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Azran Surion

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Azran Surion
Ça vous dit rien une "Sirène" ?
Masculin
Métier : Capitaine Pirate
Localisation : Le Chien de Mer
Début de l'aventure : 03/12/2016
Discussions avec soi-même : 118
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Dim 4 Déc - 19:19


Papier d'immatriculation


Azran Surion

T'es qui au juste ?






Sexe :
♠ Masculin
Âge :
♠ Quarante-deux ans
Contrée d'origine :
♠ Dohilac - Barannor
Localisation actuelle :
♠ Khalem
Métier :
♠ Capitaine Pirate
Situation familiale :
♠ Fils d’Archimandias Surion, vieux pirate
♠ Marié à son navire
Nombre de Mall's en poche :
♠ Jamais assez
« Dans un monde sans or, on aurait pu être des héros. »
 

Tu trimbales quoi avec toi ?


♠ Le Chien de Mer : Brick pirate en bois sombre aux voiles grises délavées, arborant un Jolly Roger représentant un crâne ailé par le vent, armés de quelques canons rudimentaires.

♠ Arsenal : Un sabre, une dague, un pistolet à poudre.

Et tu ressembles à quoi ?


♠ Une visage charmeur, légèrement marqué par les années.
♠ Une moustache distinguée, accompagnée d’une courte barbe, complémentés par de longs cheveux bruns généralement attachés en queue de cheval.
♠ Un regard sombre et sévère, accentué par la cicatrice traversant sa joue gauche et son nez et celle séparant inégalement son sourcil gauche.
♠ Un corps musclé, parsemé de cicatrices de toutes tailles, à peine amoindri par une consommation trop fréquente d’alcool et de nourriture riche.

Tu vas pas nous créer des problèmes au moins ?


« Je sais que tu as envie d’en savoir plus sur ton père, mais tu ne devrais pas. Il n’est pas quelqu’un de gentil comme toi. Si tu le cherches, tu seras déçu de ce que tu trouveras. »
♠ Zini, sa mère

« Il a tué un bleu et blessé un autre pour monter sur le pont, rien que pour voir le Capitaine. Mais c’est qui ce jeunot ? »
♠ Membre de l’équipage du Chien de Mer

« Et toi, t’en penses quoi du bleu ?
- Le fils d’Archi ? Je sais pas. Il m’inspire pas confiance.
- Qu’est-ce qui lui a pris de l’accepter à bord ?
- Tu sais, des fois, les liens familiaux… »

♠ Conversation entre deux membres de l’équipage

« Vous avez pillé, saccagé, tué, violé…
- Tout doux, gamin. Tu es trop jeune pour prononcer la plupart de ces mots.
- Vous me répugnez.
- J’ai dit que je n’étais pas qu’un monstre, petit. Pas que je n’en étais pas un. »

♠ Conversation entre un jeune milicien et Azran

« Tu crois pouvoir faire ta loi sur mon navire, petit ? Tu ferais mieux de retourner chez ta mère avant que je t’y envoie en morceaux. »
♠ Archimandias Surion, Capitaine du Chien de Mer

« Une mutinerie ! Contre son propre père ! T’y crois ça ? Les gars en voulaient au Rat d’avoir pistonné son fiston, mais au final on dirait bien que le jeunot est pire que son père ! »
♠ Membre de l’équipage du Chien de Mer

« On est des vraies canailles, des maudits pirates… Trinquons mes jolis, yo ho. »
♠ Azran Surion

Tu viens d'où comme ça ?



« Maman… Est-ce que j’ai un père ?
- Mais bien sûr mon chéri. Pourquoi tu me demandes ça ?
- Pourquoi il est pas là ?
- Parce que… il est occupé ! Il veille à ce que la mer soit sûre pour tous les pêcheurs, et du coup il ne peut pas rentrer, sinon personne ne les surveillerait !
- C’est vrai ?
- Évidemment ! Allez, il est l’heure de dormir. Tu viens ? »

J’y ai cru, à l’époque. J’étais sûr que mon père était un héros, que tous les pêcheurs le connaissaient et parlaient de lui avec admiration. Alors tous les jours, j’allais au port, et je regardais la mer. Et quand je voyais un bateau que je trouvais particulièrement beau, je me disais que mon père était peut-être dessus. Peut-être qu’il était en train de naviguer vers une barque de pêcheurs en danger, ou qu’il avait à bord des marins naufragés. Et si un de ces navires s’amarrait au port, je courrais sur le quai et je demandais s’ils avaient vu mon papa. Mais entre ceux qui me disaient de foutre le camp, ceux qui me souriaient bêtement pour pouvoir m’ignorer avec la conscience tranquille, et ceux qui me prenaient en pitié et faisaient maladroitement semblant que oui, jamais lui n’apparaissait.

Et parfois, je voyais un gros navire, au loin, à peine visible. Et je me disais que c’était peut-être mon père qui avait décidé de s’approcher autant que possible pour guetter de sa longue-vue si j’étais sage. Et à chacun de ces navires, je faisais un coucou de la main. Et dans chacun de ces navires, j’imaginais une figure paternelle qui m’en faisait un en retour.

Mais la crédulité d’un enfant ne dure qu’un temps.


« Comment s’est passée ta journée, mon chéri ?
- Bien Maman.
- Quelle heure est-il ?
- À peine 17 heures.
- Tu n’es pas allé au port, aujourd’hui ? »

Quand j’y repense, j’avais tellement plus de mal à mentir à l’époque qu’aujourd’hui. Ou peut-être est-ce juste plus compliqué de mentir à sa mère malade.

« Qu’est-ce qui t’arrives mon fils ?
- J’ai rien à faire au port, Maman. Tu as plus besoin de moi ici.
- Mais voyons, et qui va faire coucou à ton père si tu n’es pas là ? »

Avec le temps et mes questions sans réponses, le doute avait commencé à s’installer dans mon esprit. Je ne savais pas qui était mon père. Je ne savais pas s’il était même encore en vie. Mais j’étais à présent certain qu’il n’était pas le héros marin qu’elle me décrivait.

« Je suis plus un enfant, Maman. Je sais que c’est pas à lui que je fais signe.
- Oh Azran… »

C’était douloureux de voir l’effort qu’elle avait dû faire uniquement pour se redresser dans son lit et m’enlacer. Par respect pour cet effort, je n’avais pas tenté de me défaire de sa faible étreinte, mais le cœur d’y était pas.

« Qui est mon père ? »

Un long moment de silence avait suivi cette question, et j’en connaissais la cause. Ma mère n’était pas une femme rêveuse. Aussi misérable qu’il aurait pu être, s’il avait été honnête ou encore en vie, elle n’aurait pas menti à son sujet, même au petit garçon que j’étais.

« Chéri… Il est des vérités qu’il vaut mieux ne pas entendre…
- Mais je veux savoir. Est-ce qu’il est toujours en vie ?
- … Certainement. J’ai du mal à croire que quoi que ce soit puisse venir à bout de ton père. »

Donc malhonnête.

« Où est-ce qu’il est ?
- Écoute… Je sais que tu as envie d’en savoir plus sur ton père, mais tu ne devrais pas. Il n’est pas quelqu’un de gentil comme toi. Si tu le cherches, tu seras déçu de ce que tu trouveras. »

Je n’avais pas su quoi répondre à l’époque. D’ailleurs, je n’avais rien répondu. Je l’avais longuement regardée, puis j’avais caressé sa joue comme j’avais pris l’habitude de le faire, écho du temps où c’était elle qui me le faisait avant que je m’endorme.



Avec le temps, j’avais réussi à glaner quelques informations sur mon père, un peu par ma mère, mais surtout de moi-même. Archimandias Surion, mercenaire voleur à l’époque où il avait connu ma mère. Il l’avait abordée, avait tenté de la séduire, mais elle ne s’était pas laissée faire. Alors il lui avait ouvert son cœur, lui avait promis des jours heureux, avait juré de se ranger pour elle, et après plusieurs semaines, ma mère avait fini par céder. Le lendemain, au réveil, il n’était plus là, et elle ne le revit jamais. Il avait suffi d’une nuit pour que me mère tombe enceinte, et lui n’était même pas au courant.

En parlant de ma mère, son état ne s’arrangeait pas, au contraire. La maladie s’aggravait, et on ne pouvait rien y faire. Elle était condamnée à agoniser, et j’étais condamné à y assister impuissant. Mais ce n’était pas la fin que je désirais pour elle. Me renseigner sur une crapule m’avait, involontairement, rapproché du milieu. Là où mes yeux d’enfant ne voyaient autrefois que le bien, les rues bordées de soleil et les jolies passantes gentilles, mes yeux de jeune adulte commençaient à discerner les sombres ruelles, les gens qui les battaient, et les services qu’ils proposaient.

Je m’étais donc procuré une épée de mauvaise facture pour une bouchée de pain, quelques provisions, le nécessaire pour voyager, et une certaine feuille. En rentrant, j’avais préparé un thé, auquel j’avais ajouté cette feuille, et l’avais servi à ma mère. Insipide, inodore, la feuille devait lui procurer un sommeil sans douleur. Plus jamais de douleur.

Ma main dans sa main, mon autre main caressant sa joue, je l’ai regardée s’endormir, et je suis resté un petit moment après ça. Puis j’ai déposé un baiser sur son front, l’ai regardée une dernière fois, et je suis parti avec mes affaires. Il faisait nuit noire quand j’ai retrouvé la caravane avec laquelle je devais quitter la ville. À aucune moment je n’ai regardé derrière moi. J’avais trop peur de regretter ce que j’avais fait.



Retrouver mon père n’a pas été simple. J’ai passé plusieurs années à le chercher, voyagé aux quatre coins de Mathusalem, et même abandonné quelques fois. J’ai été voleur, mercenaire, garde du corps, tout ce qui me permettait de ramasser les pièces nécessaire à vivre ou survivre tout en continuant mes recherches. Mais si l’on ne pouvait plus me considérer comme quelqu’un d’honnête, et si je n’étais plus le gentil Azran qu’avait connu ma mère, jamais je n’ai pris de vie pendant cette période. Ce n’est que plus tard que j’ai commencé.

Au terme de mes recherches, toujours bredouille, je n’avais plus beaucoup d’options. Soit mon père était mort, soit il se cachait trop bien pour moi, soit il était au seul endroit auquel je n’avais pas accès : Khalem. Et comme il était hors de question que j’aie tout fait pour rien, je me mis en quête d’un moyen d’accéder à l’île des pirates.

Pendant plusieurs mois, j’ai arpenté Athalie et ses environs. Je me suis fait détrousser par nombre de crapules et voleurs et j’ai été plus d’une fois laissé pour mort. Mais je finis par tomber sur une piste. Un simple nom, prononcé par un homme quelconque, à une table quelconque, avec des gens quelconques dans une taverne miteuse. « Archimandias ». Jamais aucune des personnes que j’avais interrogé n’avait entendu de nom pareil au fil des années, alors ça ne pouvait pas être une coïncidence. Je m’étais donc rapproché de leur table, et je les avais discrètement épié. Aucun n’avait l’âge d’être mon père, mais ils savaient sûrement quelque chose sur lui. Par manque d’autre option, je décidais de les suivre.

La filature fut longue, notamment à cause de l’arrêt qu’ils firent au bordel du coin et de la lenteur de leur déplacement, mais j’étais toujours derrière eux quand ils quittèrent la ville, puis la route pour aller vers la côte. Et au loin, je le vis. Un grand bateau, un beau bateau comme ceux que je voyais au loin quand j’étais gamin. Au bois aussi sombre que ses voiles. Et sur la plage, une barque amarrée vers laquelle les ivrognes se dirigeaient. Alors sans réfléchir, je me suis mis à courir après eux, leur criant d’attendre. Tous sursautèrent. L’un d’entre eux, visiblement éméché, sortit son épée et se jeta sur moi. Ne m’étant pas attendu à cette réaction, je dus tirer la mienne rapidement, et le mousse saoul qui trébucha dans sa course vint s’empaler sur mon arme. Je me souviens encore être resté figé par la vue du sang qui ruisselait le long de ma lame, et seul le cri d’un de ses compagnons me fit sortir de ma stupeur. Ivre, lui aussi, il ne fut pas difficile de le mettre hors d’état de nuire. Mais lorsque les autres, visiblement plus expérimentés, se ruèrent à leur tour sur moi, je me souviens avoir laissé mon arme tomber dans le sable. Je ne sais plus exactement ce que j’ai dit, la seule chose dont je suis certain c’est d’avoir mentionné le nom d’Archimandias. J’ai ensuite pris un violent coup de pommeau sur la tempe, et je me suis réveillé à bord du Chien de Mer.



Je n’ai jamais demandé à mon père ce qui l’a poussé à me recruter. Est-ce qu’il l’a fait pour se rapprocher du fils dont il venait d’apprendre l’existence ? Parce qu’un quelconque honneur l’empêchait d’exécuter son fils, et que l’évidence voulait qu’il soit stupide de me laisser repartir ? Ou bien était-ce simplement parce que j’avais pris la vie d’un membre de son équipage, et qu’il fallait bien le remplacer ? Toujours était-il que plusieurs années après avoir quitté Barannor, j’avais enfin retrouvé mon père, et avait pris ma place à ses côté sur son navire. Enfin, j’étais sur son navire, mais pas vraiment à ses côtés. Mousse était le rôle du pauvre bougre que j’avais tué, donc mousse était devenu mon rôle. Et Archimandias n’avait que faire de ses mousses, qui qu’ils furent. Le sang que j’avais sur les mains rendant le reste de l’équipage hostile à mon égard, je me sentis plus seul à cette époque que jamais auparavant, et ça vient d’un homme qui a traversé Mathusalem en solitaire. Chaque soir, je regrettais d’avoir quitté Barannor et ma mère. Mais ce qui était fait était fait. Et je pouvais soit continuer d’accepter d’être mis à l’écart, soit tenter de tous les soumettre, soit devenir l’un d’entre eux. Jeune, solitaire et inexpérimenté que j’étais, je choisis la dernière proposition.



Devenir un monstre fut incroyablement aisé, une fois toute morale abandonnée. Je n’avais qu’à suivre l’exemple paternel, et rapidement je devins le premier sur le pont ennemi lors des abordages, le plus impitoyable membre du Chien de Mer, derrière uniquement son ignoble Capitaine, le Rat Gris Archimandias. Peut être que c’était dans mes veines, après tout. À Barannor je ne m’étais jamais senti à mon aise. À Khalem je m’étais rapidement fait un nom. Et tout allait en s’empirant. J’étais toujours plus avide, toujours plus cruel, toujours plus fougueux. Je ne me contentais plus des navire abordés. Je m’étais fait un groupe de sympathisants au sein de l’équipage qui me suivaient lors de nos escales, et nous allions souvent piller les quelques caravanes que l’on rencontrait sur le trajet. S’ils avaient des femmes, on en profitait. S’ils avaient des enfants, on les faisait fuir. Et ce qu’on prenait, on le gardait pour nous. Et ça se passait bien, jusqu’à ce que je me fasse prendre.

Le pire, ça n’a pas été l’allure tenue par leurs chevaux pendant que je courrais derrière, ligoté à une selle. Pas non-plus de les entendre rire quand j’ai glissé et que je me suis retrouvé la tête la première dans la boue. Le pire, ça a dû être quand j’ai été traîné sur quelques mètres dans ladite boue par le cheval. Mais encore aujourd’hui, j’ai un souvenir très clair de la conversation qui a suivi, avec ce milicien qui venait tout juste d’entrer dans l’âge adulte.

« Je croyais que la milice était là pour protéger les citoyens, pas pour se moquer d’eux.
- Vous le méritez bien. Vous êtes un monstre.
- Alors pour la précision, je ne suis pas qu’un monstre.
- Vous avez pillé, saccagé, tué, violé…
- Tout doux, gamin. Tu es trop jeune pour prononcer la plupart de ces mots.
- Vous me répugnez.
- J’ai dit que je n’étais pas qu’un monstre, petit. Pas que je n’en étais pas un. »

J’étais assez fier de mon trait d’humour pour en sourire. La suite ne m’a pas fait sourire, par contre. Pas de procès, pas de jugement, rien. Un espace dégagé, un public, une estrade, une corde, et des chefs d’accusation. Pillage, vols, meurtres, viols, dégradations, j’en passe et des meilleures. Je crois même qu’ils m’ont mis sur le dos les morts de vieillesse. En quelques minutes, j’étais devenu la source de tous les maux. Et pourtant, au milieu de cette foule, avec ma corde serrée autour du cou, je n’ai pas vu que de la haine.

Évidemment, il y en avait. Ceux qui réclamaient ouvertement du sang, ceux qui jubilaient silencieusement dans l’attente, et ceux qui voulaient réellement me voir payer pour mes actes. Mais j’ai vu aussi de l’inconfort, de la peur, de la tristesse ? Des gens que je n’avais jamais vu de ma vie, qui semblaient avoir de la pitié pour moi, alors que moi-même je ne voyais pas d’autre solution à mon cas que l’exécution pure et simple.

Et puis, j’ai entendu cette voix s’élever doucement de la foule.

Yo ho, sur l’heure, hissons nos couleurs

Je l’ai cherchée du regard, je ne la trouvais pas. Puis, une deuxième, ailleurs, puis une troisième, une quatrième et ainsi de suite, semblant sortir de nulle part.

Hissez ho, l’âme des pirates
Jamais ne mourra

Cette chanson, je la connaissais, comme beaucoup de gens de mon espèce. Mais jamais je ne l’avais entendue chantée autre part qu’au fond d’une taverne de Khalem, après une longue soirée arrosée. Et pourtant, ils continuaient, joints par de plus en plus de voix tandis que la milice tentait de calmer la situation.

Yo ho, quand sonne l’heure
Hissons nos couleurs
Hissez ho, l’âme des pirates
Jamais ne mourra

Et profitant de la confusion de la milice, un homme au visage couvert était monté sur l’estrade, avait coupé mes liens et tranché la corde de pendu juste au-dessus de ma tête avec un sabre qu’il me tendit ensuite avant de disparaître dans une ruelle. Au même moment, le son de nombreuses lames quittant leurs fourreaux s’éleva de la foule, et les premiers chocs d’acier se firent entendre. Le combat qui s’ensuivit était plus une tentative de fuite de notre part qu’une réelle envie de terrasser nos ennemis, mais il y eut des pertes dans les deux camps. J’ai tout de même eu l’occasion de recroiser le jeune milicien apeuré.

« Je pourrais te tuer, petit, tu sais. Ou te violer. Ou les deux, dans un sens ou dans l’autre. Mais comme je te l’ai dit, je ne suis pas qu’un monstre. »

Accompagnée du chaos omniprésent et du sourire sadique dont j’ai toujours le secret, cette phrase suffit à le faire pleurer. Et j’en ai ri, avant de l’assommer.

Je ne connaissais pas tous ceux qui avaient décidé de se mettre en danger pour moi, ceux-là je me demande d’ailleurs toujours pourquoi ils se sont joints au combat, et si j’en aurais fait de même à leur place. Mais les survivants qui le voulaient sont aujourd’hui tous sous mes ordres, et je reste en très bon termes avec ceux qui ne m’ont pas rejoint.


« Tu crois pouvoir faire ta loi sur mon navire, petit ? Tu ferais mieux de retourner chez ta mère avant que je t’y envoie en morceaux. »

Évidemment, mon père n’était pas au courant de nos excursions avec mes gars. Et sa colère se fit ressentir lorsqu’il l’apprit. Ceux qui m’ont ouvertement supporté devant lui on tous été contraints de quitter le navire sur-le-champ, sans barque et braqués d’un pistolet. Quant à moi, j’ai été ligoté dans la cale du navire pendant un mois. Ou du moins, j’aurais dû. Au bout de deux semaines, les derniers de mes gars ont profité de la nuit pour venir me voir et me demander des instructions. Ils voulaient profiter du prochain arrêt pour que l’on quitte le navire tous ensemble. J’avais une autre idée.

Quelques jours plus tard, ils s’étaient arrangés pour être tous de garde. Tous les fervents supporteurs de mon père qui dormaient à point fermé furent discrètement bâillonnés, ligotés, et envoyés dans la cale. Les autres eurent un par un le choix de décider de leur camp. Sans réelle surprise, tous se joignirent à moi. La destination finale fut la cabine de mon père, dans laquelle je suis entré seul tandis que le reste de l’équipage attendait dehors.

Le Rat Gris dormait comme un loir, aucun des craquements de plancher que mes pas causèrent ne le réveilla. Ce ne fut que lorsque je m’assis sur son lit qu’il ouvrit les yeux, et le temps de me reconnaître sa main se tendit pour attraper son pistolet. Ma dague sous sa gorge l’en dissuada.

J’aurais pu les jeter par-dessus bord, lui et ses hommes. Honnêtement, ils l’auraient mérité. Mais au-delà de notre lien de sang, je n’oubliais pas que sans son intervention quelques années plus tôt, je serais un homme mort. Alors je les ai tous fait enfermer dans la cale jusqu’au premier port, et les ai largués dans la baie. De là, j’entends qu’ils se sont par la suite fait ramasser et ramener à Khalem, et si quelques uns ont rejoint d’autres équipages, je sais que mon père est trop fier pour ça.

Je me demande ce qui se passera la prochaine fois que nous nous recroiserons, lui et moi.



Un petit sourire se forma sur les lèvres du pirate en écrivant ces derniers mots. Sourire qui se dissipa quand on toqua à la porte de la cabine, révélant son second.

« Capitaine, navire marchand en vue ! »

Après un court instant, le sourire d'Azran se reforma.

« Magnifique. »

Laissant son histoire sur le bureau, le Capitaine s'équipa, enfila son chapeau et quitta la cabine en aboyant ses ordres.

« Tout le monde sur le pont les filles ! Préparez-les canons, mettez-vous en position ! C’est l’heure de montrer à ces messieurs la danse de Khalem, vous avez intérêt d’être en forme ! »

Les canons parés, les voilent déployées, la rencontre était imminente. Patiemment, Azran faisait rouler une pièce entre ses doigts, fixant le navire marchand avec un grand sourire.

« On est des vraies canailles, des maudits pirates… Trinquons mes jolis, yo ho. »

Un peu du vrai toi


Pseudo :
Vénal
Âge :
Vingt-deux ans
Comment as-tu connu le forum ?
Par une amie
Depuis combien de temps fais-tu du RP ?
Si aujourd’hui représentait 100%, j’ai commencé à RP à environ 44% de ma vie. Avec des pauses plus ou moins longues, bien entendu.
Un p'tit mot à nous laisser ?
Aye, cap’n.
Code by Kallie

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Trianna Qureshi
Il ne suffit que d'y penser, pour être libre.
Féminin
Métier : Servante
Localisation : Athalie
Début de l'aventure : 02/08/2016
Discussions avec soi-même : 357
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Dim 4 Déc - 20:31
Encore un vilain Pirate ! Bouhou on est envahi

Et bien c'est une histoire rondement menée comme qui dirait !
J'ai beaucoup aimé ton histoire, je trouve qu'elle permet de bien suivre l'évolution du caractère d'Azran. Derrière ce tempérament de feu, on distingue encore un brin de fragilité je dirais - bien enfoui, mais ya ptêtre encore de l'espoir uhu
Un style bien sympa, une fiche aérée en effet et une ptite dose d'humour noir, tout qui passe bien !

Va donc voguer les mers mon brave o/
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Azran Surion
Ça vous dit rien une "Sirène" ?
Masculin
Métier : Capitaine Pirate
Localisation : Le Chien de Mer
Début de l'aventure : 03/12/2016
Discussions avec soi-même : 118
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Dim 4 Déc - 20:32
Yarrrr

_________________
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Drystan
Je t'apprends à nager ?
Métier : Pirate !
Localisation : Khalem.
Début de l'aventure : 16/09/2016
Discussions avec soi-même : 64
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Dim 4 Déc - 22:50
Oye, bienvenue cher confrère !
Puisse l'océan être assez grand pour nous deux. En fait, il se trouve justement que Drystan se cherche un navi-/out/

Je te souhaite en tout cas bien de l'amusement par ici, au plaisir de te croiser en RP !

_________________



Drystan ironise en slategrey.
JOURNAL DE BORD
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Azran Surion
Ça vous dit rien une "Sirène" ?
Masculin
Métier : Capitaine Pirate
Localisation : Le Chien de Mer
Début de l'aventure : 03/12/2016
Discussions avec soi-même : 118
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Dim 4 Déc - 22:54
Ahoy matey, yarr !

Merci bien, et le plaisir sera très certainement partagé. Il se pourrait même qu'on parle business, qui sait ?

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Severine Vendevert
Tu me laisses un goût amer, Pépin.
Féminin
Métier : Apothicaire
Localisation : Dorush
Début de l'aventure : 29/11/2016
Discussions avec soi-même : 187
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Lun 5 Déc - 15:01
Félicitation pour la validation !
A bientôt en jeu !

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