, voir même peut-être de la pitié. Elle n'était pas sûre de comprendre ce genre "d'attachement" n'y l’intérêt d'y consacrer du temps.

"En outre, je pense que vous êtes celui qui fait erreur. Votre père ne mourra pas de vieillesse : il est déjà mort. Les gens qui courent après leurs rêves sont les vivants. Ce qui pourchassent leur gloire passé sont déjà morts. Ceux qui le font en sentant aussi forts l'alcool que lui, le sont à plus forte raison. " Provoquer ainsi le pirate sur son père n'était peut-être pas une bonne idée, mais Severine n'avait jamais retenu ses pensées et encore moins son mépris : ce qui expliquait qu'elle n'avait pas d'amis.

"Mais puisque l'avis que je nourris sur vous semble autant vous inquiéter, soyez rassuré : si j'ai peu d'estime pour vous, je vous méprise moins que je méprise les gens comme lui." Ajouta-t-elle en finissant sa suture. Comme si il avait deviné qu'on parlait de lui, le malade assoupit remua soudain. Severine grimaça : cela signifiait qu'il commençait à se réveiller.

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Azran Surion
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Ven 27 Jan - 17:05
Citation :
dépit
nom masculin
Irritation légère causée par une déception, une blessure d'amour-propre, amertume, rancœur passagère ; désappointement


C’était là le sentiment qu’Azran ressentait. Il s’était emporté dans une tirade à propos d’un sujet qui lui tenait à cœur, et son interlocutrice n’avait pas eu l’air intéressée par le moindre mot. Pire, elle restait bloquée sur des notions floues et non importantes de valeur, de débats sur la mort réelle et figurée, et autres philosophies auxquelles le pirate n’avait jamais prêté attention, et ne le ferait sûrement jamais. Quant à sa conclusion, il ne savait pas vraiment comment l’interpréter. Il fronça un court instant les sourcils tandis que les multiples possibilités fusaient dans son esprit, mais il les abandonna toutes rapidement. Ça n’avait pas tant d’importance.

Tandis que le vieillard commençait à s’agiter, son fils se baissa afin de ramasser la pièce que la guérisseuse avait volontairement laissé tomber.

« Je pense, Severine, que vous gagneriez énormément à ne pas hâter votre jugement à ce point, pour qui que ce soit. Vous découvririez que tout le monde a une valeur, que tout le monde peut avoir deux faces, et que les plus méprisables des hommes ont eu ou auront de bonnes heures. »

Cessant de faire danser les pièce entre ses doigts, Azran lui adressa un sourire las, puis rangea la pièce.

« Mais après tout, je ne suis qu’un maudit pirate. Vous n’avez pas à écouter ce que je vous dis.
- Azran… »

Le concerné se retourna quand son bras fut agrippé par une main faible.

« Bonjour, belle endormie ! Café ? Thé ? Petits gâteaux ? J’ai ouï dire que la matrone faisait d’excellents biscuits ! »

Avec un effort visible, Archimandias se hissa en position assise, utilisant comme prise le bras de son fils qui, instinctivement, l’y aida.

« Tu n’as pas honte de frapper ton père ?
- Aucune. »

Une faible gifle vint décoiffer le Capitaine Pirate, qui resta un instant à se demander s’il l’avait réellement méritée, et s’il devait la lui rendre. Il décida d’éviter de le casser plus qu’il ne l’était déjà.

« Tu peux remercier la gente dame ici présente, elle t’a rafistolé.
- Ah vraiment ? »

Le vieil homme jaugea la jeune femme, puis observa son corps meurtri soigné au mieux.

« Évidemment, elle n’a pas fait ça gratuitement.
- Et tu veux que je te remercie ?
- Me remercier de quoi ?
- Ben de… »

L’incompréhension se lisait sur le visage creusé du vieux pirate, dont le regard affolé allait un peu partout à ses alentours, le faisant réaliser progressivement la situation. Azran profita de l’occasion pour se reculer, posant sa main sur l’épaule de la guérisseuse afin de l’attirer avec lui un peu plus à l’écart du blessé.

« Tu m’as…
- Volé, oui. Une nouvelle fois, aussi oui. Mais allez, ne fais pas cette tête. Comparativement, cette fois-ci est bien moins pire que la précédente ! Et puis ça vaut bien la belle cicatrice que je vais garder par ta faute.
- Gus ! »

La salle intéressée et les acteurs principaux se retournèrent vers le personnage mentionné, attendant une réaction de sa part.

« Je peux rien faire, Archi…
- Ils m’ont volé et tu les as laissés faire !
- Ils sont plus nombreux…
- Je suis ton capitai- »

Deux bruits précédèrent le silence qui suivit : le contact entre le coude du borgne et le nez qui rat, et celui du crâne du rat avec la table sur laquelle il était assis.

« Tu lui diras que c’était moi.
- Je lui dis toujours que c’était toi. »

Les deux pirates échangèrent un sourire complice, puis le barbu se retourna vers la guérisseuse, tirant la pièce de sa poche pour lui tendre.

« Il semblerait que nous ayons encore besoin de vos services, madame. Suite à quoi vous serez libre de disposer comme bon vous semblera. »
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Severine Vendevert
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Dim 29 Jan - 22:49
Si Severine devait s'en référer à la déconfiture passagère qui avait marqué les traits du pirate, elle jugerait qu'il était déçu. Elle écouta d'une oreille distraite son conseil sur le jugement hâtif. Pour sa part, elle avait toujours jugé les gens au premier regard et n'avait pas à se plaindre des conclusions qu'elle en avait tiré ! le monde était peuplé, en grande majorité, de personnes totalement inintéressantes, pas besoin d'aller chercher plus loin.  

" Oui c'est cela, pensez donc, pensez donc..."Commenta-t-elle, en agitant la main comme on congédie un domestique agaçant, alors que le vieux pirate revenait assez à lui pour prononcer le nom de son fils. Spectatrice, elle assista à l'échange et entendant qu'Azran avait déjà pillé son père, elle formula l'hypothèse que peut-être laisser le vieux en vie était une façon d'avoir une source de pillage de ressources sûre. Hum, intéressant : le fiston était peut-être plus futé que ce que Severine ne l'avait jusque là imaginé et pour la première fois elle lui accorda un regard un peu moins méprisant et presque intrigué. Cela ne se prolongea pas, car elle venait de voir Pépin se glisser vers elle. Elle ne lui avait pas demandé de bouger, et pourtant, il l'avait fait, et plutôt vite d'ailleurs... Elle lui accorda un regard intrigué et le gamin qui aplatissait sa chevelure sur ses yeux lui montra vaguement une nouvelle arrivante dans l'auberge : une femme d'une trentaine bien passé, aux cheveux roux et fougueux, et des manières trop exagérées : celle d'une femme de basse naissance qui aime à se donner de l'importance. Il ne fallut à Severine qu'une demi-seconde pour l'identifier et elle jura silencieusement. Pendant ce temps chez les pirates, une nouvelle blessure était à déplorer, chose qui n'arrangeait pas vraiment la soigneuse qui avait déjà commencé à ranger ses affaires dans l'histoire de fuir promptement. La pièce brandie sous le nez, elle affichait une mine calculatrice avant de répondre en repoussant la main de l'homme.

"Pour cette fois, échangeons nos arts respectifs. Regardez la femme là bas qui vient de rentrer. La rousse avec ses manières exagérées et ses vêtements trop beaux pour cet endroit... Vous voyez ? Voilà l'accord : je fais le soin et si vous voyez qu'elle s'approche de nous et qu'elle montre un intérêt trop prononcé pour mon apprenti, vous la dissuadez de se montrer trop insistante."

Demanda-t-elle en jetant un coup d'oeil équivoque à l'arme qu'il portait. Si ils n'avaient pas été dans un lieu publique Severine n'aurait pas eu de scrupule à commander leur meurtre pur et simple de la rousse. Mais cette solution, bien que définitive pour l'une des partie, pouvait bien envenimer les choses du côté de l'apothicaire.

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Azran Surion
Ça vous dit rien une "Sirène" ?
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Mer 22 Fév - 13:27
Décidément, cette Severine était décevante. Elle semblait insensible à son charme légendaire, désintéressée par ses longs et passionnants discours philosophiques, et maintenant elle repoussait même son argent. Il faut apprendre à être plus docile, femelle, bon sang !

« Pour cette fois, échangeons nos arts respectifs. Regardez la femme là bas qui vient de rentrer. La rousse avec ses manières exagérées et ses vêtements trop beaux pour cet endroit... Vous voyez ? »

Femme, rousse, manières exagérées et beaux vêtements étaient des mots qui se suffisaient à eux-mêmes pour piquer son intérêt. Son regard alla donc vers la personne décrite, et un sourire se forma sur son visage.

« Voilà l'accord : je fais le soin et si vous voyez qu'elle s'approche de nous et qu'elle montre un intérêt trop prononcé pour mon apprenti, vous la dissuadez de se montrer trop insistante. »

Son sourire s’élargit. Severine n’était peut-être pas une mauvaise fille après tout.

Il lui serra la main distraitement en guise d’accord, sans même la regarder, et alla au-devant de la charmante créature amenée sur sa route par la providence.

« Madame, madame, madame. Qu’est-ce qu’un bel oisillon tel que vous vient donc faire dans ce nid de vautours ? »

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Severine Vendevert
Tu me laisses un goût amer, Pépin.
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Mer 22 Fév - 23:18
Voyant le pirate se lever, Severine fronça les sourcils. Lorsqu'il aborda la rousse, elle se retrouva aussi estomaquée qu'impuissante. Ce n'était pas du tout ce qu'elle lui avait demandé ! Pas du tout ce qu'elle voulait ! Non mais quel culot ! Le pire était sûrement que son approche avait totalement fonctionné... Elle croisa le regard angoissé de Pépin et s’efforça de ne pas montrer la panique qui montait en elle... Si le pirate en venait à fricoter avec la vendeuse d'esclave rien ne l’empêchait de lui glisser une ou deux informations sur ce qu'il avait vu. Severine se serait volontairement flagellée pour sa propre bêtise : elle avait pensé à renommer Pépin, mais elle s'était présentée sous sa véritable identité ! Elle se sentit défaillir  mais un raclement de gorge la rappela à sa tâche. Elle devait soigner le dernier pirate. Inspirant profondément, elle se mit au travail, luttant de toute ses forces pour ne pas vérifier si la rousse ne les avait repérer. Pépin, pour sa part s'agitait nerveusement... Severine réfléchissait à pleine vitesse, mais les scénarios qui s'offraient à elle n'étaient pas les plus positifs....


°°°°°°°° Du côté de Ginger Noirmarais °°°°°  

Elle tenait l'information d'une source sûre... Le petit esclave aux yeux vairons avait été vu dans les parages. Enfin une piste ! Elle se glissa dans l'auberge avec la ferme intention de découvrir des gens pouvant lui donner plus d'informations. Cette maudite histoire lui avait fait perdre un client très important ! Elle avait hâte de régler cela, car sa patience était à bout ... Mais pour le moment, l'heure était à la récolte des témoignages. Réajustant son corsage elle s'avança prenant soin d'investir l'espace de sa présence. Elle avait toujours aimé être remarqué et être regardé. Aujourd'hui, plus que tout elle avait besoin que les gens viennent à elle pour qu'elle puise obtenir les réponses qu'elle était venue chercher.

" Madame, madame, madame. Qu’est-ce qu’un bel oisillon tel que vous vient donc faire dans ce nid de vautours ? "   

L'apostrophe la fit pivoter vers un homme au visage balafré. D'un oeil critique elle le détailla. Ce qu'elle vit sembla lui plaire suffisamment pour qu'elle daigne se fendre d'un charmant sourire.

"Un oisillon ? Est-ce comme cela que vous qu'apparaît la femme mûre que je suis ?"
Demanda-t-elle non sans feindre d'en être affectée.

"Pour ma part j'aime à penser que vous n’êtes pas l'un de ces vautours." Elle désigna la foule d'un geste dédaigneux.

"Peut-être tenez vous un peu de l'aigle ? Assez, je l'espère, pour me venir en aide ? Car voyez vous je cherche quelqu'un dont la vue est assez irréprochable pour se rappeler les détails d'un visage. Je suis à la recherche de quelqu'un qui aurait été présent dans les parages...  "  

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Azran Surion
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Jeu 23 Fév - 2:25
La jolie rousse le toisait, deuxième étape de leur parade nuptiale. Le sourire qu’elle arbora ensuite signifiait qu’il avait passé la première épreuve : il était intéressant à ses yeux.

« Un oisillon ? Est-ce comme cela que vous qu'apparaît la femme mûre que je suis ? »

Le sourire du pirate ne faiblissait pas, et il arqua un sourcil en continuant de s’approcher d’elle, faisant son nécessaire pour qu’elle garde son attention sur lui.

« Vous avez raison, un oisillon ne serait jamais aussi sûr que vous semblez l’être. Veuillez m’excuser de m’être avancé aussi vite. Cela étant dit, vous en avez la beauté. »

Il s’inclinait à moitié sur ces derniers mots, empruntant ses manières aux nobliaus qu’il avait pris goût d’imiter à ses escales à Dohilac. C’était un jeu amusant en lui-même, et y jouer avec une charmante partenaire l’était toujours d’autant plus.

« Pour ma part j'aime à penser que vous n’êtes pas l'un de ces vautours. »

Son plan fonctionnait. Il avait toute son attention. Magnifique.

« Peut-être tenez vous un peu de l'aigle ? Assez, je l'espère, pour me venir en aide ? Car voyez vous je cherche quelqu'un dont la vue est assez irréprochable pour se rappeler les détails d'un visage. Je suis à la recherche de quelqu'un qui aurait été présent dans les parages... »

Si l’on devait désigner Azran comme un animal, l’aigle n’aurait pas été son premier choix. Mais soit, le pirate serait son aigle.

Gus de son côté, attentif à l’échange qui avait précédé, avait attendu que l’importune soit distraite pour sortir un bandeau et cacher un des yeux du garçon, puis en lui faisant signe de se taire lui avait prit la main et l’avait emmené avec lui dans un coin de la salle, le faisant s’assoir à côté du mur afin de le cacher au mieux de sa forte carrure. Quand il fut prêt, il fit signe à Azran.

« C’est fort possible, ma Dame. Mais comme vous pouvez le constater, il y a un certain nombre de « quelqu’uns » qui ont été présents dans les parages, il va me falloir des précisions supplémentaires si vous requérez mon aide. »

Il était très proche d’elle, assez proche pour que son intérêt à son égard soit visible, mais assez loin pour que les règles de bienséances soient respectées. Il n’attendait qu’un signe de sa part pour continuer.

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Severine Vendevert
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Jeu 23 Fév - 21:48
L'apothicaire devait retenir ses mains de trembler alors qu'elle procédait... Elle avait fait trop d'erreurs... Beaucoup trop. Elle s'en rendait compte à présent, mais il était trop tard.
Du coin de l'oeil elle remarqua alors que le troisième pirate s'était penché vers Pépin, tendue, elle pivota sèchement vers lui pour lui ordonner de s'éloigner du petit, mais alors elle remarqua qu'il avait bandé l'un des yeux de Pépin pour masquer sa caractéristique physique. Ce soutien manifeste la laissa sans voix. Sous la demande muette de Pépin, elle l'autorisa à suivre l'homme d'un mouvement de tête. Les circonstances lui imposaient de faire confiance à cet inconnu... Encore fallait-il espérer que ce ne soit pas là une nouvelle erreur mal calculée.    


°°°°°°°° Du côté de Ginger Noirmarais °°°°°  

L'homme n'avait d'yeux que pour elle et si elle ne voyait pas comment il pouvait en être autrement, elle ne se lassait pas de la flatterie qu'elle en ressentait.
"Cela étant dit, vous en avez la beauté. "


En entendant ces paroles, elle laissa éclater un rire cristallin :

" Et bien, vous ne devez pas avoir vu beaucoup d'oisillons mon ami ! Ces chose là naissent sans plumes avec les yeux parfois clos... Ce n'est pas là la meilleurs définition de la beauté. A moins que vous ayez des goûts particuliers...  "  

Heureusement pour lui, ses manières de nobliaux attendrissaient suffisamment la russe pour qu'elle rit de cette comparaison plus qu'elle n'en prenne ombrage. Cet homme l'intriguait et elle regrettait presque d'être venue ici pour une affaire qui pouvait l'empêcher de faire plus amples connaissances avec ce bourge décidément plaisant. Il avait beau être balafré, ses manières étaient excises.  

"Oh oui mon "Quelqu'un" ! Et bien, il s'agit d'un petit bout d'homme... Un garçonnet d'une huitaine d'année, les cheveux plutôt courts et avec les yeux vairons. L'un bleu, l'autre marron ! Un regard magnifique ! L'auriez-vous aperçu ? "

Susurra-t-elle avec un ton innocent. Difficile d'imaginer que derrière cette demande se cachait celle d'une vendeuse d'esclave prête à tout pour revendre, au meilleur prix, la tête d'ange dont elle venait de parler.  


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Azran Surion
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Mer 15 Mar - 0:59
Le rire de la rousse le fit hausser un sourcil. Il n’avait peut-être pas l’habitude des compliments, mais à ce point ?

« Et bien, vous ne devais pas avoir vu beaucoup d'oisillons mon ami ! Ces chose là naissent sans plumes avec les yeux parfois clos... Ce n'est pas là la meilleurs définition de la beauté. A moins que vous ayez des goûts particuliers... »

Ah.

« Touché. »

Ou bien était-ce plutôt…

« Ah. »

Touché.

L’un comme l’autre correspondaient à la situation. Tout ceci revenait au même, d’ailleurs. Au final, il s’agissait sûrement d’une manœuvre détournée de l’auteur de donner de la consistance à son texte en retard. Quel renard (pas Athos, hein, l’auteur derrière le Requin, NDLR).

Bref.

Le malaise était présent, l’envie de se justifier l’était aussi. Mais comment ? Se mettre en défaveur ? Admettre son ignorance ? Allons, allons. C’était le plus évident, pourquoi se faciliter la tâche ? Un bon Azran est un Azran qui tente de toujours sauver les apparences, et échoue misérablement !

« Oh oui mon "Quelqu'un" ! Et bien, il s'agit d'un petit bout d'homme... Un garçonnet d'une huitaine d'année, les cheveux plutôt courts et avec les yeux vairons. L'un bleu, l'autre marron ! Un regard magnifique ! L'auriez-vous aperçu ? »

Mathu’O merci, la bougresse ne semblait pas lui tenir assez rigueur pour attendre une explication sur sa maladresse. Il avait peut-être encore une chance, après tout. De sauver les apparences et garder son attention loin du garçon, naturellement. Et puis de se faire la belle rouquine aussi, au passage. Deux chances, en fait.

Le pirate se gratta le menton poilu, plissant les yeux à la manière d’un homme pensif. Il cherchait quel mensonge inventer, et son talent d’acteur inné faisait passer cette expression comme celle d’un homme tentant de se remémorer la vision de la personne sus-décrite.

« Ma bonne dame, vous m’en voyez désolé. Un joli minois comme le vôtre, j’aurais retenu. Un visage de brute tentant d’attenter à ma dentition, j’aurais retenu aussi sur une courte période. Mais je ne suis pas homme à m’intéresser aux enfants, de quelque manière que ce soit. »

Sa mine désolée était plus vraie que nature. Il est tellement plus simple de mentir quand on dit la vérité.

« Ceci étant dit, je doute que vous trouviez de petit bout d’homme dans une taverne comme celle-ci. Même aussi jeunes, ils doivent bien reconnaître une taverne miteuse quand ils en voient une. »

Un agile baissé de tête lui permit d’éviter la choppe envoyée par Dame Mamelons derrière son bar.

« Et l’accueil, ma bonne dame. L’accueil. Quel jeune homme, aussi vairon soit-il, resterait dans un tel établissement ? Venez, ma dame. Laissez-moi vous accompagner à sa recherche. »

Le pirate avait quelque peu passé la rouquine sur le chemin de la porte, et s’était arrêté en lui tendant son bras à prendre, avec un sourire sûr de lui. Elle semblait apprécier son acte, elle en aurait pour son argent.

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Severine Vendevert
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Mar 21 Mar - 18:54
°°°°°°°° Du côté de Ginger Noirmarais °°°°°
 
Pendue aux lèvres de l’homme, la rouquine ne masqua pas sa déception lorsque celui-ci, après réflexion, lui annonça ne pas avoir vu le gamin. Elle rattrapa de justesse un juron, mais sa contrariété était manifeste. Ainsi à la remarque pertinente sur le lieu par lequel elle avait commencé sa recherche elle ne manqua pas de relever :  

"Croyez-moi, je me serai bien passé de fouiller ce lieu immonde. Mais voyez-vous : je sais de source sûre qu’il s’y est trouvé récemment. Ici et dans les environs. "

Alors que l’homme la poussait vers la sortie, son minois moucheté de tâches de rousseurs se plissa dans une expression d’hésitation. Elle porta sur la taverne un regard qui s’appliqua à détailler chaque visage qu’il croisait. L’homme semblait enclin à l’aider et elle ne cracherait certainement pas sur cette aide bienvenue, mais elle n’était pas dupe : elle savait qu’il l’avait abordé pour autre chose que pour l’aider.

"Votre compagnie dans ma recherche pourrait rendre cette traque  plus plaisante qu’elle ne l’a été jusque-là, mais j’aime autant ne pas négliger les pistes solides : Fouillons cet endroit et interrogeons les  personnes qui s’y trouvent. "

Le ton était devenu soudain plus directif et bascula dans le registre de la négociation :
" Ce service que vous souhaitez me rendre : Je puis rémunérer en argent ou en chaire. Ou en argent ET en chaire. C’est à votre convenance…  Mais, encore faut-il que je trouve ce que je suis venue chercher. Chaque chose en son temps, je pense que vous pouvez comprendre cela Monsieur… ? Quel est votre nom déjà ? "
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Severine ne pouvait empêcher son regard de glisser vers le binôme que formait Azran et la rousse. Elle fut soulagée de voir le pirate s’en tenir à son engagement. La pression qui étouffait son souffle se relâcha quand elle les vit s’approcher de la sortie, mais le répit fut de courte durée : car avant de passer la porte, la rouquine freina des quatre fers et pivota pour examiner la pièce. Le cœur de Severine fit une embarquée et elle s’adressa au dénommé « Gus » d’une voix pressante.

"Il faut que mon apprenti et moi sortions d’ici et vite ! Elle n’a pas l’air de vouloir quitter cet endroit. Elle ne doit pas mettre la main sur lui. "
Insista-t-elle sentant peser sur elle le regard inquiet de Pépin. Ce sale bougre de pirate ! Pourquoi avait-il fallut qu’il se décide à jouer les coureur de jupons ? Pourquoi ne s’était-il pas contenté de sortir son épée pour effrayer la vendeuse d’esclave, comme elle le lui avait pourtant fait la demande ? Sûrement parce que c’était une toute autre sorte d’épée qui le démangeait soir… Elle le réalisa soudain : Elle venait de remettre la liberté de son apprenti entre les couilles d’un pirate. Quelle brillante idée... Vraiment. Puis soudain, une petite voix la sortie de sa réflexion :

"M’dame Severine… Qu’est-ce qu’on fait si elle me retrouve… "
L’unique œil visible de Pépin la fixait avec anxiété, mais au-delà de cette crainte elle pouvait y voir une autre lueur : une lueur d’espoir : Il comptait sur elle. C’est alors que de vieux souvenirs remontèrent à la surface, comme le cadavre d’un noyé recraché par les flots marins…

*****
Un homme blond lui fait face. Ils sont assis face à face. Il lui tend une tasse de Thé. Lui sourit, il lui dit :
-Oh Dame Vendevert… Si vous saviez comme je suis content que vous soyez là. Ce que vous faites pour Izabelle… Sans vous elle serait déjà morte. Je vous dois tellement.
Il lui prend alors les mains avec chaleur et plonge son regard dans le sien avec intensité. Dans ces yeux elle voit toute la sincérité de ses paroles. Toute la confiance qu’il a en elle. Ce regard aujourd’hui encore il la hante : Animés pas une lueur d’espoir, un œil bleu, un œil marron qui la dévisagent.
*****
*****
Un arbre parmi tant d’autre mais sur l’une de ces branches un fruit singulier se balance : un pendu. Son corps est inerte. Sa vie n’est plus. Ses cheveux blonds dansent dans le vent.  Et dans ce qu’on peut apercevoir de ses yeux vairons il n’y a plus qu’une seule lueur : celle de la mort.  

*****

Une fraction de seconde : Les souvenirs l’étouffent. Puis, se ressaisissant Severine pose un genou à terre et prend le visage de l’enfant entre ces mains.
"Cela n’arrivera pas. Je t’en fais la promesse.  "
Elle ne permettrait pas. Jamais. La résolution est prise. Qu’importe les conséquences qu’elle devra subir, elle protégerait Pépin. Severine tend une main vers l’apprenti, il s’en saisi sans hésiter. Alors elle se redresse et offre un dernier regard à Gus.
"Merci à vous et votre ami pour votre aide mais maintenant nous quittons cet endroit. "
Annonce-t-elle décidée. Elle glisse une pièce dans la main de l’homme en dédommagement pour le cache œil, puis repère une porte de sortie ou vers laquelle elle pousse Pépin.
 
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Azran Surion
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Mar 4 Avr - 15:02
Il avait été si proche de réussir. Et pourtant, maintenant elle doutait. Certes, elle avait raison, mais diantre ! Si on ne croit plus les pirates sur parole de nos jours, où allons-nous, je vous le demande. Quelle misère.

« Votre compagnie dans ma recherche pourrait rendre cette traque  plus plaisante qu’elle ne l’a été jusque-là, mais j’aime autant ne pas négliger les pistes solides : Fouillons cet endroit et interrogeons les  personnes qui s’y trouvent. »

Azran s’arrêta, dos à elle, face à la porte, et soupira en fermant les yeux. Difficile de dire ce qui le blasait le plus : qu’elle doute de lui ou cette impression qu’elle lui ait donné un ordre.

« Ce service que vous souhaitez me rendre : Je puis rémunérer en argent ou en chaire. Ou en argent ET en chaire. C’est à votre convenance…  Mais, encore faut-il que je trouve ce que je suis venue chercher. Chaque chose en son temps, je pense que vous pouvez comprendre cela Monsieur… ? Quel est votre nom déjà ? »

Le pirate se retourna, tout sourire ayant disparu de son visage. Il dévisagea la femme qu’il avait tant désiré jusqu’ici - même admiré, en quelques sortes - avec un dégoût nouveau. Le jeu de la séduction était et avait toujours été la meilleure partie du rapprochement de deux personnes, juste au-dessus de l’acte sexuel. Et bien qu’il ait été évident pour les deux parties que c’était là qu’ils voulaient en arriver, qu’elle choisisse ce raccourci de manière aussi brute le décevait profondément. De dame raffinée, elle s’était abaissée plus bas que les filles de joie. Elles le faisaient pour vivre.

Le Capitaine renifla, se gratta le nez et tira son pistolet du fourreau, braquant la rousse avec. Deux hommes qui étaient jusqu'ici restés assis se levèrent, tirant leurs lames en se précipitant à sa rencontre. Ils furent interceptés par ses hommes, qui les empalèrent au passage avant de pointer à leur tour la rousse de leurs pistolets.

« Gus, retiens-les. »

Le géant borgne se leva lentement et posa sa main sur l’épaule de la guérisseuse, l’autre main toujours ouverte sur la pièce qu’elle venait de lui donner.

« Désolé. »

Azran tourna en rond autour de la rouquine en se caressant la moustache. Il s’approcha ensuite d’elle et vérifia si elle était armée, n’étant pas timide dans sa fouille.

« Nous nous serions vraiment amusés si vous n’étiez pas si têtue, bel oisillon. »

Il laissa tomber le poignard caché dans les robes de la gente dame et l’envoya plus loin du pied, rangeant son arme tandis qu'il portait son attention sur la guérisseuse et le garçon que Gus conduisait vers lui.

« Je crois que vous avez toutes les deux des choses à me dire à propos de ce garçon, mesdames. Mais pour cela, nous devrions nous rendre quelque part de plus tranquille. Jack, emmène donc ces charmantes créatures à l’étage, vois à ce qu’elles restent tranquille. Gus tu restes avec le garçon ici, veillez avec Avery à ce que personne ne rentre ni ne sorte. »

Le Capitaine posa ensuite un genou à terre devant Pépin, et lui posa la main sur l’épaule.

« Je t’empreinte ta maîtresse quelques instants, on a une discussion à avoir. En attendant tu vas rester ici avec le monsieur. Il fait peur mais il est pas méchant. D’accord mon grand ? »

L’apprenti hocha la tête, ce qui tira un sourire au pirate qui lui tapota la joue.

« Un vrai p’tit pirate. »

En se redressant, il chuchota quelques mots à son homme, puis s’adressa à la salle.

« Encore une fois désolé du dérangement, je vous assure que ce n’était pas prévu. Je vais vous demander de rester calmes, reprenez une tournée si vous le désirez, mais personne ne sortira de cet établissement sous aucun prétexte à moins de vouloir rejoindre nos deux amis ici présents. »

Il avait désigné l’escorte dont le sang s’étalait toujours plus sur le sol, avant de se diriger vers l’escalier, jetant une pièce dorée à Dame Mamelons.

« Allez, la tournée est pour moi. »

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