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Un bourse bien plus légère ! [PV Aubépine] - Abandonné

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Sanghor Dunhîl
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Jeu 8 Déc - 21:21
Quatre ans que je n'avais pas mis les pieds hors de Kravmalörg. Quatre ans que je m'évertuais à ne pas rester éloigné trop longtemps de la maison, pour être sûr de retourner bien vite auprès de mon petit garçon. Mais avec ce voyage jusque Barannor, j'étais assuré d'être au moins absent pendant deux semaines et demie. Et Arne était encore trop jeune pour faire un tel voyage... Sinon Osha m'aurait accompagné dans cette ville qu'elle aime tant ! Mais l'heure n'était pas aux rêveries ni à la nostalgie, nous aurions bien l'occasion d'y venir tous ensemble un peu plus tard, histoire de montrer à Arne que tous ces sudistes sont un peu fous.

Cela faisait déjà plus d'une journée que j'écumais les dédales et les différentes rues de Barannor pour arriver à vendre mes quelques pièces. Ça n'avait pas été une réelle partie de plaisir, les affaires avaient été quelque peu mouvementées, mais je n'étais pas mécontent du petit pécule qui venait gonfler ma bourse.
Il me restait encore quelques bricoles à refourguer de-ci de-là, mais pour l'heure, j'avais tout simplement l'envie de trouver une jolie étole à ramener à ma chère et tendre.
Et c'est au détour d'une ruelle que j'étais tombé sur ce petit étal où s'amoncelait des dizaines et des dizaines d'entre elles, aux couleurs toutes plus chatoyantes les unes que les autres. Je n'étais pas le seul à avoir été sensible à cela puisqu'une jeune femme jetait déjà un coup d'oeil de-ci de-là. L'un des tissus, d'une couleur chocolat, irisé de reflets dorés me fit tout de suite penser au regard de ma femme : un regard qui vous réchauffe le cœur. Mon choix était donc arrêté.

- Hé l'ami ! Combien pour ce tissu-là ? Lui dis-je le doigt tendu en direction de l'étole.

Il me jaugea un instant, sembla évaluer ce que je pouvais bien valoir ou porter dans mon baluchon, s'arrêta quelques instants sur la fourrure qui me couvrait les épaules et un sourire mielleux se dessina sur son visage.

- Mon cher, c'est un excellent choix ! L'un des tissus de meilleure qualité que vous trouverez en ville ! Mais puisque vous ne semblez pas être d'ici, je vous fais un prix d'ami : 400 Mall's pour cette belle étole ! Elle se portera aussi bien en châle, qu'en voile ou en ceinture ! C'est un choix idéal !


Je me crispais un peu à l'entente de ce prix, c'était tout de même près de la moitié d'une de mes fourrures - et même le prix de certaines d'entre elles - alors qu'il n'y avait là qu'un bout de tissu, certes agréable à regarder et d'une grande finesse, mais qui ne réchaufferait rien d'autre que l'amour qui couve dans un cœur attendri.

J'hésitais un instant, puis haussais les épaules en signe d'approbation. Je commençais à piocher dans ma bourse lorsque la jeune femme intervint...
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Sam 10 Déc - 11:56
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« Alors, qu'avez vous de nouveau ? ... »

Ce murmure fut noyé dans les râles de la ville, englouti par des flots de discussions, les boniments des vendeurs, les cris de panique ou les rires d'inconnus, tout ces sons qui faisaient le charme de Baranor. Combien étaient-ils à se presser près des marchands les plus en vue de la capitale ? Comment savoir, de nouveaux arrivant gagnaient chaque jour la cité, par voie terrestre ou maritime, avec pour seul projet de la quitter plus riche qu'à leur arrivée. Riches propriétaires ou pauvres voyageurs, tous se mélangeaient en une masse hétérogène et rugissante, trop à l'étroit dans les artères de Baranor. Et parmi cette foule bruyante se trouvait la jeune héritière Boisnoir, ses yeux se baladant sur les étals et les produits proposés, a l'affût d'un changement de prix ou de nouvelles arrivées de marchandises. Combien de fois l'avait-elle parcouru, ce petit tour de repérage ? Des dizaines de fois certainement, par tous les temps et à intervalles vaguement réguliers. Il fallait bien s'assurer que la concurrence persistait dans la voie loyale de cette guerre des commerces à laquelle ils jouaient tous : marchands de tissus, de bière ou de viande, chacun gardait à l'œil ses opposants et vérifiait qu'ils ne possédaient pas d'armes qui auraient rendu le combat irrégulier.

Une bourse à moitié remplie à sa ceinture, Aubépine semblait se laisser porter par le flot des passants. Un observateur avisé vous aurait pourtant assuré qu'elle ne se déplaçait nullement au hasard. Ses prunelles brillaient d'un éclat particulier reflétant l'intensité de sa concentration alors que ses doigts parcouraient légèrement les étoffes du commerce d'un de ses concurrents. Elle en estimait le prix, analysait la nature du tissu avant de fouiller dans sa mémoire un contact capable de lui en fournir de semblables, puis passait à l'étal suivant. Elle s'arrêta finalement devant celle d'un de ses plus sérieux adversaires, un certain Bertolan. La jeune femme se perdit dans l'observation d'une tunique en soie, un beau modèle qui ne parvint pas à lui faire oublier le regard inquisiteur de son concurrent. Il dut cependant détourner son attention pour répondre à un autre client, un type costaud vêtu de nombreuses fourrures. Il devait venir de Kravmalörg à n'en pas douter. Il tenait dans sa main un foulard ébène, de qualité moyenne mais qui au style particulier. Il devait valoir dans les 240 Malls à première vue.

Le marchand lui en réclama 400.

La jeune blonde leva un sourcil, un petit sourire se formait lentement au coin de ses lèvres. "400 Mall's ? Tu n'y penses quand même pas ?".  Bertolan ignora superbement sa rivale et attendait la réaction de son client. Qu'elle ne fut pas la surprise d'Aubépine lorsque l'inconnu acquiesça à la proposition du marchand. Il plaisantait, ce n'était pas possible ! Il y a certes moyen d'arnaquer les voyageurs mais de manière aussi grossière, cela équivalait à lui voler tout bonnement sa bourse. "Cher confrère, tu ne t'en tireras pas aussi facilement ...". La tisserande s'approcha des deux hommes de sa démarche légère mais néanmoins assurée. Elle brandissait son sourire en guise d'étendard, un éclat de défi brillait dans son regard.

- Et de quoi est faite votre étole pour mériter ce prix ? De fils d'or ?

Aubépine toisait le marchand avec cet air malicieux qu'elle maîtrisait si bien. Puis elle reporta sa attention sur le tissu, l'examina de plus près et en inspecta les mailles. Il valait peut-être légèrement plus qu'elle ne l'avait pensé à première vue. C'est cependant sans l'ombre d'un doute qu'elle affirma :

- Il ne doit pas valoir la moitié de la somme que vous proposez, et je sais de quoi je parle :  j'en vends de semblables dans mon échoppe, mais d'une qualité bien supérieure. Je les réalise moi-même voyez-vous. Demandez à n'importe qui dans cette ville, tous seront garants de la qualités de mes créations, contrairement à ceux de cette échoppe.

Elle laissa sa phrase en suspend, continua d'ignorer le marchands qui tentait tant bien que mal de se défendre. Après avoir observé une dernière fois le tissu, elle releva la tête pour annoncer au client :

- Je peux vous en fournir un identique pour 250 Mall's. Mais si vous tenez vraiment à celui-ci, ce serait une erreur de dépenser plus de 270 pièces pour l'acquérir.

Si elle ne pouvait pas ramener ce client jusqu'à son commerce, autant que son concurrent perde de l'argent !
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Sanghor Dunhîl
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Dim 11 Déc - 16:43
Elle semblait un peu hargneuse la petite blonde. Un tissu en fil d'or ? Tiens, tiens, on dirait qu'elle s'y connait aussi. Mais je doute en effet que l'étole soit de si noble facture. Elle se saisit d'ailleurs du tissu pour l'examiner, tout en me dénigrant son prix, sa qualité et en m'en proposant de mieux dans sa propre échoppe, pour bien moins cher. Ma foi, qui n'est jamais heureux de garder une bourse un peu plus rebondie ?

Les sourcils légèrement froncés, je ne fis qu'ouvrir la bouche, puis la refermer. Que pouvais-je bien dire après cette tirade enflammée ? Elle semblait en effet savoir de quoi elle parlait.
Alors il fut plus simple de concentrer mon attention sur ce mécréant de marchand. Il semblait furieux mais devint peu à peu balbutiant sous mon regard courroucé. D'un doigt accusateur, je me fis menaçant.

- Vous là ! Vous n'avez pas honte de gagnez votre vie de la sorte ? Vous viendrez de chez moi, on vous aurait couper la langue pour de telles inepties !

Je repris l'étole des mains de la demoiselle et la jetais en boule sur l'étale devant moi. Me tournant maintenant vers elle, je me radoucis, un léger sourire sur le visage.

- Et bien ma foi, merci d'être intervenue ! Il semblerait que vous m'ayez fait économiser un peu d'argent... Après quelques secondes de pause j'ajoutais cependant, mi-rieur, mi-sérieux. J'espère que ce n'est pas là une technique pour m'en faire perdre encore plus avec vous ?

La chose avait de quoi me faire devenir méfiant... De toutes évidences, leurs pratiques semblaient bien différentes ici de celles de Kravmalörg.
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Lun 19 Déc - 0:07
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Le marchand fusillait la jeune fille du regard, tentait de se défendre à la manière d'un soldat sachant le combat perdu. Elle le connaissait pourtant, il ne faisait pas parti de ces hommes incapables de maîtriser la finesse de la négociation, mais cette attaque aussi soudaine que brutale l'avait totalement désarmé. Ne venait-elle pas de lui faire perdre un client et, par la même occasion, une petite fortune ? La jeune Boisnoir ne se serait pas permises une telle tirade sans s'être assurée auparavant que nul autre personne ne se trouvait dans la boutique. Il aurait suffi que l'un des passants se mêle de cette affaire pour qu'elle ne dégénère, or ce n'était nullement le dessein auquel aspirait Aubépine.

Elle sortit en compagnie de ce client insatisfait et prit soin d'éviter le regard de son adversaire bien qu'elle en devina sans mal la signification. Il se vengerait, très certainement, en lui rendrait la pareille. Son instinct lui chuchotait qu'il passerait bientôt à la boutique de la tisserande et lui ferait regretter ce geste que certains pourraient qualifier de déloyal. Mais que Bertolan se rassure : elle aurait pu faire bien pire.
Quand vint le moment des remerciements, Aubépine affichait toujours son sourire malicieux mais n'en dit pas moins sincèrement :

- Ne vous en faites pas. Je vous ai promis une étole à 250 Mall's et vous l'aurez. Je faillis rarement à ma parole... Mon échoppe se trouve à quelques rues d'ici, mais je vous conseille de garder un œil sur votre bourse sur le trajet : une telle foule attire généralement une nuée de voleurs prêts à détrousser les nouveaux arrivants. Ce serait regrettable que vous perdiez l'argent que vous venez justement d'économiser.

Aubépine ouvrit la marche, fendant la foule d'un pas assuré. Elle jaugeait le potentiel de l'homme du coin de l'œil, étudiait sa carrure imposante et sa pilosité faciale impressionnante. Bien sûr qu'il n'était pas originaire de la région, inutile d'être un fin observateur pour remarquer une telle évidence. Alors autant engager la conversation sur ce terrain.

- Vous êtes à Barannor depuis longtemps ? Votre visage ne m'est pas familier. J'estime pourtant bien connaître la ville et ses habitants...
Il s'agissait sans nul doute d'un voyageur, séjournant dans la cité pour le commerce ou par simple désir d'aventure. Quoi qu'il en soit, cette question permettrait de savoir si cet homme méritait effectivement d'être sauvé de ce qu'Aubépine qualifierait en sa présence d'une outrageuse arnaque.
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Sanghor Dunhîl
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Lun 19 Déc - 13:20
Elle semble bien décidée à me vendre son étole la petite. Ça fait plaisir de voir que des jeunes gens se sentent concernés par un commerce honnête, non pas comme cette crapule de bas étage qui peuple cette Contrée pourtant si agréable à vivre.
Je n'ose imaginer si une telle chose arrivait à Kravmalörg... Boarf, il n'en aurait pas mené large en tout cas.

J'acquiesce à ses paroles, un sourire jovial plaqué sur le visage. T'en fais pas va, le bougre qui me piquera ma bourse n'est pas encore arrivé ! Ah moins qu'il veuille se prendre un bon coup sur la trempe. Je n'embête personne et jusque là personne ne vient m'embêter.
Nous avançons donc à bon pas dans une foule plutôt compacte, en direction de sa fameuse échoppe. Je la vois qui me regarde en coin à plusieurs reprises, quand sa curiosité l'emporte enfin...

- Je viens d'Heidall, je suis en ville depuis deux jours pour vendre quelques peaux et autres outils que vous n'avez pas dans le coin.

Difficile de passer inaperçu parmi tous ces maigrichons un peu extravertis de toute façon. Vu ma carrure et mon allure d'ours, pas étonnant qu'elle pose la question. Et puis tout est différent ici, beaucoup plus. Les gens, les comportements, les accoutrements, les objets, les couleurs, la ville entière.

- Je profitais d'une déambulation au hasard des ruelles et d'un peu de temps libre pour acheter un petit cadeau à ma chère et tendre sur cet étal où vous m'avez ramassé. D'ailleurs, qu'y faisiez-vous vous-même si vous avez votre propre échoppe ? Surtout avec ce type d'individu peu fréquentable, une jeune femme comme vous ne semble pas à sa place auprès d'une telle personne !

J'étais peut-être prompt à juger, mais après-tout, à quoi bon y aller par je ne sais combien de chemins pour dire l'évidence. Il n'y a pas de faux-semblant à Kravmalörg. Pourquoi devrais-je adapter un comportement qui n'est pas le mien sous prétexte que je suis hors de ma Contrée ?
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Mar 3 Jan - 23:13
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Encore quelques rues et ils arriveraient à l'échoppe tant attendue. Les avenues ne se désemplissaient pas, bien au contraire, et la jeune femme profitait de ce trajet impromptu pour continuer à jeter de furtifs coups d'œil aux étales de ses concurrents, sans pour autant manquer d'attention envers son client. Une lueur d'intérêt illumina le regard de la tisserande lorsque son compagnon aborda le sujet de sa venue. Des outils que l'on ne trouve pas dans la région ? Mais alors, elle avait bel et bien affaire à un confrère ! Cela pourrait se révéler intéressant si elle devait un jour marchander avec lui, mais cette remarque au sujet de ces mystérieux outils avait éveillé sa curiosité.

Le seconde réflexion, quant à elle, fit sourire Aubépine : un de plus à la sous-estimer, mais n'était-ce pas un avantage dans le cruel monde des affaires ? Elle répondit cependant avec assurance :
- Vous l'avez dit vous-même : je tiens ma propre boutique, et il est toujours utile de garder à l'œil les produits proposées par ses concurrents. Vous devez le comprendre si vous êtes vous-même marchand. (Elle laissa sa phrase en suspend quelques instants avant de reprendre, un sourire rassurant aux lèvres) Et ne vous en faites pas pour moi, je sais ce que je fais. Voilà la boutique.
Après un dernier sourire à l'inconnu, elle s'avança en direction de son magasin, esquivant les derniers passants pour parvenir jusqu'à l'entrée. Quand elle eut poussée la porte, son regard parcourut les nombreuses étagères remplies de soieries en tout genre, allant des simples foulards aux vêtements les plus complexes, aux broderies raffinées et aux couleurs chatoyantes. Quand elle eut trouvé l'objet de ses recherches, Aubépine s'avança rapidement vers l'un des rayonnages et saisit délicatement une étole semblable à celle que son client avait repérée dans la boutique de Bertolan, l'examina quelques instants avant de s'assurer de sa qualité et de sa ressemblance, puis s'approcha de l'homme en affichant le sourire qu'elle adressait habituellement aux clients.
- Voilà l'étole, identique à celle que vous recherchiez. Je l'ai tissé moi-même et suis très satisfaite du résultat, c'est une de mes plus belles réussites. Votre bien aimée appréciera le cadeau, c'est certain. Bien entendu, si vous voyez autre chose qui lui plairait davantage, n'hésitez pas à m'en faire part.
Elle espérait que son interlocuteur trouverait autre chose à acheter. Parce qu'il fallait bien l'avouer : si Aubépine pouvait gagner plus de 250 Mall's, elle n'en serait que plus heureuse. Après tout, n'était-ce pas dans cette optique qu'elle avait ravi ce client à son rival ?
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Sanghor Dunhîl
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Ven 6 Jan - 18:16
Pleine d'assurance la petite, à n'en pas douter. Et avec le sens des affaires il semblerait ! Je souris légèrement à sa remarque.

- Oh vous savez, je marchande parce que je le dois pour manger ! Initialement, je ne suis que trappeur et tanneur. Vendre mes peaux n'est que le résultat de mon activité...

Sur ces mots, nous voilà qui arrivions à la-dite boutique. Une boutique somme toute bien encombrée. Des montagnes de tissus variés jonchaient des étagères qui menaçaient de chavirer à tout instant, tandis qu'une multitude de couleurs tentait de captiver l’œil du badaud qui aurait le malheur de franchir le chambranle.
J'en étais encore à regarder à droite à gauche que la petite demoiselle revenait déjà du fond de la boutique, une étole dans les mains, qu'elle me présenta tout de go sans en omettre les qualités. Tout en m'enjoignant à jeter un œil au reste de la boutique. Maligne, je vous dis.

Je me saisis alors de l'étole et la contemple un instant. La ressemblance est effectivement notoire, mais je dois reconnaître que celle-ci semble effectivement de meilleure facture : un touché plus soyeux, des finitions plus travaillées, des reflets plus chatoyants. Du beau travail.

- Dîtes-donc, c'est du beau travail ce que vous avez là ! On voit que vous savez de quoi vous parlez. Et je suis aussi certain que ma petite femme la trouvera magnifique. Je vous la prend sans hésitation !  

Je commence à farfouiller dans ma bourse pour donner son dû à la demoiselle quand une idée me traverse l'esprit. Avec un petit sourire en coin, je pose mon barda sur le sol et lui tend une de mes peaux.

- Vous qui aimez le travail bien fait et les détails, qu'est-ce que vous pensez de ça ? La bête était magnifique, un loup bien costaud, du premier choix !

Je croises les bras, bien droit, en attendant le verdict, son étole toujours en main.
Marchandons voyons.
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Mer 1 Fév - 23:57
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L'air de rien, la marchande attendait la réaction de son client avec impatience. Le temps lui avait appris à ne pas brusquer ses interlocuteurs, leur laisser le temps et l'espace pour qu'ils se fassent leur propre idée sur le produit, que ses qualités, qu'elle avait présenté plus tôt, cheminent lentement dans leur esprit jusqu'à ce qu'ils soient convaincu de la véracité des faits. La tâche se révélait plus aisée lorsqu'Aubépine avait affaire à des gens qui ne connaissaient rien à sa profession ou ne possédait aucun objet de comparaison. Mais dans ce cas précis, son interlocuteur attendait de sa marchandise une qualité supérieure à celle du vendeur précédent, sous peine de passer pour un charlatan et ça, elle ne pourrait le souffrir. Alors elle attendit les secondes nécessaires à la réflexion du colosse mais instinctivement, elle savait qu'elle venait de vendre son étole. En effet, les compliments affluèrent bientôt, accompagnés du décisif "j'achète" qui clôturait toute bonne négociation. La jeune femme accueilli ces mots d'un large sourire, ses yeux brillant de reconnaissance.

Elle s'apprêtait à récolter ses 270 Mall's si dûment acquis mais son client ne semblait vouloir s'en arrêter là... Il lui tendit une peau de loup magnifique, sur lequel il demanda un avis. Aubépine le regarda en laissant échapper un petit rire, prenant - dans un premier temps - cela pour une plaisanterie. Elle était tisserande, jamais elle ne s'occupait de peaux de bêtes, et encore moins par des températures pareilles à l'extérieur. Mais il ne s'agissait pas d'une blague, il la mettait en quelque sorte à l'épreuve. Un joueur, donc ? Ce genre de défi ne faisait pas réellement parti des habitudes de la maison, mais il fallait bien se plier aux volontés des clients si l'on voulait faire prospérer son commerce. Alors elle saisit délicatement la fourrure, l'examina en détail, souriant en pensant au ridicule de la situation. Elle ne possédait aucun point de comparaison et n'avait même jamais vu l'un de ces loups dont avait été extrait la fourrure. Elle tendit à nouveau cette dernière à son propriétaire après quelques secondes d'examen :
- Elle me semble d'excellente qualité ! Ce pelage est simplement magnifique. Je n'ose imaginer la créature à qui elle appartenait...
Son esprit dériva lentement vers les terres glacées du nord, ses grands espaces couverts de glace et de neige et le froid glacial qui balayait les plaines. Comment pouvait-on vivre là-bas, par ce froid ? Elle ne put réprimer un frisson qui lui parcourut l'échine.
- Vous ne vous êtes jamais blessé en traquant vos proies ? Ou même perdu ? C'est tout de même plus facile de "chasser" les plantes nécessaires à la fabrication du tissu.
Elle ponctua sa phrase d'un petit sourire en coin. Autant parler de contrées lointaines qui lui étaient inaccessibles, elle s'y rendrait par la pensée aux travers des paroles du voyageur.
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Sanghor Dunhîl
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Lun 6 Fév - 10:22
Elle sembla amusée par ma demande mais se saisit tout de même de la peau et l'examina avec grand soin. Une femme aux multiples talents, semblerait-il ? Elle semblait en tout cas satisfaite par ce qu'elle voyait et ne tarda pas à me demander plus amples détails sur le métier de trappeur.
Je rigolais gaiement à la comparaison faite de "chasser" des plantes.

- Effectivement, chasser des plantes doit être bien plus simple, au moins, elles sont toujours au même endroit ! Mais où est la passion de la chasse alors ? L'excitation qui vous saisie lorsque vous découvrez une trace ? L'adrénaline au moment de tuer la bête ?

Et qu'elle sensation... Celle d'une liberté absolue dans une immensité sans fin. Accompagnée seulement par le chant du vent et le doux crissement de la neige sous ses pas. Un moment magique. Bien plus que les paroles que je venais d'asséner, desquelles je me défaussais bien vite en levant les bras - et la peau rendue par la demoiselle, toujours en main - au ciel.  

- Soyez-assurée que je ne prends pas plaisir à tuer, j'ai un grand respect pour toutes ces bêtes, mais je prend plaisir à chasser, indéniablement. Et cette chasse-là se finit toujours par une bête au sol, pour pouvoir fabriquer des peaux et nourrir ma famille. Le cheminement de la vie est ainsi fait.

Puis je me rendis compte que je m'égarais et m'éloignais de la question initiale, qui était... Ah oui !

- Pour répondre à votre question première, bien sûr que le métier n'est pas sans danger. Comme tout être doué d'intelligence, l'animal se bat pour sa vie... Un combat qui laisse bien souvent des cicatrices, si toutefois il se passe au corps à corps. Puis je ne suis pas non plus à l'abri des dangers du terrain. Kravmalörg est une Contrée rude ! De-là à s'y perdre, c'est un grand mot. Quand vous y avez grandi, vous reconnaissez facilement le terrain. C'est comme si je vous demandais si vous vous perdiez dans Barannor par exemple; une grande ville pour moi qui ne la connait pas, mais un terrain de jeu pour vous qui y vivez !

Mon amour des grands espaces ne me permettrait pas de rester ici plus de quelques jours. Trop de monde, trop de bruits, trop de problèmes. La solitude était un luxe qu'ils ne connaissaient pas ici...

Mes pensées dérivant un peu trop, je revins sur notre discussion et la façon dont elle avait débuté.

- Et vous alors, vous allez me dire que vous vous aventurez là-dehors toute seule pour aller ramasser des fleurs ? Est-ce bien prudent ? Les Contrées ne sont pas aussi sûres et accueillantes qu'elles le pourraient...

Peut-être était-ce son adrénaline à elle, après-tout.
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Mar 21 Fév - 13:44
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Sans en prendre véritablement conscience, Aubépine buvait les paroles du chasseur, ne laissait aucun mot lui échapper alors que son esprit s'en retournait dans les contrées lointaines de Kraumalörg. Quel sentiment cela devait-il être de parcourir les plaines gelées à la poursuite d'une proie ? La tisserande ne se faisait aucune illusion, elle ne survivrait pas trois jours dans cette zone reculée du continent. Là se trouvait l'avantage des rêveries : elles avaient le don de négliger ces aspects pratiques qui auraient entachés le rêve.
Et l'acheteur semblait se perdre à son tour dans ses pensées, laissant s'échapper des mots reflétant l'étendue de la passion qui l'habitait. Ce n'était certes pas le tissage qui provoquerait chez la jeune femme un tel sentiment, mais cela ne signifiait pas qu'elle n'éprouvait jamais de tel sensations. Car si son interlocuteur était un chasseur aguerri, Aubépine l'était également, à sa manière. Le but de sa traque ne se clôturait non pas par la mort d'une bête sauvage mais bien par la vente d'une de ses étoffe et à cet instant, le client qu'elle avait devant elle représentait sa proie.
La marchande étouffa un rire lorsqu'il la questionna sur ses activités.
- Les choses ne se passent pas vraiment comme ça, je me contente juste de transformer les différents matières que j'achète en toutes ces soieries que vous voyez. Rien de bien passionnant, hélas...
Son regard se porta sur la foule au dehors, des tas d'acheteurs potentiels, c'était certain, mais il n'y avait pas que cela. Cet homme qui, l'air de rien, les tenait à l'œil. Aubépine le connaissait de vue, l'ayant déjà aperçu chez Bertolan à diverses reprises. "Alors comme ça, on espionne pour le compte de son patron ?". Quoi qu'il veuille, l'héritière Boisnoir doutait fortement qu'il vienne la féliciter de ce "vol de client". Quoi qu'il en soit, jamais il n'oserait intervenir tant que ledit client se trouvait encore dans la boutique.
Quelque peu troublée par cette présence, elle continua sur un ton moins chaleureux que précédemment, espérant faire passer cela pour de la résignation :
- Et effectivement, la région n'est guère sûre, aussi bien en ville qu'aux alentours. Mais cela ne doit pas nous empêcher de vivre, et il est hors de question de rester cloîtré chez soi en espérant échapper au malheur, quitte à se montrer parfois imprudent. Je ne suis pas du genre à me cacher pour éviter quelque ennui.

N'aurait-elle pourtant pas dû rester à la boutique ce jour-la et éviter les ennuis avec Bertolan ? Ou même rester auprès de ses parents lorsqu'elle s'était faite poignarder, il y a de cela quelques années ?
Jamais. Elle s'était relevée et était retournée dans les rues de Barannor, avait continué à vivre pour devenir ce qu'elle était devenue en ce jour.
- Heureusement pour moi, je ne compte pas rester ici toute ma vie. Je prévois de me rendre à Athalie prochainement afin de monter mon propre commerce.
"Loin de Bertolan et de ses saletés de mouchards". Elle continuait à tenir à l’œil cet homme qui les observait toujours. Ne partirait-il donc jamais ? Bien sûr que non, pas avant d'avoir réglé l'affaire pour laquelle il était venu.
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Mar 28 Fév - 11:23
Et voilà, il semblerait que je me sois encore laissé emporter. Quelle idée de me parler de mon travail aussi ! Je pourrais déblatérer des heures durant sur la chose... Mais il ne m'a pas semblé ennuyer la jeune demoiselle, au contraire, je parierais plutôt avoir attisé sa curiosité ! Cela ne m'étonna guère, après-tout, elle était une fille de la ville, probablement peu habituée à quitter ces lieux.

Je ne pu cacher ma surprise à l'écoute de ses paroles : rien de bien passionnant à son métier ? Mais bien au contraire ! Certes elle n'allait pas sur le terrain comme avait pu le suggérer ma question précédente, mais tout de même, cela n'enlevait en rien le faste du travail accompli, pour en arriver à d'aussi belles pièces.
Elle détourna le regard et sembla se perdre un instant dans une réflexion obscure. Ce fut avec un ton plus ferme et résigné qu'elle reprit sur une diatribe concernant la sécurité de ce monde. C'est qu'elle avait du caractère la petite ! Un caractère qu'elle comptait exporter dans le Sud en plus de cela !

- En voilà un chemin surprenant ! Il est bien rare de voir des habitants de Dohilac s'attacher aux cultures quelque peu... frivoles, de Vohilis. Pas tant que j'y sois allé tant que ça, ça fait quand même un bout de chemin et j'ai pas grand chose à y vendre, fait trop chaud... Mais quand même, j'ai vu quelques fois et j'ai surtout entendu les histoires.

Et quelles histoires ! Rien vraiment qui ne mériterait d'être raconté... Leur mépris de la vie - de toutes vies - m'était insupportable.

- Que comptez-vous donc y faire ? Ouvrir une nouvelle échoppe de soieries ?

Aucun doute que cela fonctionnerait probablement, avec leur goût pour le beau, bien que ses interlocuteurs seraient probablement bien différents. De ce que j'ai entendu dire, la population Ichtr serait fine connaisseuse de tous ces tissus...

Quoiqu'il en soit, le demoiselle semblait distraite par quelque chose à l'extérieur de la boutique. Je jetais un rapide coup d'oeil dans la même direction, pour constater qu'une foule de gens battaient continuellement le pavé.
Tous sauf un, avachi sur un pan de mur, les yeux rivés sur... moi ? Nous ? Alors je me tournais de nouveau vers la demoiselle.

- C'est le gus près du mur qui vous chagrine, vous le connaissez ? Pourquoi regarde t-il avec autant d'insistance par ici ?

Je n'aimais pas bien ce genre d'attitude ni le genre de problèmes que ça ne manquait jamais d'apporter. Mais je n'allais quand même pas laisser la petite dans les problèmes, alors que je pouvais surement faire quelque chose.
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